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Xavier Bibert
Les Hommes du Groupe de Chasse
GC III/6
BASE AÉRIENNE 122 - CHARTRES
L’ALBUM DU SOUVENIR de L’ENTRE DEUX GUERRES

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Afin de la rendre plus lisible, cette page a été remise
en ordre en mars 2010 Les contributions sont maintenant classées suivant la
chronologie des événements |
Vous pouvez choisir une des rubriques ci-dessous dans cette page pour
l’atteindre directement
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Jean Borreye et FXB |
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1939/1940 |
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1944 |
1944 |
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03/2010 |
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Compléments
02 et 03/2010 |
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PAGES ANNEXES
à découvrir
Les mémoires de Jean Menneglier au CIC de Chartres
(1939/1940)
Deux récits du Commandant
CARISTAN : New 02/2010 La « BARAKA » (Accident d’un Farman Goliath en
1930) – New
03/2010 Aventures en Mauritanie (Accident d’un Potez 29 en 1934)
Appel
aux historiens et aux collectionneurs
Tous
les documents concernant la BA 122 d’avant 1940 qui pourraient être en
votre possession
peuvent
être publiés sur cette page. Merci d’avance.
Envoyer un message pour faire des
remarques ou un document à publier ci-dessous
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Réflexions d'un ancien sur un siècle
d'Aviation, dans le ciel beauceron... |
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I C'est en 1909 que commence l'histoire De l'aviation Chartraine qui a connu la gloire Faite de servitude, de prouesses aussi, Et de drames cruels ; mais ainsi va la vie.... II Oh! plaine de la Beauce, terre accueillante et plane Un espace de rêve pour les aéroplanes ; Savary, le 1er jugeant ces avantages Implanta ateliers et cours de pilotage. III Schmidt et bientôt Houry, pionniers de l'aviation Choisirent eux aussi pour leurs installations Ce site Beauceron le trouvant bénéfique Et ayant vocation pour l'Aéronautique. IV Lors, des fanas de l'Air, Ingénieurs ou novices Apprire't à maîtriser les moteurs et hélices Avec témérité et, prodigues d'efforts En cultivant l'espoir de battre des records. V Et si Edmond Poillot fût le 1er des morts Joseph Frantz fût celui qui battit maints records; Bien d'autres les suivirent avec ténacité Perfectionnant les vols et leur sécurité. VI Et la guerre survint
qui donna à l'avion Un rôle capital pour les opérations Il fallût dare dare sortir des matériels Et l'armée en urgence former des personnels. VII Des pistes autour de Chartres étant aménagées Et assez loin du front, il y fût implanté Une école importante de "Farman " équipée Qui forma en 4 ans 3000 brevetés. |
VIII La guerre terminée, le front fût dégarni L'vingt deuxième Régiment d'bombardement de nuit Quitta Luxeuil pour Chartres où l'espace existait Pour le redéploiement de ses gros bombardiers. IX Mais il fallut construire hangars casernements Parcs de réparation, ateliers d'armement... Ainsi les entreprises ne manquaient pas d'ouvrage Le commerce Chartrain y trouvait avantage ! X Et, lors des vols de nuit quasiment quotidiens Pendant 14 années le sommeil des Chartrains Fût gentiment bercé d'un doux ronronnement D'amplitude variable selon le sens du vent. XI Et si les aviateurs avaient quelqu'ennemis Antimilitaristes ou allergiques au bruit, Ils étaient dans l'ensemble plutôt appréciés Des commerçants de ville et des filles à marier ! XII Délaissant Reims pour Chartres en 1929 L'escadrille 23 et ses Breguet 19 S'installa sur la Base dans le but défini De se perfectionner à la "Chasse de nuit" XIII En 1933 venant de Châteauroux Le Group' de chasse 1/6 équipé de "Gourdou" S'installa sur la Base en signe précurseur De sa dévolution future aux "chasseurs". XIV Et quand au devenir du fameux "Régiment" Après s'être appelé escadr' d'bombardement Il devint pour prouver l'pacifisme de la France La 22ème escadre lourde de Défense. |
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XV les Farman et Lioré bi et quadrimoteurs Qui avaient fait leur temps et connu des malheurs Eurent pour successeurs un avion magnifique L'Amiot 143 tout entier métallique ! XVI En 1935, changement de décor Un groupe de la 22 s'en va rejoindre Avord Et puis en 36, les 2 groupes restants Quittèrent à leur tour Chartres par Orléans. XVII Alors pour remplacer tous ces groupes de
"lourds" En 1937 il arriva de Tours Porté par ses cigognes le "2ème de chasse" Formation de prestige pour Aviateurs de race. XVIII Enfin pour innover en matériel tout neuf Équipé d'autogyres et de Potez 39 La Base met sur pied, ultime création, L'G.A.O.504, groupe d'observation. XIX En 39 on retrouve nos ennemis d'antan Chaque groupe rejoint son lieu de déploiement Chartres ne conservant, pour chasseurs débutants Qu'un Centre dévolu au perfectionnement. XX Débâcle, évacuation, occupation "Lutwaf" Par Messerschmitt, Stuka, bombardés par la
"R.A.F." Débarquement allié, retrait des Allemands C'est la libération et le défoulement. XXI Dés la guerre finie, les transports par avion Deviennent nécessaires aux nouvelles missions ; Rapatriements urgents prisonniers, déportés, Et revenant d'Afrique, familles dispersées. |
XXII Des groupes de transport sont créés pour cela Équipés de "Junker" et puis de "Dakotas Qui vont 9 ans durant assurer les liaisons De Paris vers Dakar...Djibouti... Saïgon. XXIII Les dangers résultants du survol de la ville Deviennent le prétexte d'un mouvement hostile Nos avions sont bannis et s'en vont à Bricy Au grand dam du budget des commerçants d'ici. XXIV Ne demeuraient à Chartres que B.C.J.A. La C.R.R.T.A. et le dépôt Infra La météo, fanfare, C.B.A. Transmission, Quelques autres Services, mais plus un seul avion. XXV Pressentant que la Base n'aurait plus longue vie Craignant que son passé ne tombe dans l'oubli Un "Colon" en retraite, fidèle du Secteur Créa l'Association des Anciens Aviateurs. XXVI Et grâce à son action, dominant la cité Un monument en pierre a pu être érigé Mémorial en l'honneur des 212 tués Au service de l'Air et des Forces Armées. XXVII Et l'Aviation sportive à ne pas oublier Avec l'Aéro Club qu non d'Hélène Boucher Sa championne de voltige Catherine Maunoury Et ses paras célèbres, Danet Barazutti. XXVIII Oh! plaine de la Beauce, terre accueillante et plane Beauvillier retenue pour les aéroplanes Venant des 4 coins du monde vers Paris Nous sommes en 2009, Monsieur Dousset, merci R. G. 1996 Poésie offerte à Joseph Bibert par
un de ses vieux amis de la BA 122 |

L'Illustration
Numéro de l'Aviation - 7 juillet 1928
(86e année - Numéro 4453)
NOTRE COUVERTURE : CATHÉDRALE ET « CATHÉDRALES »
La photographie dont notre couverture est un agrandissement partiel a été
prise en avion par l'Aéro-Photo. Elle représente Chartres, sa cathédrale
fameuse, enfin la campagne environnante où est précisément installé - aux
abords de la ville - un important terrain d'aviation militaire. Pendant la
guerre déjà, le langage imagé des équipages et des mécaniciens avait baptisé «
cathédrales » les grands hangars démontables dont les membrures imposantes
évoquaient la charpente des nefs et des voûtes d'église. À plus forte raison
peut-on appliquer le terme aux vastes arches de béton qui équipent aujourd'hui
le terrain de Chartres, non loin de la cathédrale authentique.



Photomontage F-X.
BIBERT – Cathédrale de Chartres et Morane Saulnier MS.406 - Mars 2010


GUIDE AÉRIEN de la FRANCE 1935/1936 édité par MICHELIN
CHARTRES - Aérodrome d’Etat - Terrain de l’Armée de l’Air

Remerciements à la D.G.A.C.
qui a autorisé la publication de ce document
ASSOCIATION des
ANCIENS AVIATEURS

ASSOCIATION des ANCIENS AVIATEURS MILITAIRES de la BASE AÉRIENNE 122 de CHARTRES
Bulletin d’Information et de Liaison
Journées du souvenir

12/2008 - Collection Lucie
LAGRANGE
Lucie LAGRANGE, veuve de René CHÉDEVILLE, est née à Chartres en 1922 et
habitait dans le haut de la rue Saint-Chéron, à deux pas du parc d’aviation.
Toute sa jeunesse a été rythmée par les passages des avions qui survolaient
bruyamment à basse altitude la maison familiale. De nombreux aviateurs, amis de
ses grands frères et sœurs, fréquentaient régulièrement ce havre d’hospitalité
avant la guerre. Agée en 2009 de 87 ans, habitant à Lèves où elle est bien
connue, elle vit intensément et avec nostalgie le souvenir de ces belles
années. Sa phénoménale mémoire, son humour, sa gaîté permanente et ses talents
de conteuse permettent de se replonger dans le contexte de cette heureuse
époque avec délectation.
Cliquez sur
la carte postale du célèbre aviateur FRANTZ pour voir une série de 22 cartes postales
des débuts de l’aviation à Chartres
Pilotes représentés : CHEUTIN - FRANTZ - GARAIX - LEVEL - MARECHAL -
PAULHAN - PICARD - PRICHERT - SAULQUIN - etc…
Collection Lucie LAGRANGE

Parc d’aviation 22 de CHARTRES - BA 122 - Vue générale - La caserne - Le
Foyer du soldat
Collection Lucie LAGRANGE

