
Sergent/chef
ÉMILE ADRIEN BOYMOND
Pilote
au GROUPE de CHASSE
GC
3/6
6ième
Escadrille
(1913
– 1940)

Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6
- Livre du marche de la 5° - Livre
de marche de la 6°
Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT
Emile BOYMOND sur le site « Memorial-genweb »
Arnould Emile BOYMOND sur le site « Mémoire des Hommes »
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NOUVEAU - NEW
Samedi 14 mai 2011 à Prenois (Côte d’Or)
71ème anniversaire de la mort d’Emile Boymond
Voir
les photographies de la commémoration organisée par l’ANSORAA
et la Commune
Extraits du livre de
marche de la 6ème escadrille du Groupe de Chasse GC III/6
Première victoire
11 avril 1940
Date à retenir dans les
annales de l’escadrille. A 7h30, la patrouille Boymond
- S/lt Steunou trouve un Do
17 sur Reims, le poursuive en direction de Chalons, et enfin l’abattent à 5km
du terrain. Le Dornier percutant le sol se répandit dans la nature dans un
rayon de 150m autour du point de chute.
Seconde victoire
10 mai 1940
... Pendant ce temps la
patrouille Boymond – S/lt Steunou trouve un Do 17 au S.E. de Dijon ; la
patrouille Cne Guerrier – Gauthier se joint à eux, et l’aventure se termina par
une magnifique descente en flammes, genre feu d’artifice. Deux membres de
l’équipage sautèrent en parachute et l’appareil disloqué s’abattit à 6km de
notre terrain dans un bois ; le troisième membre tomba le parachute en
torche et ne fut pas retrouvé.
14 mai 1940
Début de matinée calme. Vers
midi de nombreuses patrouilles décollent sur alerte. De retour au nid, tous les
appareils ne rentrent pas, il manque celui su S/C Boymond.
Le s/Lt Steunou et une
patrouille de la 5ème ont abattu un Heinkel ; nous apprenons aussi que Boymond a certainement abattu un Heinkel (non confirmé). Malgré tout l’angoisse subsiste à son sujet.
15 mai 1940
Un deuil frappe l’escadrille,
le premier de la guerre ! Notre camarade Boymond,
absent depuis la veille, est tombé au champ d’honneur après avoir mené jusqu’au
bout un combat inégal. Nous perdons en lui un véritable ami et un pilote de
grande classe. L’escadrille ne tardera pas à venger ce premier deuil.
|
Citation du sergent/chef BOYMOND Pilote
plein d’audace. Le 11 avril 1940 a brillamment conduit sa patrouille à
l’attaque d’un avion de reconnaissance ennemi qu’il a contribué à abattre
dans nos lignes. Croix de guerre avec palme |
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Citation du sergent/chef BOYMOND Brillant
chef de patrouille, plein d’audace. Le 10 mai 1940 a mené en collaboration
avec le sergent Gauthier un combat victorieux contre un bimoteur ennemi,
abattant ainsi son deuxième avion. Croix de guerre avec palme |
|
Citation du sergent/chef BOYMOND Brillant
chef de patrouille qui avait déjà deux victoires. A trouvé une mort glorieuse
en attaquant seul, le 14 mai, un peloton de trois bombardiers ennemis. Médaille militaire à titre posthume Croix de guerre avec palme |


Le Morane Saulnier 406 n°684 d’Emile BOYMOND
à Wez-Thuisy le 10 mars 1940
On peut distinguer son nom de baptême : « HOMICIDE »
De gauche à droite : sgt Roger PIMONT, X, sgt/c Emile BOYMOND et sgt Georges GAUTHIER
de la sixième escadrille du GC III/6 – Masque « Comédie » ou « Rieur »
Merci à Rémy DENIZOT (famille PIMONT) pout cette photographie

Lieu de la chute du Morane Saulnier 406 d’Emile Boymond
Stèle construite en sa mémoire pendant la guerre
Extrait de la revue
« L'Air » - Numéro 525 - Décembre 1942
« Nous partons fréquemment en chasse,
mais tu peux être sans inquiétude à mon sujet. Je me tirerai toujours
d'affaire. »
Le sergent-chef
pilote Emile Boymond ne pensait certes pas en
écrivant le 9 mai 1940 cette phrase pleine d'optimisme à son vieux père, que le
petit village savoyard de Thairy recevrait cinq jours
plus tard un message qui le plongerait dans une douloureuse stupéfaction !
