
Lieutenant GABRIEL MERTZISEN
Pilote au GROUPE de CHASSE
GC 3/6 (1939/1944)
5ème escadrille
Héros du Normandie-Niémen (1944/1945)
As de la seconde guerre mondiale
(1914/1951)


Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre
du marche de la 5° - Livre
de marche de la 6°
Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT
Gabriel MERTZISEN sur le site « Memorial-genweb »
La carrière de Gabriel
Mertzisen (aussi écrit Mertzizen) est intéressante car elle permet d’imaginer
ce que purent être les états d’âme de ces jeunes aviateurs qui en 1939 se
battirent avec fougue contre l’envahisseur allemand. Ils étaient persuadés de
la supériorité de la force française, dans leur enthousiasme et leur désir de
ressembler aux « AS » de la grande guerre, qui les avaient fait rêver
pendant toute leur adolescence.

GC III/6 – 5ème Escadrille - Du Morane 406 au Dewoitine 520
Ils comprirent en juin 1940
que leurs vaillants Morane n’étaient plus à la hauteur de leurs ambitions, mais
ils ne se considéraient pas comme battus. De plus ils venaient d’être équipés
du prodigieux Dewoitine 520, dont ils avaient découvert ébahis les alignements
d’appareils tout neufs parqués par centaines autour de l’usine Dewoitine de
Toulouse, en allant quasiment « choisir » le leur, alors que
l’armistice se signait.
L’efficacité de cet appareil
racé, qui serait devenu incontestablement l’équivalent des meilleurs, Spitfire,
Focke-Wulf ou Loockeed P-38, en étant équipé dans ses versions ultérieures d’un
moteur plus puissant, tellement sa structure avait été réussie, rendait
euphoriques tous ceux qui avaient la chance de le piloter.
En quelques jours, dans les
derniers combats avant l’armistice contre les Italiens, il avait fait des
merveilles…
Que demander de plus ?
Ces passionnés avaient surtout envie de voler et d’en découdre. Mertzisen et
ses camardes du III/6 se retrouvaient maintenant à Alger avec 36 appareils
intacts et la politique, ils la laissaient aux « Politiques »… Les
Chefs avaient des ordres, on appliquerait les ordres des Chefs…
Et voilà que les anglais
avaient « lâchement » attaqué la France à Mers El Kébir, puis à
Dakar, en tuant quelques uns de leurs copains des autres Groupes… L’entende
cordiale, c’était en 1904, à peine 35 ans ! On parlait peu à Alger de ce
général austère, qui avait appelé son fils Philippe, et qui tentait pour sa
part, de Londres, de sauver ce qui pouvait encore être l’être de l’honneur de
la France, et qui allait se battre, seul contre tous, pour qu’elle ne soit pas
laminée définitivement quand les Alliés, avec lui, gagneraient la guerre dans
quelques années ! Et Philippe Pétain était toujours le héros de 1914-1918
qui avait sauvé la France et qui allait maintenant paternellement la protéger…
Mertzisen et ses compagnons
étaient d’excellents pilotes, des guerriers qui faisaient bien et modestement
leur métier, sans heureusement se poser trop de questions et sans avoir
forcément le charisme des quelques rares et grands visionnaires ; il n’y
eu finalement que 1036 croix de la Libération décernés pour toute cette longue
Guerre, dont seulement 700 à des militaires…
Et quand en mai 1941, ils
eurent l’occasion d’assouvir leurs rêves de vols et de gloire en allant avec
leurs belles machines défendre au Levant, le Liban et la Syrie, territoires sous
protectorat français, contre les Anglais, ils partirent dans doute avec
enthousiasme et sans état d’âme…
Les premières victoires de
Gabriel Mertzisen furent donc obtenues contre des Hurricane anglais…

GC III6/6 – Mai 1940
Le D.520 de Gabriel MERTZISEN en SYRIE
La campagne du Liban fut une
sale affaire, surtout que les Français Libres du Général Legentilhomme se sont
engagés finalement à coté des Anglais, pour combattre les forces vichystes de l’Amiral Dentz. Elle fera naître le doute
dans bien des les esprits. Le retour à Alger du GC III/6, mi juillet 1941 après
la capitulation de Dentz et la signature de la convention de Saint-Jean d’Acre
ne fut pas trop glorieux. En octobre, quelques pilotes du GC III/3 à Oran
parvinrent à s’éclipser vers Gibraltar avec leur Dewoitine… Un an plus tard, ceux
du III/6 n’auront heureusement pas à se poser trop de questions métaphysiques
le 8 novembre 1942, lors du débarquement anglo-américain en A.F.N. ; ils
ne furent quasiment pas engagés, car la mauvaise météo au dessus de Maison
Blanche ce jour-là, ne leur permit pas de décoller. Leurs collègues du GC III/3
n’eurent pas cette chance et affrontèrent les « envahisseurs ». Il y
eut des pertes sévères des deux cotés au-dessus d’Oran, dont le commandant
Engler, le patron de ce Groupe…
Les choses changèrent… Les Américains
trouvèrent en terre d’Afrique de bons pilotes expérimentés et ils leurs
donnèrent des avions, bons ou moins bons, pour qu’ils puissent se battre cette
fois à leurs cotés !