11/2008
- Collection FXB


Mai 1940 - Parc d’Aviation 22 - Chartres
Julienne BIBERT-CHÉDEVILLE travaille au bureau de la comptabilité matière
Joseph BIBERT, son mari depuis octobre 1939, mécanicien au GC III/6, est
alors en guerre à Chissey sur Loue
Ce groupe de chasse était basé à Chartres avant la déclaration de guerre
Courriers d’amis aviateurs du 6/05/1940 et du 08/05/1940 quelques jours
avant l’attaque allemande des Ardennes
Chartres sera bombardée le 19 mai à 18h et plus violemment le 3 juin entre
13h40 et 14h00
Entre le 12 et le 13 juin 1940 tout le personnel civil et militaire du Parc
d’Aviation est évacué à Cazaux, via Poitiers
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Sergent Joseph BIBERT de la BA 122 Chartres - Juillet 1934 |
Sergent Xxxxxx XXXXXXXX de la BA 122 et
Julienne CHÉDEVILLE Chartres - Mars 1935 |
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Yyyyyyyy XXXXXXX et Joseph BIBERT |
Xxxxxx
XXXXXXXX et Julienne BIBERT |
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Près de 50 ans plus tard - Mars 1993 -
Normandie - 80 ans de Joseph Une belle et longue amitié ! Nota : la famille de M. et Mme.
XXXXXXXX n’a pas souhaité être citée... |
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01/2009 – Une réunion des
« Anciens » de la BA 122 de CHARTRES
25 JANVIER 2009
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Jean BORREYE, fils de Omer BORREYE et François-Xavier BIBERT, fils de Joseph
Adolphe BIBERT, ne se connaissaient pas encore. Leurs pères, tous deux
mécaniciens au Groupe de Chasse GC III/6, ont servi côte à côte de 1935 à
1944 sur la BA 122 de Chartres, sur les divers terrains d’aviation utilisés
par le GC III/6 pendant la Campagne de France, et en Algérie après
l’armistice… Photographie . |
Comme tous les ans les anciens de la BA 122 de Chartres se sont réunis
pour la galette des rois et leur traditionnel loto. Mais les quelques
survivants de la guerre 1939-1945 se font maintenant excuser… |
12/2009 – Collection Philippe
Barthe
Collection Philippe BARTHE
1923- 1929
« Bonjour, je me présente, Philippe, le fils de Jean BARTHE. Voici
justement une photo du Farman F.63Bn4 qui figure plus haut dans cette page.
C’est le Capitaine Jean BARTHE, commandant de la 1ère escadrille
(VB 109) du 1er groupe du 22ème RABN à
Chartres, qui l’avait baptisé « Le BOURHIS » en souvenir de
l'adjudant qui s'était tué accidentellement avec 3 autres aviateurs le 7 août
1928 à Luzy dans la Nièvre au cours d'un vol de nuit. La photographie
ci-dessous a été faite à Cazaux en 1928 : Mon père avait été invité à être
le témoin de mariage en Gironde d'un aviateur de son escadrille. Ils en avaient
profité pour faire des heures de vol et s'étaient rendus de Chartres à Cazaux à
cette occasion. Mon père y a connu ma mère qui figure sur cette photo, et je suis
le cinquième rejeton de cette union !
Je ne peux pas raconter beaucoup d'anecdotes concernant la période où mon
père a été à Chartres , d'octobre 1923 à mars 1929. Il avait fait toute la
guerre de 1914 dans la cavalerie et n'était entré dans l'aviation qu'en 1921,
au 4ème Groupe du 32ème R A O, puis au Centre
d'Instruction d'Avord, puis à Istres et Cazaux, pour arriver enfin à Chartres.
Mon père étant vivant, je ne posais pas de questions car, comme beaucoup de
jeunes hélas, je ne voyais pas d'intérêt à cela. Je l'ai bien sûr regretté par
la suite.
Ce dont je me souviens est qu'il racontait que, peu avant son arrivée à
Chartres, c'était un peu la "pétaudière", en ce sens que les pilotes
étaient plus souvent à Paris, où ils s'amusaient, qu'à la base. Les instances
supérieures s'étant émues de cette situation avaient envoyé un ancien cavalier
(si je me souviens bien), le Colonel MICHAUD, qui remit vite de l'ordre dans la
maison ! »
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Farman F63 Bn4 « Le
BOURHIS » 1ère escadrille (VB 109)
du 1er groupe de la 22ème EB Cazaux - 1928 Collection Philippe Barthe – Droits
réservés |
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Dans un hangar de la BA 122 de Chartres en
1925 Le lieutenant Jean BARTHE surveille le plein
d’essence d’un Farman |
La page du carnet de vol du lieutenant Jean
BARTHE de juin 1925 Farman F.60 n° 62 avec l’adjudant/chef
SENELET et n°25 avec l’adjudant LE BOURHIS |
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Dans un hangar de la BA 122 de Chartres Accident d’avion à identifier – Vers 1925 |
Dans le cimetière Saint-Chéron de Chartres Accident du 15 octobre 1925 – Voir article
de presse plus bas |
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Farman Goliath
F60 du 22ème RA à Chartres - Vers1925 |
Farman Goliath F60 du 22ème RA à Chartres -
Vers1925 Accident à
identifier |
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Farman Goliath
F60 du 22ème RA en vol aux environs de Chartres en 1925 Ci-dessus, et
ci-dessous- : trois photographies prises par le lieutenant Jean BARTHE à
bord de son Farman A cette époque les
avions militaires pouvaient survoler les agglomérations sans trop de
problèmes... |
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Chartres et sa
cathédrale – Au fond, le parc d’aviation 22 et ses hangars – Vers 1925 |
Au dessus du château de Versailles – Vers
1925 |
Remerciements à Philippe BARTHE pour ces magnifiques documents – Droits
réservés
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Aviateurs et
soldats de la 1ère escadrille du 22ème RABN à Chartres
en 1925 |
01/2010 – Collection Philippe
Barthe (suite)
NOUVEAU JANVIER 2010
DROUHIN et LANDRY sur FARMAN F62
battent avec 4 400 km le record
du monde de distance en circuit fermé
entre CHARTRES et ÉTAMPES
7 au 9 août 1925
C’est ce circuit de 100 km que les aviateurs Maurice DROUHIN et Jules
LANDRY parcoururent 44 fois en août 1925 , entre le vendredi 7 à 5h30 et le
dimanche 9 à 1h00. Après leur 44ème boucle ils continuèrent à voler
autour de l’aérodrome de Chartres pendant encore 1h50 afin de battre également
le record du monde de durée avec 45h et 12 minutes. Quand ils se sont posés à
2h42, il ne restait que 10 litres de carburant dans les réservoirs du Farman.
Leur appareil était un FARMAN F62 constitué d'une cellule type "Goliath" dont le groupe bimoteur avait
été remplacé par un seul moteur placé dans le nez du fuselage. Il mesurait
14,37 mètres de long et avait conservé sa surface portante de 170 m2, avec une
envergure de 25,90 m. Il était équipé d’un moteur Farman type 12We d’une
puissance nominale de 500 CV sur lequel avait été montée une hélice tripale
Chauvière de très grande taille, à démultiplicateur, tournant à 900
tours-minute, ce qui donnait un excellent rendement. Il pesait au départ plus
de 6.500 Kg.
Pendant ce vol les aviateurs furent de temps en temps escortés par des
Farman militaires du 22ème RABN de Chartres. C’est à partir de
l’appareil que pilotait le lieutenant Jean BARTHE que la photo ci-dessous a pu
être prise.
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7 août 1925 en fin d’après-midi – Le
Farman F62 « F-ESAO » de DROUHIN et LANDRY photographié à partir d’un Farman du
22ème RABN piloté par le lieutenant Jean BARTHE Collection Philippe
Barthe – Droits réservés |
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11/2009 – Collection Alain
BÉTRANCOURT
Collection Alain BÉTRANCOURT
1928 - 1930
« Bonjour , je me présente, Alain, le petit fils de Jean BÉTRANCOURT.
J'ai en ma possession quelques photographies de 1927 a 1928, du passage de mon
grand père au 22ème RABN, de son Léo Goliath , des aviateurs et
aussi de la panne de son bombardier a Coursac, avec les articles de journaux,
des documents divers, ainsi que de nombreuses clichés de son parcours
aéronautique ( vainqueur du Tour de France aérien en 1932 et 1933 ) à
l'aéroclub de Normandie. Toutes ces photos sont a disposition bien
entendu.... »
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Bombardier Lioré et Olivier LéO 20
du 22ème RABN de Chartres en 1928 – Lieu à préciser Collection Alain Bétrancourt |
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3ème escadrille du 22ème
RABN à Chartres en 1928 Jean BÉTRANCOURT – Béret et insigne
de pilote – 2ème à gauche, rang du milieu |
Photographies de la collection Alain Bétrancourt – Droits réservés
Lien vers l’Album photographique de Jean BÉTRANCOURT

Lioré & Olivier LéO 20 du 22ème RABN en vol au dessus de la Beauce
10/2009 – Collection Jacques
BOURGUIGNON
Collection Jacques BOURGUIGNON
1928-1936
« Mon père est né a Bordeaux le 14 octobre 1908 et a souscrit à Périgueux
le 14 octobre 1926 un engagement de 4 ans pour entrer à l'école des mécaniciens
de Courbevoie. Après sa sortie de cette bonne école, il a été affecté à la 1ère
escadrille du 1er Groupe de la 22ème Escadre de
Bombardement à Chartres. De 1928 à 1936, sur la BA 122, il a volé sur Farman
F.63Bn4, Léo 20, Bloch 200, Léo 206Bn4 et Amiot 143, appareil avec lequel il a
participé à la croisière en Afrique du Nord de 1936. Cette même année, il a été
muté en Indochine à la 2ème Escadrille d'Observation sur la
Base Aérienne de Bien Hoa en Cochinchine où il s’est installé avec sa famille
et où il a volé sur Potez 25TOE, Potez 29 et Farman 221.
L'adjudant/chef Pierre BOURGUIGNON est mort en service commandé le 16
novembre 1945 dans des circonstances tragiques lors d’une embuscade tendue par
le Vietminh sur le terrain d'aviation de Tan Son Nhut où il avait été affecté
après sa libération du camp de prisonniers du 11ème RIC.
Nous avons très peu de documents de cette époque car presque tous nos
souvenirs d'Indochine sont partis avec les japonais au moment de leur coup
d'état du 9 mars 1945. Nous habitions en effet à l'intérieur d'un camp
militaire, dans l'enceinte de la « Pyrotechnie » de Saigon et nous avons
tout perdu…
Pour ma part, je suis né a Chartres le 18 juin 1931 au numéro 1 de la rue
du Pont du Massacre, cela ne s'invente pas ! Par la suite nous avons
habité un petit pavillon à l'entrée du parc d’aviation. Toute la famille du
côté de ma mère est originaire de Chartres ou des environs. Nous avons donc
deux points communs : nos pères ont été mécaniciens dans l’Armée de l’Air
à Chartres et nos mères sont chartraines.
J’ai pris la relève de mon père puisque je me suis engagé comme mécano en
1949. J’ai participé aux guerres d'Indochine et d'A.F.N avant de me reclasser
dans l'aviation civile et je suis maintenant à la retraite. »
Jacques BOURGUIGON – 10/2009
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Farman F.63 Bn4 « Le BOURHIS »-
1ère escadrille (VB 109) du 1er groupe de la 22ème EB Le sergent mécanicien Pierre BOURGUIGNON est
à l’extrême gauche |
Farman F.63 Bn4 - 1ère escadrille (VB 109)
du 1er groupe de la 22ème EB |
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Lioré et Olivier Lé0 20 |
Lioré et Olivier LéO 20 mis en pylône lors
d’un atterrissage |
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Lioré et Olivier LéO 20 – Sergent Pierre
BOURGUIGNON - 1928 |
Amiot 143 - Retour de la Croisière AFN -
1936 Sergent TRUCHOT - Sergent BOURGUIGON (avec
le bras en écharpe) – Sergent chef TRICOT Sergent MARTIN - Adjudant DE BAR – Adjudant
chef JOURET |
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Page du carnet de vol de du sergent Pierre
BOURGUIGNON – Croisière en AFN de 1936 Pour une raison indéterminée, le dernier vol
Toulouse-Chartres n’est pas mentionné |
Décoration tunisienne Nichan-Iftikar attribuée a tous les participants à la
croisière. |
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Sur la BA 122 de CHARTRES entre 1928
et 1936 Collection Jacques BOURGUIGNON |
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Remerciements à Jacques BOURGUIGNON pour ces magnifiques documents – Droits
réservés
10/2008 – Collection Claude WARCONSIN
Contribution de Claude WARCONSIN
13
juillet 1928


Accident d’un Farman F.63Bn4 « Goliath » de la 5ème
Escadrille du 2ème Groupe du u 22ème RABN
Lien pour atteindre les articles de presse correspondants
plus bas dans cette page

L’insigne peint sur cet avion est le gypaète de la tradition CAP130
1930

Le capitaine VALIN, commandant la 1ère escadrille du 22ème RABN en 1930,
devant un Farman Goliath baptisé « REVENIR ? »

Farman F.63Bn4 « Goliath » de la 4ème Escadrille du 2ème
Groupe du 22ème RABN avec son armement

L’insigne peint sur cet avion est la chauve-souris ailes déployées sur
disque lunaire de la tradition BR113
Concours des Escadrilles de
bombardement des Forces aériennes
Victoire de la 22ème
escadre de Chartres
1933

