
Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6
- Livre du marche de la 5° - Livre
de marche de la 6°
Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT
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André Chainat - As
français 1914/1918 de la SPA 3 – Escadrille des
cigognes
Adjoint au commandant du Groupe de Chasse GC III/6 en 1939/1940 |
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Nom : André Julien Chainat Pays : France Grade : Sergent/Adjudant (1914/1918) Capitaine (1939/1940) Commandant (1946) Service : Armée de l'air française Unités : B4 - MF23 - MS38 - N3 Victoires : 11 homologuées + 5 probables(14/18) Heures de vol : 4438 (14/18) Citations : 10 (14/18) Date de naissance : 27 Juin 1892 Lieu de
naissance : La Chapelle Saint Laurian (Indre) Date de
décès : 6 novembre1961 Lieu du décès : Cannes (Alpes maritimes) Sépulture : Sancoins (Cher)
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André CHAINAT :
Mécanicien de formation, il est appelé à Châteauroux en en octobre de 1913.
Après avoir servi dans le 6ème régiment d’artillerie à pied, il est muté dans
l’Armée de l’Air en mars 1914. Formé à l’école d’Avord, il reçoit son brevet de
pilote le 8 juin 1915 et est promu caporal le même mois. En 1916 le sergent
André CHAINAT est abattu et blessé deux fois en
combat aérien les 19 juin et 7 septembre 1916. Médaille militaire
le 5 avril 1916 "Pilote de
grand talent et de grande bravoure. Le 26 mars 1916, il a attaqué et abattu
un avion qui est tombé en flammes en face de nos lignes." Chevalier de la
Légion d'Honneur le 3 août 1916 "Pilote de
chasse de première classe. A abattu six avions
ennemis entre le 26 mars et le 12 juillet1916. Il a été blessé le 16 juin
1916. Déjà cité quatre fois, titulaire de la Médaille Militaire." Le 8 février 1917, en association avec Georges
Guynemer, il abat le premier bombardier « Gotha » près de Bouconville. Campagne du Maroc en 1925 : 4 citations - Gravement blessé 37ème Régiment d’Aviation Ecole pratique d’Aviation s’Avord Capitaine en 1939 Adjoint au commandant du Groupe de Chasse GC III/6 à Chartres. Participe pendant la campagne de France à de
nombreuses missions de guerre sur Morane Saulnier MS 406. Replié en AFN
avec un Dewoitine 520.
Commandeur de la
Légion d’Honneur le 6/07/1940 Démobilisé à Alger
le 17/08/1940 Rappelé en 1945 Retraité avec le
grade de Commandant en 1946 |
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Voir deux fiches militaires
concernant André Chainat conservées au S.H.D.

Un Bombardier allemand
« Gotha » en 1917
André Chainat et Georges Guynemer se partage la première victoire
alliée sur un appareil de ce type le 8 février 1917 à Bouconville
«... J'étais parti le 8 février en croisière avec mon camarade Chainat. Bien entendu, les boches qui se croyaient encore en sécurité, n'hésitèrent pas à tenter une incursion sur Nancy. Mais nous ouvrions l'œil. Soudain nous apercevons un immense appareil, muni de deux moteurs Mercédes de 220 chevaux, monté par trois personnes et répandant le feu et la mitraille de tous côtés. C'est un Gotha, avion encore peu connu et fort redoutable. Nous n'hésitons ni l'un ni l'autre, nous l'attaquons, en nous précipitant chacun en sens inverse. Avec Chainat, je suis tranquille, c'est un équipier de tout repos, hardi, adroit et plein de sang-froid. Ces engins ont des angles morts de riposte assez intéressants ; nous avons vite fait de les découvrir. D'ailleurs, il faudrait mettre de la mauvaise volonté pour ne pas s'apercevoir des endroits d'où les balles lancées à profusion ne risquent point de nous atteindre. Nous envoyons des bandes complètes, nous parvenons à éteindre le tir ennemi, et nous obligeons l'aérobus dont nous avons crevé le radiateur à se poser dans nos lignes à Bouconville, où les trois passagers sont faits prisonniers. L'appareil était atteint de 180 balles... »
Georges Guynemer
1914/1918
L’escadrille
SPA 3 les « Cigognes », rendue célèbre en particulier par Georges
Guynemer et son avion « Le vieux Charles » est celle où André CHAINAT s’illustra aussi. Les récits historiques de son
activité pendant la guerre 1914‑1918 sont innombrables en librairie et
sur Internet et peuvent être consultés par ailleurs.