Ces Français d’A.F.N. qui
n’étaient plus des « Français de Vichy » sans être réellement des
« Français Libres des F.A.F.L. (Forces Aériennes Françaises
Libres) », se remirent donc au boulot sous
la tutelle américaine et s’en prirent de nouveau aux Allemands, équipés
maintenant du délicat Bell P-39 « Airacobra » en ce qui concerne ceux
du GC III/6 (voir fiche en bas de page).
Il faut que les jeunes
générations qui souvent ne distinguent que le blanc et le noir dans l’éventail
des couleurs, en ayant une vision de l’Histoire réduite faute qu’elle ne leur
ait été correctement expliquée avec la tolérance nécessaire, se gardent de
s’ériger en ayatollahs des F.A.F.L. Ces jeunes hommes qui ont été regroupés en
A.F.N. après la défaite de la France de juin 1940 pour eux incompréhensible,
n’avaient pas forcément à cette époque tous les éléments pour apprécier la
situation. Ils ont suivi les ordres de leurs chefs, de la même manière que la
quasi-totalité des Français qui a fait confiance au vieux Maréchal en ces jours
sombres. Les mérites de la petite poignée de ceux qui ont eu une exceptionnelle
vision de l’Histoire en ralliant immédiatement la France Libre n’en sont que
plus grands (*), mais ceux de tous ces militaires qui de l’armistice au
débarquement américain de novembre 1942 ont continué à servir leurs chefs
légitimes, ne doivent pas être sous-estimés. Porter aujourd’hui des
appréciations parfois peu amènes au sujet des 18 mois où ils sont restés au
service de ce qu’on le veuille ou non était le gouvernement légal de la France,
même si elle n’était plus une république, est souvent le fait de ceux qui
auraient bien pu être en juin 1944 des résistants de la dernière heure. De
plus, beaucoup se sont retrouvés dans un camp plutôt que dans l’autre du fait
des circonstances plutôt que par réelle volonté individuelle ! On peut
dire et écrire de grosses bêtises quand on juge l’Histoire et ses Acteurs en
connaissant la fin du film…
François Xavier Bibert
(09/2008 et 06/2009)
(*) Pour tordre
le coup à la légende des départs massifs vers Gibraltar dans les semaines qui
ont suivi l’armistice, on peut se reporter à l’ouvrage de Vital Ferry
« Croix de Lorraine et croix du sud ». Le 26 juillet étaient arrivés
à Gibraltar 14 avions : 3 Glenn Martin, 1 Glenn Martin détruit par
batterie de DCA (espagnole), 2 Caudron Simoun, 1 Caudron Simoun détruit à l’atterrissage,
2 Caudron Goéland, 1 Morane 230, 2 Morane 315, 1 Potez 650 détruit à
l’atterrissage, 1 Potez 650 détruit à l’atterrissage, 1 Caudron Pélican
(message du commandant Pijeaud à l’amiral Muselier transmis par télégramme
signé du Gouverneur de Gibraltar au War Office à Londres). Pour respecter les
conventions d’armistice, il est vrai cependant que des dispositions matérielles
pour rendre un « emprunt » d’aéronef quasiment impossible avaient été
immédiatement prises et des recommandations plus générales préalablement
données : « La rupture du fait de l’armée de l’air des clauses d’un
armistice entraînerait inévitablement la reprise des hostilités, l’occupation
totale du territoire français, la disparition de l’armature gouvernementale et,
finalement de la Nation française. Il est inutile d’insister sur les
conséquences d’une telle hypothèse : elle équivaudrait en fait pour la
France à un véritable esclavage » (Instruction personnelle et secrète du
Général Vuillemin, Chef d’Etat-major, au Général Pennès, commandant les forces
aériennes et les forces terrestres antiaériennes en Afrique du Nord du 20 juin
1940).