12/2008 - Un récite de Roger
VANTILLARD (1986) - Pilote au GC 1/6 en 1934
L’ ARRIVÉE de L'AVIATION de CHASSE
dans le CIEL DE BEAUCE
1934
C'est en 1933 que l'Armée de l'Air voit sa création officielle.
Le 3ème Régiment d'Aviation de Chasse stationné à Châteauroux
depuis la fin de la première Guerre Mondiale est composé de trois groupes de
trois escadrilles chacun. Avec les 2ème et 3ème groupes
de ce régiment sera formée la 3ème escadre de quatre escadrilles. Le
premier groupe, avec ses trois escadrilles, sera transformé début 1934 en une
seule escadrille de quinze avions. Cette dernière unité prendra le nom
«d'Escadrille de Marche», destination inconnue...
Après plusieurs semaines d'attente et les bruits les plus fantaisistes sur
sa nouvelle destination, nous apprenons qu'à compter du 1er mars 1934 Chartres sera
notre nouvelle base. Notre échelon roulant nous précède de quelques jours pour
préparer nos futures installations.
C'est le 5 mars 1934 qu'en formation groupée, composée de cinq patrouilles
de trois avions chacune, nous saluons la capitale de la Beauce et nos futurs
camarades du 22ème Bombardement de Nuit. Nous sommes surpris que le
terrain d'aviation soit si près de la ville...
Venant d'une unité vraiment homogène tel le 3ème de Chasse,
comment aborder les rapports avec les camarades bombardiers occupant ce
terrain, seuls depuis de nombreuses années. Ce mixage de différentes
subdivisions d'armes, sur un même terrain, présentait une légère appréhension.
Il n'en fut rien. Les relations avec nos nouveaux camarades devinrent des plus
cordiales.
Avec un groupe de Chasse de Nuit qui était sur place, équipé de «Breguet
19», et le nôtre, de Chasse de Jour doté de «Nieuport 622», fut formée la 42ème
Escadre Mixte. Notre groupe avait pris possession du dernier grand hangar près
de Champhol.
Quelques jours après notre arrivée, sous le commandement du Capitaine Jules
MORLAT, l'entraînement aérien reprit normalement en fonction des appareils
disponibles.
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Mars 1934 1ère Escadrille de CHASSE
venant de CHATEAUROUX affectée à la Base de CHARTRES Par la suite cette escadrille a
constitué l’ossature du GC I/6 De gauche à droite Debout :
Sgt méc SIROT -
Sgt/ch Méc LAUZE -
Sgt pil MIZON - Sgt pil PIGNEUX - Sgt/ch pil PIZOT - Sgt/ch pil LAMIELLE - Sgt/ch pil BLANC - Sgt pil FAUCONNET - Cap pil ROUSSEAU-DUMARCET - Cap pil MORLAT - A/Ch méc ILTIS - Sgt pil DURR - Sgt pil CARRIER - Sgt pil COUILLAUD - Sgt pil COUARD - Sgt méc PAILLAS - Sgt pil VANTILLARD - Sgt pil SENET Assis :
Sgt méc DEPEINT -
Sgt méc SERVOISE -
Sgt méc ÉMERY - Cl/ch méc L'HER - Sgt méc LAPORTE - Sgt méc PONTET - Sgt méc BARROT -Sgt méc METZ - Sgt Méc X - Sgt méc CORMIER - Sgt méc COLOMBANI - Sgt méc FOUCHER - Sgt méc LAUMET - Sgt méc BIBERT - Sgt méc DAUMAS Absent sur la photo :
Sgt pilote VEYRON La mascotte : Le colley écossais D. JELLANE. |
D'habitude, après chaque mission, l'escadrille rentrait au terrain en
formation (vol de canards). Là, innovation... Le Commandant d'Escadrille prit
la décision qu'après chaque retour au terrain on se présenterait en échelon «refusé»
vers la droite. A la dislocation, le Commandant du dispositif partait en
abattée, piquait à la verticale, suivi, à deux secondes d'intervalle, par
chacun de ses équipiers.
En bons exécutants, voyant quand même un petit côté «m'as-tu-vu»... nous étions
ravis de suivre ces ordres, de piquer «plein tube» en faisant hurler nos
« Hispano » et en redressant au ras des toits, en toute immunité. Au
sol, nos chers mécanos prisaient fort ce spectacle et c'est eux qui, avec un
certain humour, l'avaient baptisé le «Julius Circus».
Il fut décidé que, lorsque les quinze avions seraient tous disponibles, de
faire, aux Chartrains, la présentation en vol de l'escadrille au grand complet.
Nous devions au retour, à l'altitude de 1.200 mètres, arriver à la verticale
du terrain en échelon refusé avec nos quinze avions. Jusqu'à ce jour, nous
avions réalisé cet exercice à sept ou huit avions.
J'ouvre ici une parenthèse. Les téléspectateurs qui ont suivi sur leur
petit écran la série américaine «Les Têtes Brûlées» ont pu voir au générique
quatre ou cinq avions, type «Corsair», faire ce genre de dislocation. Imaginez
le même travail avec 15 appareils de l'époque sans hélices à pas variable et
aucun réglage manuel des différentes commandes de vol. Travail harassant pour les
équipiers de la fin du dispositif, pour essayer de maintenir leur distance.
Alors là, va se produire une chose qui marquera ma vie... une énigme qui ne
sera pas prête d'être résolue pour beaucoup.
Dans notre dispositif les appareils se suivaient par numéros d'ordre de un
à quinze. J'étais le n° 13. Si le n° 1 commençait la dislocation à la verticale
du terrain à raison de deux secondes d'intervalle par appareil, pour dégager
puis piquer, une bonne partie du dispositif se trouvait au dessus de la ville avant
la fin de la dislocation.
Quand mon tour arriva, je vis, au cours du piqué, l'appareil me précédant
passer un peu à gauche de la grande flèche de la Cathédrale. Pour ma part, je
me trouvais juste dans l'axe, entre les deux tours. Que faire ? La grande
rosace centrale augmentait de diamètre d'une façon impressionnante. Je passai
entre les deux flèches.
Sans vouloir forcer les «portes du ciel» ni transgresser un interdit, je
m'étais trouvé devant le fait accompli.
Par la suite, je pensais à GODEFROY qui, en 1919, était passé sous l'Arc de
Triomphe avec son avion. Pour réaliser un tel exploit il avait dû longuement et
sérieusement le préparer. Quant à moi, ce que je considérais comme un fait
divers, je l'avais accompli par la force des choses.
Mais voilà, tout a une fin... Ce carrousel aérien qui bravait bien des
interdictions, causa un certain émoi parmi la population et alerta le
commandement. D'après les dires de certains témoins, les avions passaient plein
moteur en rasant les toits et faisaient trembler les vitres.
A l'escadrille, à l'échelon commandement, il y eut bien sûr un sérieux
rappel à l'ordre... Quant à nous, exécutants, nous subîmes quelques
interrogatoires et, de la synthèse qui en sortit, pas un seul de nos altimètres
n'était descendu en dessous de 150 mètres... Tout se tassa et rentra
tranquillement dans l'ordre. Le «Julius Circus» avait vécu...
Quelques jours plus tard l'escadrille rendit visite à nos anciens de
Châteauroux. Accueillis dès l'atterrissage par nos chers copains, quelle ne fut
pas notre surprise de nous entendre dire : «Vous alors... Vous en faites de
belles à Chartres... Quel est celui d'entre vous qui est passé entre les
flèches de la Cathédrale ?» Les réponses
furent des plus évasives et l'on changea de sujet. Mais, la plus grande
surprise, je crois, fut de reconnaître que le «téléphone arabe» fonctionnait au
mieux entre la Beauce et le Berry...
Cette histoire de la Cathédrale m'a longtemps travaillé l'esprit, aussi en
ai-je toujours su gré à tous mes camarades qui, dans de nombreuses
circonstances (arrosages d'escadrille entre autre), n'ont jamais rien divulgué.
Parfois, quelques petites allusions étaient lâchées mais toujours bien
discrètement... C'est cela la vraie camaraderie...
Je repense au mécontentement d'une partie de la population au sujet du
survol de leur agglomération et je comprends leur réaction causée par ces
nouveaux arrivants se manifestant si bruyamment au-dessus de leurs têtes.
Voyaient-ils là, peut-être, une certaine insécurité ou plutôt une atteinte à
leur quiétude ? Ces braves citadins, comme beaucoup du Nord de la France,
étaient loin de penser que, quelques années plus tard, ce ne serait plus des
avions pacifiques mais des engins aux sinistres insignes qui se présenteraient
en formation identique et qui, au cours de leurs piqués, toutes sirènes
hurlantes, sèmeraient terreur et désolation.
A l’été 1934, l'organisation de l'Armée de l'Air est virtuellement
terminée.
La 42ème escadre mixte de Chasse disparaît pour laisser place à
la 6ème escadre de Chasse qui sera formée par un ancien groupe du 2ème
Régiment de Strasbourg.
Ce groupe arrive à
CHARTRES après un séjour de quelques mois à Reims. Ses deux escadrilles sont :
- la SPA 26 (cigogne
allongée)
- la SPA 124 (tête de
Jeanne d'Arc)
Ce sera le G.C. 2/6.
Notre escadrille de
quinze appareils sera scindée en deux :
- la 1ère
escadrille sera la SPA 96 (tête de gaulois)
- la 2ème
escadrille sera la SPA 12 (fanion Bleu et Blanc)
Ce sera le G.C. 1/6 qui sera commandé par la suite par le Commandant De
FONDS LAMOTHE, belle figure d'aviateur de la grande guerre, l'homme aux
multiples blessures. C'est toujours avec émotion que je pense à ce chef à
l'immense bonté et aimé de tous.
La SPA 12 avait été dissoute en 1919 et elle est donc recrée sous le nom de
2ème escadrille du G.C. 1/6, commandée par le Capitaine Hervé
ROUSSEAU-DUMARCET.
Cette unité en formation sera complétée en effectifs par de nouveaux
pilotes et plusieurs mécaniciens ; ces derniers, éléments très jeunes sont
issus de la première «fournée» de la nouvelle École des Mécaniciens de
Rochefort.
Nous reprenons les traditions de la SPA 12, glorieuse escadrille qui s'est
distinguée au cours de la Grande Guerre 14-18 avec des «As» comme : De TURENNE,
NAVARE, PELLETIER DOISY, NOGUÉS, etc...
Cette escadrille a été créée en 1912 par le Lieutenant De BERNIS. Le choix
de l'insigne en revient à Madame De BERNIS, marraine de l'escadrille, qui mit
cette dernière sous la protection de la Vierge et les couleurs de celle-ci,
d'où le fanion triangulaire BLEU & BLANC.
Une dizaine d'années plus tard, à la fin de la seconde guerre mondiale, sur
le terrain d'Alger - Maison Blanche, j'ai eu un entretien avec le Général
PELLETIER DOISY (chacun de nous, dans une guerre différente, avait combattu
dans la même escadrille).
Sachant qu'il avait été, en 1912, à la formation de celle-ci, je lui posais
la question au sujet du choix de l'insigne. Voici sa réponse ; :«Mon cher
ami, me dit-il, nous nous trouvions être, dans cette unité, plusieurs camarades
ayant fait partie du Racing-Club-de-France. Alors, tout naturellement, l'idée
nous est venue de prendre les couleurs du Club d'où le fanion Bleu eu Blanc.».
Dans le fond c'était assez plausible mais, dans mon for intérieur, je penchais
pour la première version, sans pour autant désavouer notre cher «PIVOLO».
Début octobre 1934, nous sommes satisfaits d'apprendre que l'escadrille va
se rendre en Provence car, en dehors des campagnes de tirs en mer, on voyage
peu dans la Chasse. But de la sortie ; le Roi Alexandre 1er de Yougoslavie
doit arriver à Marseille et séjourner quelque temps dans la région. Nous
devrons faire quelques démonstrations en vol en sa présence.
En fait, nous ne quitterons pas Chartres, car leurs premiers mètres, sur la
Canebière, seront fatals au Souverain et à notre Ministre Louis BARTHOU abattus
par un terroriste croate. Ce drame bouleversa tout le pays.
Fin novembre, c'est avec une grande tristesse que nous apprenons la mort
d'Hélène BOUCHER aux commandes de son «Caudron». Avec quelques camarades nous
représentons l'escadrille à son inhumation dans le petit cimetière de
Yermenonville.
L'année avait aussi mal commencé pour nos ailes, car le 15 janvier,
«L'Émeraude », rentrant de Saigon avec à son bord le Gouverneur de
l'Indochine, s'écrase dans la Nièvre à Corbigny. Parmi les victimes se trouvait
Maurice NOGUÉS que j'ai cité plus haut, ancien de notre escadrille SPA 12 et
héros de 14-18.
Cette année 1934 fera date dans les annales...
Outre les nombreux coups durs aéronautiques, la France fut secouée par
toutes sortes de drames. Scandales politiques allant jusqu'à bafouer nos
anciens combattants. Scandales financiers montés par certains rastas ou
français de fraîche date n'hésitant pas à salir notre pays. A croire que la
France devenait le paillasson de l'Europe...
Assistant à ce cortège de drames successifs, quoique très peinés, nous
conservions un moral et un idéal nous aidant à être toujours prêts à servir.
1935
La 6ème escadre change ses «Nieuport 622» pour des «NC 629». Peu
de différence entre ces deux types. Pour ce dernier, le 500 CV. Hispano est
doté d'un compresseur et les gouvernes de profondeur sont légèrement modifiées.
1936
Le G.C. 1/6 fut le seul groupe à être équipé de «Loire 46» avec moteur
«Gnome» en étoile : avion ayant une belle silhouette et agréable à piloter.
C'est également au cours de cette année 1936 que la 22ème
escadre de Bombardement de Nuit, stationnée à CHARTRES depuis de longues
années, va nous quitter pour ORLÉANS - BRICY. Nous éprouvons une certaine
émotion car nous avions de solides amitiés parmi nos camarades bombardiers.
A cette belle unité succède le non moins illustre 2è escadre de chasse
apportant de Tours son célèbre Groupe des « Cigognes». L'ossature de cette
dernière est l'ancien 2ème Régiment de Chasse de Strasbourg.
A présent la Base de Chartres est uniquement équipée de chasseurs et, cela,
jusqu'à la déclaration de guerre, mais ce n’est que dans les premiers mois de 1939 pour que nous voyions
arriver enfin du matériel vraiment moderne, le «Morane Saulnier 406».
Pendant toute cette période, les «Chevrons Verts» de la Chasse couvriront
l'Or des blés mûrs de la Beauce...
Bulletin de l’A.A.A.M.B.A.C n° 67
Printemps 1986
Roger VANTILLARD
01/2009 – Collection FXB
Les escadrilles de bombardement
photographiées par Joseph Bibert à
son arrivée à Chartres
1934
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Breguet
19 CN2 - 23ème escadrille de chasse de nuit – Alfred KRIEGER |
Lioré
et Olivier 20BN3 - 3ème
escadrille GB 22 - VB101 |
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Lioré
et Olivier Lé0 20BN3 - 3ème escadrille GB 22 - VB101 |
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Photographies Joseph BIBERT - Droits
réservés
12/2008 - Un récite de Paul
ROPERT (1986) - Pilote à la 5ème escadrille de la 22ème
escadre en 1936
La « CROISIÈRE d’AFRIQUE du
NORD »
22ème ESCADRE de
BOMBARDEMENT - AMIOT 143
1936

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15 juin 1936 Départ de CHARTRES de la
« CROISIÈRE d’AFRIQUE du NORD » AMIOT 143 - 22ème Escadre
de Bombardement |
Comment se rappeler des événements vieux d'un demi-siècle ! Une mémoire
infidèle, un carnet de vol, ce document précieux que l'on conserve comme une
relique, donnant des renseignements nets et précis, mais insuffisants ; il
reste alors les souvenirs que je vais vous conter.
Le 15 juin 1936, douze Amiot 143 de la 22ème escadre, s'envolaient
du terrain de CHARTRES pour une mission intitulée «La Croisière d'Afrique du
Nord», une belle promenade pour les 72 privilégiés qui y participèrent.