André Chainat aux commandes d’un NIEUPORT 12 devant les usines Nieuport-Astra en 1916
Sur le terrain de Cachy en juillet 1916 – Le NIEUPORT 16 « Oiseau bleu
3 » du sergent André Chainat

Le SPAD
VII S 117 « L’oiseau bleu 6 » de l’adjudant
André Chainat :

Le fanion de la SPA 3
détenu à Chartres en 1936 par le GC I/2
Photographie extraite
du livre : « l’Escadrille des cigognes » du Capitaine Williame (1945)
Dessins de
François-Xavier Bibert – Libre de droits

Deux représentations
d’un NIEUPORT d’André Chainat
Sur tous les avions
d’André Chainat, la cigogne de la SPA 3 et
l'inscription « Oiseau bleu » étaient
normalement de couleur bleu clair comme sur le dessin ci-dessus à droite

Après deux nouvelles
victoires du sergent Chainat (le 2 août 1916),
télégramme officiel en provenance de Ministère de l’Intérieur
envoyé aux préfectures,
sous-préfectures et mairies des communes françaises possédant un bureau
télégraphique
Photo publiée sur le
forum « Pages 14-18 » - Merci au contributeur

Journal l’EXCELSIOR : numéro 2096 paru le 11/08/1916
Remise de la Légion
d'Honneur au soldat Jouy - au sergent aviateur Chainat
et au caporal Goutandie
Le Président Poincaré et
le Général Joffre.
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André Chainat |
Le sergent André Chainat entouré de l’adjudant Tarason,
du capitaine Horment, du sergent Dorme (à gauche
sur la photo),du capitaine Brocard, de l’adjudant Borzecki
et du lieutenant Heurtaux (à droite sur la photo) |

A gauche : Pilotes de l'Escadrille 3A à
Breuil leSec en 1915 :
sgt Benier,
cap Lambert, sgt Guynemer, adj
Housmont, Hutin (observateur), x (observateur), sgt Brou, adj Védrines, Housmont (frère), sgt Girvante
A Droite : Georges
Guynemer devant son avion « Le vieux Charles » et sa citation
légendaire
Les héros légendaires de toute la France - Documents pieusement conservés,
extraits de l’album de Jean Bétrancourt, jeune élève
pilote à Istres en 1927
Au
cours d’une « ronde de chasse » en 1917, l’adjudant Chainat aperçoit six avions « boches ». Il écrira
cette page pleine d’humanité qui permet de comprendre que l’action militaire
n’est pas une chose simple et que la peur peut réduire non seulement
l’initiative, mais aussi les capacités physiques et intellectuelles ; les
hommes sont soumis à deux grandes forces contradictoires : une forte
inhibition qui réduit leur capacité de réflexion et un intense besoin d’agir…
« Je découvre deux camarades qui portaient l’insigne du groupe. Je leur signale « Venez avec moi ». Ils suivent de mauvais gré. Je me mets au milieu d’eux, je les pousse, je retrouve mes boches, je bâtis un plan, je signale : « J’attaque ». J’ai la chance d’avoir le premier boche que je mets en flammes. Retournement, je cherche mes équipiers ; Plus personne […] il y a les vrais et les faux, ceux qui y vont et ceux qui n’y vont pas, veux qui font semblant d’y aller […] ceux qui disparaissent et qu’on ne retrouve qu’à la fin : leur moteur s’est mis à bafouiller, leur mitrailleuse s’est enrayée, ils ont été attaqués par un ennemi supérieur en nombre et ils ne savent pas comment ils ont pu en réchapper […]. S’ils sortent seuls, ils ne rencontrent jamais personnes… »
d’après « Sous le feu » du
Lieutenant Colonel GOYA



Photographies de
l’adjudant Chainat et de trois autres
« As » de la fameuse escadrille SPA 3 « Les Cigognes »
Adjudant Dorme,
lieutenant Deullin et lieutenant De La Tour
Carte postale ancienne
représentant sept membres de l’escadrille des « Cigognes » : de
gauche à droite et de bas en haut, le sergent Chainat,
le sous-lieutenant de la Tour, le lieutenant Deullin,
l’adjudant Dorme, le lieutenant Heurtaux, le
capitaine Brocard commandant l’escadrille et le sous-lieutenant Guynemer
cliquez sur l’image pour l’agrandir
Peinture de Joseph Félix Bouchor.

André Chainat aux commandes de son Nieuport 16c - Moteur Gnome et
Rhône 110HP - « L’Oiseau Bleu 3 » codé 6
affrontant un Fokker Eindecker E.III
Boîte de construction d’un modèle réduit au 1/32° de la marque A-MODEL

Quelques autres
aviateurs légendaires de la guerre de 1914-1918 : Guynemer - Navarre – Nungesser – Dorme
Guynemer et Dorme ont
volé dans la même escadrille qu’André Chainat, la
célèbre SPA 3
Couvertures du Journal de la guerre 1914-1918 « Le Pays de
France » - Collection personnelle FXB

Fêtes d’après-guerre
En Alsace en 1919 – A
droite les lieutenants CHAINAT et HEURTEAUX
ARTICLES DE PRESSE
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Erreur : lire « sergent » CHAINAT
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Le Matin - 26 juin 1916 LES
ROIS DE L'AIR
- DEUX NOUVEAUX "AS" -
CHAPUT ET CHAINAT Un récent communiqué
nous a apporté, à côté des noms de Navarre, Nungesser et Guynemer, la
révélation de nouveaux héros, le sous-lieutenant Chaput
et le sergent Chainat. Officiellement le premier a
six victoires à son actif, le second quatre ; mais ces chiffres sont
au-dessous de la réalité. Le premier succès du sous-lieutenant Chaput mérite une mention spéciale. Apercevant un L.V.G. dans les nues, il se précipite et l'attaque à 30
mètres : mais à peine a-t-il décalé sa bande de mitrailleuse que l'arme
s'enraye tout à coup. Peu importe. D'un élan, il fonce sur l'ennemi, le coupe en deux au milieu du fuselage et le précipite
dans l'abîme. Chaput a son hélice pulvérisée, son
moteur brisé ; mais il parvient à regagner nos lignes en vol plané. Le 28
avril, nouvelle victoire près des
Eparges, et le 16 mai, au même endroit, il touche mortellement un aviatik. Le 17 juin, il force un avion à descendre près
de Fresnes et le 19 il en abat un autre près de Varvinay.
Le 21 enfin il s'élance sur un groupe d'appareils ; l'un
tombe en feu, l'autre s'écrase sur le sol. Au début de
l'offensive allemande, le sergent Chainat n'était
pas plus connu que le sous-lieutenant Chaput. Il se
révéla- à Verdun le 26 mars en abattant un boche près de Douaumont. Le 7 mai,
il attaque un L.V.G. qui, blessé à mort, glisse sur
l'aile. Chainat s'apprête à le suivre lorsqu'il se
voit entouré par quatre avions ennemis auxquels il parvient à échapper et il
rentre sain et sauf. Le 21 mai, il livre combat à 3.600 mètres ; son
adversaire pique pour se redresser à 1.700 mètres. Chainat,
qui l'a suivi dans sa descente, revient à la charge et le voit s'effondrer
près de Liancourt-Fosse. Le 22 juin, avec Guynemer,
il mitraille un autre avion et l'abat. Chainat et Chaput sont les seuls champions cités par le communiqué. |
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Le Matin - 21 août 1916 LA
CHASSE AUX BOCHES EN AEROPLANE
- LES EXPLOITS DU QUADRILLE Un nouveau
nom vient de nous être révélé : celui du sous-lieutenant Heurteaux, vainqueur d'une compétition à laquelle
participaient une quinzaine de pilotes à égalité dans cette course au
communiqué. Ce qui rend
particulièrement saisissant le record de cet officier est la rapidité avec
laquelle ses Boches ont été abattus. Moins de six semaines lui ont suffi pour
obtenir la consécration officielle. C'est, en effet, le 9 juillet qu'il
descendait son premier adversaire. La semaine
suivante, le 16, il faisait subir le même sort à un appareil qui s'écrasait
près de Barleux. Il attendait alors jusqu'au 2 août
pour triompher à nouveau, et, cette fois, en collaboration avec le sergent Chainat. Le lendemain, le quatrième tombait sous les
coups des sous lieutenants Heurteaux et Guynemer,
encore près de Barleux. Le 17, enfin, le chiffre
fatidique de cinq était atteint. Le
sous-lieutenant Heurteaux n'est pas seulement un chasseur
remarquable avec ses camarades Guynemer, Deullin et
Pinsard, il a lancé un nouveau sport l'attaque
aérienne des troupes terrestres. Les quatre officiers, au moment d'une
attaque, prennent leur vol, passent les lignes, descendent à quelques mètres
de terre et déroulent leurs bandes de mitrailleuses sur les troupes, les
convois, les trains, les rassemblements, les bivouacs, les dépôts de
munitions. Le quadrille fantastique sème la terreur et la mort. Puis c'est la
rentrée, avec quelques balles encore à la disposition des avions boches qui
s'aventurent dans les parages. En même temps
que le communiqué révélait le nom du sous-lieutenant Heurteaux,
il nous annonçait les treizième et quatorzième victoires du sous-lieutenant
Guynemer, qui devient ainsi le recordman officiel français. Le palmarès
des toréadors de l’air s'établit donc ainsi à l'heure actuelle : Sous-lieutenant Guynemer : 15 appareils, dont 1 drachen : Sous-lieutenant Navarre : 12 avions ; Sous-lieutenant Nungesser : 12 appareils, dont 2 drachens ; Sous-lieutenant Chaput : 9
appareils, dont 1 drachen ; Sergent Chainat : 9 appareils, dont 1
drachen ; Adjudant Maurice Lenoir : 6 appareils dont 1 drachen ; Sergent de Rochefort : 5 avions ; Sous-lieutenant Heurteaux : 5
avions ; Adjudant
Dorme 5 avions (dont un non reconnu officiellement). Parmi ces
appareils, nombreux sont ceux tombés dans les lignes allemandes mais sur le
sort desquels il ne peut y avoir aucune hésitation. Et si nos pilotes ne
peuvent en descendre davantage sur notre territoire la cause en est aux
Boches qui, prudemment, évitent avec soin de passer nos tranchées. |