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Né le 28 mai 1914 à Alger,
mais d’origine alsacienne, Gabriel Mertzisen s'engage à l'âge de 19 ans dans l'aviation.
En 1936, il prépare le concours des sous-officiers du personnel navigant et il
est breveté pilote l'année suivante, le 2 juillet 1937.

Il rejoint à Chartres, en
mai 1939, le Groupe de Chasse
GC III/6 nouvellement formé et il est affecté comme sergent à la 5ème
Escadrille sur Morane Saulnier 406. S’il prend part à de nombreuses missions au
cours de la Campagne de France, il ne remporte pourtant pas de victoire
aérienne, mais il passe sans dommage cette difficile épreuve, en perdant
plusieurs de ses camarades.
|
Citation du sergent/chef MERTZISZEN A l’ordre de l’Escadre Jeune
pilote de chasse, a toujours assuré avec
beaucoup de courage les missions sui lui ont été demandée ; s’est
particulièrement distingué le 25 mai 1940, au cours d’une mission très
difficile de chasse d’armée. Croix de guerre avec étoile de bronze |
Replié à Alger Maison
Blanche avec son Groupe juste avant l’armistice, il est nommé Sergent-chef et participe
ensuite en 1941 aux fratricides combats du Liban et de Syrie, entre les forces
du Gouvernement de Vichy et celles du Royaume de sa Gracieuse Majesté,
auxquelles se sont joints quelques éléments de l’embryon des Forces Françaises
Libres du Général de Gaulle. Le GC III/6 est sur le front du 28 mai au 8
juillet 1941, semaines intenses d’âpres engagements au cours desquels il
détruira en collaboration trois appareils britanniques et sera lui-même abattu
le 8 juin par la D.C.A. en Syrie près d'Ezraa.
Lien vers la page « Départ du GC III/6 pour le Levant »

La célèbre photographie couleur, rare pour l’époque, du
Dewoitine 520 n° 326 du GC III/6, le 26 juin 1941 sur l’aérodrome d’Eleusis-
Athénes
Transfert du Groupe d’Alger à Rayack, via Tunis, Catane,
Brindisi, Athènes et Rhodes ente les 24 et 28 juin 1940
Avion perdu le 8 juin1941 en Syrie par le sergent/chef
Gabriel MERTZISEN
A l’extrême droite, le point au dessus de la montagne est un
Junkers JU 88 en approche ! Il terminera son atterrissage sur le ventre...