1ère
étape : TOULOUSE
Là, les conditions météo défavorables nous obligent à passer la nuit dans
la cité des violettes. Le lendemain matin un ciel clair nous permet de franchir
les Pyrénées et aussi de survoler le centre de l'Espagne, un pays montagneux,
chaotique et brûlé par le soleil. Aujourd'hui cela a changé, sauf que l'on ne
déplace pas les montagnes ; après 4 h 30 de vol, atterrissage à LOS ALCAZARES,
terrain de CARTHAGÈNE Revue des équipages passés par un Général espagnol qui
prononça quelques mots en français en nous souhaitant la bienvenue et ajoutant
qu'il avait été breveté pilote en France et portait, pour cause, le même
macaron que nous. Connaissance avec nos nouveaux camarades, réception
remarquable comme savent le faire des hommes fiers et généreux, dignes
représentants de leur race. L'après midi visite de la cathédrale et tard dans
la nuit celle des chapelles !
Le17
juin : cap sur MEKNES
Survol de la «MARE NOSTRUM» chère à Blasco Ibanez, puis le Maroc. En
arrivant près du terminus de cette étape, un Amiot était immobilisé près du
balisage ; il s'était «posé» avant la piste... Le pilote était le chef de
mission ; ironie du sort, ce commandant, avant le départ, nous avait recommandé
de bien le suivre, car il connaissait le terrain !! Visite de la ville et
évidemment du quartier réservé, une véritable ville ! Chez Zou Bida que
Pierre Moreau m'avait recommandé comme un haut lieu où seuls les européens
avaient accès, nous attendaient de jeunes et ravissantes mauresques venues,
parait-il gagner leur dot.
Le
18 juin : arrivée à ORAN la SENIA
Quel changement de décor ! Plus d'Européens que d'Arabes, de belles
oranaises, souvent d'origine espagnole ou juive que nous admirions en sirotant
notre anisette matinale. Le samedi soir nous sommes allés à un bal populaire
pour en connaître l'ambiance où j'ai rencontré une Grecque ! Le dimanche,
tournée des plages aux environs de MERS EL KÉBIR dont mon camarade DURR,
m'avait vanté la beauté, contestable pour le breton que suis. Mais nous
n'étions pas venus pour faire du tourisme et deux exercices de bombardement
furent effectués par les équipages, ce qui nous permit de voir ce superbe
plateau oranais avec ses vignobles et ses immenses champs de blé dur.
Le
24 juin : départ pour BLIDA
Non pas pour visiter la fameuse grotte des singes, mais pour permettre la
visite d'ALGER LA BLANCHE que nous regagnons en car. La Corniche, la rade, la
mer, la rue de l'Isly, que tout cela nous a semblé beau !
Le
25 juin : direction Tunis
Après 3 h 25 de vol, atterrissage à EL AOUINA. Cette capitale m'a semblé
être avant tout une ville méditerranéenne, un mélange de races, de langues et
de couleurs. L'avenue de Paris, véritable fourmilière où tout le monde semblait
heureux. J'y suis retourné il y a une douzaine d'années ; quelle déception !
Tout était triste…
Le
26, juin : circuit des plages, Carthage et ses environs
Le
27 juin : première étape du retour
Oran était notre 1ère étape après 6 h de vol à 4000m; le lendemain MEKNÈS
et le 29, direction la France. Un temps de cochon à l'approche de la frontière
nous obligea à contourner le cap de CREUS au ras des flots sous une pluie
battante et de faire escale à Perpignan après 6 h de vol. Le 1er juillet nous
étions de retour à la cité des Carnutes après avoir effectué 41 h de vol ?
Des photographies officielles de chacun des 12 équipages et une avec tous les
membres de la mission réunis furent prises en souvenir de notre odyssée…
Bulletin de l’A.A.A.M.B.A.C n°68
Hiver 1986
Paul ROPERT
adj/C pilote à la 22ème Escadre en 1936
1908/1994
Pillage organisé !
Comme beaucoup
de ce qu’on peut trouver sur un forum qui se baptise sans complexe
« SUPERXXXXXX », son administrateur dont on sait seulement qu’il
habite à « Le Girmont Val d’Ajol » a procédé tout
simplement à un copier-coller de ce texte le 16 mai 2009, sans aucune mention
de sa source.... Bien évidemment... !
L’éducation se perd mon brave
Monsieur !
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1er Juillet 1936 Retour à CHARTRES de la
« CROISIÈRE d’AFRIQUE du NORD » AMIOT 143 - 22ème Escadre
de Bombardement – Appareil appartenant à la 1ère escadrille Le
Colonel MARTIN qui commandait la
22ème Escadre se trouve au centre, entouré du Commandant CAPPART à sa gauche et du Commandant ROUSSELET Le
premier Groupe est à gauche et le second Groupe à droite |
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Quelques équipages |
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Adjt LUCAS |
Lt de SAINT-MARS |
St WITTMANN |
Cne GAUJOUR |
Adj Chef JOURET |
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Adjt CHAUME |
S/Lt GIRARDOT |
St MAZEREAU |
S/Lt BALLANDRAS |
Adjt DE BAR |
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St Chef NOISEUX |
St BRULÉ |
St Chef RAGE |
Adjt CHENEVIÈRE |
St MARTIN |
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St Chef MASSON |
Adjt YGONNET |
St Chef MARIE |
Adjt CBROQUART |
St Chef TRICOT |
|
St MERCADER |
St RENARD |
St Chef LE BAIL |
St PICAULT |
St BOURGUIGON |
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St MANIFASSIER |
St BOUREL |
S/Lt LAFARGUE |
St Chef PORTET |
St TRUCHOT |
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St BEDENNE |
St BOURGUIGNON |
Cne SABLIER |
St PERONNÉE |
St ZIMMER |
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St PUJO |
St BOUSSION |
S Lt HASSIER |
St BELLENGER |
St Chef LE SAOUT |
|
St BOIRE |
St Chef RAMONDO |
Adjt BRIDONNEAU |
Cdt CAPPART |
St Chef PAPIN |
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St Chef ROPERT |
Cne BODIN |
St GILLOT |
Adj Chef TRONTIN |
Lt FOUCHÉ |
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St Chef LE HEIGET |
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St CAPEILLÈRE |
Adt PIERRE |
S/Lt MORIZE |
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Adj Chef LEFEBVRE |
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St Chef BOISMERY |
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St Chef SICCART |


Images © FX-Bibert – 2010
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Eté 1936 - Après la « CROISIÈRE d’AFRIQUE du NORD » Des
AMIOT 143 de la 4ème
escadrille de la 22ème Escadre de Bombardement de Chartres En bas, l’appareil n°12 codé
« 11 » Collection Franck Roumy – Droits
réservés |
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03/2009 - Collection FXB
BA 122 – CHARTRES - 6ème
ESCADRE DE CHASSE
Les LOIRE 46 (850 CV – 360 km/h)
remplacent les NIEUPORT 629 (500 CV – 270 km/h)
...
mais les « chasseurs modernes », ailes basses et train rétractable,
se font attendre...
Hiver 1936/1937

LOIRE 46
GC II/6 - 3ère ESCADRILLE
– Cigogne allongée



LOIRE 46
GC 1/6 - 1ère ESCADRILLE - Tête de gaulois

NIEUPORT 629
GC 1/6 - 2ème ESCADRILLE – Fanion Bleu et Blanc
Archives personnelles de Joseph BIBERT

11/2008 - FXB
Le GAO 504 et les Autogires
1937-1939

« La Vie Aérienne » du 4 juin 1936 et du 25 mai 1938
Le Groupe Aérien d’Observation 504 (GAO 504) créé à CHARTRES en juillet
1937, et qui était équipé de Potez 390, reçut 4 autogires LIORÉ & OLIVIER
LéO C.30 fin 1938. Ces appareils n’ont pas été réellement opérationnels lors de
la déclaration de guerre, faute de doctrine d’utilisation et sans couverture
aérienne. Les quelques photos, dessins ou maquettes ci dessous représentent des
appareils d’autres unités, faute de clichés pris à Chartres.
Si ces appareils sont généralement peu connus, tous les riverains de
l’aérodrome se souviennent pourtant avec une certaine frayeur de leur passage
hésitant et bruyant juste au dessus des toits du faubourg Saint-Chéron... Ce
sont les appareils n°12, 45, 57 et 59 qui ont volé dans le ciel de
Beauce ; le GAO 504 a aussi participé à des manœuvres dans l’ouest de la
France en mai et juin 1939 avec les n° 47 et 59.

Collection Jacques MOULIN – Droits
réservés


Accident de l’autogire LéO C.30 n°22
Le pilotage de ses engins appelés communément « Marguerite »
n’était pas chose facile, comme le prouve ces deux photographies faites au
C.P.P. (Centre de Perfectionnement au Pilotage) de Salon de Provence le 11 mars
1938.
Collection Jean Menneglier – Elève à
l’Ecole de l’Air de Salon de Provence -
Droits réservés
Lien vers quelques informations techniques sur l’autogire
Lioré & Olivier C.30
12/2008 - AÉRO JOURNAL n° 40 -
Christian Jacques EHRENGARDT
Les DEWOITINE 500 (501/510) de la 2ème
escadre de Chasse
1937 - 1938

GC II/2 – 3ème Escadrille (SPA 65) – D.501 n°131 – Capitaine
Calonne d’Avesnes, Commandant de l’escadrille
GC II/2 - 4ème escadrille (SPA 57) – D.501 n°248


De gauche à droite et de bas en haut
:
D.501 n° 105 - GC I/2 - 1ère escadrille et
D.501 n° 189 - GC I/2 - 2ème
escadrille (fête de l’air à Villacoublay du 10/07/1938)
Accident du D.501 n°188 - GC I/2 - 2ème escadrille – 1937 et
D.501 n° 131 - GC II/2 - Appareil du capitaine Calonne d’Avesnes,
Commandant de la 3ème escadrille
Collection J. MUTIN et Musée de
l’Air – Droits réservés
Liens
vers les planches des profils des
DEWOITINE : 500
- 501
- 510
Archives personnelles FXB
PRISES
D’ARMES sur la BASE AÉRIENNE 122 de CHARTRES
17
février et 16 mars 1938

BASE AÉRIENNE 122 - CHARTRES - Prises d’armes des 17 février et 16 mars
1938
10/2008 - Photo-montage FXB
L’Arrivée
des nouveaux chasseurs « MORANE SAULNIER 406 » à CHARTRES
1939
Cliquez sur les liens
ci-dessous pour voir les deux photographies originales ayant servies au
photomontage :