Un
message affreux d'un émouvant laconisme : « Votre
fils, câblait-on à M. Auguste Boymond, a trouvé une mort glorieuse près de Dijon,
en livrant seul contre neuf (1), un combat héroïque... »
Puis
les détails arrivèrent. C'est ainsi que l'on apprit que des avions ennemis
ayant été annoncés, le jeune sergent-chef Boymond,
n'écoutant que son courage et son ardent désir de se mesurer à nouveau avec
l'adversaire, s'élança en compagnie de son sous-lieutenant à la rencontre des
bombardiers, tout en ayant soin d'avertir, leurs camarades pilotes : « Nous partons, venez nous rejoindre de
façon à pouvoir nous dégager si nous en avons besoin »
Aussitôt
cet appel lancé par la radio les deux Morane s'en vont
à l'aventure, de toute la puissance de leur moteur. Les pilotes savent que la
tâche sera ardue mais qu'importé ! Les avions fendent l'azur, les traits des
hommes se durcissent, ils sont l'un et l'autre confiants mais bientôt Emile Boymond voit son chef en difficulté avec son moteur, son
chef qui perd de plus en plus de l'altitude pour finalement se poser dans une
prairie voisine...
Que
va faire Emile Boymond ? Va-t-il renoncer maintenant
qu'il est seul ? Non, il tire encore un peu plus sur la manette des gaz et
quelques secondes plus tard, il est face à l'adversaire. Les mitrailleuses
crachent, le Morane exécute un véritable ballet aérien autour des neuf
bombardiers fortement armés et Boymond pense que s'il
peut tenir ainsi quelques minutes, ses camarades de la base arriveront. Ce
qu'il veut, c'est avant tout de gagner du temps. Son audacieuse attaque a déjà
freiné la marche de ses adversaires, mais ceux-ci réagissent, les avions se
déploient en éventail et de toutes parts, le crépitement des mitrailleuses se
fait entendre, les balles sifflent autour du Morane. Ce combat inégal
pouvait-il durer longtemps ? Hélas, le Français mortellement touché, descend en
flammes et va s'écraser dans une forêt voisine, au moment précis où ses
camarades arrivaient pour le seconder...
Deux
jours plus tard, on retrouvera le corps carbonisé du jeune Savoyard que seule
une parcelle du livret militaire permit d'identifier d'une façon certaine. Il
avait vingt-six ans !
Emile
Boymond était ce qu'il est permis d'appeler un
caractère. N'est-ce pas lui qui répondait à un ami qui lui recommandait la
prudence : « La vie n'est rien, c'est le pays seul qui compte. »
Mon
jeune frère, nous dit Maurice Boymond duquel nous
tenons tous ces détails, a toujours été féru d'aviation. Il avait à peine
dix-huit ans que déjà il portait l'uniforme bleu de l'aviation militaire et
naturellement c'est la chasse qui l'attira, où il ne devait pas tarder à se
faire remarquer de ses chefs pour sa maîtrise et son audace.