|
Citation du sergent/chef MERTZISZEN A l’ordre de l’Armée Sous
Officier Pilote d’un rare courage et d’une grande énergie. Le 8 juin 1941,
assurant avec son chef de patrouille la protection d’une mission de
reconnaissance, n’a pas hésité, sa mission terminée, à revenir mitrailler un
convoi ennemi qu’il avait repéré. Abattu
par le feu adverse et bien que fortement contusionné au milieu des débris de
son appareil, a marché de longues heures à travers le bled pour ne pas tomber
au main de l’ennemi. |
|
Citation du sergent/chef MERTZISZEN A l’ordre de l’Armée Sous
officier d’une énergie et d’une ténacité çà toute épreuve. Le 15 juin 1941 au
cours d’une mission de couverture a soutenu un très dur combat contre
plusieurs appareils ennemis. Abattu
par l’un d’eux, a réussi après plusieurs jours, malgré de multiples
contusions et après des difficultés, à rejoindre un Poste Français et à
regagner sa base en franchissant les lignes adverses |
Après le débarquement
anglo-américain en Afrique du Nord de novembre 1942, Gabriel Mertzisen, devenu adjudant,
continue à voler au sein du Groupe GC III/6,
devenu Groupe "Roussillon", avec lequel il effectue de
nombreuses patrouilles côtières sur les nouveaux Bell P-39 Airacobra.
Son vieux camarade, l’As
Pierre Le Gloan, lieutenant commandant dans ce Groupe la nouvelle 3ème
escadrille créée le 11 août 1943, se tue accidentellement en rentrant d’une de
ses missions juste un mois plus tard, le 11 septembre.
Gabriel Mertzisen restera
un des rares pilotes français de cette époque à abattre un appareil Allemand.
Le 4 octobre vers 18h 45, six Airacobra du « Roussillon » protègent
au large du Cap Ténès le convoi U.G.S. 618 composé d’une soixantaine de
navires. Le s/c Le Bras abat un Dornier 217 et l’adj Mertzisen attaque un
Heinkel 111. L’avion percute la mer mais Mertzisen est aussi touché. Il peut
cependant atteindre la côte, sauter en parachute sur la terre ferme et rentrer
au terrain à 22h00, sur un cheval qu’il a pu « emprunter »….
Il se porte alors
volontaire pour le groupe « Normandie »,
plus connu sous le nom de « Normandie-Niémen », qu'il rejoint à Toula
en U.R.S.S. le 7 janvier 1944, une fois nommé Aspirant. Il est affecté à la
troisième escadrille, qui vole sur les fameux Yakovlev 9, remplacés, un peu
plus tard, à bout de souffle, par un appareil encore plus performant, le
Yakovlev 3 (voir fiches en bas de page). A la tête de cette escadrille appelée
« Cherbourg », Pierre Pouyade, le célèbre Commandant du
« Normandie », nomme le lieutenant Marcel Lefèvre. On y trouve aussi
le lieutenant André Moynet, vingt deux ans, Français Libre (F.A.F.L.) pur et
dur ; c’est un remarquable chasseur, titulaire de quatre victoires sûres
et deux probables en Angleterre, futur Compagnon de la Libération et futur
Ministre de la Jeunesse dans le cabinet Mendès France en 1954. André Sauvage,
cinq victoires, fait également partie du « Cherbourg ». L’intégration
des nouveaux arrivants de 1944, qui ont pour certains combattu les Français
Libres au Levant, n’est pas chose facile. Mais le commandant Pouyade et son
adjoint le commandant Louis Delfino, qui arrive quelques semaines après
Mertzisen, sont de sacrés meneurs d’hommes et ils sauront mettre de l’huile
dans les rouages…

L’aspirant Gabriel MERTZISEN
en U.R.S.S. au Groupe « Normandie-Niémen »
En octobre, Gabriel
Mertzisen abat trois avions allemands en huit jours et clôt sa liste des victoires
par un dernier Messerschmitt 109 le 14 janvier 1945. Il est lui-même abattu le
27 mars 1945 mais s'en sort indemne. Il reviendra triomphalement en France le
20 juin 1945 avec tous les héros de « Normandie-Niémen » aux
commandes de leur appareil offert par Staline, en remerciement de leurs
exploits.
En octobre 1945,
sous/Lieutenant depuis avril, est nommé à la Direction des Transports Aériens
(D.A.T.), puis au Groupe de Transport 4/15 de Chartres l'année suivante.