Le Morane Saulnier MS 406 n° 169 du GC III/6 - Parc Aviation 22 - Chartres –
1939
Cet avion a été mis en pylône par le sergent-chef Joseph KULLING le 26
juillet 1939 à Chartres
Il sera détruit lors du très grave accident du Sergent GROSDEMANCHE du 30
septembre 1939 à Bouillancy
Un Morane Saulnier MS 406 du GC II/6 – 3ème escadrille – SPA 26
- Parc Aviation 22 - Chartres – 1939
face à un alignement de Loire 46 encore utilisés pour la formation des
pilotes
01/2010 – Collection Philippe
Menneglier
NOUVEAU JANVIER 2010 (à suivre)
Le Centre d’Instruction à la Chasse
(C.I.C.) de Chartres
09/1939 – 06/1940
Lire aussi le témoignage exceptionnel
de Jean MENNEGLIER, sous-lieutenant de l’Ecole de l’Air, en formation au CIC de
Chartres, entre octobre 1939 et février 1940
Lien sur l’image ci-dessous
En septembre 1939, après que tous les Groupes de Chasse basés à Chartres
aient gagné les terrains de campagne sur lesquels ils avaient été affectés, les
installations se la base de Chartres furent utilisées pour mettre en place un
C.I.C. : Centre d’Instruction à la Chasse.
Les deux C.I.C. de Chartres et de Montpellier constituaient le dernier
maillon avant l’affectation des pilotes aux unités combattantes. Il fallut
plusieurs mois avant que les moyens ne se mettent en place et qu’ils n’atteignent
un certain degré d’efficacité. Début octobre 1939 il n’y a à Chartres qu’une
vingtaine de MS 405 ou 406, une dizaine de Curtiss H.75 et une dizaine de
Bloch 151. Beaucoup d’avions ne disposent ni de viseurs, ni de canons. Le champ
de tir est indisponible, et il n’y a de toutes façons pas d’armuriers !
Les mécaniciens en nombre notoirement insuffisant ne peuvent faire face aux
multiples pannes et surtout aux nombreuses casses liées à l’inexpérience des
élèves sur des chasseurs rapides, avec des ailes basses, des trains
d’atterrissage rentrant et un poste de pilotage fermé...
Accidents
de chasseurs modernes enregistrés au C.I.C. de Chartres pendant les 4 derniers
mois de 1939
|
Date |
Type |
Numéro |
|
23/09/1939 |
MORANE |
N° 608 |
|
23/09/1939 |
MORANE |
N° 232 |
|
29/09/1939 |
CURTISS |
N° 133 |
|
29/09/1939 |
CURTISS |
N°
17 |
|
03/10/1939 |
CURTISS |
N° 119 |
|
06/10/1939 |
CURTISS |
N° 131 |
|
07/10/1939 |
BLOCH |
N° 110 |
|
19/10/1939 |
BLOCH |
N°
39 |
|
24/10/1939 |
BLOCH |
N°
32 |
|
09/11/1939 |
MORANE |
N° 446 |
|
20/11/1939 |
MORANE |
N°1082 |
|
21/11/1939 |
CURTISS |
N° 128 |
|
30/11/1939 |
BLOCH |
N°
31 |
|
30/11/1939 |
MORANE |
N° 644 |
|
06/12/1939 |
MORANE |
N° 670 |
|
11/12/1939 |
BLOCH |
N°
82 |
Le C.I.C. de chartres aurait du comprendre normalement deux groupes de deux
escadrilles de 12 avions chacune, avec un total de 54 chasseurs monoplaces dit
modernes, un groupe d’entraînement de 20 appareils (10 Hanriot HB.182 ; 5
Potez 630 et 5 Simoun) et un groupe de remorquage de 9 appareils (5 Potez 25 et
4 LéO 20 ou Bloch 200). Jamais ces chiffres ne furent atteints et tous un tas
d’autres modèles divers et variés, quasiment impossible à maintenir en état se
retrouvèrent au Centre. Coté insignes, les différents auteurs parlent de
« Thermomètre », de « Donald au gourdin », de « Bébé
barbu »de « Piaf au bonnet et au boulet » et aussi de
« Avion buvant le biberon », mais malheureusement l’iconographie de
cette époque à Chartres est assez pauvre et il faut rester prudent ; des
recherches complémentaires sont donc à faire. Le « Donald » ,
apparu sur les appareils des pilotes convoyeurs de chez Curtiss venus en France en 1939, semble être devenu la marque personnelle du célèbre Léon Cuffaut, chef d’escadrille au C.I.C. à partir de mars 1939, puisqu’on le retrouve
en 1944 sur ses Yakolev russes au Normandie-Niemen. Récemment, une photo du MS 406 n°626 portant la magnifique « Hirondelle » ci-dessous a été
découverte ; son dessin en aurait été fait par le sous-lieutenant Jean
Menneglier pendant l’hiver 1939 pour la 2ème escadrille du 1er
groupe, mais il s’agit peut-être d’un insigne personnel
(cliquez sur les images pour les agrandir).
|
La
composition du C.I.C. de Chartres (Recherches
complémentaires en cours) Commandant du Centre : Commandant Raguenet de Saint-Albin : rappelé au
commandement du GC I/4 le 15 mai 1940. Lieutenant-colonel Nuville : signe en temps que « commandant
l’Escadre de Chasse » début juin à Cazaux. Section d’entraînement : Commandants : Lieutenant Perron jusqu’en janvier 1940, puis capitaine Malinvaud de février à juin. Matériel : 1
ou 2 MS 406, D.500-501, MS 230, NAA 57, Potez 25, etc. 1er groupe : Commandants : Commandant Rabatel jusqu’en mai 1940 – Capitaine Goubault (signe les carnets et registre début
juin). 1ère escadrille : Commandants :
Lieutenant Ozanne (de septembre 1939 au
18/04/40 : mutation au GC III/10) – Lieutenant Boissel
(du 25/02/40, en provenance du GC II/3, au 17/05/40 : mutation au C
II/2) – Successeur inconnu. Matériel principal
: MS 406. 2ème escadrille : Commandants :
Lieutenant Pissotte (de septembre 1939
au20/03/40 : mutation au GC III/2 – Sous-lieutenant Odobez. Matériel
principal: 2ème groupe : Commandants : Capitaine Waddington 3ème escadrille : Commandants :
Capitaine ???? (illisible sur les
carnets de vol)
jusqu’en mars 1940. – Sous-lieutenant Cuffaut
(à partir du 27/03/40) Nota : Cuffaut passe en Afrique du Nord entre le 20
et le 25/06/40, après le départ du CIC à Cazaux. Matériel
principal : Curtiss H.75, plus des Bloch 151 après le 02/05/40. 4ème escadrille : Commandants :
Sous-lieutenant Troyes (de septembre 1939 au
07/03/40 : mutation au GC II/3) - Lieutenant Bugnet
(du ??/ ??/ ??, en provenance du GC II/2) Nota : Bugnet est connu au C.I.C. à partir de
février 1940) Matériel
principal : MS 406 et Bloch 151. Nota : 1) Toutes les escadrilles utilisaient aussi pour l’entraînement
quelques D.500 (ou 501) et des Simoun. 2) Le C.I.C. a reversé la plupart de ses chasseurs modernes en
renfort aux groupes au front vers la mi-mai 1940 et n’a plus fonctionné à
Cazaux qu’avec des D500 (ou 501). Il a perçu cependant quelques nouveaux MS
406 à partir du 13/06/40. 3) Le transfert du Centre d’Instruction à la Chasse de Chartres sur
Cazaux a commencé le 23 mai 1940 et les réserves d’essence de la base ont
finalement incendiées le 14 juin 1940 sur ordre de Jean Moulin, alors préfet
d’Eure et Loir. Eléments connus au 01/01/2010 |

Tampons et signatures – CIC de Chartres
– Hiver 1939
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Hiver 1939 Les Morane
Saulnier 406 du premier Groupe du C.I.C. de CHARTRES, plein Ouest vers la
Cathédrale |
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Les Morane
Saulnier 406 du premier Groupe du C.I.C. de CHARTRES devant leur hangar |
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Emmanuel PORODO
en tenue de vol Jeune
sous-lieutenant de l’Ecole de l’Air- Promotion 1937 « MÉZERGUES » C.I.C. de
CHARTRES – 1er Groupe – 2ème Escadrille |
Remerciements à Philippe MENNEGLIER pour ces magnifiques documents – Droits
réservés
01/2010 – Collection Marc
Doucet
NOUVEAU MARS 2010 (à suivre)
L’occupation du terrain d’aviation de
Chartres par la Luftwaffe
06/1940 – 08/1944

« Sur l’aérodrome de Chartres » – « Hangar de la 4ème
escadrille » (du II/KG55 - Major von Lachemaier puis Major
Kles) – « Piste d’envol »
Première page de l’album d’un aviateur allemand basé à Chartres entre 1940
et 1944
Bombardiers Heinkel 111 P-2

Profil d’un Heinkel 111 P-2 de la 4./KG55 (Escadrille) du II/KG55 (Groupe)
basé à chartres entre 08/1940 et 06/1941 avec le code G1 et l’insigne du
« Greif » (Griffon)

Le même avion avec son camouflage pour les missions de nuit

Chargement d’une bombe sur un Heinkel 111 avant le départ d’une mission
lors de la bataille d’Angleterre – Octobre 1940
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Epaves d’avions français : Potez 631 –
Loire 46 - Bloch 152 Morane Saulnier 230 – Dewoitine 500 |
Les troupes allemandes s’installent sur la
BA 122 |
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Heinkel 111 – Missions de nuit |
Heinkel 111 |
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Heinkel 111 |
Heinkel 111 |
Remerciements à Marc DOUCET pour ces magnifiques documents – Droits
réservés
06/2009
BOMBARDEMENT AMÉRICAIN
du camp allemand d’entraînement des
pilotes
par
l’ « U.S. 8th Air Force »
28 mars 1944


BOEING B17 « Flying
Fortress »
survolant Chartres et le terrain
d’aviation d’ouest en est
Documents NARA
BASE AÉRIENNE 122 – APRÈS LA
LIBÉRATION DE CHARTRES
23 août 1944

Le Général de Gaulle....
... pendant que la 2ème
DB de Leclerc libère Paris !
Ecoutez : Reportage de l’arrivée du Général de Gaulle à Chartres par
la “Radio Canada” - Ses discours...
Ecoutez : “...Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais
Paris libéré...”
Ils ont commandé l’Aviation à
Chartres
|
ÉCOLE d’AVIATION MILITAIRE DE
CHARTRES |
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Commandant FASSIN |
1915/1919 |
|
22ème RABN |
|
|
Colonel MICHAUD |
1922/1924 |
|
Lieutenant-colonel MÉNARD |
1924/1924 |
|
Colonel BERDALLE |
1924/1925 |
|
Colonel JAUNAUD |
1925/1928 |
|
Colonel GARDES |
1928/1930 |
|
Colonel MAGNIN |
1930/1933 |
|
Colonel VASSELOT de RÈGNE |
1933/1934 |
|
BASE AÉRIENNE |
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Colonel MARTIN |
1934/1936 |
|
Colonel HÉBRARD |
1936/1937 |
|
Colonel PINSARD |
1937/1939 |
|
Général MUIRON |
1939/1940 |
11/2009 – Recherches FXB
La longue liste des accidents d’avion
à Chartres
1923 - 1939

26 mai 1923 – Chartres (28)
(+) Sergent ROECKEL – Soldat LOUAPRE
FARMAN « Goliath »