Pourtant
une fois - c'était en 1934 - son audace faillit lui être fatale. Il faisait
alors partie de l'escadre de Chartres et il apprit qu'un meeting aérien allait
avoir lieu à Viry à quelques kilomètres de notre
village. Il se procura je ne sais où un vieux taxi réformé et annonça crânement
qu'il avait l'intention de se mesurer avec les Michel Detroyat
et autres Cavalli. Il vint quelques heures avant le meeting survoler Thairy et dans sa juvénile ardeur il imposa à son vieux
" coucou " tant et tant de choses, que toute cette gamme de loopings
audacieux et virages autour du clocher devait se terminer par un splendide
pylône dans un champ d'avoine. Emile qui avait eu la chance de s'en tirer avec
seulement quelques égratignures était certes beaucoup plus vexé qu'il ne le
laissa paraître. Mais il jura ce jour-là, de se réhabiliter aux yeux de ses
compatriotes. Il tint parole.
Dès
ses premières permissions la croix de guerre était épinglée sur sa tunique, et
sur son livret militaire deux citations ratifiaient deux belles victoires
aériennes.
En
quittant son petit village de Thairy, il dit un jour
à son père : « Je retourne au front
faire de la chasse. Il me faut trois nouvelles victoires dans le délai d'un an
pour être nommé sous-lieutenant. J'espère bien d'ici peu obtenir mon galon
d'officier. »
Là
encore il tint parole. Et c'est le Journal Officiel qui publia une
citation à l'ordre de l'Armée ainsi conçue : « Le sergent-chef Boymond, brillant chef de patrouille, plein d'audace, le 10
mai 1940 a mené, en collaboration avec le sergent Gautier un combat victorieux
contre un bimoteur ennemi, abattant ainsi son cinquième (2) avion."
Le
11 mai, il descendait encore un nouvel avion.
Et
le 14 mai 1940, il écrivait en lettres de sang la fin de son beau et noble
roman.
Jean-Pierre SERVANGE.
(1)
« Trois » avions ennemis dans la citation officielle
(2)
Il s’agit bien évidemment d’une exagération de la presse de l’époque,
coutumière de ce fait : il faut lire
« deuxième » avion.
Enquête de Bernard LAISSUS – 1964 - 20ème anniversaire de la libération de
Dijon

Témoignage en 1964 de M. Jean SCHWARTZ
Jean SCHWARTZ est un
sympathique pilote dijonnais de réserve, carrossier dans l'atelier de son
oncle, M. TOURDIAS. Il fut témoin de la chute du
Morane d’Emile BOYMOND depuis la route de Troyes.
« "J'étais très
jeune et travaillais avec mon oncle dans un atelier installé à la sortie de
Dijon sur la R.N. 71, précise notre informateur. Il était environ 16 heures en
ce 14 mai 1940, lorqu’une puissante formation de
bombardiers allemands apparut dans un ciel parfaitement bleu. Notre attention
fut cependant particulièrement attirée par la présence d'un chasseur volant au
centre de la formation, vraisemblablement une centaine de mètres plus bas.
Soudain, les batteries de D.C.A. postées à Daix se
mirent en action contre la formation ennemie, et quelques minutes plus tard,
abattent un appareil. Celui-ci semblait touché à l'arrière. Une épaisse fumée
prolongeait le sillage de l'avion qui s'abattit presque à la verticale. Au
milieu des coups de D.C.A. éclatant ça et là, nous n'avions pu tout d'abord
identifier précisément ce chasseur insolite. C'est après avoir rejoint les
habitants de Prenois autour du point de chute que
nous avons pu identifier l'avion comme étant un Morane 406 français. »
Témoignage en 1964 de M. GAULIER, menuisier à
Prenois
« J’étais sur la porte de mon atelier,
dans l’après midi, et suivais les évolutions de deux chasseurs allemands je
crois, au prises avec un avion français. Et puis tout à coup l’appareil à
cocardes bascula et tomba presque à la verticale dans la direction de Val
Suzon. Quelques secondes plus tard, une gerbe de flammes et de fumée montait au
dessus des arbres.
Arrivé le premier à l’orée du
bois, j’ai découvert le parachute intact environ cinq cent mètres avant
d’arriver au point de chute de l’avion. Je suppose que le pilote est resté
coincé sans la carlingue au moment où il sautait.