Il passe ensuite sept mois
en opérations en Indochine à partir de novembre 1947, pour être affecté à son
retour, au GT 3/61 "Poitou" (ex 4/15) qui vole alors sur des
trimoteurs Junker 52 « Toucan », dérivé civil de l’appareil militaire
construit à des milliers d’exemplaires par les Allemands pendant la guerre. Un
an plus tard il rejoint à Persan- Beaumont l’ELA 1/56 « Vaucluse" qui
dispose de différents appareils (Goéland, Baltimore, Barracuda, Pingouin,
Dakota, Siebel…) .

GT 4/15 puis GT 3/61 POITOU
ELA 1/56
VAUCLUSE
En pleine guerre froide,
il se tue le 30 septembre 1951, décollant de Lahr en Allemagne de l'ouest au
cours d'un vol de nuit, dit officiellement « d’entraînement » (1a et b),
aux commandes d’un monomoteur biplace Fairey Barracuda. Il repose dans le
cimetière de Montfermeil en Seine Saint-Denis.

Fairey Barracuda
(1a) Le
GAM 56 est né du désir exprimé par le général de Gaulle d'avoir une escadrille de
missions spéciales totalement indépendante des Anglais. Le bureau central de
renseignement et d'action a créé sa propre escadrille à partir de février 1944.
Cette unité autonome débute avec deux Lysander récupérés au Moyen-Orient.
Constituée à Alger, l'escadrille travaille en pool avec les Anglais du 148th
Squadron of special duties à partir de Brindisi, puis de la Corse pour préparer
le débarquement de Provence. En septembre 1944, l'escadrille s'installe au
Bourget. Elle prend l'appellation d'ELA 1/56 le 1er mai 1945, entrant de ce
fait officiellement dans l'armée de l'air avec des matériels variés (Morane
500, Cessna VC7, Junker 52), elle assure les missions que lui confient les
services spéciaux français. Au début de 1946, l'ELA s'installe à Persan-Beaumont,
et prend le nom de "VAUCLUSE" en 1947 avec comme insigne les
armes de la ville d'Avignon. Avec la Guerre froide et la crise de Berlin,
l'escadrille s'étoffe peu à peu (Goéland, Baltimore, Barracuda, Pingouin) et
Persan devient une véritable base aérienne…etc…
(1b)
Pour en savoir un peu plus sur l’activité réelle de Gabriel Mertzisen au sein
du « Vaucluse », lire un petit extrait des Mémoires de
P.A. Thébault, « … D’un pépin à l’autre ».
Suzanne
MERTZISEN-BOITTE
Le 12 vovembre 1938, Gabriel Mertzisen
avait épousé Suzanne, Camille, Raymonde, Marguerite Boitte, née le 15 mai 1919
à Colombes dans le département de la Seine (maintenant Hauts de Seine), de Edmond,
Alphonse Boitte et de Louise, Amélie Lemesle. Une petite fille, Danielle, était
née l’année suivante. A Alger, ils ont habité après l’armistice au numéro 20 de
la rue de Constantine, mais la guerre a séparé le couple dont le divorce sera
finalement prononcé le 24 avril 1944.
Le 18 janvier 1943,
Suzanne Mertzisen s'engage pour la durée de la guerre et entre dans le Corps
Féminin des Transmissions. Elle fait partie de celles qu'on surnomme les
Merlinettes (du nom du chef des Transmissions, le colonel Merlin). Un centre
d'entraînement a été installé à Staouëli près d'Alger. Elle se porte volontaire
pour rejoindre le 2ème Bureau d'Alger, commandé par Paul Paillole,
qui a besoin alors de spécialistes radio.
En janvier 1944, elle est dirigée
avec d’autres camarades vers le Bureau Central de Renseignement et d'Action
d'Alger (B.C.R.A.A.) puis de Londres (B.C.R.A.L.). En Angleterre, elles suivent
deux stages de formation opérationnelle, à Saint Albans et à Ringway, près de
Manchester. Le programme est très complet : renseignement, topographie,
identification des effectifs et matériels ennemis, repérage des objectifs à
bombarder, sport de combat, tir, maniement des explosifs, conduite et mécanique
auto et moto, parachutisme, transmissions...