24 avril 1924 – Chartres (28)
Appareil : FARMAN GOLIATH – 4ème
escadrille - 2ème groupe - 22ème RB
L’aviateur Henri Lévêque était
rentré dans l’aviation militaire le 16 janvier 1915. Il participa à 99 missions
de guerre dans l’aviation de bombardement pendant la première guerre mondiale
et obtint 3 citations : à l’ordre de l’aéronautique en 1917, du Corps
d’Armée et de l’Armée en 1918 et il devint officier après son succès aux
E.O.A., dans la première promotion P.N. (Personnel Naviguant) de 1922.
Il nous a laissé le récit de cet
accident :
« A ma sortie de Versailles, en
1923, j’ai été affecté à Chartres au 22ème Régiment de Bombardement de nuit.
Deux groupes, à deux escadrilles chacun, le composaient. Ils étaient équipés de
Farman Goliath, gros bimoteurs de plus de 20 mètres d’envergure, triplaces,
version militaire de l’avion utilisé sur la ligne Paris-Londres. Accessible par
la place arrière, un couloir, dans lequel était placé le lance-bombes,
desservait le poste du pilotage et la place avant du navigateur. Le tout était
à l’air libre.
Le terrain (en 1923 le mot « base »
n’étaient pas encore utilisé), séparé par des faubourgs de la ville par une
caserne où logeaient les soldats et installés les différents services, était
limité s’un coté par la route de Paris, d’un autre à angle droit par un petit
chemin vicinal public qui le séparait de la caserne ; il s’étendait à
perte de vue sur la plaine beauceronne. Les hangars du premier groupe
(escadrille 1 et 2) étaient implantés légèrement en retrait de la route de
Paris, ceux du deuxième Groupe (escadrille 3 et 4 à laquelle j’appartenais), le
long du petit chemin. Le mien, le dernier de la file, était à une centaine de
mètre du terrain signalée par des balises basses et blanches. Pour
l’atterrissage dans des directions proches du nord, on utilisait cette trouée
qui faisait éviter le survol de la caserne et des hangars.
A une centaine de mètres à gauche de
mon hangar, dans une zone du terrain jamais utilisé, une petite bosse qui ne
présentait pas de danger était néanmoins, et par mesure de sécurité, en cours
d’arasement. Deux soldats par escadrille étaient désignés chaque jour pour ce
travail. Au fur et à mesure qu’elle était piochée, la terre était transportée
par des wagonnets et étalée en bordure du petit chemin. Les rails étaient là en
permanence, les wagonnets étant garés la nuit contre mon hangar.
Avec mon chef d’escadrille,
lieutenant observateur, nous avions décidé de tester le Goliath sur le parcours
de nuit Chartres-Dijon, aller et retour sans escale. A l’époque on volait à
vue. Les boussoles même compensées, étaient peu fiables et en l’absence de
météo on ne pouvait déterminer un cap. A l’aller nous devions survoler Orléans,
Gien, Clamecy, Avallon, Dijon. Là, il fallait effectuer deux tours de piste et
lancer des fusées vertes (notre heure de passage devant être relevée au sol).
Le retour se faisait par Auxerre, Joigny, Pithiviers, Chartres soit 700
kilomètres à 2000 mètres d’altitude. Cela représentait cinq heures et demies à
six heures de vol : départ à 22 heures, passage au dessus de Dijon vers
une heure du matin, retour au bercail aux environs de 4 heures. Sur le terrain,
les feux d’atterrissage restaient allumés ainsi que trois projecteurs ;
les faisceaux dirigés sud-est serviraient de repère en cas de besoin.
Le temps était beau et les nuits
claires depuis plusieurs jours. Mon chef d’escadrille, à l’avant, me fera la
route, mon premier mécanicien étant assis près de moi dans le couloir, le
deuxième à la place arrière. Je décolle à 22 heures ; face au sud-ouest
j’effectue un large virage de 180° qui me ramène à cinq cent mètres d’altitude
au dessus des faubourgs de la ville où nous devons attraper la route d’Orléans.
Je vois à un ou deux kilomètres le terrain éclairé ; les moteurs tournent
rond ; tout va bien ; nous allons faire un beau voyage. Soudain et
brusquement, un feu violent se déclare à la place avant où se trouve tout le
dispositif électrique (batteries d’accumulateurs, nombreuses connections de
câbles pour l’éclairage de différents postes). Je pense qu’un court-circuit a
mis le feu au fuselage. Une fumée âcre et épaisse, aspirée par l’appel d’air dû
à l’inclinaison de mon pare-brise, tourbillonne dans le poste de pilotage et me
bouche par moment la vue vers l’avant. Je vire immédiatement et reviens vers le
terrain pour tenter d’atterrir. Deux fois je me suis levé pour prendre une
bouffée d’air extérieur.
L’incendie dura peu de temps, 25 ou
30 secondes. Il s’éteignit aussi brusquement qu’il s’était allumé. J’ignorais
si ce n’était qu’un répit, mais je le mis à profit rapidement et plutôt que de
passer au dessus de la caserne et des hangars, je me dirigeais vers la trouée
pour atterrir en bordure du terrain. J’ai dû bien manœuvrer car je me suis
retrouvé face à elle, à quelques mètres du sol, en position
d’atterrissage ; peut-être que mon Goliath, comme les vieux chevaux qui
reviennent seuls à l’écurie avec leur cocher ivre et ou endormi, m’y a-t-il
aidé... Après ces minutes angoissantes, j’étais enfin rassuré ; quoiqu’il
arrive, des secours étaient sur place. Le personnel qui avait sorti l’avion
était toujours là.
Alors pourquoi ai-je voulu éviter le
terrassement et les rails vers lesquels je roulais et que j’aurais franchi
vraisemblablement sans dommage ? J’ai obliqué vers la droite, mais dans le
noir je n’y voyais pas très bien et je ne me croyais pas aussi près de mon
hangar. A peine avais-je entamé ma manœuvre que j’entendis le plan inférieur
frotter sur le bord du toit. L’avion pris de la gîte, le plan gauche toucha le
sol et le tout se termina par un cheval de bois de 180 degrés. Il n’y eut pas
de choc mais la vitesse aidant, mon beau Goliath, tout de bois et de toile,
parti de là fringant un quart d’heure plus tôt, gisait en morceaux sur le coté
de son hangar. Cependant il ne brûlait pas ! Mes trois passagers furent
debout tout de suite. Je restai allongé incapable de bouger. Le palonnier sur
lequel j’agissais, revenu brutalement vers l’arrière, m’avait fracassé la
jambe.
(...) Je suis resté à l’hôpital le
temps d’une grossesse, couché avec un plâtre ouvert au niveau de la plaie pour
les pansements qui me prenait le pied et montait jusqu’à la fesse. (...) J’ai
quitté l’hôpital courant janvier 1925, boitant, la jambe cintrée et six
centimètres de tibia en moins.
Je n’ai su que trois jours après mon
hospitalisation par des camarades venus me visiter qu’une fusée rouge s’était
allumée spontanément. Eh bien, pendant et après la guerre, des milliers de vol
de nuit ont été effectués par des avions emportant des fusées en vrac dans la
carlingue ; mais je n’ai jamais entendu dire que l’une d’elles s’étaient
permis une pareille fantaisie. » (bulletin de l’A.A.A.M.B.A.C
n°69)
Nota : Médaillé militaire,
chevalier de la Légion d’Honneur, le capitaine Leveque a été placé en congé du
P.N. en novembre 1940.

28 novembre 1924 – Chartres
(+) Sergent Louis HENRY et Soldat
Charles FORGET
SPAD n°34

13 mai 1925 – Place de la
Poissonnerie - Chartres (28)
(+) Lieutenant Henri SIMON
Appareil : sans doute un BREGUET
19

Les débris de l’avion, place de la
Poissonnerie – En arrière-plan, la « Maison du « Saumon »
Dans les premiers mois de 1926 une plaque commémorant cet accident, à la
mémoire de l’aviateur, fut apposée à l’endroit même de la chute, en présence d’un
détachement du « 22 » dont faisait partie le soldat pilote DE VOOS
qui a eu la tristesse de constater 60 ans plus tard, lors d’un retour à
Chartres à l’occasion d’une réunion des anciens de la BA 122, qu’elle avait
malheureusement disparu...

15 octobre 1925 – Cimetière de
Saint-Chéron (28)
Appareil : sans doute un FARMAN
« Goliath »
Lien pour retourner vers les photographies de cet accident
plus haut dans cette page

5 mai 1928 – Voves (28)
Appareil : sans doute un SPAD – 34ème
d’aviation du Bourget

13 juillet 1928 – Chartres – Rue
Saint-Chéron (28)
(+) M. MANCEAU (civil)
FARMAN F.63Bn4 « Goliath » du 22ème RABN piloté par le
Sergent LE BAIL
Cet accident correspond sans doute aux photos transmises
par M. Claude WARCONSIN
Lien pour voir des photographies de cet accident plus haut dans
cette page

7 août 1928 – Luzy (58)
(+) Capitaine Raymond LABBÉ –
Adjudant-chef LE BOURHIS - Sergent Henri BODIN – Sergent Marcel PICARD
FARMAN F.63Bn4 « Goliath » du 22ème RABN
Un appareil de même type de la 1ère escadrille
sera baptisé « LE BOURHIS » en hommage au pilote disparu
Lien pour voir les
photos de la collection BOURGUIGNON plus haut dans cette page

17 juillet 1929 – Chartres (28)
(+) Sergent Marcel RIOTTE
FARMAN F.63Bn4 « Goliath » du 22ème RABN

13 septembre 1929– Courville-Fruncé
(28)
(+) Caporal Jacques GUENOT –
Sous-lieutenant Henri SPACH – Sergent Adolphe PICRY – Soldat André COMBOURIEUX
FARMAN F.63Bn4 « Goliath » du 22ème RABN

Les restes du Farman tombé et
incendié au sud de Courville sur Eure, près de Fruncé et le monument érigé en
1930 à la mémoire des aviateurs de 22ème RABN
48° 25' 22.57" N 1° 13' 27.98" E
La manœuvre consistait à effectuer
le parcours Chartres – Courville – Illiers - Brou – Bonneval et à se diriger enfin
sur la gare de Lucé que les projecteurs de DCA défendaient
Lire
dans « LA DÉPÊCHE D’EURE ET LOIR » n°9690 des 14 et 15 septembre
1929 :
PROPOS DU
JOUR
«L’aviation tragique »
par Adrien Berthelon.
C’est presque
quotidiennement que notre aviation militaire ou civile est endeuillé par des
morts tragiques où succombent des hommes audacieux, aux exploits déjà renommés,
honneur de le race ou des jeunes gens qui accomplissent leur service dans cette
arme nouvelle qui a déjà pris parmi les autres une place capitale.
Le terrible drame qui
s’est déroulé cette nuit près de COURVILLE, et dont on lira d’autre part le
récit, met une fois de plus nos coeurs en grande peine et nos esprits en grande
inquiétude.
Il est désolant de voir
mourir tant d’hommes plein de santé et d’avenir, réserves précieuses de la
nation. Il est non moins affligeant d’en être réduit à se demander pourquoi en
France, les accidents sont si fréquents, pourquoi depuis des années, notre
aviation semble traverser une série noire de malchances et de malheurs.
Sans doute l’aviation
est un sport dangereux, sans doute plus elle se développe, plus les risques
augmentent.
Mais regardons chez les
autres peuples ! Les avions y sont construits en plus grandes quantités
encore. L’Italie, l’Angleterre, les Etats-Unis ont une aviation puissante.
Quant à l’aviation
allemande, elle a pris un essor formidable. Ce ne sont pas quelques lignes
commerciales qui sillonnent le Reich ; c’est un réseau dense, une vraie
toile d’araignée qui le couvre tout entier. Et ce n’est pas sans angoisse que
l’on regarde une carte des services aériens allemands, lorsqu’on songe que ces
milliers d’appareils de commerce pourraient être, en quelques heures,
transformés en avions de combat.
Et à leur aviation dans
le domaine de la conquête des airs, nos voisins d’Outre-Rhin ajoutent le ballon
Zeppelin dont un modèle nouveau et perfectionné vient de faire le tour du
monde, pour la gloire, il faut bien le reconnaître de la plus grande Allemagne.
Pourquoi tant de chance,
de réussite à coté de nous ? et pourquoi chez nous tant de déveine, tant
de raids avortés, tant de catastrophes, tant de deuils ?
L’aviateur français, en
valeur, en intelligence, en courage, en esprit d’aventure, en intrépidité, ne
craint la concurrence de personne. Il a fait ses preuves magnifiques pendant la
guerre et depuis la paix.
Ce ne sont pas les
hommes qu’il faut incriminer, oh non !
Mais alors, les
appareils ! Sont-ce ceux qui les construisent ou ceux qui les commandent
aux constructeurs ?
Est-ce dans
l’organisation nationale de notre aviation dans sa haute direction, que sont
les responsables de cette situation navrante, qui finit par émouvoir à bon
droit le pays ?
Il est certainement un
défaut et des responsables quelque part. Il faut découvrir l’un et les autres.
Car, en attentant que le
remède nécessaire et urgent soit apporté à un état de chose qui ne saurait
durer plus longtemps, ce sont des braves, bons et jeunes français qui paient de
leur vie et de leur sang les fautes d’en
haut.
Saluant avec émotion et
respect, après tant et trop d’autres, les malheureuses victimes de la
catastrophe de cette nuit, nous crions : assez de tombes prématurément
ouvertes ! assez de familles en pleurs ! que les pouvoirs publics
enquêtent et agissent !

16 mai 1930 – Saint-Clément
sous-Valsonne (69)
FARMAN F.63Bn4 « Goliath » du 22ème RABN
Cet accident spectaculaire a soulevé à l’époque une grande polémique car le
pilote, Marcel Paul DE VOOS, fut plus ou moins directement accusé d’avoir commis
une erreur de pilotage et d’avoir évacué son avion sans s’être préoccupé du
sort de son mécanicien, Hilarion André CARISTAN. Tous les deux se sont exprimés
exactement 50 ans plus tard sur ce sujet par l’intermédiaire du bulletin de
« l’Amicale des Anciens Aviateurs Militaires de la Base Aérienne de
Chartres » (numéros 54 et 55). Les
deux récits contradictoires peuvent êtres lus en ouvrant le lien.