1939/1940
Mécanicien
de formation, André CHAINAT participait lors de
l’armistice de 1918 à la mise au point d’un nouveau carburateur qu’il avait
imaginé l’année précédente. Après cela, il a été instructeur à Avord, puis à
Chartres.

Le capitaine Chainat
Adjoint au commandant du
Groupe de Chasse GC 3/6
1939/1940
Photomontage FXB

26 septembre 1939
Le Morane Saulnier MS
406 du capitaine Chainat accidenté sur le terrain de Betz – Bouillancy
Photographie : Joseph Bibert
En
septembre 1939 il repart au combat comme adjoint du commandant du Groupe
GC III/6, le capitaine De Place. Cette unité est
immédiatement positionnée à Betz-Bouillancy (base 16
J6) dans l’Oise pour assurer la défense de la capitale. Le capitaine Chainat appartient donc à l'état major de ce Groupe, tout
comme le sergent-chef mécanicien Bibert qui a pris la photographie ci-dessous
et qui entretenait cet avion avec une grande fierté et un soin jaloux. Les
Morane du III/6 n’arboraient pas encore à cette
époque les célèbres masques « Sévère » et « Rieur », ou
« Tragédie » et « Comédie » qui les orneront seulement à
partir de mi-février 1940 à Wez-Thuisy.
Par
contre, en tant que Vétéran et As de la première guerre mondiale, André Chainat avait le droit en temps de guerre d’orner son
appareil de la cigogne de la SPA 3 et de la bande transversale des As, ce dont
il ne se priva pas ! C’est d’ailleurs grâce à cette bande tricolore que
son appareil ne peut pas être confondu avec un ce ceux de la première
escadrille du GC I/2 conduite alors par le capitaine Williame.
Ce groupe, qui stationnait également à Chartres avant l’entrée en guerre, se trouvait
à la même époque à Beauvais Tillé. André Chainat
avait donc tout eu du temps pour mettre Williame au
courant de certaines traditions particulières de la célèbre « Escadrile » (*) des Cigognes aux ailes baissées...
(*) Orthographe et prononciation traditionnelles à la SPA 3.