Suzanne Mertzisen est
parachutée dans la nuit du 5 au 6 avril 1944 avec plusieurs de ses camarades
dans la région de Limoges d’où elles regagnent Paris. On la connaît alors sous
différents pseudonymes : Suzy, Leroy ou Lemesle. Le jeudi 27 avril 1944, elle
est arrêtée avec ses compagnons suite à une délation. La Gestapo a trouvé dans
leurs chambres deux postes émetteurs et quatre revolvers.
Les membres de ce groupe
sont internés à Fresnes avant d'être déportés à Ravensbrück, probablement dans
le convoi parti de Compiègne le 8 août 1944. Après avoir demandé plusieurs fois
au commandant du camp leur transfert dans un camp de prisonniers de guerre, les
jeunes femmes sont convoquées le 18 janvier 1945 vers 16h au bureau du camp. A
partir de là, les témoignages laissent place à des suppositions...
Elles pourraient avoir été
fusillées ou pendues sur un gibet qui avait été construit dans le courant de
l'année 1944, à côté du crématorium...
Suzanne Mertzisen sera
déclarée "Morte pour la France".
Suzanne
MERTZISEN-BOITTE sur Mémorial Web
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Décorations
du lieutenant Gabriel MERTZISEN
|
|
Officier
de la Légion d'Honneur |
|
|
Médaille
Militaire |
|
|
Croix de
Guerre 1939 - 1945 (12 citations) |
|
|
Croix de
Guerre TOE |
|
|
Médaille
Coloniale |
|
|
Médaille
Commémorative 1939 - 1945 |
|
|
Mérite
Libanais (Liban) |
|
|
Air Medal
(USA) |
|
|
Médaille
de la Victoire (URSS) |
|
|
Ordre de
la Guerre pour le Salut de la Patrie (URSS |
Victoires
de Gabriel MERTZISEN
(Quelques éléments varient selon les sources)
|
Date |
Date |
Avion utilisé |
Avion détruit |
Unité |
Lieu |
|
1 |
23/06/41 |
D.520 |
Hurricane |
GC III/6 |
Rayack (Liban) |
|
2 |
05/07/41 |
D.520 |
Hurricane |
GC III/6 |
Deir ez Zor (Syrie) |
|
3 |
05/07/1941 |
D.520 |
Hurricane |
GC
III/6 |
Deir ez
Zor (Syrie) |
|
4 |
05/07/1941 |
P-39N |
He 111 |
GC
III/6 |
Cap
Ténès (Algérie) |
|
5 |
14/10/44 |
Yak 9 |
Ju 88 |
NN |
Trakehnen (Prusse E) |
|
6 |
16/10/44 |
Yak 9 |
Me 109 |
NN |
Goritten (Prusse E) |
|
7 |
22/10/44 |
Yak 9 |
Fw 190 |
NN |
Insterburg (Prusse E) |
|
8 |
14/01/45 |
Yak 3 |
Me 109 |
NN |
Insterburg (Prusse E) |
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|
BELL AIRACOBRA P-39A
|
|
|
Mise en service |
1941 |
|
Date de retrait |
1951 en France |
|
Nombre construit |
9 584 unités de
1940 à mai 1944 |
|
Équipage |
1 pilote |
|
Motorisation |
|
|
Moteur |
1 Allison V-1710-85 |
|
Puissance |
1 150 ch |
|
Dimensions |
|
|
Envergure |
10,36 m |
|
Longueur |
9,19 m |
|
Hauteur |
3,61 m |
|
Surface alaire |
19,79 m² |
|
Masses |
|
|
À vide |
2 500 kg |
|
Avec armement |
3 400 kg |
|
Maximale |
3 970 kg |
|
Performances |
|
|
Vitesse maximale |
540 km/h |
|
Plafond |
9 800 m |
|
Vitesse ascensionnelle |
1 100 m/min |
|
Distance franchissable |
1 100 km |
|
Armement |
|
|
Interne |
1 canon de 37 mm (30 Obus) 2 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm dans le nez (200 coups) 2 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm dans les ailes (300 coups) |
BELL
P-39 AIRACOBRA
Le Bell P-39 Airacobra était un chasseur
américain de la seconde guerre mondiale construit par Bell Aircraft
Corporation. Cet avion était de conception très moderne avec son
train tricycle et aux caractéristiques prometteuses sur le papier, avec sa
verrière panoramique, son armement de très gros calibre dans l'axe, son moteur
monté au milieu du fuselage et très facilement accessible, l'habitacle auquel
on accédait comme dans une voiture en évitant les acrobaties habituelles, et,
cerise sur le gâteau, de bonnes performances générales.