23 juin 1930 – Chartres (28)
(+) Capitaine Louis de MURARD de
SAINT-ROMAIN (1)– Sergent André HELDE
Appareil :sans doute un FARMAN « Goliath »
(1) Louis Marie François Joseph, Comte de Murard de Saint-Romain,
né le 30 juillet 1887 à Bresse sur Grosne (71) marié le 18 octobre 1911 avec
Elisabeth.d’Andigné, fille de Geoffroy d’Andigné
Fils de Marie Alexandre « Henry » de Murard de
Saint-Romain (1842) et de Maie Justine « Antoinette » de Pérusse des Cars
(1851)

26 août 1930 – Route de Chavannes à Lèves (28)
(+) Sous-lieutenants Pierre EHRMANN et Guido SAVELLI –
Sergents Georges MERLET, Albert SIREY, René HASPE et Bernard TURGIS
FARMAN F.63Bn4 – 22ème
RABN - 3ième escadrille - VB
101
26 août 1930 – Corcelles-les Monts (40)
(+) sergent pilote André MAILLEFAUD, adjudant REINICHE,
adjudant mécanicien PECATTE, sergent radio VIEILLOT
FARMAN F.63Bn4 – 22ème RABN – 6ème
escadrille – CAP 115

Outre les deux accidents mortels ayant fait 10 victimes et l’accident du
commandant EUDES qui ne fut heureusement que blessé en détruisant son LIORE
& OLIVIER LéO 20 au décollage contre un hangar de l’aérodrome de Chartres,
un autre FARMAN « Goliath » du 22ème RABN fut détruit par
le feu la même nuit, au moment où l’on procédait au plein d’essence de ses
réservoirs. La presse entière de déchaîna contre le ministre de l’Air et
« l’Aviation Militaire » en général, la mauvaise qualité et la
vétusté de son matériel ainsi que les défaillances de sa maintenance en
particulier...
Lire par exemple ce que
dit le « FIGARO » des Accidents du 26 août 1930 (cliquer sur le lien
ci(dessous)
« Plaidoyer pour la création d’un Corps d’Officiers
Mécaniciens de l’Armée de l’Air »
Lire aussi à la une du
« FIGARO »du 6 octobre 1930 :
POUR SAUVER L'AVIATION
FRANÇAISE
Les accidents terribles
survenus, à divers avions de bombardement de nuit ont prouvé l'effroyable
incurie du service technique de l'aéronautique (S.T.Aé). A nouveau « l’Ami
du Peuple » d'hier matin attirait fort judicieusement l'attention sur ce
point.
Les communiqués
officiels du ministère de l'air signalent que tout vol est interdit sur avions
Goliath et Super-Goliath, du type de ceux qui ont été «accidentés» à Chartres
et à Dijon. Cette décision relative à des appareils dangereux dans leur état
actuel, ne doit pas faire oublier la longue série de fautes du service
technique de l'aéronautique.
De longues années
durant, celui-ci a laissé augmenter la puissance du « Goliath » au détriment de
la sécurité, la structure restant stationnaire.
La responsabilité du
S.T.Aé. dans les accidents de Chartres est aggravée du fait que ce service a
permis le montage sur ces avions de moteurs à air de grosse puissance, soit à
réducteur, soit à haute compression. On sait, en effet, que le moteur à air de
gros alésage favorise l'auto-allumage, ce qui augmente les Vibrations.
Il y a près de 18 mois,
une enquête officielle avait permis d'établir que tous les longerons d'ailes
des « Goliath » étaient fissurés. De même, les vibrations des moteurs « Jupiter
», sur « Lioré », ont provoqué des fissures, des déréglages de bâtis-moteurs et
de cellules, des ruptures de pipes d'admission et, par voie de conséquence, des
incendies en vol.
On a décidé, pour
remédier à l'auto-allumage, de marcher à l'essence benzolée 50 %, puis de
marcher de nouveau à l'essence et de baisser la compression. 250 -moteurs sont
actuellement transformés, 450 vont l'être. Les dépenses afférentes à
l'équipement des avions de bombardement avec des moteurs d'avions de chasse
atteindront environ
25 millions.
Par un curieux paradoxe,
les Etats étrangers utilisent le meilleur matériel français de bombardement,
tandis que nos formations emploient le pire.
Exemple l'aéronautique
brésilienne a reçu, à son entière satisfaction, une escadrille complète de «
Lioré » bi-moteurs, type 25, à moteurs Hispano 500 CV, à réducteur.
Décidément, le service
technique de l'aéronautique a donné la mesure de son incapacité.

Lien vers les
photos du monument commémoratif à Lèves
sur le site « Aérostèles »

15 octobre 1930 – Gasville (28)
(+) Sergent Frédéric FEIDEL (ou DEILBEIL ?) –
Capitaine DONATY (blessé)
Appareil : ???? – 34ème
d’aviation du Bourget
Lire la une du «
FIGARO » du 31 août 1931 :
LES RESPONSABILITÉS DES CATASTROPHES AERIENNES
« L'AMI DU PEUPLE » s'attache à
démontrer que les responsabilités des catastrophes aériennes qui se succèdent
avec une fréquence alarmante, incombent surtout aux malfaçons de nos
fournisseurs de l'aéronautique.
Ce fut le fait de
certains services de l'aviation depuis dix ans. Malgré de belles promesses, M.
Laurent Eynac n'a rien changé à ces habitudes détestables.
Comment des avions de
type ancien ont-ils pu demeurer en service, être refaits perpétuellement sous
des noms nouveaux, et constamment rachetés avec avis favorable des services
techniques ?
C'est l'histoire de nos
déboires aériens qu'il faudrait faire en reprenant, la liste de nos deuils et
de nos déceptions.
En règle générale, il
fallait obtenir pour qu'un avion fût reçu, un certain nombre de performances
minimum. On s'est « débrouillé ». Sur une cellule trop faible on a adapté un
moteur trop puissant. En l'air, l'avion vibrait tragiquement, le pilote qui
avait fait les essais redescendait pâle, et affirmait que l'appareil ne pouvait
pas voler. Son rapport était transmis à ses supérieurs, disparaissait dans des
cartons verts, était étouffé dans des chemises directoriales, puis une série
d'appareils mauvais était commandée, Lors de la réception on se
« débrouillait » encore. Il faut beaucoup d'énergie à l'officier ou
au sous-officier qui procède aux essais d'un appareil pour s'opposer aux
revendications et affirmations hautaines du représentant de la maison X. qui
arrive dans une auto grand format et serre la main des grands chefs.
Tout récemment un appareil
médiocre réalisait des performances si étonnantes que le réceptionnaire étonné
fit amener l'avion sur la bascule. Réglementairement l'appareil devait être
chargé d'une certaine quantité de lest avec la complicité du pilote une partie
avait été jetée par-dessus bord. Quand l'appareil fut lesté, il redevint le
lamentable coucou que le réceptionnaire avait deviné. Néanmoins les avions
furent pris en compte par l'armée.
Et accentuant ses
accusations d'incurie de certains services administratifs du ministère de
l'air, « l'Ami du Peuple » poursuit :
Elles sont innombrables
ces séries d'appareils qui, à Chartres, Versailles, Dijon ne peuvent sortir des
hangars. Un beau jour, à la suite d'une catastrophe, un ordre vient analogue à
celui qui a été donné hier « Ne plus voler sur les appareils de tel modèle. »
Puis le temps passe, quelques mois, on oublie. Alors les appareils sont remis à
l'industrie privée pour modifications. Il vaut mieux ne pas parler des factures
qui sont payées pour ces modifications d'appareils. Il n'est pas rare que le
montant atteigne vingt et trente fois ce que l'Etat aurait payé chez le
mécanicien du coin. Les appareils reviennent en service. Sont-ils meilleurs ?
Certainement non.
Un appareil est un tout,
un organe renforcé ne peut travailler qu'aux dépens des autres plus faibles.
Une nouvelle catastrophe se produit. Nouvelle réparation, nouvelle note. 0n
voit la suite. Tout ceci, nous l'avons dit, provient du manque d'initiative
volontaire de certaines grandes maisons. Ce laisser aller doit être imputé
directement aux services de l'aviation et au ministère de l'Air,
La preuve vient d'en
être faite : une maison qui avait fourni à l'aviation française des
appareils défectueux, vient de procurer à des gouvernements étrangers qui
avaient ouvert un concours un appareil de premier ordre.

18 août 1932 – Tahure (51)
(+) Lieutenant DUBOUCHET – Lieutenant DAUVERGNE
Appareil : ????


24 août 1932 – Lèves (28)
(+) Capitaine DELMAS - Lieutenant FAUCHEUX
Appareil : ???? – 1er Groupe d’Aérostiers
de Compiègne en subsistance au Bourget

1er septembre 1932 – Patay/Voves (28)
(+) Adjudant René VEGEL

8 mars 1933 – Chartres (28) ?
Colonel Franck DELANNEY (Grièvement blessé)
Appareil : ????
Le Colonel Franck DELANNEY, qui était alors en congé du personnel navigant,
avait été pendant de longues années le Commandant en second du 22ème Régiment
d’Aviation de Chartres. Pilote breveté n°1184, brevet militaire n°288, alors
capitaine, il avait été nommé le 22 mars 1915 commandant l'escadrille C42 lors
de sa création au dépôt du 2ème groupe d'aviation sur le terrain de Lyon-Bron,
puis commandant de l’escadrille C89S rassemblée également à Bron le 11 octobre
1915. Il se dirigeait vers Tours et était seul à bord d’un avion biplace :
suite à des ennuis de moteur, il essaya de revenir se poser à Chartres, mais il
heurta des fils télégraphiques de la voie ferrée proche et s’écrasa. Il fut
transporté dans le coma à l’hôpital de Chartres où l’on diagnostiqua de
multiples fractures à la base du crâne. Il totalisait plus de 32 ans de service
dont près de 6 ans de campagne : 4 blessures et 1 citation, il avait été
fait officier de la Légion d’Honneur le 9 juillet 1924.

23 mai 1933 – Maisons (28)
(+) Capitaine Ludovic ARRACHART
CAUDRON C-360
Lire dans « L’OUEST
ECLAIR » du 24 mai 1933 :
« LE VALEUREUX PILOTE ARRACHART SE TUE DANS UN ACCIDENT D'AVION PRÈS
DE CHARTRES
Il s’entraînait pour la coupe Deutsch
de la Meurthe.
ETAMPES, 23 mai. — Un avion civil du centre d'Etampes, piloté par le
capitaine Arrachart, s'est écrasé au sol, ce matin, à 10h45, à proximité du
passage à. niveau de la ligne d'Auneau à Etampes, sur le territoire de la
commune de Maisons.
Le capitaine Arrachart a été tué. Les services du 22ème
d'aviation de Chartres ont été prévenus par les soins de la gendarmerie
d'Auneau.
Ludovic Arrachart, qui vient de se tuer, était né à Besançon, le 15 août
1897.
Les circonstances de l'accident
CHARTRES. 23 mai. —
L'aviateur Ludovic Arrachart, qui s'est tué ce matin, était engagé dans la
Coupe Deutsch de la Meurthe qui doit être disputée dimanche prochain à Etampes.
On sait que cette épreuve est ouverte aux avions monoplaces, munis d'un moteur n'excédant
pas 8 litres de cylindrée. Les constructeurs ont à cet effet, sorti des avions
et des moteurs spéciaux absolument nouveaux. C'est donc sur un de ces petits
appareils, pouvant atteindre une vitesse de 400 km. à l'heure, que Ludovic
Arrachart s'était envolé ce matin, à 6h 40 de l'aérodrome de Mondésir,
près d'Etampes, dans le but de s'entraîner et d'essayer son appareil. On ne
devait plus le revoir.
Parti dans la direction
de Chartres, sur le circuit même de la coupe, l'avion volait à 200 mètres d'altitude
environ, lorsque, suivant un cultivateur qui, d'un champ voisin, suivait la
marche de l'appareil, le moteur s'arrêta.
D'après un deuxième
témoin, le moteur cessa bien de fonctionner, mais reprit sa marche quelques
secondes plus tard. Quoi qu'il en soit, l'avion sembla amorcer un virage plus
s'abattit brusquement sur le passage à niveau de Maisons, sur la ligne de
chemin de fer de Chartres à Orléans, à proximité d'Auneau.
Lorsque les secours
arrivèrent, il était trop tard, et ce ne fut qu'un cadavre qu'on retira des
débris de l'appareil.
Mandée aussitôt, une
ambulance automobile transporta le corps à l'hôpital d'Etampes, tandis
qu'arrivaient sur les lieux le colonel Gon et le lieutenant Gardy du 22ème
régiment d'aviation de Chartres, chargés de l'enquête sur les causes de
l'accident qui a provoqué une profonde émotion dans les milieux aéronautiques.
Un mauvais fonctionnement du moteur
?
Chartres, 23 mai. — Il semble que l'accident survenu à l'avion d'Arrachart
soit du à une perte de vitesse consécutive à un mauvais fonctionnement du
moteur. Plusieurs habitants de Sainville, petite commune voisine, avaient
observé, en effet, lors du passage de l'appareil que le moteur donnait des
signes de faiblesse. »

BIOGRAPHIE :
Ludovic Marie René ARRACHART est né
le 15 août 1897 à Besançon, fils d’Eugène Gustave Paul ARRACHART, Chef
d’Escadron d’Artillerie et chevalier de la Légion d’Honneur et de Marie BOUZON.
Il s'engage en octobre 1914 au 35ème d'infanterie, prend part aux combats
de Champagne en 1915 et 191 : il est sergent quand il est blessé à Verdun.
Après sa guérison, il est appelé à Saint-Cyr et en sort aspirant en janvier
1917. Nommé ensuite sous-lieutenant, il est blessé à nouveau dans les combats
de la Meuse ; il est alors déclaré inapte dans l'infanterie.
Il demande à entrer dans l'Aviation
et du 1er juillet 1917 à l'armistice, il demeure dans celle arme, effectuant
des missions d'observation et de réglage de tir, ainsi que des liaisons à très
basse altitude.
Affecté au 34ème régiment
d’Aviation après la guerre, il passe bientôt à l'Armée du Levant où il reste
vingt mois et commande comme lieutenant l'escadrille d'Alexandrette en Syrie de
1919 à 1922. Il est affecté ensuite au 11ème Corps à Nantes et fait partie de la
Commission des essais pratiques, de 1923 à 1925.
Le capitaine Arrachart se fait
ensuite remarquer par de nombreux raids et compétitions :
·
Il est vainqueur de la Coupe Michelin 1923-1924.
·
Il effectue ensuite, avec le capitaine Henri Lemaître, le voyage
Paris-Dakar-Tombouctou-Paris en 90 heures de vol sur un Breguet 19A2, en
établissant à l’aller, entre le 3 et le 4 février 1925, le premier record de la
plus longue distance en ligne droite sur le parcours Etampes - Villa Cisneros,
soit 3.106,3 km.
·
En compagnie de son frère, il accomplit Paris-Bassorah, les 26 et 27 juin
1926, battant le record de la distance avec 4.305 km.
·
Du 24 mai au 22 août 1929, Ludovic Arrachart et le commandant Rignot
accomplissent le magnifique voyage de propagande : Paris-Moukden.
·
Puis c’est un Tour d'Europe de12.000 km.
·
Enfin Paris-Madagascar, en novembre et décembre 1931, avec retour rapide en
6 jours et demi, Madagascar-Marseille.
Mis en congé illimité sur sa
demande, Arrachart quitte l'armée, mais il n'abandonne pas pour cela l'aviation
et entre dans une des plus anciennes maisons ayant conçu et fabriqué des
moteurs d'aviation, les usines Renault.
Ayant apprécié comme il convient ses
qualités de pilote et surtout ses connaissances techniques, on lui confie la
direction de l'important service « Aviation ».
Arrachart a une situation de tout
repos, mais, désireux de prouver les qualités du matériel mis au point sous sa
direction, il n'hésite pas à expérimenter lui-même les nouvelles machines. A
l'occasion de la Coupe Deutsch, c'est au cours d'un vol d'entraînement qu'il
trouve la mort.
Deux records du monde de distance -
Officier de la Légion d’Honneur le 21 décembre 1926 - Croix de guerre 5
citations - Croix des TOE.

BREGUET 19 et POTEZ 28

CAUDRON C-360 – Coupe Deusch de la Meurthe 1933


1936 – Monument élevé à Maisons à la mémoire de Ludovic
ARRACHART
Une sortie dominicale du personnel de la préfecture de
Chartres
Julienne CHÉDEVILLE (1914) et sa jeune demi-sœur Lucie
LAGRANGE (1922) – Toujours en vie en 2009
Lien vers des photos plus récentes du monument commémoratif
à Maisons sur le site « Aérostèles »

11 juin 1934 – Chartres (28)
(+) Adjudant SIBADE (1) - Adjudant RICHARD (2)
(1)
Légion d’Honneur, (2) Médaille militaire, à titre posthume
LIORÉ & OLIVIER LéO 20Bn3 n° 212 (C13) du GB III/22 - 6ème escadrille – CAP 115
A droite, extrait du carnet personnel de Julienne
CHÉDEVILLE :
Le C13 était l’avion sur lequel volait d’habitude son ami
« Pedro G. », en permission à cette date

28 janvier 1935 – Chartres – Rue de Fresnay (28)
(+) Sergent-chef DRAPIER – Sergent-chef GIRAUD-MOINE –
Mme KERJEAN
LIORÉ & OLIVIER LéO 20Bn3 n° 324 – 3ème escadrille – VB101
Le sergent-chef GIRAUD-MOINE venant d’être muté en A.O.F., obtint de son
commandant d’escadrille, le capitaine Noir, l’autorisation de faire un dernier
vol avec son LéO 20 et ses compagnons de vol habituels. Ce fut bien son dernier
vol... (bulletin de l’A.A.A.M.B.A.C n°56)

2 mai 1935 – Morancez
(+) Sergent-chef LAMIEL (ou LAMIELLE ?)
NIEUPORT DELAGE – 6ème escadre de chasse - GC
I/6
Le sergent-chef LAMIELLE est citée comme arrivant à
Chartres avec la 1ère escadrille de Châteauroux en mars 1934 (voir
plus haut)


23 mai 1935 – La Chapelle-Huon (72)
LIORÉ & OLIVIER LéO20 Bn3 n° 29 (C9) – 1ère escadrille –
VB109
Lire dans « L’OUEST
ECLAIR » du 24 mai 1935 :
« PRIS DANS LA TEMPETE, UN AVION DE BOMBARDEMENT DE CHARTRES EST
PLAQUÉ AU SOL PRÈS DE LA CHAPELLE-HUON »
L'équipage est indemne
LA CHAPELLE-HUON, 23 mai
(De notre envoyé spécial). — Un accident d'aviation, qui fort heureusement ne
se termine que par des dégâts matériels, s'est produit cette nuit, vers une
heure et demie, sur le territoire de la commune de la Chapelle-Huon. Voici les
faits.
Trois avions Lioré, bimoteurs,
420 CV - type Jupiter, appartenant à la 1ère compagnie de la 22ème
escadre aérienne de Chartres, avaient quitté l'aérodrome de cette ville vers 17
heures. Ils devaient effectuer un certain nombre d'heures de vol de nuit, sur
le parcours Chartres-Tours et Chartres.
A 22h 30 les trois
avions se posaient à l'aérodrome de Tours. Ils devaient repartir peu après,
pour survoler à nouveau Chartres.
Un peu après 22 heures,
un vent très violent s'était levé et les trois appareils, pris dans la
tourmente, devaient naviguer en pleine tempête, dans un temps bouché: en effet,
en plus du vent, un brouillard assez épais masquait le sol.
Vers minuit, les trois
avions croisaient, au-dessus de Saint-Calais, cherchant à repérer leur
emplacement exact. Deux d'entre eux
poursuivirent leur route vers le Nord.
Le Lioré C-9, ayant
comme chef de bord le lieutenant Foucher, accompagné du sergent-pilote
Deschodt, le sergent mitrailleur Robin et le sergent mécanicien Clément,
chercha à se poser. L'équipage lança une première bombe éclairante, qui tomba
dans la forêt de la Pierre, sur les terrains appartenant à M. le marquis de
Pontoy sur le territoire de la commune de Couvrecieux.
Une seconde bombe fut
lancée au-dessus d'Ecorpain, une troisième enfin au-dessus d'Evaillé.
Les champs situés à
flanc de coteau n'offraient, malheureusement qu'un médiocre terrain
d'atterrissage.
L'équipage du C-9 ne
disposant plus que d'une seule bombe éclairante, et la provision d'essence
diminuant, décida de jouer son va-tout.
L'appareil venait de
survoler la gare de Bessé-sur-Braye et se trouvait au-dessus de la ferme des
Saules, entre le coteau de la Paturière et la petite route de la Chapelle-Huon.
On jeta la dernière bombe de magnésium qui découvrit un fond bien dégagé, au
sommet d'une colline, en bordure de la route de Bessé.
Le sergent Deschodt, le
pilote, essaya d'atterrir ; mais en arrivant au sol, l'appareil fut durement
plaqué. Le train d'atterrissage s'enfonça et se brisa. Le moteur, du côté
droit, fut détaché de sa cellule, qui se brisa. Par un hasard vraiment
extraordinaire, le lourd appareil, qui ne pèse pas moins de cinq tonnes, après
avoir effectué un cheval de bois, s'immobilisa sans dommage pour l'équipage,
qui est indemne.
Le lieutenant Foucher
qui commandait le C-9, avait, fermé le robinet d'arrivée d'essence et l'on
évita de justesse l'incendie grâce à sa présence d'esprit. En effet, les fusées
éclairantes, situées sous les ailes, n'étaient pas encore entièrement consumées
au moment de l'atterrissage.
L'appareil, — il est
inutile de le dire, — est à peu près inutilisable.
Le lieutenant Foucher
avisa immédiatement la base aérienne de Chartres de l'accident survenu, ainsi
que l'aérodrome de Tours.
La gendarmerie de
Bessé-sur-Braye, sous les ordres du chef Sarrazin, prit immédiatement toutes
les dispositions pour faire garder l'appareil, tombé dans les champs
appartenant à M. Dufournier, de Bessé-sur-Braye.
Le lieutenant Foucher,
le sergent Deschodt, le sergent Robin et le sergent Clément peuvent se
féliciter de l'avoir échappé belle.
CE QUE NOUS DIT M.
PALLUAU, UN TEMOIN DE L'ACCIDENT
Le premier qui constata
l'accident, ce fut M. Maxime Palluau, 30 ans, de Besse en Braye. Voici le récit
qu’il voulut bien nous faire :
« J'étais de service à la gare de Bessé vers
1h 20 quand j'entendis le ronronnement puissant d'un avion. Je distinguais
bien ses feux de position. Il volait assez bas. Soudain, il lança une fusée
éclairante, qui illumina le paysage. Je le vis décrire un cercle autour de la fusée,
se rapprocher du sol puis disparaître derrière la colline. Vous savez le reste.
»
Dans la matinée, nous
avons remarqué sur les lieux, en dehors des gendarmes de Bessé-sur-Braye et de
l'équipage du Lioré, M. Mulot, maire de là Chapelle-Huon, M. Durand, régisseur
des propriétés de M. Dufournier; M. Lecomte et de nombreux curieux.
Des équipes seront
envoyées de Chartres et de Tours pour procéder à l'enlèvement de l'appareil.
UN COMMENCEMENT
D'INCENDIE
L'une des bombes de
magnésium fut, nous l'avons dit, lancée au-dessus de la forêt de La Pierre. Un
commencement d'incendie se déclara.
Les pompiers de
St-Calais alertés, se rendirent immédiatement sur les lieux, sous les ordres de
M. Barbier, leur sympathique capitaine. Ils purent se rendre maîtres très
rapidement du sinistre qui, sans leur prompte intervention, aurait pris de
grandes proportions, en raison du vent violent qui soufflait.
LES DEUX AUTRES
APPAREILS SE POSENT A NOGENT-LE-ROTROU
Pendant ce temps, les
deux autres Lioré qui accompagnaient l'appareil du lieutenant Foucher
continuaient leur route et volaient jusqu'au petit jour. Au matin, ils
survolaient la ville de Nogent-le-Rotrou. Leur provision d'essence étant
épuisée, ils durent se poser. Les deux appareils ont été endommagés à
l'atterrissage. Aucun des passagers n'a été blessé.

16 septembre 1935
- Champhol (28)
(+) Sergent POUJOL – Lieutenant PÉCHIN – Sergent DESCOUS
– Mme DESCOUS
AMIOT 143 Bn5 du GB I/22 – n° XX1 - 1ère
escadrille – VB 109

28 juillet 1936 – Aunay-sous Auneau (28)
(+) Sergent BRANDEBOURG – Sergent CANNIONQ – Sergent
COCHET – Caporal-chef BODENÈS
Appareil : ????

9 septembre 1936 – Boncourt - Commercy (55)
(+) Capitaine Auguste SABLIER – Adjudant René CHAUMÉ – Sergent-chef
Honoré MASSON – Sergent Albert HUET – Sergent PORTIGLIATTI
AMIOT 143Bn5 n° 60 (K14)

5 août 1937 – Saint-Prest (28)
(+) Marcel ESPY
NIEUPORT DELAGE NiD 622C1 n° 710

4 avril 1938 – Auneau (28)
Sergent-chef GAUDON et sergent D’ELBE (blessés)
NIEUPORT DELAGE NiD 629C1 n° 702 et 698

13 avril 1938 – Flacey (28)
(+) Sergent-chef Fernand CAYOL
DEWOITINE D.501C1 n° 59

10 mai 1938 – Voves (28)
(+) Sergent Jean GUERREGENTON et sous-lieutenant Fernand
PREVOST (blessé)
DEWOITINE D.501C1 n° 39 et DEWOITINE D.501C1 n° 140
Remerciements à Patrick COTTEREAU pour ses contributions
Voir également :
Le parc d’Aviation 22 de CHARTRES (BA 122) avant la guerre
Toutes les unités affectées
Tous les avions utilisés
Tous les insignes des traditions des différentes escadrilles
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