La cigogne de la SPA
3 : deux fragments de toile d’avions de la guerre 14/18 (à gauche et au
centre)
Avec la bande
transversale des « As » : Morane 406 du capitaine Chainat au début de la guerre 39/40 (à droite)
A droite : dessin numérique de François-Xavier Bibert d’après les
photographies de son père – Libre de droits
Le
26/09/1939, il casse son MS 406 n° 238 ; l’avion partira à l'ARAA (Atelier de Réparation de l'Armée de l'Air) ou il sera
finalement réformé et ferraillé. Il y aura toujours beaucoup de problèmes sur
les Morane avec les circuits « OLAER » des
trains qui ne rentrent ou ne s’ouvrent pas toujours, entraînant quelques
atterrissages sur le ventre, mais ce jour là, ce n’est pas le train qui est en
cause. Comme quoi même les meilleurs peuvent faire des
petites fautes !
En
effet le capitaine Chainat tente de prendre l’air en
partant d’un petit champ de 300m x 400m qui sert de zone de desserrement aux
avions. Le sol est ferme et régulier, mais par erreur il décolle dans la petite
largeur du terrain et par vent nul. Comble de malchance, le moteur Hispano
subit une petite baisse de régime, incident fréquent sur les 406, juste au
moment où le pilote tente d’arracher l’avion à la limite du terrain…
L’appareil
roule sur une roue pendant deux cent mètres environ, s’envole sur une bosse,
fait un bon de 50 mètres, puis s’abat dans un labour. La jambe droite du train
cède, le Morane pivote de 90° vers la droite en écrasant son demi train gauche.
Le pilote est indemne, mais pas très fier…
C’est
d’ailleurs le second Morane qu’il casse, puisque le 27 avril de la même année,
le MS 406 n°94 du GC II/6 – 3ème
escadrille qu’il pilotait à Chartres avait été accidenté et avait du être
réformé.
A
partir du 8/10/1939, le capitaine Chainat sera aux
commandes d’un nouveau Morane, le n°687.
Il se
bat encore avec cet avion en mai 1940 comme en témoigne le livre de marche de
la 6ème escadrille :
« 25 mai
Quatre des nôtres, le lt Legrand, Le Guennec, Diaz et le s/lt Capdeviolle complètent une patrouille triple guidée par un vieux guerrier, le capitaine Chainat. Grosse bagarre sur les lignes, nos 7 Morane doivent faire face à un peloton de 24 bombings protégés par 18 Me 110 !!! Les boches font les choses en grand…Tout le monde rentre, Diaz ramène une passoire à la place de son 674. Une explosive lui passa à 5cm de l’oreille droite ! Le cne Chainat rentre criblé lui aussi. Grâce au lt Legrand, l’ami Diaz doit d’être encore parmi nous… »
Le Capitaine CHAINAT
vu par un de ses élèves devenu pilote au GC III/6
AVORD : Automne 1938 (Jean MENNEGLIER est alors élève de l’Ecole de
l’Air de Salon de Provence – Promotion 1937)
L'escadrille des Morane 230 était commandée par le capitaine Chainat (le « Père Chainat »)
qui devait avoir la quarantaine bien sonnée à l'époque. Il avait été caporal
pilote à l'escadrille des cigognes de Guynemer et s'était fait descendre un
jour. Il avait reçu une balle dans le dos qui lui avait enfoncé dans les reins
une partie du rembourrage de son dossier car les pilotes volaient alors sans
parachutes. Il avait réussi à rejoindre le terrain d'une grande ville,
peut-être Amiens, où il connaissait un chirurgien qui le tira d'affaire. Comme
il avait descendu quelques avions allemands il avait droit à la bande tricolore
des As sur le fuselage au milieu de laquelle se détachait la cigogne de
Guynemer. Il avait eu aussi un accident d'avion au Maroc dont il gardait des
cicatrices sur le visage et une démarche claudicante. Avec lui régnait la
discipline la plus exigeante et sans faiblesse. Les consignes devaient être
respectées à la lettre et il n'hésitait pas à débarquer l'élève pilote indocile
et à le mettre toute la journée au starter. Quand il s'adressait à nous il nous
appelait "Messeigneurs" ! Son bureau avait les murs couverts
d'aphorismes inscrits sur des bandes de papier:
- Le
piqué à mort est suivi souvent par la mort d'un piqué.
- La
sustentation est une fleur qui naît de la vitesse.
- Le
départ en chandelle en allume plusieurs autour d'un cercueil.
- Il
vaut mieux rendre la main que rendre l'âme. Etc.
Il nous répétait souvent: "Messeigneurs, vous avez le droit de
faire des erreurs mais vous n'avez pas le droit de transformer ces erreurs en
fautes"! Mais le jour où il remettait lui-même le macaron de pilote à ceux
qui venaient de réussir leur brevet, il avait toujours une larme au coin de
l'oeil et dans son laïus il ne manquait jamais de dire à propos de l'insigne:
"Les ailes c'est pour vous porter, l'étoile c'est pour vous guider. Quant
à la couronne que ce soit pour vous celle de la gloire et non une couronne
d'immortelles sur votre cercueil"!
GC III/6 – WEZ THUISY - : Printemps 1940 (Jean
Menneglier est affecté début mars 1940 à la 6ème
escadrille du GC III/6)
Le Père Chainat était une vieille
connaissance. Il avait l'autorité de l'as de 14-18. Comme à Avord, il avait
fait peindre la bande tricolore et l'insigne des cigognes sur son avion
personnel. Estimant que le collimateur O.P.L. qui
l'équipait ne valait rien, il avait fait monter un viseur de son invention
qu'il avait utilisé lors de la guerre précédente, constitué d'une maquette
d'avion montée sur des réglettes qu'il orientait sur l'avion attaqué pour
matérialiser la correction-but. Dans mon escadrille
on se moquait un peu de lui et on l'appelait "le jardinier" à cause
de la chanson de Mireille : « C'est un jardinier
qui boîte, qui boîte et qui boit, .... ». Le Père Chainat boitillait en effet depuis un accident qu'il avait
eu au Maroc pendant la guerre du Rif. Quelqu'un avait même acheté le disque et
on le passait souvent sur le gramophone de l’escadrille. Sur l'autre face il y
avait, du même auteur, « le vieux château du Moyen Age »....
Le Père Chainat nous rebattait les
oreilles avec le fameux « angle mort » : « Messeigneurs, il
faut attaquer dans l'angle mort sinon vous vous ferez descendre ! ». Un
jour, à Coulommiers, vers 9 heures, on le vit rentrer et déclarer :
« Je viens de me faire descendre comme un bleu ! » Puis il nous
raconta son histoire. Il commandait de bon matin une patrouille triple qui
devait tenir un secteur quelque part du côté de la Somme pour protéger un
mouvement de troupes. Le temps qui lui avait été fixé était écoulé, il revint
cependant sur le secteur. Première erreur car il aurait dû penser à ses
équipiers qui risquaient d'être à bout d'essence. Il aperçut alors une
formation de Dornier et se mit en place pour l'attaquer suivi des huit autres
avions. Il chercha l'angle mort de l'avion qu'il attaquait, ne le trouva pas et
reçut une rafale d'un mitrailleur qui, heureusement, n'empêcha pas son avion de
voler. Tout à ses préparatifs d'attaque il n'aperçut pas une formation de 18 Messerchmitt 110 qui protégeaient les bombardiers. Avant
que son équipier, de Rouffignac, ait eu le temps d'ajuster son tir, son avion
se trouva encadré et atteint par les balles traçantes d'un Me 110. Moteur arrêté,
train sorti car il avait pris une balle dans le circuit hydraulique, il réussit
à se poser dans un champ sans être autrement inquiété. Quant aux 7 Morane
restant ils s'expliquèrent avec les 18 Messerschmitt. Heureusement ils s'en
sortirent bien et réussirent même à toucher des adversaires qui dégagèrent en
fumant noir. Un de nos avions piloté par l'adjudant Diaz reçu deux balles qui
l'atteignirent par le haut de l'habitacle et ressortirent dans le plancher
juste devant le palonnier. Personne n'arriva à expliquer comment il n'avait pas
été blessé. Il n'avait même pas une trace de balle dans sa combinaison. Quant
au Père Chainat qui était rentré seul, abandonnant
les autres à leur sort, il ne nous parla plus jamais de l'angle mort !
Extraits des mémoires du colonel Jean Menneglier,
Merci à son fils Philippe de nous avoir transmis ce récit
Le
687 sera mis en entrepôt le 16/06/1940 et réformé en novembre. L’armistice a
été signé et le capitaine Chainat va être mis en
congé ! Il a 48 ans. Bravo l’artiste ! Rappelé en 1945, il prendra sa
retraite en 1946 avec le grade de commandant.
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Pendant le rude hiver 1939-1940 Le capitaine André CHAINAT devant son Morane 406 |
25 décembre 1939 André CHAINAT et Pierre CASTANIER, Commandant du GC III/6 |
Collection personnelle Joseph Bibert
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CITATION du CAPITAINE CHAINAT « Très brillant pilote de la 1914-1918. A conservé la même ardeur au combat.
Magnifique entraîneur d’hommes grâce à sa grande expérience et son allant. A
effectué de nombreuses missions. Le 25 mai 1940, a attaqué avec sa patrouille
une importante formation de bombardement malgré une chasse ennemie très
supérieure en nombre. Est rentré au terrain avec son avion criblé de
balle ». Croix de Guerre avec
Palme - Commandeur de la Légion d’Honneur |

André CHAINAT (à gauche) avec Paul STEHLIN
et Jean ASSOLLANT
Juillet 1940 - Alger Maison Blanche
Juste avant sa
démobilisation
Collection personnelle Joseph Bibert
1961

Le Figaro - 7 novembre 1961
La modeste tombe d’André
Chainat dans le cimetière de Sancoins
cliquez sur l’image pour l’agrandir
Photographie © Dominique Borget – 2009 – www.ville-sancoins.fr
2001
Un article du
« Berry Républicain » du 11 février 2001
Nota :
comportant quelques petites erreurs sans importance majeure
Cliquez
sur l’image pour lire l’article
Généalogie
d’André Julien CHAINAT
On
peut consulter une partie de la généalogie d’André Julien Chainat
dans les bases « Savary et Mandereau »
constituées par Martine Savary sur « Planéte Généalogie » ou sur
« Geneanet ». C’est par l’intermédiaire de ce site qu’elle a en
fait découvert l’existence d’un cousin germain de son grand-père, descendant Mandereau, qu’elle n’avait pas encore identifié. Qu’elle
soit remerciée pour sa contribution à cette page et pour les documents
ci-dessous qu’elle nous a fournis.


Signature
d’André Chainat

Courrier de la guerre
1914 -1918 du 1er décembre
1916
Timbres
« semeuse » et taxe suisse, avec une vignette représentant l’aviateur
André Chainat
Merci à Monsieur Jean-Claude Baer
pour les photographies des vignettes – Voir explications en bas de page
Echantillon de
représentations de la Cigogne de la SPA 3

« Nos As » -
Série de 20 vignettes – Comité de la Croix-Rouge du Raincy
– 1916
GILBERT – VÉDRINES – CHAINAT –
PATRIMONIO – PÉGOUD – GARROS – BRINDEJONC – DE ROSE – PENNÈS –
lt/col GIROD – BOILLOT –
GUYNEMER – MARCHAL – NAVARRE – WEILLER –
DE SÉGUIN – LENOIR – PRINCE –
POIRÉE – AMANS
Voir les liens

C'est
à la demande du Comité Croix rouge du RAINCY, que
l'éditeur DELANDRE (auteur des vignettes
régimentaires françaises en 1914/1918) a fait imprimer ces 20 portraits
d'aviateurs dans un cadre de couleur (5 couleurs différentes). Ces 20 portraits
sont également sortis dans un carnet, extrêmement rare de nos jours, dont
monsieur Jean-Claude Baehr nous a fait parvenir les
photographies ci-dessous, avec ces explications. Nous l’en remercions vivement.

Une série de 5 papiers
de bonbons acidulés de la confiserie de l’Etoile Française, E. LAMY, à Lyon-Villeurbanne
4 as – Les huit
meilleurs chasseurs de 1916 + l’As des As : GUYNEMER
Adjudant DORME – Adjudant LENOIR – Sous-lieutenant NAVARRE –
Sous-lieutenant NUNGESSER
Lieutenant HEURTEAUX – Lieutenant DE LA TOUR – Sous-lieutenant CHAINAT – Sous-lieutenant CHAPUT
La liste des pilotes
choisis semble calquée sur celle du Figaro du 20 août 1916 (voir plus haut)
avec la même erreur
qui attribue le grade de sous-lieutenant au sergent Chaînat...

Merci à Monsieur Jean-Claude Baer
Informations rassemblées par François
Xavier BIBERT avec le concours de Dan GILBERTI – 2008/2010
Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6
- Livre du marche de la 5° - Livre
de marche de la 6°
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