Mais il se révéla particulièrement
décevant comme chasseur par son infériorité manifeste contre les appareils
ennemis aux mains des américains dans le Pacifique et des Anglais en
Grande-Bretagne, qui en avaient commandés pour la RAF ; une escadrille qui
en avait été équipée et qui de se trouva au prise avec la Luftwaffe eut des
résultats tellement mauvais qu’ils furent immédiatement retirés du combat, et
l’escadrille reçut immédiatement des Spitfire !
Par contre, il fut utilisé avec succès
comme avion d’appui au sol par les Français en Afrique du Nord et en Italie, et
surtout par les Soviétiques, qui bénéficièrent de la majorité de la production.
Ces derniers appréciaient beaucoup sa puissance de feu en couverture à basse et
moyenne altitude où il savait se montrer particulièrement percutant en attaque
au sol ou contre des bombardiers.
Son successeur très amélioré, le P-63
Kingcobra P-63 fut également utilisé par les Français en Indochine, car les
américains, tellement marqués par leurs échecs avec le P-39, ne voulurent même
les engager au combat sous leurs couleurs...

|
|
YAKOVLEV YAK-9D
|
YAKOLVEV YAK-3
|
|
Mise en service |
Fin 1942 |
Juillet 1943 |
|
Date de retrait |
|
1950 en France |
|
Nombre construit |
16769 |
|
|
Équipage |
1 pilote |
|
|
|
Motorisation |
|
|
Moteur |
1 Klimov M105PF2 et
3 V12 |
1 Klimov M 105 PF3
2 |
|
Puissance |
1 260ch et 1360 ch |
12220 ch |
|
|
Dimensions |
|
|
Envergure |
9,70 m |
9,20 m |
|
Longueur |
8,50 m |
8,50 m |
|
Hauteur |
2,60 m |
2,40 m |
|
Surface alaire |
17,15 m² |
14,85 m2 |
|
|
Masses |
|
|
À vide |
2 770 kg |
2100 kg |
|
Maximale |
3 080 kg |
2550 kg |
|
|
Performances |
|
|
Vitesse maximale |
600 km/h |
650 km/h |
|
Plafond |
10 600 m |
10800 m |
|
Distance franchissable |
1 400 km |
820 km |
|
|
Armement |
|
|
Interne |
1 canon ShVAK de 20 mm (120 Obus) 2 mitrailleuses UBS de 12,7 mm (200 coups) |
1 canon ShVAK de 20 mm (120 Obus) 2 mitrailleuses UBS de 12,7 mm (200 coups) |
|
Externe |
6 roquettes RS 82 |
|
YAKOVLEV YAK 9D
Le chasseur
Yak 9 a été construit à partir de l'expérience acquise dans les alliages
d'aluminium utilisés au début de 1942 pour le Yak 7D, appareil de
reconnaissance à long rayon d'action dérivé du Yak 7. Les premiers exemplaires
de ce nouveau chasseur Yak 9 arrivèrent dans les unités à la fin de l'année.
Dans le même temps, maintenant que l'Armée Rouge progressait, le besoin de
chasseurs à plus long rayon d'action, pour compenser la possible absence
d'aérodromes avancés, se fit sentir. Il fut satisfait par le Yak-9D qui, récupérant
quatre réservoirs d'aile, vit son rayon d'action être porté à 1400 kilomètres,
au lieu de 900.
Il fut
cependant grandement amélioré par les études aérodynamiques du TsAGI, au début
1944, pour compenser l'augmentation de masse due aux réservoirs
supplémentaires.