Il fallut attendre plus de
deux heures avant de pouvoir approcher de l’épave. Le chasseur avait explosé.
Détail particulièrement macabre, le corps du pilote déchiqueté avait été
projeté çà et là ; des morceaux de chair calcinée étaient plaqués contre
les troncs et sur les branches.
Quelques mois plus tard un
frère du pilote est venu à Prenois pour faire poser
la stèle qui est toujours en place. Le frère d’Emile BOYMOND
est revenu après la libération et a chargé M. RENARD, le maire actuel de notre
village, de faire assurer le nettoyage des lieux moyennant la rétribution
habituelle. Depuis plus de deux ans nous n’avons plus de nouvelles, ce qui
n’empêche pas notre ami GARABIT de s’acquitter fidèlement de la mission »
Témoignage en 1964 de Pierre GUILLAUMIN
M. Pierre GUILLAULIN,
ancien mécanicien du Groupe de chasse GC III/6, est
propriétaire d’un grand café à Dijon.
« J’ai connu BOYMOND au Groupe de chasse 3/6. J’étais alors sergent
mécanicien d’avion dans cette unité, formée en avril 1939 à Chartres. « Mimile » rentrait de Tunisie, où il avait été détaché
avec une escadre de marche issue de la 6ème (escadre), début 1938.
En août 1939, notre unité
commune quitte Chartres pour Wez Thuisy
dans la Marne (il oublie le passage à Bouillancy) et
au cours de l’hiver, BOYMOND et son 406 descendent un
Heinkel et un Dornier 17 au-dessus de la Voie Romaine entre Reims et Mourmelon.
Puis le 1er mai
1940, nous quittons la marne pour Chissey, petit
village jurassien où un terrain était aménagé pour recevoir les Morane.
L’accueil fut vraiment
extraordinaire. Les jeunes filles du village vinrent nous offrir le brin de
muguet traditionnel, et toutes les maisons nous étaient ouvertes pour trinquer
à une victoire à laquelle on ne croyait plus !
Nous avions de plus le
privilège de loger dans les célèbres Salines d’Arc et Senans.
Le 10 mai, depuis cette base,
en patrouille avec le sergent GAUTHIER, BOYMOND
descend un Heinkel 111 (un
Dornier17 en fait) à
moins de 5 kilomètres du « taxi-way ». Deux
jours plus tard, même victoire en collaboration avec le sergent Godard (Nota : au bout de 24 ans les souvenirs
s’estompent, puisque BOYMOND ne participait pas le 11
mai au vol des 3 Morane de la 6ème escadrille, patrouille, incluant
le sergent GABARD, qui abattit effectivement un
Heinkel 111)
Nous arrivons ainsi à l’aube
du 14 mai. Vous vous rappelez de la situation après
les attaques allemandes sur la Somme. Nous passions de la rage au désespoir. Il
fallait donc faire payer les frais de la drôle de guerre à ceux qui
prétendaient la gagner.
Le capitaine CHAINAT, as de la guerre 1914-18, commande (en second) le 3/6 et laisse une certaine liberté de manœuvre à ses pilotes.
Au début de l’après midi, BOYMOND décolle avec sa
patrouille ; on a signalé un Heinkel dans les parages. En fait c’est une
formation complète qui approche de Dijon, lorsque les 406 se présentent au
combat. Au P.C. nous suivons la marche des opérations grâce à la liaison radio
entretenue par BOYMOND. « J’y vais »,
hurle-t-il soudain. Quelques secondes se passent, tragiques puis Mimile reprend la parole. « Je viens d’en descendre
un, mais ils sont nombreux, envoyez du renfort. « Il n’y a plus de
taxi » répond le capitaine, « Rentrez ». A ce moment l’équipier
de BOYMOND, le sergent BOUIN apparaît à l’horizon. Le
circuit d’huile de son avion a été coupé par une rafale. Le chef de la 3/6
réitère son ordre à BOYMOND qui répond :
« D’accord, je fais une passe pour en « sucrer » encore un et
j’arrive ». Un temps puis le pilote d’une voix rageuse « M… ! Je
n’ai plus rien dans les pétoires. C’est foutu, je m’en paye encore un en lui
bouffant le cul ! »

Lors de son témoignage en 1964, Pierre Guillaumin, mécanicien au GC
III/6 en 1939/1940, a dessiné de mémoire les insignes
du « Groupe des masques »
L’angoisse nous paralyse, ce
que vient d’annoncer Emile BOYMOND, nous savons tous
ce que cela signifie. L’opération consiste à rester en dehors de la ligne de
feu des mitrailleuses de queue du bombardier et de plonger sur l’empennage
arrière pour l’arracher avec l’hélice. Nous ne saurons d’ailleurs jamais ce qui
s’est passé exactement. Nous avons supposé que BOYMOND
avait été touché soit par la D.C.A., soit par les mitrailleuses du Heinkel
qu’il voulait entraîner dans sa plongée désespérée. Toutefois, dès le
lendemain, la chute de l’avion dans les bois de Prenois
nous était signalée officiellement. Le 17 mai, le corps de BOYMOND,
ou tout au moins ce qu’il en restait, a été inhumé au cimetière de Dijon en
présence de tous les membres du Groupe. Devant la tombe, nous sommes intrigués
par la présence d’un homme âgé, vêtu d’une redingote, nous pensons à un
pasteur, c’est le père d’Emile BOYMOND. Après la cérémonie,
il nous réunit et avec une bouleversante dignité, commente la mort de son fils,
quant à sa signification humaine et patriotique. Car je n’ai pas honte de le
dire vingt-cinq ans après, nous avons tous pleuré comme des gosses. Mais il
fallait oublier, et le soir, nous avons fait un dégagement mémorable à la
Brasserie du Miroir »
Nota : la dépouille mortelle d’Emile BOYMOND a été transportée au cimetière d’Annemasse après la
libération.
Un grand Merci à M. Daniel
Gilberti pour la transmission des coupures de journaux de l’époque
Extrait du journal
« Le Bien Public » - 7 mai 2007
7 mai 2007
LE PILOTE FRANCAIS
S'EST CRASHÉ LE 14 MAI
1940 A PRENOIS
Le drame du
« bois de l'aviateur »
Mort
au combat, tel est le destin du pilote dont l'avion s'est écrasé en
mai 1940 dans les bois de Prenois, après avoir
attaqué 3 bombardiers allemands, au-dessus de la base de Longvic.
Lors
de la commémoration du 8 mai 1945, les habitants de Prenois
sont conviés à venir se recueillir près d'une stèle édifiée sur le lieu où en
1940, durant la Seconde Guerre mondiale, un avion a été abattu. Ce bois porte
depuis ce jour le nom de « bois de l'aviateur ».
Qui
était ce pilote, dont le nom Emile-Adrien Boymond est gravé sur la stèle ? (1) Grâce aux
renseignements obtenus auprès de sa famille, et de l'armée française, il a été
possible de lui donner un visage et de retracer son funeste destin.
Emile-Adrien Boymond
est né le 12 juillet 1913 à Annemasse en Haute-Savoie. Orphelin de mère très
jeune, il fut élevé par son père, instituteur. D'après sa famille, il était de
nature attachante, mais indiscipliné, téméraire, voire même casse-cou.
Il
s'engage à 18 ans dans l'aviation française à Bron, proche de Lyon. En 1938, à
l'occasion d'un meeting aérien, il se fait remarquer d'une façon qui le
caractérise. Un article retrouvé dans les annales de son village révèle que
« l'avion du sergent aviateur capota à Thairy et
se brisa à l'atterrissage dans un terrain trop lourd. Bilan pour le
pilote : un bras cassé ». Le sergent Boymond
avait « emprunté » un avion militaire sans en avertir ses
supérieurs !
Un très bon pilote
En
1940, le sergent-chef Emile Boymond, chef de patrouille,
était noté comme un très bon pilote, très entraîné. Le 10 mai 1940, les
archives militaires indiquent que la patrouille Boymond
a trouvé un Do17 de la Luftwaffe au sud-est de Dijon ; l'aventure s'était
finie par une descente en flamme de l'ennemi.
Le
14 mai 1940 à 11 h 35, le sergent-chef Boymond
et le sous-lieutenant Steunou étaient partis en
couverture de la région de Dijon. En difficultés mécaniques, le second avait
atterri peu après alors que Boymond avait pris seul
la direction de Dijon. Dix minutes après, il signalait qu'il s'apprêtait à
attaquer un peloton de 3 bombardiers au-dessus de la base de Longvic. Ce fut
son dernier message. Il toucha un Heinkel, mais fut touché à son tour et
termina en flammes dans les bois de la commune de Prenois.
Tombé au champ d'honneur
Selon
un extrait du journal de bord de l'escadrille du sergent-chef Boymond : « Le
15 mai, un deuil frappe l'escadrille, le premier de la guerre, notre
camarade Boymond, absent depuis la veille est tombé
au champ d'honneur après avoir mené jusqu'au bout un combat inégal. Nous
perdons en lui un véritable ami et un pilote de grande classe ».
Le
16 mai, un pilote se rendra à Dijon pour déposer une couronne sur la dépouille
du sergent-chef Boymond. Il sera enterré dans sa
commune (il était originaire de Saint-Julien-en-Genevois) et figure sur le
monument aux morts. Trois citations de l'armée de l'Air lui ont été attribuées.
De son courage demeure, dans la forêt de Prenois une
stèle érigée par son frère Maurice dans les années soixante qui porte son nom,
ainsi que les restes de son Morane 406.
Jean-Yves
DUPONT
(1)
D'après une enquête réalisée par Françoise Lebrun, conseillère municipale de Prenois.
Note complémentaire publiée à la suite de cet
article :
Le Morane Saulnier 406 : Le handicap de sa
vitesse
En
septembre 1939, à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, le Morane
406 était « numériquement parlant », le plus important des chasseurs
français. Sa maniabilité était excellente mais ne suffisait pas à équilibrer le
handicap de sa vitesse trop faible. Issu d'un programme de 1934, le MS 406
était la version de série du MS405 qui vola en août 1935. En tout, 1037 MS
406 furent construits en France. A ce total viennent s'ajouter les appareils
fabriqués en Suisse. Cet avion fut utilisé, outre par l'armée de L'Air, par la
Suisse, la Turquie et le Finlande. Le moteur était un Hispano-Suiza
12Y-31 de 860 cv.
06/2011
Cimetière de Thairy (Haute Savoie) – Monument au Morts – Tombe d’Emile BOYMOND


Emile Adrien Boymond
1913-1940
Sergent-chef Pilote au Groupe 3/6
Agrandissement
de la Croix en bronze :
« A mon
petit frère - Emile Boymond - Mort en Héros - Mai
1940 – Regrets éternels »
Agrandissement
de la Palme en bronze :
« La
vie n’est rien, c’est le Pays seul qui compte »
Remerciements
à Roland HERNANDEZ du site : « Ailes
Anciennes de Haute-Savoie » pour ces photographies
Informations rassemblées par
François Xavier BIBERT (2008 et 2009)
APPEL à la famille d’Emile BOYMOND
dans la région d’ANNEMASSE…
Je souhaiterais compléter cette page consacrée à Emile
BOYMOND par d’autres documents
Photos de la Jeunesse d’Emile…
Livret militaire…
etc…
Merci de prendre contact avec F-X. BIBERT
Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6
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