Le Yak 9D
devint rapidement le chasseur majeur de la V.V.S., au côté du Lavotchkine
La 5. Contrairement à ses prédécesseurs, il était relativement équivalent
aux Bf-109G et aux Fw-190A. Bien que généralement moins rapide, il était plus manœuvrable.
Il fut, entre autre, l'appareil du 1er régiment de chasse polonais et du Groupe
de Casse « Normandie-Niémen » jusqu’à sa transformation sur Yak 3.
YAKOVLEV YAK 3
Développé par
Antonov alors membre du bureau d'Alexandre Yakovlev à partir du Yak-1M, cet
avion était expressément destiné au combat contre les chasseurs à basse et
moyenne altitude. Entre 2 500 et 3 000 mètres, il avait une maniabilité et
une vitesse supérieures aux appareils allemands et alliés contemporains pour
une masse bien inférieure, ce qui lui valut son surnom de « Moustique ». La
structure avait été allégée à outrance et son moteur optimisé pour fournir son
maximum de puissance en dessous de 5 000 mètres. Vers la fin de la guerre, des
exemplaires furent dotés des moteurs Klimov Vk107 de 1 700 ch, puis Vk108.
Le Yak 3
fut engagé à partir de juillet 1943 et il acquit rapidement un ascendant sur la
chasse allemande, des instructions conseillant aux pilotes de la Luftwaffe
d'éviter le combat avec des chasseurs Yak « sans radiateur d'huile sous le
moteur ». Parmi les unités qui l'utilisèrent, il y a eu le régiment de
chasse de Varsovie et le Groupe de Chasse « Normandie-Niémen » qui
vola jusqu'au début des années 1950 avec les exemplaires qu'il avait ramenés en
France.
Informations rassemblées par François Xavier BIBERT (09/2008)
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Les Colonels POUYADE et DELFINO commandants du régiment Photo du livre « Normandie-Niémen » de François de Geoffre |
« Un du Normandie-Niémen » Roger SAUVAGE |
L'aérogare du BOURGET pendant la cérémonie de réception du Groupement
« Normandie-Niémen » - 21 juin 1945 Photo du livre
« Normandie-Niémen » de François de Geoffre. |
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Un des rares exemplaires du «Journal de Marche de
l’Escadrille Normandie Niémen », œuvre collective du Groupe édité en
1946, portant les signatures de pilotes survivants : 1. Yves Mahé – 2. Joseph Risso – 3. Charles de la Salle
– 4. Gabriel Mertzisen – 5. Charles Reverchon 6. Constantin Feldzer - 7. Léon Cuffaut - 8. Pierre
Pouyade – 9. Pierre Lorillon – 10. Igor Eichenbaum... etc... et le fac-similé du célèbre texte du Général de Gaulle,
écrit lors de la remise au Régiment de la « Croix de la
Libération » : « Sur la terre russe, martyrisée comme le terre
française et par le même ennemi, le Régiment « Normandie », mon
compagnon, soutient, démontre, accroît la gloire de la France. - Moscou, le 9 Décembre 1944 – Signé :
Charles de Gaulle |
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Un des YAK de l’Escadrille « Normandie
Niémen » qui participait en 1947 au meeting de Rouen et qui termina son
exhibition sur le ventre. |
Alignement des YAK de l’Escadrille « Normandie
Niémen » au meeting de Rouen de 1947 - (Collection Michel
Besnard) |
Remerciements à Michel LEVEILLARD, ancien de
l’Aéroclub de Normandie en 1948-1952, pour cette contribution (12/2009 et
01/2011)
Quelques livres et revues sur l'histoire du Groupement « Normandie-Niémen »
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Des passionnés de « Normandie-Niémen ont réalisé
ces maquettes de Yakolev… |
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APPEL à la famille de Gabriel MERTZISEN …
Je souhaiterais compléter cette page consacrée à
Gabriel MERTZISEN par d’autres documents
Photos de la Jeunesse de Gabriel…
Livret militaire…
etc…
Merci de prendre contact avec F-X. BIBERT
Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre
du marche de la 5° - Livre
de marche de la 6°
Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT