
Capitaine JEAN CHARLES ABEL BERNACHE ASSOLLANT (1)
Pilote à l’état-major du GROUPE de CHASSE
GC 3/6
(1905 – 1942)

Jean ASSOLLANT (1)
Gloire de l’aviation civile et militaire
française.
Juste avant le départ de l’« Oiseau
Canari » en juin 1929
(1) souvent écrit par erreur Jean ASSOLANT – Voir son acte de
naissance
Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre
du marche de la 5° - Livre
de marche de la 6°
Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT
Jean ASSOLLANT sur le site « Mémoire des Hommes »
Nota : De très nombreux autres liens
peuvent être trouvés sur cette page. Ils renvoient vers des pages annexes, des
vidéos, des photographies, des articles de presse, des documents divers :
cartes, extraits de livres, autres sites internet…
Bonnes recherches…
Pour atteindre
directement un chapitre :
L’Exploit (1929) - Les débuts (1905-1929) – Après l’exploit (1929-1934) – Madagascar (1934-1940) – Groupe de chasse GC III/6 (1940) – Ironclad (1942)
Aller directement au sommaire de
toutes les pages disponibles en annexe : ajouts périodiques
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1929-2009 : 80ème anniversaire de la première traversée
française de l’Atlantique MIMIZAN :
Commémoration (affiche)
les 13 et 14 juin 2009 Ecoutez
l’enregistrement fait sur la station «Fréquence
Grands Lacs» le 08 juin 2009 SAN VICENTE DE LA BARQUERA –
COMILLAS : Commémoration (affiche)
(photos)
le 19 septembre 2000 sur la plage de OYAMBRE |
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NEW 2011 - 2011 : « La Aventura
del Pájaro Amarillo » Un film espagnol est en cours de
tournage par le réalisateur Juan Molina Article
dans le « Sud-Ouest » du 13 avril 2011 Reportage
sur le tournage du film à « Radio France Gascogne » du 11 avril
2011 Avec interviews de témoins
présents en 1929 et du réalisateur Site
internet de la production Merci à Monsieur Michel BOQUET pour ces documents |
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Jean ASSOLLANT sur l’aérodrome de « Roosevelt
Field » à New-York avant le départ de l'Oiseau Canari pour Old Orchard, entre le 20 et le 24 mai 1929 |

L’EXPLOIT
Les
images ou la vidéo de l’exploit
La
préparation, le vol et l’atterrissage,
L’arrivée :
Jean Assollant, René Lefèvre , Armand Lotti et Arthur Schreiber
Il se rend célèbre deux ans après Lindbergh, en étant
aux commandes de l’« Oiseau Canari » lors de la première traversée
française de l’Atlantique nord. Il n’a que 24 ans au moment de son exploit.
Il pilote pour cela un Bernard 191 « Grand
Raid », entièrement peint en jaune avec un équipage de trois hommes ;
Jean ASSOLLANT le pilote, René LEFÈVRE le navigateur et Armand LOTI, radio et
aussi commanditaire du vol.
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BERNARD « Oiseau Canari » Grand
Raid Racheté
par le gouvernement en 1932 - Musée du Bourget L’ « Oiseau
Canari » est un dérivé du Bernard 19, prototype dessiné en 1927 par
Galtier, ingénieur aéronautique de la Société des Avions Bernard et construit
en 1928. Ce monoplan à aile haute était prévu pour des vols commerciaux sur
longue distance et des grands raids. Les Bernard 19 ont été classés en
plusieurs dérivés selon leur motorisation, et ceux équipés de V12 Hispano
Suiza de 500 CV sont dénommés 191 GR. Ils seront construits à trois
exemplaires. Le deuxième
exemplaire (*), de couleur jaune, et baptisé « Oiseau Canari », est
acheté par Armand Lotti, alors sous-directeur de l'hôtel Lotti, rue de
Castiglione à Paris, et est préparé et mis au point par l’ingénieur
mécanicien Raoul Leroy de la société Hispano Suiza qui accompagnera l’avion Caractéristiques
techniques : voir le profil 3 vues de
l’avion
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(*) Le premier exemplaire, peint en rouge et nommé « Le
France » fut la propriété du capitaine Louis
COUDOURET (as 14/18 de la SPA 12 « Les Cigognes ») qui, après un
échec en août 1928 au Bourget, préparait aussi en juin 1929 la traversée de
l’Atlantique à partir de Séville avec Louis
MAILLOUX .
Il détruisit l’appareil et se tua près d’Angoulême en le ramenant au Bourget le
7 juillet 1929, faute d’avoir pu obtenir les autorisations
nécessaires, et du gouvernement français et du gouvernement espagnol. Ce fut la
gloire pour les uns et l’oubli pour les autres. Le troisième exemplaire vola
pour quelques records sans grand intérêt avec Antoine PAILLARD aux commandes.
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Voir
quelques photographies grand format Merci
à Jean Paul ARNOUL
qui a fourni plusieurs originaux, œuvres de son grand‑père André ALIBERT,
photographe au Bourget entre les deux guerres (Studio André). |
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Le bel avion s’envole de « Nord Old Orchard
Beach » dans l’Etat du Maine au Etats-Unis, au nord de Boston, le 13 juin
1929 un peu après 15h00 GMT (10h00 locale) avec un mélange de 3900 litres d’essence
et de 600 litres de benzol. Il porte une immatriculation américaine :
NY-9422
Le vol est plus difficile que prévu ; après un
roulage étonnamment long sur la magnifique plage et un arrachage en
catastrophe, un passager clandestin un peu suicidaire, nommé Arthur Schreiber,
jeune journaliste américain de 22 ans qui voulait se rendre célèbre, sort de la
queue de l’avion où il s’est caché la veille et se présente à l’équipage
éberlué, habillé de cuir comme un vrai pilote : "Here I am !".
La première réaction de Jean ASSOLLANT aurait été de
crier à LEFÈVRE : " Passe-le par la porte....et vite ! ".
Puisqu'il le faut, ils continueront leur voyage avec ce premier « passager
clandestin » de l'histoire de l'aéronautique, mais ils jetteront à l’eau
le matériel de survie, quelques sacs postaux et le champagne prévu pour
l’arrivée ! Une condition est cependant exigée par LOTTI ; s’il écrit
un jour ses mémoires, SCHREIBER devra abandonner la moitié de ses droits et
bénéfices éventuels à l'équipage. Qu'importe ! Pour le jeune américain, c'est
le baptême de l'air et il n'en revient toujours pas d'être parvenu à ses
fins ! Il
signe donc avec LOTTI, un document de renoncement que celui-ci rédige de sa
main en anglais, le premier acte sous sein privé rédigé dans les airs et
probablement le seul ! Le vol se poursuit et grâce à
l’équipement radio dont l’Oiseau Canari est équipé, les journaux du monde
entier peuvent suivre toutes les péripéties de l’aventure et en faire leurs
gros titres.
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Le Bernard 191 GR d’ASSOLLANT, LEFÈVRE
et LOTTI en août 1928 au Bourget, avec Jean ASSOLLANT et Antoine PAILLARD sur
la première photo en haut. Comme on peut le voir sur la troisième photo
ci-dessous prise en juin 1929, la dérive de l’avion et le carénage du moteur
ont été modifiés entre-temps. L’examen des photos et des films de l’époque
permet de penser que ces travaux ont été faits dans les ateliers Bernard,
après la première tentative avortée de septembre 1928, qui se termina par un
accident à Casablanca. Après réparation et modifications, l’appareil n’en est
ressorti qu’en février 1929. Une telle évolution ne peut avoir été décidée
que suite à des essais prolongés. Or l’avion n’avait pas assez volé pour cela
en 1928. Comme l’appareil n°3 de PAILLARD, utilisé après septembre 1928,
comporte ces mêmes modifications ; dérive et carénage alu, c'est sans
doute suite aux vols de PAILLARD avec cet avion n°3 et à ses records de
distance avec charge, qu’elles se sont révélées finalement nécessaires. Merci à M. Michel BOQUET pour ces
informations |
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Le Bernard 191GR
« Oiseau Canari » d’ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI sur la plage
d’Old-Orchard (Maine) le 13 juin 1929 Ci-dessous, les
trois aviateurs avant leur départ |
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Exceptionnel ! :
visitez sur 360° le poste de pilotage de l’Oiseau Canari New 06/2011 |
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Manœuvres de l’Oiseau Canari sur la plage de « Old
Orchard » avec l’aide de la population locale |
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Armand LOTTI – Jean ASSOLLANT – René LEFÈVRE |
Les équipages du « Yellow Bird » et du
« Flash Green » à l’écoute des informations météorologiques à Old Orchard |
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Halage de l’ « Oiseau Canari » vers la plage |
« Nord Old Orchard Beach » Remplissage des réservoirs |
L’ « Oiseau canari » au fond, et le
« Flash Green » Prêts au départ… |
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Lewis YANCEY (2) et
Roger WILLIAMS (5) Pilotes américains préparant un vol derrière LOTTI (1), LEFÈVRE (3) et ASSOLLANT (4) au départ des Français à Old Orchard Beach |
Roger WILLIAMS (1)et
Lewis YANCEY (4) Pilotes américains préparant un vol derrière ASSOLLANT (2) et LEFÈVRE (3) au départ des Français à Old Orchard Beach |
Photographie extraite d’un film du décollage de
l’« Oiseau canari » “Nord Old Orchard
Beach” 14 juin 1929 |
Le supplément de poids non prévu, qui a failli lui
être fatal au départ et des conditions atmosphériques exécrables décide
l’équipage à mettre le cap plus au sud vers l’Espagne, en visant la ville de
Vigo, avec un survol préalable des Açores qui sont atteintes après 19 heures de
vol. La côte espagnole est survolée après presque 27 heures de vol, mais plus
au nord que prévu. Pas de piste à Oviedo, ni à Gijon, le vol doit continuer et
ASSOLLANT finit par se poser d’extrême justesse vers 20h40 sur la plage de Oyambre,
les roues dans l’eau près du petit village de Comillas. Le vol aura duré plus
de 29h. Un monument sera érigé plus tard à l'endroit où s'est posé
l’« Oiseau Canari ».
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Arthur SCHREIBER, René LEFÈEVRE, Jean ASSOLLANT et Armand LOTTI Peu après leur arrivée à Comillas dans la nuit du 14 juin
1929 |
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Comillas - Plage de Oyambre - 15 juin 1929 Les aviateurs espagnols Iglesias et Jimenez (*) livrent 150 l d’essence à bord d’un Breguet |
Comillas - Plage de Oyambre - 15 juin 1929 Mise en ligne de l’« Oiseau Canari » La marée est trop haute pour le décollage |
Comillas - Plage de Oyambre - 16 juin 1929 Décollage de l’« Oiseau Canari » pour Cazaux |
(*)
Jimenez et Iglesias viennent de réussir, deux ans après Costes et Le Brix, la
cinquième traversée de l’Atlantique sud dans le sens Europe-Amérique du Sud,
sans escale, du 24 au 26 mars 1929, de Séville (Espagne) à Bahia (Brésil), à
bord de leur Breguet.

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Plage de Mimizan – Matinée du 16 juin 1929 Panne d’essence avant d’arriver à Cazaux |
Plage de Mimizan – Après midi du 16 juin 1929 Ravitaillement en essence |
Plage de Mimizan – Après midi du 16 juin 1929 L’Oiseau Canari a du être halé sur le haut de la plage par des mulets pour échapper à la marée. |
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Cazaux – 16 juin 1929 L’arrivée de l’« Oiseau Canari » |
Cazaux – 16 juin 1929 Préparation de l’« Oiseau Canari » pour son vol
vers Le Bourget |
Cazaux – 16 juin 1929 – 17h50 Départ de l’« Oiseau Canari » pour Le Bourget |
L’avion peut repartir à 10 heures le 16 juin pour
Cazaux sans son passager clandestin, mais faute d’avoir pu faire un plein
suffisant en Espagne, il doit s’arrêter sur une plage de Mimizan. Là aussi, un
monument sera élevé à la gloire des trois héros. Finalement, l’« Oiseau
Canari » atterrit triomphalement à Paris Le Bourget dans la soirée. La
revue française d’aviation bimensuelle « L’air », dans ses numéros
231 du 15 juin et 232 du 1er juillet 1929, fait un intéressant
compte rendu de leur exploit, tout comme la revue « Les Ailes »
dans son numéro
418 du 20 juin. L’hebdomadaire aéronautique anglais « Flight » a
également donné tout au long de l’année 1929 des informations sur la
préparation, la traversée et la tournée du « Yellow Bird ». On peut
consulter ici tous
ces articles parlant de Jean ASSOLLANT. Sa famille a également conservé de
nombreux articles découpés dans des journaux
français de l’époque que l’on peut voir en cliquant sur cet autre lien.
Nota : Lire également le texte D’ASSOLLANT,
LEFÈVRE ET LOTTI :
« L’avenir des Avions Transtlantiques », paru en juillet 1929
dans la revue « La Revue des Vivants » d’Henry JOUVENEL.

Terrain d’aviation de Paris – Le Bourget – Dugny
photographié en 1929 et plan du « Guide Aérien Michelin » de 1935,
où atterrit « l’Oiseau Canari » dans la soirée du
dimanche 16 juin 1929

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L’arrivée de l’« Oiseau Canari » au Bourget |
Armand LOTTI et Arthur SCHREIBER au Bourget |
Message to “ President Gaston Doumergue “
June 14, 1929
“ Upon
the occasion of the magnificent flight across the Atlantic by your compatriots
I wish to extend to you and to the French people, as well as to the aviators
themselves, my sincère congratulations and an expression of my admiration of
their gallantry.”
The
President of United States
Herbert Hoover

Reproduction d’une aquarelle de Jean Bellis – Droits
réservés – Merci à l’Artiste pour son aimable autorisation de publication
Site
internet de Jean Bellis – Illustrateur de marine et d’aviation

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Poste de pilotage de l’« Oiseau Canari » |
Equipement radio de l’« Oiseau Canari » |
Autographes du 16 juin 1929 Arthur SHREIBER – Armand LOTTI Jean ASSOLLANT - REné LEFÈVRE |
Jean ASSOLLANT au Bourget devant l’« Oiseau Canari » |
Armand LOTTI, Jean ASSOLLANT et René LEFÈVRE à Prague en 1929 Tournée européenne
suivant l’exploit |
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Le passager clandestin Arthur SHREIBER et les
dessinateurs de presse... |
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Il Secolo Illustrato
1929 LOTTI - ASSOLLANT -
LEFÈVRE |
Journal des Voyages n°148 du 04/07/1929 Les Vainqueurs de L'Atlantique LEFÈVRE - ASSOLLANT LOTTI – SCHREIBER |
Image de collection des Chocolats « COOP » « Voyages interplanétaires » ASSOLLANT et LEFÈVRE et l’ Oiseau Canari » |
Jean ASSOLLANT «As de pique » d’un jeu de cartes américain |
« L’oiseau
Canari » d’Armand LOTTI Calman-Lévy – 1968 Lire l’extrait consacré à la rencontre
d’Armand LOTTI et de Jean
ASSOLLANT |
« L’aviation – Une révolution du XXe siècle » de Jacques NOETINGER Nouvelles Editions Latines - 2005 Lire l’extrait consacré à l’« Oiseau Canari » |
« MIMIZAN LES BAINS Première traversée française de l’Atlantique Nord » de Georges CASSAGNE Atlantica Fascicule publié pour le 80ème anniversaire de la traversée |
La dédicace de l’ouvrage d’Armand LOTTI est la
suivante : « A Jean ASSOLLANT,
mon frère, qui fut brave et loyal jusqu’à la mort ». La préface en a
été rédigée par le Général d’Armée Aérienne Paul STEHLIN, capitaine d’active au
début de mai 1940 lorsqu’il rejoint le Groupe GC III/6, alors que Jean
ASSOLLANT y est capitaine de réserve depuis plusieurs mois. Lors de la mort
glorieuse du Commandant Pierre CASTANIER fin mai, c’est STEHLIN qui assurera
« casus morti » le commandement des deux escadrilles du III/6 en
ayant la grande chance d’avoir des pilotes chevronnés et aguerris comme André CHAINAT et Jean
ASSOLLANT dans son état-major, étant donné que sa carrière a été plutôt
« politique » jusqu’alors.
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Comillas - Espagne Plage de Oyambre (*) |
Mimizan Plage (40) - Front de Mer Carrefour de l'avenue de la Côte d'Argent et de la rue Assollant-Lefèvre-Lotti |
Plaque commémorative de la traversée du 16 juin 1929 Assollant est écrit avec un seul L par erreur |
2009 – 80ème anniversaire Plaque commémorative Assollant est maintenant écrit avec deux L Mais pourquoi J.P. ? |
Les photographies du monument de Mimizan proviennent du
site :
(*) Photographies
de 2006 - déclare à l’automne
2008 :
« Le 8
septembre de 1929, on a inauguré un monument sur la plage de Oyambre pour
rappeler le vol de L’« Oiseau Canari ». Etaient présents, des hauts
dignitaires espagnols et français, ainsi que le Nonce de la SS, le Cardinal
Tedeschini, et deux petits escadrons ; l'un espagnol venant de Burgos et
l'autre français. La marraine du monument a été Dona Angustias Martos, comtesse
de Ruiseñada, belle-fille du Marquis de Comillas et mère de l'actuel Marquis,
D.Alfonso Ginelly Martos. Le monument est aujourd’hui dans un piteux état, à
moitié démoli par les ravages de la mer et il est très possible qu’il ne
résiste pas à l’hiver, à moins que les autorités ne fassent d’urgence quelque
chose pour y remédier. Il est vraiment regrettable qu’un monument qui rappelle
l’âge héroïque des pionniers de l’aviation en Cantabrie, disparaisse dans
l’indifférence, à cause de l’apathie de nos dirigeants »…

Septembre 1929 : Inauguration du monument
« PÁJARO AMARILLO » sur la plage de Oyambre
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« Es ésta la playa donde aterrizó
el primer avión trasatlántico que tocó tierra española. Fue el "Pájaro
Amarillo" en vuelo directo de Old Orchand (EE UU) y tripulado por
Sollant, Lefèvre y Lotti. El recuerdo
a la hazaña se completa con tres versos del poeta comillano Jesús Cancio : Aquí hizo un alto en su glorioso vuelo un águila de espíritu romántico que atravesó el desierto del Atlántico... ». |
« C'est
sur cette plage qu’a atterri le premier avion transatlantique sur la terre
espagnole. Il s’appelait « L’Oiseau Canari" et arrivait en vol
direct d'Old Orchard (États-Unis). Son équipage était Sollant, Lefèvre et
Lotti. Le souvenir de l'exploit est complété par trois versets du poète
comillanais Jésus Cancio : Ici, s'est arrêté dans
sa fuite glorieuse un aigle à l’esprit
romantique qui a traversé le
désert de l'Atlantique ... » |
Septembre 2009 : Restauration partielle du monument,
à l’initiative de Manuel Sanchez, Marquis de Movellán
19 septembre 2009 :
L’action du Marquis de Movellán a porté ses fruits. La ville San Vicente De La
Barquera a ouvert le 19 septembre 2009 pour une durée de 3 semaines une
exposition pour commémorer le 80ème anniversaire de la traversée du
« PÁJARO AMARILLO ». Le monument qui était complètement tagué a été
nettoyé, restauré en partie et provisoirement protégé des effets de la marée.
Un projet plus ambitieux est à l’étude pour le déplacer de la plage sur la
terre ferme. Une manifestation dont on peut lire le programme
officiel a eu lieu lors de l’ouverture de cette exposition. Côté français
étaient présents le capitaine de vaisseau Olivier Debrai, Attaché de Défense
auprès de Mr Bruno Delay, Ambassadeur de France à Madrid, Madame Isabelle
Lotti, la fille du promoteur du vol historique et Guillaume Bernache Assollant,
un neveu du célèbre pilote. Côté espagnol, outre les autorités locales, étaient
présents Sr. Miguel Ángel Revilla, Gouverneur de la Province de Cantabrie et
bien entendu le Marquis de Movellán, grand connaisseur de l’histoire de
l’aviation et de l’épopée de l’« Oiseau Canari » puisque son père
avait noué de solides liens d’amitié avec les héros français. Un petit avion de
tourisme s’est posé là où avait atterri l’« Oiseau Canari » en 1929
et a accompli ensuite un vol du souvenir de Oyambre à Mimizan dans les traces
du bel oiseau… (Nota : Manuel Sanchez de Movellán, Marquis de
Movellán est malheureusement décédé en septembre 2011, à l’âge de 79 ans.).


Plage de Oyambre
Voir
16 photographies de la commémoration du 19 septembre 2009
(Ediaromontanes)
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Enveloppe
et cartes commémoratives du cinquantenaire de l’exploit en 1979 |
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Enveloppe
commémorative officielle du 80ème anniversaire de l’exploit en
2009 (recto et Verso) |
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Illustrations de « EL PÁJARO
AMARILLO EN OYAMBRE » de Carmen Cabezón – Edita : Creática 2009 |
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Médaille commémorative gravée par le célèbre Anie Mouroux
en 1929 – Diamètre : 68mm Au dos : L’Oiseau Canari et son trajet sur fond de ½ mappemonde, avec comme
inscription : "OLD ORCHARD
COMILLAS "PREMIERE TRAVERSEE AERIENNE FRANCAISE
SANS ESCALE DE L'ATLANTIQUE NORD DE L'OUEST A L'EST" |
La plaque commémorative des différents raids transatlantiques qui a été posée à Old Orchard (Etats-Unis – Maine) le 29
août 1971 (Document aimablement fourni par Michel Boquet) |
Voir aussi l’article du TIME en bas de page.
LES DÉBUTS
Jean ASSOLLANT est né à Versailles le 26 septembre
1905, au domicile de ses parents, rue d’Anjou. Son père, (Charles Marie) Georges
ASSOLLANT, était alors lieutenant au 11ème régiment d’artillerie.
C’était un polytechnicien de la promotion 1890, celle d’Albert LEBRUN qui sera
élu Président de la République en 1932 et en 1939, mais dont le deuxième mandat
sera abrégé par les pleins pouvoirs votés au Maréchal Pétain le 10 juillet
1940. Le capitaine ASSOLLANT a eu une conduite héroïque pendant la grande
guerre où bien qu’officier d’artillerie il a souvent participé à des assauts.
Cet « As des Crapouillots » a reçu neuf citations et a été blessé
sept fois. Il a été fait officier de la Légion d’honneur en juillet 1917,
distinction rare pour un officier de son grade. Commandant à la fin de la
guerre, sa croix de guerre s’orne de 5 palmes et il est pensionné pour
invalidité à 90%. Il prend sa retraite en 1924 et est versé comme
lieutenant-colonel dans la réserve, en devenant chef des services
administratifs de l’Institution Nationale des Invalides. Il sera fait
Commandeur de la Légion d’Honneur en 1932.
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Lieutenant Georges ASSOLLANT Promotion 1890 de l’Ecole Polytechnique |
Jean ASSOLLANT Vers 1918 |
Photographies de la collection privée de la famille
Bernache-Assollant – Reproduction interdite
L’inclination pour l’aviation de Jean
BERNACHE-ASSOLLANT date de son adolescence : Il faisait volontiers l’école
buissonnière pour aller regarder les aéroplanes voler au-dessus de Buc. Le
célèbre Nungesser se prit même d’amitié pour lui et alla jusqu’à lui donner
quelques notions de pilotage. Il obtient la première partie de son baccalauréat
sciences, mais il rêve d’autres aventures. Il rentre d’abord dans la marine
marchande comme élève officier à l’école d’hydrographie du Havre et de Dieppe
pour satisfaire les désirs de sa famille, éplorée par la mort de deux proches
parents victimes d’un accident aérien. Finalement, sa première passion est la
plus forte, et après plusieurs voyages mouvementés France - Amérique, dont un
naufrage, il s’engage finalement le 8 novembre 1923 pour 4 ans et devient
élève-pilote à Istres. Breveté pilote militaire n° 20.336 le 21 août 1924 alors
qu’il n’a pas encore 19 ans, il est affecté au 32ème régiment
d’aviation de Dijon où il sera nommé caporal le 1e septembre et
sergent le 2 mars de l’année suivante.

1924 : 32è RA Dijon – 5è
escadrille (SPA 15) 1925 : 37è RA
Maroc - 10è escadrille (SAL 105) 1926 : 34è
RA Le Bourget – 1è escadrille (BR 211)
Il se porte volontaire pour la campagne du Maroc de
1925. Les unités aériennes opérant au Maroc sont alors celles du 37ème
régiment d’aviation (RA) où il est affecté le 26 mai 1925 (26 juin 1925 à la 10ème
escadrille) sous le commandement du colonel Paul ARMENGAUD. Anciennement
numérotées Vr 551 et F.553, les 1ère et 4ème escadrilles
du régiment sont équipées, comme la plupart des autres escadrilles, du biplan
biplace Breguet 14A2, un appareil particulièrement robuste et polyvalent. En
vue de l’offensive de mai, ces deux escadrilles sont détachées du 37ème
RA au profit du groupement tactique DUFIEUX, dont elles constituent le 1er
groupe d’aviation, sous les ordres du commandant BLAIZE. Si l’état-major du
groupe d’aviation demeure à Fez, la 1/37 est basée, elle, à l’est sur le
terrain avancé d’Ain Aicha, tandis que la 4/37 stationne, plus à l’ouest, sur
la plate-forme de Beni Malek. Une troisième escadrille est placée en réserve à
Fez. C’est dans ce contexte que l’avion de Jean ASSOLLANT, est touché pendant une
reconnaissance, mais il peut le poser en catastrophe entre les lignes ;
son Observateur est mortellement blessé. Il reçoit la Croix de Guerre et la
Médaille militaire. A 19 ans 1/2, il devient le plus jeune médaillé de France
où il est rapatrié le 28 juin 1926.
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Le sergent Jean ASSOLLANT 34ème RA – Le Bourget |
Jean ASSOLLANT à Dijon en 1925 devant un Nieuport 29 de la SPA 15 (voir nota) |
Premiers exploits Jean ASSOLLANT et René LEFÈVRE 24 mai 1927 |
Jean ASSOLLANT en 1927 |
Nota : La SPA 15 qui appartenait au 2ème
RAC de Strasbourg depuis 1920 est stationné à Dijon Longvic à partir de 1924
comme 5ème escadrille du 32ème. Les Nid 29 lui sont livrés jusqu'à
septembre 1924. C'est la 37ème RAO qui a été concernée par le
conflit de la guerre du Rif, avec les BR 201 et 219 (13ème et 14ème escadrilles du 32ème de Dijon) qui
le rejoindront en renfort de juin 1925 à juillet 1927. La SPA 15 n’a pas été
impliquée par la guerre du RIF. (Merci à Dan Gilberti, Henri Guyot et Jacques
Moulin pour ces précisions).
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Document original de la main de Jean ASSOLLANT La préparation du Raid du Commandant WEISS et de Jean
ASSOLLANT vers la Russie sur un Potez 25 - Août 1927 |
Jean ASSOLLANT et Pierre WEISS Août 1927 - Le Bourget Visite de Maurice BOKANOVSKI, Ministre du Commerce et de
l'Industrie, des P.T.T. et de l'Aéronautique |
Document original de la main de Jean ASSOLLANT Préparation du raid Paris-Hanoï –Décembre 1927 |
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Annonce du raid Paris-Hanoï dans la presse Novembre 1927 |
Tentative de raid Paris Hanoï en 1927 sur Lioré et
Olivier Lé0 20 Sergent René LEFÈVRE - Lieutenant Adrien MION, pilote Colonel ANTOINAT (*) , chef d'expédition et navigateur Sergent major Laurent BOSSON mécanicien et sergent
BERNACHE ASSOLLANT pilote |
Décembre 1927 « La Vie Aérienne et Sportive » L’équipage du Georges Guynemer |
Documents et photographies de la collection privée de la
famille Bernache-Assollant – Reproduction interdite
C’est à ce moment que la destinée de Jean ASSOLLANT
bascule, puisqu’il est affecté le 26 septembre 1926 à la 1ère escadrille du
célèbre 34ème Régiment d’Observation du Bourget du commandant Weiss, où il va
se réengager pour un an à compter du 8 novembre 1927, avant d’être admis dans
le corps des sous-officiers de carrière le 24 octobre 1928. Le 34ème du Bourget
est à la pointe de l’aventure aérienne, très populaire alors dans le monde
entier, et sous l’impulsion de chefs prestigieux les jeunes aviateurs
militaires du Bourget multiplient les exploits. Leurs noms apparaissent
régulièrement dans la presse et ils deviendront ainsi familiers du grand
public. Dès le 1er octobre 1926, ASSOLLANT réalise le meilleur temps de l’année
sur le parcours Paris-Pau-Paris (1400 km.) ; parti du Bourget à 8h00 il
est de retour à 17h00 après 8h de vol. Le 5 avril 1927 c’est toute son
escadrille (Lieutenants de VITROLLES, MION, du JONCHAY ; adjudants de
LAGUERIE, MAREC ; sergents BERNACHE-ASSOLLANT, VINCENT, LEFÈVRE, caporal
de FONTAINIEU, sous-chefs mécaniciens FURET, BOURTHOUMIEU, DELPORTE, FONTENILLE
et BINDREFF) qui réalise un beau vol de groupe Le Bourget-Mayence et retour en
moins de 7 heures. Le 24 mai 1927 (voir coupure de presse plus haut), avec son
camarade René Lefèvre, c’est une boucle de 3 600 km. qui est effectuée en
20 heures au dessus du territoire français. Du 11 au 18 août (voir document
plus haut), c’est avec le commandant WEISS qu’il réussit une croisière
européenne de 8000 km., passant par Kazan en Russie, en 40 Heures de vol. Dans
les derniers jours de l’année 1927, le 21 décembre, c’est le départ du LéO 20
baptisé « Georges Guynemer » pour le raid Paris Hanoï du colonel
ANTOINAT (*), qui s’achève malheureusement le 29 décembre dans la confusion à
Rayack au Liban, après de nombreux problèmes techniques dus à une météo
épouvantable, et un atterrissage forcée en Turquie entraînant de sérieuses
difficultés politiques.
(*) ANTOINAT écrit souvent par erreur ANTHOINAT
En 1928, c’est donc tout naturellement que le jeune
Armand LOTTI fait appel au sergent-chef ASSOLLANT pour le raid qu’il projette
clandestinement en grand secret. Jean ASSOLLANT entraîne dans l’aventure son
ami René LEFÈVRE, aussi sergent au 34ème. Régiment d’aviation du
Bourget, avec la complicité bienveillante du commandant WEISS.


Pierre WEISS (1889/1970) – Général de Division aérienne en
1945 – Aviateur et écrivain
Lire un article consacré à
Pierre WEISS le 6 mai 1932 dans le journal « L’AFRICAIN »
Lire
ce qu’a écrit d’ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI le commandant Pierre WEISS en 1929


Assollant et Lefèvre au
Bourget – Vol d’essais de l’Oiseau Canari en vue de leur tentative du 4
septembre 1928
Ils quittent
finalement l’armée le 24 octobre 1928. LEFÈVRE est recruté par la Société
BERNARD et Jean ASSOLLANT devient pilote sur la ligne Paris Strasbourg à la
CIDNA (Compagnie Internationale de Navigation Aérienne). On connaît la suite...

APRÈS
L’EXPLOIT

La fête annuelle du 34ème Régiment d’Aviation au Bourget du
7 juillet 1929
4
bombardiers Lioré & Olivier LéO.20 (photo en haut à gauche) - 4 chasseurs
Gourdou-Leseurre LGL.32 et un Breguet 19 en premiers plans (photo en haut à
droite)
Sur la photographie en bas à droite on distingue
parfaitement les troupes rendant les honneurs aux premiers vainqueurs français
de l’Atlantique Nord


Le 7 juillet 1929, après l’exploit et des festivités
sans fin, honorés par les mêmes que ceux qui avaient tout fait précédemment
pour les empêcher de réaliser leur vol et qui ont du avaler leur chapeau, les
trois héros français de l’Atlantique nord sont réunis sur le terrain d’aviation
du Bourget pour être cités à l’ordre de la nation, le jour de la fête du 34ème
RA. Moment d’émotion intense, c’est le Colonel ASSOLLANT, sabre au clair, qui
remet la légion d’honneur à son fils Jean, devant le front des troupes,
baïonnettes étincelantes au canon, au son de cuivres retentissants.
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Fête du 34ème Régiment d’Aviation au Bourget –
7 juillet 1929 Après que Jean ASSOLLANT ait été fait Chevalier de la
Légion d’Honneur par son Père, le Colonel Georges ASSOLLANT, René LEFÈVRE reçoit à son tour des mains du Colonel POLI
MARCHETTI la croix créée par l’Empereur pour les braves |
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Nomination dans l’Ordre de la Légion
d’Honneur Sur proposition de M. LAURENT-EYNAC,
Ministre de l’Air, et après un examen par le Conseil de l’Ordre, le Président
de la République a signé en Conseil des Ministres, le décret nommant dans la
Légion d’Honneur : ASSOLLANT : Pilote-aviateur, Chevalier, 5 ans et 8
mois de services militaires et de pratique professionnelle. Titres exceptionnels : Sergent pilote de réserve qui pour sa brillante conduite
sur les théâtres d’opérations extérieures, reçut la croix de guerre avec deux
citations et la médaille militaire. A été blessé en service commandé. Doué de
remarquables qualités de sang-froid, d’énergie et de maîtrise, a effectué le
13 juin 1929, avec LEFÈVRE et LOTTI, la traversée de l’Atlantique Nord, la
première réalisée jusqu’alors par un équipage et un matériel français. A
donné ainsi toute la mesure de sa valeur professionnelle et réalisé une
performance sans précédent dans les Annales de l’Aviation Française. |
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Jean ASSOLLANT et René LEFÈVRE portant leur
« cuir » d’aviateur, avec leurs camarades du 34ème RA du
Bourget, devant un Breguet 19 |
Les trois amis s’envolent ensuite pour une glorieuse
tournée des capitales européennes : L’« Oiseau Canari »
quitte le Bourget le 8 août pour Madrid et continue son périple par le
Portugal, l’Italie, la Grèce, la Turquie, la Roumanie, la Yougoslavie,
l’Autriche, la Pologne l’Allemagne et la Belgique. Le 31 août 1929, ASSOLLANT,
LEFÈVRE et LOTTI se posent à Valenciennes, où ils participent à l’inauguration
du monument de NUNGESSER et COLI et du mémorial des aviateurs du valenciennois
morts pour la France. Ils sont de retour au Bourget, le lendemain 1er
septembre (lire
le récit de la traversée et de la tournée des capitales européennes dans la
revue « HISPANO SUIZA » de juin 1930)
Pour l’anecdote il ne faut pas oublier de signaler le
mariage de Jean ASSOLLANT du 10 juin 1929 à Portland, trois jours avant son
départ de Old Orchard Beach, avec Pauline PARKER une belle et jeune américaine
de deux ans sa cadette, rencontrée quelques jours plus tôt et exerçant la
profession de « Chorus Girl » à New-York (voir articles de journaux en bas
de cette page). Il ne parle pas
l’anglais, elle ne comprend pas le français ! Pauline PARKER s’embarquera
immédiatement sur le paquebot « Ile de France » pour aller retrouver
à Paris son époux maintenant célèbre, mais l’idylle est de courte durée puisque
des rumeurs de séparation, dès le 5 août, et d’une procédure de divorce, dès le
26 août, sont annoncés dans la presse américaine. Le divorce est définitivement
prononcé en février 1930 et la presse « people » de l’époque
ironisera.
On peut trouver dans un journal américain local de
l’époque ce petit entrefilet : « Madame Jean ASSOLANT ne doit pas
croire que le nombre mystique 13 porte la poisse : En tant que Pauline
PARKER il y a 13 lettres dans son nom (comptez les), son mari a signé son
certificat de mariage comme Jean ASSOLANT, nom qui a également 13 lettres
(comptez les). Ils se sont mariés en s’étant rencontrés 13 jours plus tôt, il a
décollé vers Paris le 13 juin et elle a prévu de le rejoindre 13 jours plus
tard ». C’est peut être à partir de ce moment qu’on écrira
« ASSOLLANT » avec un seul « L » dans beaucoup de
journaux !
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Jean ASSOLLANT et sa jeune épouse Pauline PARKER (mariage le 10 juin 1929) juste avant le départ de l’« Oiseau Canari » |
Article publié dans la presse française et conservé par
la famille BERNACHE-ASSOLLANT Pauline PARKER est donc vraisemblablement sur cette photo
la seconde à gauche |
Dans la presse française après l’exploit Pauline PARKER et Jean ASSOLLANT (photographie prise aux Etats-Unis avant le départ) |
Documents et photographies de la collection privée de la
famille Bernache-Assollant – Reproduction interdite
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La courte romance de Pauline PARKER et de Jean ASSOLLANT |
Merci à Michel Boquet qui a permis la publication de
certaines de ces photographies
5 juin 1930 – Ouest Eclair
Pilote de Compagnie Pétrolifère
« Assollant, qui après avoir traversé
l'Atlantique en compagnie de Lefèvre et de Lotti, avait repris son service comme
pilote de ligne à la CIDNA vient d'entrer à l'Economique en qualité de Chef
Pilote. Cette Société vient, en effet, d'acheter un avion Potez 36, moteur
Salmson 95 CV. L'initiative prise par les producteurs d'Eco-Essence doit
retenir l'attention de tous. Assolant, aux commandes de l'avion de
l'Economique, a pour mission d'étudier les problèmes du ravitaillement dans les
aérodromes, et nul n'était mieux désigné que lui pour remplir ces fonctions
nouvelles. L'aviation mérite qu'on s'occupe d'elle non seulement par des
encouragements, mais par des actes, et nous ne pouvons que féliciter la grande
Société d'aider par l'exemple à résoudre un grand problème et d'avoir su
s'acquérir la collaboration d'un pilote de la valeur d'Assollant. »
Cette même année 1930, le 24 avril, Jean ASSOLLANT est
nommé au grade de sous-lieutenant dans la réserve. Il est aussi breveté pilote
d’hydravion. Il participe à de nombreux meetings en France et à l’étranger et
son nom se retrouve souvent à coté de celui de pilotes prestigieux comme on
peut le voir sur un extrait du programme des
journées nationales de l’aviation de Vincennes organisées par l’Aéro Club de
France les 8 et 9 juin 1930.
En 1931, sur les hydravions Bernard HV, il prépare à
la coupe Schneider à laquelle la France ne s’alignera finalement pas.

Lire
un article de l’hebdomadaire « L’Echo Sportif d’Afrique du Nord » du
11 septembre 1931
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L’évolution des hydravions BERNARD HV préparés entre 1929
et 1931 pour la coupe Schneider – HV 40 – HV 42 – HV 120 – HV 220 |
En 1932, Jean ASSOLLANT participe toujours à de
nombreux meetings, sur le Potez 36 de son ami LEFÈVRE en particulier, et il repart
en août aux Etats-Unis en bateau pour participer à la plus grande manifestation
aérienne de l’époque, l’«Air Race » de Cleveland dans l’Ohio. Il doit
normalement présenter un nouveau prototype des usines Bernard adapté à
l’acrobatie aérienne, le Bernard 74, mais à cause d’un accident dont il est
victime juste avant de s’embarquer, c’est finalement avec un simple Morane
Saulnier 230 qu’il évoluera à Cleveland. Le récit, les détails et de nombreux
documents photographiques concernant cette année 1932 se trouvent dans une page
spécifique accessible par le lien ci-dessous.
Il est intéressant de signaler que de son coté René
LEFÈVRE prépare et mène à bien, entre octobre 1931 et juin 1933, deux grands
raids : un Paris MADAGASCAR (12 500 km) et retour et un Paris SAIGON
(13 400 km) et retour, à bord d’un avion de tourisme léger Peyret-Mauboussin
XI de 45 CV. Lire
quelques informations sur ces voyages en ouvrant ce lien.
Avec le Bernard 81GR, Jean ASSOLLANT retrouve son ami
René LEFÈVRE le 4 octobre 1933 pour une tentative
contre le record du monde de distance en ligne droite à partir d’Oran qui
se terminera malheureusement à Karachi par suite d’une surchauffe moteur.
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Le BERNARD 80 GR (Grand Raid) « Oiseau Canari
II » est construit en 1930 Avec
lui, Jean MERMOZ et Antoine PAILLARD battent en 1931 le record du monde en
ligne droite Il est modifié après 1931 (allongement du fuselage et du
plan) pour devenir le BERNARD 81 GR et rebaptisé plus tard « Antoine
Paillard » |
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René LEFÈVRE et Jean ASSOLLANT - Juillet 1933 –
Préparation du raid sur l’ « Oiseau Canari II » |
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4 octobre 1933 – Préparatifs à Oran La Sénia du
Bernard 81 GR « Oiseau-Canari II » Tentative contre le record du monde de distance en ligne
droite |
Jean Assollant et René Lefèvre au moment du départ. Le vol sera interrompu à Karachi, après
6 305 kilomètres |
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4 octobre 1933 - Oran - La Sénia :
démarrage manuel du Bernard 81 GR « Oiseau-Canari II » au moyen
d’un capuchon et par traction sur des sandows. Cet avion est celui qui avait été accidenté par Jean
Mermoz et Louis Mailloux le 29 décembre 1931 à La Sénia, puis reconstruit |
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Merci à
André Jarrige, Françoise Fouques Duparc, Suzanne Perrichon et Robert Biancotti
pour ces documents
Tous ces honneurs et cette activité débordante
n’empêchent pas Jean ASSOLLANT d’effectuer chaque année des périodes
volontaires de réserve comme pilote de chasse, et il sera finalement promu au
grade lieutenant de réserve le 23 avril 1934.
En dehors de leur passion pour l’aviation, Jean
ASSOLLANT et René LEFÈVRE sont aussi des sportifs de haut niveau dans une
discipline bien différente, puisqu’ils sont sociétaires du « Stade
Français » dans son équipe de bobsleigh, épisode souvent méconnu de leur
biographie. Sur la lancée de leur exploit de 1929, ils gagneront quelques
compétitions en 1930 dont la « Gold Cup ». Grâce aux archives du
Stade Français, gracieusement mise à disposition, on trouvera ci-dessous
quelques coupures de presse de l’époque, intéressantes malgré leur mauvaise
qualité. En 1931, on retrouve Jean ASSOLANT comme ¾ centre de l’équipe première
de Rugby et il se fait remarquer par sa bonne humeur, son engagement et sa
vitesse qui en font un ailier de grande classe. Durant l’hiver 1932, Jean ASSOLLANT
est aussi le gardien de but de l’équipe de hockey sur glace qui participe à
quelques rencontres internationales.
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L’équipe de bobsleigh du Stade Français conduite par Jean
ASSOLLANT en 1930 |
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Et pour être le plus complet possible, signalons que
malgré ces nombreuses activités, Jean ASSOLLANT a quand même trouvé le temps de
publier, ou alors de simplement signer... un article consacré à « L’Utilisation
de l’Acier Inoxydable dans l’Aéronautique » dans la revue
«L’Aéro » du 13 juillet 1933. On peut le lire en utilisant le lien présent
dans ce paragraphe...

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4 Brevet de Pilote de Jean BERNACHE
ASSOLLANT de la « Ligue Internationale des Aviateurs » Ce « brevet » qui n’est pas un document officiel est le
second attribué à un pilote français ; à noter que le prénom n’est pas
mentionné et qu’ASSOLLANT a été écrit par erreur avec un D. Il porte les
signatures de personnalités prestigieuses : Charles Lindbergh qui, en mai
1927, âgé de 26 ans, accomplit la première traversée de l’Atlantique, un des
plus fantastiques exploits de l’aventure humaine. Clarence Chamberlain qui,
quinze jours après Lindbergh, réussit la deuxième traversée de l’Atlantique
et qui, en atterrissant à Berlin, s’adjugeait le record mondial de distance,
soit 6500 kilomètres. René Paulhan, fils de Louis Paulhan, pilote d’essai
chez Amiot, Ruth Elder qui fut recueilli au large des Açores, son Bellanca
étant tombé en mer à la suite d’une panne de moteur, le commandant Richard
Byrd qui en juin 1927, accomplit la troisième traversée de l’Atlantique, et
plus tard, devenu l’amiral Byrd, se rendit célèbre par la découverte du pôle
sud, puis la découverte du continent austral et de l’Antarctique. Les
compagnons d’Assollant, Lefèvre et Lotti qui furent les premiers Français à
réussir la traversée de l’Atlantique le 16 juin 1929 et leur passager
clandestin Arthur Schreiber ont également apposé leur paraphe… En 1929, Assollant offrit cette carte de pilote à une petite
fille en lui disant : « Garde-la précieusement, un jour, elle
constituera ta dot. » La petite fille d’alors, devenus septuagénaire
mis ce document historique en vente dimanche 28 juin 1987, à l’hôtel des
ventes de Perros-Guirec. C’est le docteur Cassagne, président de syndicat d’initiative de
Mimizan et spécialiste incontesté de l’histoire de cette ville, qui eut
l’idée de réunir les fonds nécessaires pour l’acquérir et l’offrir à la
Municipalité. Ce document est actuellement visible à la « Maison du
Patrimoine de Mimizan » au milieu d’autres pièces relatant le vol de
l’ « Oiseau Canari. » Merci à Monsieur Georges Robin, Président de l’ASEM-Archéologie
de Mimizan, qui a autorisé la reproduction de ce document dans cette page. |
MADAGASCAR
René LEFÈVRE s’en va tenter sa chance aux colonies fin
1930 avec un POTEZ
36.14 à moteur Renault de 95CV. En 1931, il effectue la première liaison
Tananarive – Mananjary. En 1933, à la suite de ses voyages personnels et de
contacts encourageants avec le Ministre des affaires étrangères du Portugal, il
présente au Gouverneur CAYLA et au Ministre de l’air Pierre COT un projet de
Ligne régulière via le Mozambique, colonie portugaise, et crée les services de
l’aéronautique de Madagascar, dont il devient directeur. Jean ASSOLLANT le
rejoint.
Images
de Madagascar entre 1932 et 1936, époque de l’arrivée de Jean ASSOLLANT
Ce projet séduit, et deux trimoteurs S.P.C.A.
41T/218 sont alors mis à la disposition du Service de la navigation
aérienne de Madagascar (SNAM) par le ministère de l'Air. Entre le 13 juin et le
13 juillet 1934, ils seront convoyés jusqu’à Ivato par René LEFÈVRE et Jean
ASSOLLANT, aidés par les radios-mécaniciens VYÉ et CHOLLET. ASSOLLANT a raconté
dans le
numéro de « L’Aéro » du 17 août 1934, sous sa signature, comment
ils ont procédé à la reconnaissance de la nouvelle ligne lors de ce périple.
LE MADÉCASSE – Vendredi 13 juillet 1934 - Une réalisation
Ce matin à
midi se posaient à Ivato les deux avions devant assurer notre liaison avec la
France en empruntant à Broken Hill les Services des Impérial Airways.
M. le
Gouverneur Général voit donc ainsi réalisé un rêve depuis longtemps caressé.
Aux aviateurs
Lefèvre et Assollant, à leurs mécaniciens MM. Léon Vyé et Roland Chollet
nous présentons nos meilleurs voeux de bienvenue-
LE MADÉCASSE – Lundi 16 juillet 1934 -A Ivato
Deux points
blancs surgissent à travers des nuages gris... Uri seul cri s’élève de toutes
les poitrines da ceux, nombreux, qui s’étaient rendus à Ivato, vendredi matin.
Les voilà ! Bientôt les deux oiseaux de France survolent le camp d'aviation,
et, léger viennent se posent sur le sol malgache. Lefèvre, Assollant,
descendent de leurs carlingues et sont reçus par M. le Gouverneur Général Cayla qu'entouraient M. le Général Abadie, M.
l'Inspecteur Général des Colonies Moretti, le Capitaine Dire, commandant le centre aéronautique, MM. Santini, représentant de
l'Aéro-club, Lurat fils,
représentant Les Ailes, Hannebicque,
président de l’Aéro-club de Madagascar, Lazarus,
ainsi que de nombreuses autorités civiles, MM. Franceschi, Directeur des Douanes, Bourgoin, de la T.S.F., Sicard,
chef du Bureau des Informations du Cabinet Civil, et de nombreuses dames qui
avaient tenu à apporter aux aviateurs et à leurs compagnons le témoignage de
leur admiration.
Il est midi,
quand les deux avions qui vont réaliser notre liaison postale avec la
métropole, se posent sur la terre malgache Ils sont désormais nôtre. Ils
ouvrent pour la Colonie une ère nouvelle et inscrivent aux annales malgaches
une date d'importance capitale pour son avenir économique.
En même temps
que Lefèvre et Assollant, a débarqué notre confrère métropolitain Serge Hyb, envoyé spécial de
« l’Ami du Peuple » que notre rédacteur en chef a été heureux de
recevoir dès sa descente d'avion.
Un champagne
d honneur offert par M. le Gouverneur Général, fut servi à la Salle d honneur
du Mess des Officiers de l'Aviation. Pas de discours, mais une atmosphère de
franche sympathie.
L'aviation
postale de Madagascar est aujourd’hui une réalité.
LE MADÉCASSE – Lundi 16 juillet 1934
Monsieur Serge Hyb, envoyé spécial de « l'Ami du
Peuple » à Madagascar parle aux lecteurs du Madécasse
Le palmarès de l’Aviation postale - Une nuit au désert.
Lefèvre, Assollant... Il
manquait ces deux noms au palmarès de l’aviation postale-... Noms prestigieux
qui ont leur place auprès de ceux dé Mermoz,
de Saint-Exupéry, de tant d’autres
connus ou inconnus, dont on peut dire qu ils remplissent les pages héroïques de
l’histoire dé nos ailes. Un nouveau chapitre va s'ouvrir au livre, déjà si
lourd da gloire, de l'aviation française. Grâce à l'initiative de Léon Çayla, gouverneur général de
Madagascar, grâce à l’heureuse collaboration du ministère de l'Air, deux
hommes, deux pilotes, sur la personnalité de qui il est superflu d insister,
vont réaliser un projet à la réussite du quel nous n’osions croire, il y a dix
mois à peine. Après de nombreux voyages en Afrique, René Lefèvre a songé, sur la demande de M. Cayla, à mettre au point, dans le plus bref délai, un projet qui
a pour but de relier par une ligne postale aérienne Tananarive à Broken-Hill
(Rhodésie du Nord) où la correspondance sera assurée par les avions
britanniques des « Impérial Airways ».
Tour à tour,
chaque semaine, Lefèvre et Assollant franchiront le canal de
Mozambique à seule fin de resserrer les liens qui unissent la Métropole et
l'une de ses plus lointaines colonies.
C'est le 29
juillet que René Lefèvre effectuera
son premier voyage postal régulier. La rapidité avec laquelle cette nouvelle
ligne française (qui constitue le premier tronçon de la future « Transafricaine
») a été organisée est un fait sans précédent Le gouverneur de Madagascar doit
cette réussite à la bonne volonté des Portugais qui se sont déclarés prêts à
faciliter dans la plus large mesurée la tâche de nos aviateurs. Des aires
d’atterrissage Vont être construites, des postes de ravitaillement installés en
Afrique orientale portugaise sur le parcours qu emprunteront Lefèvre et Assollant — « Maintenant nous sommes certains du résultat, me
disaient hier encore nos deux amis. D'ores et déjà les premiers jalons de
« France-Madagascar » sont posés. La ligne, « notre ligne » est
née sous les plus heureux auspices ».
Que
pourrais-je ajouter à ces mots si simples, mais en même temps si pleins
d'espoir et si catégoriques ? Je l’écrivais il y a quelques semaines; à la
veillé de notre départ : « La foi qui anime nos pilotes est celle qui
provoque les miracles ».
Les voyages
heureux n'ont pas d histoire. Mais que d histoires j'aurais à vous conter si je
ne craignais d’encombrer indûment les colonnes dé ce journal.
A part la
malencontreuse panne que nous avons eue, Lefèvre, son radio et moi dans le
désert de Nubie entre Wadi-Halfa et Khartoum, tout s'est bien passé. A Tripoli,
Son Excellence le maréchal Italo Balbo
traita nos équipages de façon fort courtoise. Nous n oublions pas l'accueil que
nous ont fait au Caire, à Nairobi, à Mozambique, d'aimables compatriotes. Vous
saurez aussi toute l’émotion qui fut la nôtre quand nous abordâmes celte terre
malgache où l’on sent battre si fort le coeur de la France.
Et s’il me
faut, ici, rapporter un souvenir j'évoquerai volontiers le charme, cent fois
décrit de la nuit, au désert. Qui s'est vu contraint, une fois dans sa vie, de
coucher ainsi, à la belle étoile, loin de tout et de tous, ne peut que
regretter les heures ardentes et lumineuses dont est faite la solitude du reg.
Aucun bruit ne saurait troubler le silence qui vous enveloppe, vous pénètre et
vous tient éveillé dans l'attente d’un impossible diversion. Tant d’immobilité
sur terre, et dans le ciel tant de clartés confondues, donnent le vertige.
Bientôt la lune sort des ténèbres et répand sur le sable son baume de lumière.
Alors plus
rien n existe de ce qui n'est point le ciel, l’infini, l'extraordinaire féerie
de la huit tropicale et lorsque après s’être plongé — voluptueusement — dans ce
bain d’immensité, l'esprit cherche à « réaliser » sa course vagabonde
à travers l'éther, tout s'efface tout retombe en poussière d'astres, tout se
dilue dans le néant... On ne revient pas du pays des étoiles...

Les deux trimoteurs S.P.C.A. 41T/218 de
la S.A.C.M.

Avec ces deux avions, dès le 29 juillet 1934, ils
ouvrent la ligne postale de 2400 km Tananarive - Broken-Hill en Rhodésie du
Nord (actuellement Kabwé en Zambie), ce qui permet au courrier de Madagascar de
s’accrocher à la ligne Londres Le Cap des « Imperial Airways ».
L’excellente revue hebdomadaire anglaise « Flight » avait d’ailleurs
rédigé un article à sur la préparation de ce projet dans son numéro
du 10 mai 1934 et les deux aviateurs ont eux-mêmes raconté leur expérience,
deux mois après l’ouverture de la ligne, dans la
revue française « L’Aéro » du 5 octobre 1934.
De Ivato à Broken-Hill - 2200 km en 5
étapes et deux jours
Cliquer sur l’image pour l’agrandir
Armand LOTTI, qui veut rejoindre ses deux amis
ASSOLLANT et LEFÈVRE, emprunte la ligne des « Impérial Airways » en
décembre 1934 jusqu’à Broken Hill et arrive à Madagascar à bord d’un des deux
S.P.C.A. postal. Six ans plus tard, le trio de « l’Oiseau Canari »
est ainsi reconstitué pour quelques mois.

Jean ASSOLLANT, Armand LOTTI et René
LEFÈVRE devant le trimoteur S.P.C.A.
Madagascar – Ivato - 1934
Le 12 janvier 1935, René LEFÈVRE est fait Grand
Officier de l’ordre de « l’Etoile D’Anjouan » et Jean ASSOLLANT
commandeur. Ils sont tous deux maintenant lieutenant de réserve. Le 16 mars ils
reçoivent sur la base aérienne d’Ivato les insignes d’Officier de la Légion
d’Honneur bien mérités.

Article du journal « LE MATIN »
du 26 janvier 1935
Sur la photo, à droite : les
lieutenants de réserve René LEFÈVRE (tenue sombre) et Jean ASSOLLANT (tenue
blanche)
Madagascar – Ivato – Prise d’armes du 16
mars 1935
Lire de
compte rendu détaillé de cette prise d’armes du 16 mars 1935 à Ivato
LE MADÉCASSE – 11 SEPTEMBRE 1935 – UN AN PLUS
TARD...LE BILAN DE LA LIGNE FRANCE-MADAGASCAR
Le départ de
l'avion postal, qui a quitté Madagascar le 22 juillet, marque La fin de la
première année de l'exploitation du service Tananarive / Broken-Hill
Depuis le 29
juillet 1934. 52 allers et retours, soit 104 courriers, ont été assurés sans la
moindre interruption et une seule fois la ligne malgache a manqué la correspondance avec les « Impérial
Airways» ; le rendement a donc été supérieur à 99 %.
Il a été
transporté 1 200 kilos de courrier, représentant 240 000 lettres de5
grammes
La
progression du nombre des correspondances transportées est constante ; le
poids des dépêches, qui atteignait à peine 7 kilos au début, est passé
successivement à 12 kilos, fin décembre 1934, pour atteindre plus de 50 kilos à
la fin du mois de juillet 1935
Ces quelques
chiffres soulignent le succès complet obtenu par la ligne. La parfaite
régularité du nouveau service témoigne, par ailleurs, du cran, de l’endurance,
de la maîtrise des chefs pilotes Lefèvre
et Assollant et du dévouement de
leurs, radio-mécaniciens Vyé et Chollet.
Après le courrier, c’est le tour des passagers. Le
premier BLOCH
120, le « Ville de Paris », a été convoyé de Paris à Madagascar
par le pilote PLAMOND en mai. Le second, le « Ville de Tananarive »,
est baptisé au Bourget en grande pompe le 11 juillet en présence de René
LEFÈVRE qui se trouve en France depuis plus de deux mois pour préparer la
nouvelle ligne et qui va rentrer à Madagascar aux commandes du nouvel appareil.
Ces deux avions modernes ont été construits pour réaliser la jonction de la
ligne Tananarive – Broken-Hill avec la ligne Paris – Brazzaville en la
prolongeant jusqu’à Elisabethville au Katanga (actuellement Lubumbashi au
Congo). A partir d’août, René LEFÈVRE et Jean ASSOLLANT, peuvent donc embarquer
maintenant des passagers qui ont la ainsi possibilité de voyager entre la
France et Madagascar sur une ligne 100% française.
« Titayna » :
belle, journaliste, aventurière et pilote d’avions...

BLOCH 120 – VILLE DE TANANARIVE
Collection Dassault Aviation

Jean ASSOLLANT aux commandes d’un BLOCH
120

BLOCH 120 – VILLE DE PARIS
Aérodrome de Elisabethville (Katanga) -
Fin 1938
Transfert des passagers arrivant à bord
d’un POTEZ
661
Ces deux nouveaux trimoteurs leur permettent
finalement en 1936 de créer les « Lignes Intérieures de Madagascar »,
en remettant en service les deux anciens S.P.C.A. Jean ASSOLLANT reste Chef
Pilote de cette nouvelle structure. Son ami René LEFÈVRE rejoint par contre
« Air Afrique », dont il devient le Directeur en 1938, et quitte
Madagascar.


Vol d’étude de Jean ASSOLLANT dans le
sud de Madagascar du 28 octobre au 1 novembre 1936
Tananarive
– Arivonimamo – Miandrivazo – Belo Tsiribinina – Morondava – Morombé – Tuléar -
Betioky
Fort
Dauphin - Betroka – Ihosy – Farangana – Manakara – Mananjary – Fianarantsoa -
Tananarive
Voir
la carte à grande échelle du vol d’étude de Jean ASSOLLANT


Quelques images de Jean ASSOLLANT dans
le cadre de son activité à Madagascar sur le terrain de Tuléar vers 1935
Avec un Potez 29 militaire :
remarquez la manière dont on fait le plein de l’avion !
Avec le trimoteur S.P.CA. 41T/218
immatriculé « F-AKDY » : voir comment les moteurs sont lancés à
la main...
Merci à M. Marcel
CAMOIN
La Dépêche de Madagascar -15 janvier
1936
L'AVIATION A MADAGASCAR
par le Gouverneur Général Léon CAYLA
Il y a quinze mois à peine, an petit avion d'école, celui de
l'Aéro-Club de Tananarive, représentait à lui seul, à Madagascar, l'aviation
civile. Ce modeste précurseur ne joue plus aujourd'hui que le rôle effacé de «
rouleur au sol », entre les mains des néophytes de l'air ; mais quatorze
appareils de tourisme ont déjà pris sa suite, et, entre temps, la nouvelle
ligne postale Tananarive-Broken Hill, qui met la colonie à neuf jours de Paris,
a reçu quatre grands trimoteurs de transport.
Ainsi les ailes malgaches ont largement pris leur essor. Ce n'est
plus seulement à Tananarive que se forment les pilotes ; Majunga, Tamatave et
Rianarantsoa viennent de constituer des aéro-clubs qui entendent rivaliser
d'activité avec celui de la capitale. Dans quelques jours, une croisière de
3.900 kilomètres groupera militaires et touristes en une même équipe
enthousiaste.
Aux aviateurs de grand raid, qui les premiers ont survolé l'île
Rouge revient une pour large part un si bel élan. Beaucoup hélas ne sont plus
là pour mesurer l'oeuvre dont ils furent les prestigieux propagandistes, mais
leurs noms demeurent sur le monument qu'Ivato a pieusement élevé aux morts de
l'aviation coloniale.
A leur exemple s'est ajouté celui de
la phalange militaire qui, depuis quatre ans, sous le commandement du capitaine
Pinard, du capitaine Dire, puis du commandant Wackenheim, s'est mise au service de la
colonie avec le plus bel esprit de dévouement. On n'en est plus à compter les
missions qu'elle a remplies et les vies qu'elle a sauvées, en se rendant par
tous les temps à l'appel des malades en danger.
Enfin, la splendide audace de René
Lefèvre et de Jean Assollant qui
depuis quatorze mois survolent deux fois par semaine le canal de Mozambique
pour assurer la liaison postale avec la France, a surpassé tous les espoirs
permis.
Disposant dès maintenant de cent dix
terrains d'escale ou de secours, couverte par un service météorologique
fortement organisé et assurée d'une liaison radio télégraphique parfaite,
l'aviation malgache est pleine d'allant et de confiance. Elle a conscience de
son rôle et elle est prête à le remplir.
La Dépêche de Madagascar -12 août 1936
C'est SIMPLE ! UN JOUR Nous avons pris deux
avions...
COMMENT LEFÈVRE ET ASSOLLANT ONT FONDÉ CETTE
ADMIRABLE R0UTE IMPÉRIALE : LA LIGNE RÉGULIÈRE FRANCE-MADAGASCAR
par J G. FLEURY
René Lefèvre et Jean Assollant se
levèrent.
Il faut
partir...
C'était le 28
juillet 1934. Notre directeur les avait conviés a un amical déjeuner d'adieux.
Aucun regret ne semblait assombrir les deux jeunes pilotes transatlantiques...
En pleine célébrité, ils quittaient le lendemain Paris, qui les avait choyés,
pour ne plus revenir pendant de longs mois.
Ils allaient
se vouer à une œuvre pleine de risques, ingrate, monotone, qui n'attirerait pas
sur eux la gloire des grands raids aériens.
A l'exemple
de Mermoz, ils partaient en
« service de ligne » avec une sorte de recueillement.
Voici deux
ans de cela. Nous avons suivi avec un intérêt affectueux leurs premières luttes,
ces magnifiques liaisons de Tananarive à Broken Hill, réalisées par tous les
temps, au-dessus de 450 kilomètres d'une mer glauque, infestée de requins et
balayée par les brusques]tempêtes tropicales. Ils transmettaient alors le
courrier, à partir de Broken Hill, a la compagnie britannique des Impérial
Airways.
Le 9 novembre
1934 ils eurent une grande joie : ils portèrent le courrier jusqu'à
Elisabethville, au Congo belge. La liaison était faite avec la régie
Air-Afrique et la compagnie belge Sabena.
Désormais, la
ligne impériale France-Madagascar était bien à nous. L'oeuvre était achevée.
René Lefèvre, rayonnant, est revenu prendre un congé après ce dur labeur.
Il nous
raconte toutes les difficultés aujourd'hui vaincues.
« A Maintirano, l'escale côtière de
Madagascar avant le détroit de Mozambique, le terrain, en période de pluie,
était souvent impraticable. Il allait alors se poser dans la zone désertique
d'Andrafiavelo, où le seul secours que nous pouvions espérer était les cases
vides d'un village abandonné.
Madagascar était une île « mal pavée »
pour les avions. Le gouverneur général
Cayla entreprit d'en faire une sorte d'aérostrade. Il mobilisa les
architectes, les maçons. Aujourd’hui il existe là-bas cent vingt terrains, de nombreuses
stations météorologiques et une protection de postes radios parfaitement
organisée.
Les liaisons avec la France ont emporté un vif
succès. Les échanges augmentent. Nous refusons des passagers à chaque voyage. Le gouverneur général Cayla, capitaine
aviateur, a trop de foi dans l'aviation pour s'en tenir là. Il a décidé de
faire ouvrir par Assollant deux
circuits de lignes intérieures qui relieront les villes du nord et les villes
du sud à Tananarive la capitale.
Combien de Français savent que Madagascar a la
superficie de la France, de la Belgique et de la Hollande réunies ! Vous
comprenez l'importance de ces liaisons qui vont donner une vie nouvelle aux
populations jusqu'à présent disséminées, aux colons isolés, en proie au
« cafard » périodique, privés de moyens de communication suffisants.
Assollant attend, avec
l'impatience que vous imaginez, la livraison des Caudron-Renault Simoun du type
Air-Bleu qui lui permettront de sillonner la grande île dans tous les coins les
plus reculés les messages français...»
Lefèvre et Assollant sont pris
au noble jeu : une oeuvre est achevée ; vite, il faut en entreprendre une
autre.
Ils ne
s'embarrassent ni de formalités ni de paperasses pour passer à l'action. Depuis
longtemps, les bureaux avaient ouvert les dossiers de la ligne
France-Madagascar et les avaient bourrés de chiffres et de statistiques. Les
deux pilotes, eux, se contentèrent de deux ou trois calculs bien simples. Ils
partirent avec deux mécaniciens et deux appareils. Et ils ont réussi...
Aujourd'hui
Lefèvre m'explique joyeusement que la ligne pourra bientôt
« boucler » son budget et ne rien coûter au contribuable.
« En 1935, nous avons obtenu 613 614
francs de recettes et cette année nous comptons sur une rentrée de 900 000
francs avec les passagers et le fret. Dès que nous aurons des appareils
appropriés, nous emmènerons j'en suis sûr, non seulement des passagers
coloniaux, mais aussi des touristes qui, grâce à l'avion pourront passer leur
mois de vacances dans l’île lointaine dont les beautés sont encore inconnues
ici...
Notre ligne est née sous le signe de la
prospérité : nous traversons les possessions du Portugal, un pays ami et
qui nous le montre, car le gouverneur de Lourenço-Marqua
a réalisé un programme d’infrastructure tel que nous pouvons « foncer »
en toute sécurité ».
René Lefèvre se tait. Le regard perdu au loin, il songe sans doute aux
jungles, aux étendues sauvages qu'il a réveillées au grondement de ses
moteurs... Aux paysans indigènes qui s'offrent spontanément pour construire des
aérodromes près de leur village ; car, fortunés, ils ne connaissent de
l'aviation que son oeuvre pacifique. Qui leur apporte des médicaments, qui
guérit la fièvre, emporte les malades ! C'est l'avion français...
Le 9 février 1938 il est nommé Chef du Service de
l’Aéronautique Civile de Madagascar. A la fin de cette année là, deux lignes du
S.A.C.M. desservent 29 escales dans la grande île. En mai 1939 il convoie à
Madagascar le premier Goéland.


ASSOLLANT et son radio REICHART – Départ
d’un Caudron Goéland pour Tananarive – 1 août 1939
En dehors de ses activités aéronautiques, Jean
ASSOLLANT s’est marié le 22 octobre 1934 avec la belle Suzanne VIGAUD.
Passionnés tous les deux de cheval, ils fondent en 1937 le club de
« L’étrier de Tananarive ». Il reste fidèle à ses engagements et
effectue 2 périodes volontaires au Groupe d’Artillerie coloniale
« l’Emyrne ». Il rédige aussi le « Guide Aérien de
Madagascar », qui sera publié en 1940, après la mort de son père survenue
en 1939, pendant que son auteur affronte la Luftwaffe dans le ciel de France,
aux commandes de son chasseur MS 406.

Suzanne VIGAUD épouse de Jean ASSOLLANT
Collection Wackenheim
via Franck Roumy
MADAGASCAR par Léon CAYLA (voir plus
bas)
Couverture et dernière page - 1935
1939/1940 -
La CAMPAGNE DE France
au GC III/6
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5ème Escadrille |
Jean ASSOLLANT et son
MS 406 « La Pouille » |
6éme Escadrille |
Après avoir été mis à la disposition du Commandant de
l’Air de Madagascar à compter du 1er juillet 1938, le lieutenant de réserve
ASSOLLANT est rappelé le 2 septembre 1939 par l’ordre de Mobilisation Générale.
Il se porte volontaire pour aller se battre en France et il va ainsi pouvoir
participer à la défense de son pays et à la Campagne de France en étant affecté
à l’état-major du Groupe de chasse GC III/6, qu’il rejoint le 3 novembre 1939
comme officier de renseignement. Voir les pages consacrées au GC
III/6 sur ce site.

Base d’Ivato à Madagascar - Juste avant
de partir pour la métropole
Les galons de Commandant du capitaine
Paquier, futur général
Début Octobre 1939
Collection Paul T. - Via Franck ROUMY

La 6ème escadrille du GC III/6
Mars 1939 - WEZ
THUISY
Collection François Xavier Bibert
Le 15 mars 1940 il est nommé Capitaine.
Il lui sera permis du 24 mars 1940 au 8 mai 1940 de
faire un aller retour à Madagascar « Pour jeter l’œil du Maître sur sa
ligne » selon le livre de marche du Groupe. Il revient à Wez Thuisy, où
est basé le GC III/6 à coté de Reims, accompagné de son épouse Suzanne.
Celle-ci s’est engagée en effet au service automobile de la Croix-Rouge ;
elle recueillera de nombreux blessés sur la ligne de front où sa conduite
exemplaire lui vaudra la Croix de Guerre avec palme et une très belle citation.
Après le passage du Groupe à Chissey-sur-Loue, le
Morane Saulnier n°673 qu’il pilote et qui, particularité, arbore l’insigne le
l’Aéronautique Civile de Madagascar, est endommagé lors du bombardement de
l’aérodrome de Coulommiers le 26 mai 1940. La photo ci-dessous est un document
exceptionnel ; elle a été prise peu après le passage des avions allemands
par le S/c Joseph BIBERT, qui était le chef de hangar de la 6ème
escadrille.

Le MS 406 n°673 de Jean ASSSOLLANT à
COULOMMIERS
26 mai 1940
Photo Joseph Bibert
|
Citation du capitaine BERNACHE ASSOLLANT Pilote de grande classe ayant conservé la
plus grande modestie malgré la notoriété. Excellent chasseur animé du plus bel
esprit de sacrifice et de la plus grande ardeur au combat. A donné la mesure
de ses qualités de pilote dans les combats aériens des 21 et 24 mai en
protégeant ses camarades contre une chasse ennemie très supérieure en nombre. Croix de guerre avec étoile de vermeil |
Comme tous les autres pilotes du GC III/6, après le
transfert du Groupe au Luc dans le Var, le Capitaine ASSOLLANT échange son
Morane 406 pour un DEWOITINE D.520 flambant neuf qu’il ira chercher à l’usine
de Toulouse. Son insigne personnel sera également peint sur la dérive de son
nouvel appareil.
Le 15 juin il décolle avec LE GLOAN. Rapidement, ils
abattent ensemble deux chasseurs biplans italiens FIAT CR 42 au dessus de
Saint-Tropez, mais les armes du D.520 d’ASSOLLANT s’enrayent et il doit
décrocher. Restant seul, LE GLOAN endommage gravement un 3ème CR 42,
et abat encore un 4ème CR42 et un gros bombardier BR20 à proximité
de l’aérodrome du Luc. Il rentre ainsi dans la grande légende de l’aviation
après ce vol historique de 45 minutes… (voir le récit complet sur la page dédiée
à
Pierre le Gloan)


Le Dewoitine D.520 n°302 « La
Pouille »
piloté par le capitaine Jean ASSOLLANT
le 15 juin 1940
lors de ses deux victoires en
coopération avec Pierre LE GLOAN
|
Citation du capitaine BERNACHE ASSOLLANT Excellent pilote de chasse, d’un sang froid
et d’un courage admirables. A attaqué avec son chef de patrouille une
formation de douze chasseurs ennemis. A contribué à la destruction de deux
d’entre eux tombés dans nos lignes. Croix de guerre avec palme |
Juste avant l’armistice, le Groupe III/6 reçoit
l’ordre de se replier en A.F.N, via Perpignan. Le 20 juin 1940 à 13 heures, ce
sont 39 Dewoitine qui quittent l’aérodrome de « La Salanque » pour la
traversée de la Méditerranée. En 1940, celle-ci n’est pas une chose si simple
qu’on pourrait le croire pour une escadrille de chasse et des pilotes qui n’ont
sans doute jamais survolé la mer si longtemps et utilisé un réservoir
supplémentaire. Ils n’ont pas de carte, ne connaissent pas la côte algérienne
et doivent voler avec les seules indications de vitesse et de cap données par
leurs instruments. C’est donc l’expérimenté « Monsieur Jean », comme
ASSOLLANT est appelé par ses camarades des deux escadrilles, qui mène le Groupe
pour cette traversée. La plupart des pilotes ont le « trouillomètre »
à zéro de peur d’être isolé de leur guide, mais tout le monde arrivera à bon
port, y compris le capitaine STEHLIN qui commandait alors le III/6.
Bizarrement, ce dernier oubliera de parler d’ASSOLLANT dans ses mémoires écrites
en 1964, en s’attribuant, entre autres, tout le mérite de cette navigation...

Jean ASSOLLANT retrouve à Alger son compagnon Armand
LOTTI qui vient d’être affecté en tant que lieutenant de réserve à l’état-major
du Groupe. Le 20 août, il est démobilisé et, après 41 missions de guerre et
deux victoires, il peut rejoindre Madagascar pour reprendre ses activités
civiles à la S.A.C.M. Il emprunte pour cela l’hydravion géant hexa moteur
Latécoère 522 « Ville de St Pierre », piloté par CODOS, qui part de
Marseille le 7 novembre 1940 et atteint Djibouti le 11 et Diégo Suarez le 14
suivant.

LATÉCOÈRE 522 –« VILLE de
SAINT-PIERRE »
Autre
photo à Djibouti en 1941
Le 13 janvier 1941, Jean ASSOLLANT inaugure
officiellement la liaison aérienne Tananarive - La Réunion sur un Caudron 445
« Goéland » nommé « Jacques RINGEL », célèbre pilote
d’essai de chez Farman, de chez Hanriot, puis pilote à l’Aéropostale, qui
l’avait rejoint à Madagascar en 1936 et qui s’était tué sur un Simoun en avril
1939.

CAUDRON 445 GOÉLAND
La CAMPAGNE
de MADAGASCAR - MAI 1942
Au printemps 1942 les britanniques s’inquiètent de la
poussée des Japonais dans l’océan indien et ne veulent pas voir la route
maritime du Cap coupée. Craignant le laxisme de Vichy en cas d’invasion nippone
de Madagascar, inquiet après le raid nippon sur Ceylan du 5 avril, Churchill,
décide de précipiter les évènements, en ignorant De Gaulle et les réticences
américaines, et déclenche sans autre forme de procès l’opération
« Ironclad ».
Le 5 mai 1942 les anglais débarquent à Diego Suarez en
force. Les français sont surpris. Les quelques avions situés au camp Arrachart,
à 10 km au sud, sont immédiatement détruits sur le terrain. Les bâtiments au
mouillage sont pour leur part coulés par des attaques à la torpille. La défense
française est pourtant brave. Sommé par un ultimatum de ne pas s'opposer au
débarquement, le colonel CLAEREBOUT,
répond : "Sir, la défense de Diego a
été confiée à mon honneur militaire. Diego sera donc défendu jusqu'au bout,
conformément aux traditions de l'armée, de la marine et de l'aviation
françaises"!

MS 406 aux couleurs de l’E.C.565 de
Madagascar en 1941 à Ivato
Dans le ciel, les rares Morane 406 et Potez 63 venus
de Tananarive tentent l'impossible. Le capitaine Jean ASSOLLANT, un des grands noms de l'aviation française, va
tomber un des premiers.

Le porte-avion anglais
« ILLUSTRIOUS »

GRUMMAN MARTLET II
Aux premières heures de 5 mai, 5 MS 406 sont détruits
sur l’aérodrome de Diego par les chasseurs et bombardiers anglais venant du
porte-avions « Indomitable ». C’est à partir d’Ivato que l’aviation
française va essayer de réagir. Le 7 mai dans la matinée, une patrouille de
l’E.C. 565 composée de trois MS 406, conduite par le capitaine LÉONETTI (406 n°
993), avec le capitaine de réserve ASSOLLANT (406 n° 995) et le Lieutenant
LAURANT (MS n 842), décolle pour une reconnaissance. Elle est interceptée
par plusieurs Martlet II du porte-avion « Illustrious ». Les trois
avions français sont abattus. Un avion anglais est touché et doit amerrir. Le
capitaine ASSOLLANT est porté disparu. Les deux autres pilotes français et le
pilote anglais s’en sortent avec des fortunes diverses. Ce sera la première et
la dernière confrontation aérienne dans le ciel malgache. Le corps carbonisé
d’ASSOLLANT ne sera retrouvé dans les restes de son Morane que début septembre
1942 à Antsahampano, à 12 km au sud-ouest de Diégo Suarez. Il fut
vraisemblablement touché à mort lors d’une passe frontale avant de s’écraser,
puisque le moteur de son Morane présentait des impacts. L’aviateur a été inhumé
dans le cimetière des pères Jésuites à Ambohipo près de Tananarive.
« On n’a rien donné tant qu’on n’a
pas tout donné »
Maxime préféré de Jean ASSOLLANT




Dessin, profil et maquette d’un MS 406
aux couleurs de l’E.C.565 de Madagascar en 1941/1942

Le MS 406 du Lieutenant Michel LAURANT (*)
après l’affrontement
Aéro Journal N°47 - Mars 2006 « Les Britanniques à
Madagascar » C-J. Ehrengardt
(*) à ne pas confondre avec son homonyme, le Sgt Alexandre
LAURENT, également à l’E.C 565, nommé Aspirant pour rejoindre le NORMANDIE NIÉMEN
en mai 1943
Après avoir eu la satisfaction de piloter le fameux
DEWOITINE 520 à la fin de la campagne de France, et sa démobilisation à Alger,
il avait fallu une bonne dose de courage à Jean BERNACHE – ASSOLLANT pour se
porter volontaire et repartir en patrouille deux ans plus tard sur un MORANE
SAULNIER 406, avion qu’il avait aimé, certes, mais qu’il savait obsolète…

La presse anglo-saxonne a immédiatement
rendu compte de la disparition de Jean Assollant
Voir
aussi l’article en première page du « Sun » le 9 mai 1942
Il est mort alors qu’il n’avait pas encore 37 ans. Il
totalisait 7 847 heures de vol, dont 176 de nuit. Une avenue de Tananarive
dans le quartier de Tsimbazaza portera longtemps son nom. Dans cette avenue où
habita sa veuve, furent installés les bureaux de l’Aéronautique Civile devenus
par la suite les premiers bureaux de l’ASCENA, puis en 2003 le siège de
l’A.C.M. (Aviation Civile de Madagascar). Elle porte maintenant le nom de
Lalana Fernand Kasanga.

L’avenue « JEAN ASSOLLANT » à
TANANARIVE (1956)
Maintenant
« rue Kasanga Fernand » (voir plan de la ville)
Mais la grande malchance de Jean ASSOLLANT, et de tous
ceux qui sont tombés lors des regrettables affrontements franco-anglais de
1942, est qu’en juillet 1940, le gouverneur DE COPPET avait cédé son poste à
Léon CAYLA, lui-même remplacé en avril 1941 par le gouverneur ANNET ; tous
les deux très proches de Vichy et très anglophobes, persuadés que les Anglais
n’avaient que des visées expansionnistes sur les colonies françaises, ils
avaient patiemment sapé toutes les velléités de ralliement de Madagascar à la
France Libre pourtant nombreuses dans la grande île. Suite au message de Lord
HALIFAX qui en juin 1940 demandait aux autorités civiles et militaires de tous
les territoires français d’outremer de continuer à se battre aux cotés des
alliés jusqu’à la victoire, Marcel de COPPET, pour sa part, avait immédiatement
informé le Gouverneur AUBERT, son collègue de la Réunion, que sa colonie était
décidée à résister… Mal lui prit d’avoir des idées politiquement
incorrectes !…
Journal des débats politiques et
littéraires
N°715 – 13/05/1942
La carrière de Jean
Assolant, disparu en mission au large de Madagascar
Vichy, 11 mai - On est désormais sans
espoir au sujet du capitaine aviateur Assolant disparu en mission au cours des
opérations de ces jours derniers à Madagascar. Le pilote Lefèvre qui
l'accompagna dans de nombreux raids et qui accomplit notamment avec lui et
Lotti la fameuse traversée de l’Atlantique en 1929 a bien voulu retracer en ces
termes la trop brève carrière du grand aviateur.
Jean Assolant, fils, petit-fils, frère
et neveu de soldats, ne vivait que pour la France et pour l'aviation à laquelle
il s'était donné corps et âme. Il s'engagea en 1922 à 19 ans dans l'aviation
militaire pour devenir pilote de chasse. Bientôt, la guerre du Rift, où il
combat comme volontaire, lui donne l'occasion de prouver son courage et sa
valeur, que récompense la croix de guerre avec trois citations dont une à
l'ordre de l'armée. Il n'a pas 21 ans.
A son retour du Maroc il est affecté
au Bourget au groupe de chasse du commandant Pinsard, mais l'activité est alors
plus grande dans l'aviation de reconnaissance. C'est l'époque des voyages
retentissants des Pelletier d'Oisy, des Arrachart, des Challes. Il se fait
affecter au célèbre groupe du commandant Weiss : là, il se forme aux longs
parcours aériens. En 1927, il est choisi pour être pilote de la mission
Antoinat dans un raid France-Indochine. Il quitte l'armée entre temps. La
médaille militaire lui est décernée.
LA TRAVERSÉE DE L'ATLANTIQUE A BORD DE L'OISEAU CANARI
Puis c'est, en 1929, l'exploit de la
première traversée française de t'Atlantique Nord à bord de l’« Oiseau-Canari ».
Après avoir été pilote de ligne à la « C.I.D.N.A. » il devient pilote
d'essai et accomplit cette rude tâche jusqu'en 1934. En 1933, il tente de
battre le record de distance et réussit sans escale le parcours Oran-Karachi.
Puis il part pour Madagascar, où il
participe à la création de la ligne aérienne Tananarive-Broken-Hill, qui met la
grande île à huit jours du cœur de ta France, ainsi qu’à l'organisation des
lignes intérieures par lesquelles les points les plus reculés sont reliés chaque
semaine à la capitale.
NOUVELLE CROIX DE GUERRE, TROIS NOUVELLES CITATIONS
Pendant ta guerre de 1939. Assolant se
distingue dans l'aviation de chasse, où il gagne une nouvelle croix de guerre
et trois citations dont une à l'ordre de l'armée. Il est nommé capitaine. Dès
l'armistice, il repart à bord « Lieutenant-de-vaisseau-Paris » pour
Madagascar, afin d'y poursuivre sa tâche pacifique. Il apporte à l’île isolée
des médicaments réclamés d'urgence. Pourtant, c'est en soldat qu'Assolant
devait disparaître glorieusement pour ta défense de cette terre malgache à
laquelle il s'était profondément attaché. Sa perte sera douloureusement
ressentie à Madagascar, où sept années de dévouement lui valaient une grande
popularité, notamment parmi les colons qui, grâce aux liaisons intérieures
qu'ils lui doivent, se sentent moins seuls, moins perdus dans la brousse et
plus prés des êtres aimés laissés à des milliers de kilomètres dans les
lointains villages de France.
Assolant, qui avait pour maxime, comme
Mermoz « Que l'on n'a rien donné tant qu'on n'a pas tout donné » a
rempli son devoir jusqu'au sacrifice suprême, lorsque le commanda l'honneur du
drapeau. Tous ceux qui ont connu Assolant gardent de lui le souvenir d'un
garçon courageux, simplement courageux. Sa fin couronne une carrière qui mérite
d'être citée en exemple.
NOTA : Dans les
mois qui suivirent la disparition de Jean Assollant, plusieurs Centre Ecole
« Jeunesse et Montagne » (Montroc – Gavarnie) baptisèrent leur
promotion « ASSOLANT » et des insignes furent créés. En voici trois
d’entre eux :

|
Citation du capitaine BERNACHE ASSOLLANT A
l’ordre de l’Armée de l’Air Prestigieux pilote formé sous les
cocardes et qui a toujours su cultiver, dans la gloire que lui ont valu ses
prouesses du temps de paix, les belles traditions militaires d’honneur,
d’abnégation et de sacrifice qu’il tenait à la fois de sa famille et de sa
formation. Fidèle une fois de plus à ces nobles traditions, a quitté la
direction de son service pour venir prendre la tête d’une patrouille de
chasse. Est tombé, pendant une mission de couverture au cours de laquelle il
n’a pas hésité à attaquer des éléments de chasse adverses malgré leur
supériorité numérique écrasante.
Palmarès des héros national de l’Armée de
l’Air du 14 juillet 1942 – Journal officiel « Une
palme est ajoutée à la gloire du capitaine Assollant disparu le 7 mai
1942 » Capitaine des forces aériennes de
l’Afrique orientale française, prestigieux pilote formé sous les cocardes et
qui a toujours su cultiver, dans la gloire que lui ont valu ses prouesses du
temps de paix, les belles traditions militaires d’honneur, d’abnégation et de
sacrifice qu’il tenait à la fois de sa famille et de sa formation. |
François
Xavier BIBERT (09/2008 - 04/2010)
Décorations du capitaine Jean BERNACHE-ASSOLLANT
Officier de la légion d’honneur (à titre
civil)
Médaille militaire
Croix de guerre T.O.E. (3 citations)
Croix de guerre 1939/1940 (3 citations)
Médaille coloniale – Agrafe
« Maroc »
Chevalier du Nicham Iftiker
Médaille de Syrie
UN HOMME
ATTACHANT...
Ajouté sur
cette page en mai 2010 :
Louis MEURILLON, historien de l’aviation, a écrit en 1969
une série d’articles dans la revue « L’Album du Fanatique de
l’Aviation » (numéros 4 à 7) consacrés aux avions Bernard 18-T et ses
dérivés. Bien sûr, il y raconte avec une grande précision le raid
transatlantique de l’Oiseau Canari. Je n’ai eu connaissance de ces textes de
référence qu’en mai 2010, après avoir réalisé cette page et ses annexes.

La série d’articles sur les avions
Bernard 18-T et ses dérivés de Louis Meurillon – « L’Album du Fanatique de
l’Aviation » n° 4,5,6,7 de 1969
Pendant cette rédaction, qui s’est échelonnée sur
environ deux ans au fil de mes trouvailles, je me suis pris d’une véritable
affection pour Jean ASSOLLANT, uniquement à travers ses photos, ses attitudes
qu’on peut voir de lui dans des vieux films d’actualité et les nombreux
articles de presse que j’ai exhumés. Je n’ai eu aucun témoignage sur lui de
personnes ayant pu l’approcher et le livre écrit par LOTTI ne s’attache
malheureusement pas beaucoup aux personnes. Sa carrière à Madagascar a éloigné
l’aviateur du reste de sa famille qui n’en a conservé que quelques rares
souvenirs matériels : photographies et coupures de journaux. Mon père, qui
a été son mécanicien en 1939/1940, ne m’a jamais parlé de lui... mais il ne
parlait d’ailleurs jamais de la guerre !
C’est en me penchant sur la campagne de France du GC
III/6 que j’ai d’ailleurs découvert l’existence de Jean ASSOLLANT et l’aventure
de l’Oiseau Canari, généralement oublié dans les livres d’histoire et les
mémoires. J’ai acquis peu à peu l’intuition, puis la conviction intime que Jean
ASSOLLANT était un homme d’une grande gentillesse et d’une extrême modestie,
très attentif aux autres et unanimement aimé. Ses camarades de guerre ne
l’appelait-il pas d’ailleurs « Monsieur Jean » ? C’est sans
doute pour cela que je suis tombé sous son charme et que j’ai cherché à en
savoir le maximum sur l’Homme, au-delà de sa place dans l’histoire de
l’aviation...
La journée du 15 juin 1940, où ASSOLLANT participa en
première ligne, à la bataille du GC III/6 contre les avions de la Regia
Aeronautica dans le ciel de Provence, devint le jour de gloire de l’adjudant
Pierre LE GLOAN avec les 5 victoires qui toutes, lui furent rapidement
attribuées à la lecture des simples rapports de sa hiérarchie, en
« oubliant » Jean ASSOLLANT, ce qui contribua par conséquence à
mettre en lumière le nouveau commandant du Groupe, le capitaine Paul STEHLIN,
ayant exercé des fonctions plus politiques que militaires jusqu’à cette date,
futur général étoilé, chef d’Etat Major des Armées, Conseiller d’Etat et Député
dans les années 1960, mais dont la carrière restera contestée.
En étudiant le déroulement de cette journée, j’ai été
amené à écrire ailleurs dans ce site : « La
légende de Jean Assollant était déjà gravée dans le marbre depuis le 15 juin
1929, 11 ans plus tôt jour pour jour, lorsqu’il effectua la fabuleuse première
traversée française de l’Atlantique nord aux commandes de l’« Oiseau
canari ». Elle fut renforcée ensuite par son rôle éminent dans le
développement de l’aviation civile africaine et de celle de Madagascar en
particulier. Peut-être que sa grande modestie a pu finalement contribuer le 15
juin 1939 à écrire différemment « la plus belle page de l’aviation
française de la Campagne de France » et aux honneurs qui furent ainsi
rendus à son valeureux cadet Pierre Le Gloan, à tout le GC III/6 et par
retombées à celui qui en était devenu le chef « casus morti » après
que le vaillant commandant Castanier soit tombé glorieusement face à l’ennemi
trois semaines auparavant. »
En me relisant je me suis posé la question :
qu’est-ce qui me permet d’écrire « grande modestie » alors qu’aucun
document en ma possession ne parle vraiment de sa personnalité ? Mais j’ai
tenu à conserver cette phrase, persuadé que qu’il devait être ainsi, seulement
à travers ce que j’imaginais de lui.
La lecture des articles de Louis MEURILLON m’a donc
fait un plaisir extrême, en dehors du fait qu’il m’a démontré que je n’avais
pas trop écrit de bêtises sur les faits historiques incontournables concernant
la carrière de l’Aviateur...
En effet, chose rare dans une séries d’article de ce
genre, l’auteur la termine par une longue digression sur la personnalité de
Jean ASSOLLANT, qui m’ a totalement rassuré sur mes intuitions, et qui mérite
d’être reprise en partie ci-dessous, en conclusion de cette page :
...
Qu’il nous
soit permis, pour clore de chapitre, d’évoquer la personnalité de Jean
ASSOLLANT. Ce ne sera pas pour diminuer le mérite de ses co-équipiers. Bien au
contraire !
Rarement
homme parvint à faire parfaitement l’unanimité dans la louange de ceux qui
l’approchèrent :
... C’est
Lotti qui vante sa délicatesse,
... C’est le
mécanicien Laversin qui apprécia son extrême simplicité,
... C’est son
« pair » aux essais des avions Bernard, le pilote Jean Doumerc qui,
bien vite, s’aperçut qu’il avait à ses cotés la « crème des garçons. Ceci
pour employer sa propre expression. Une solide amitié s’établit aussitôt entre
eux. Mais laissons lui la parole :
« Il n’était pas du tout fait pour vivre en
notre siècle ! C’était un artiste, un peu bohême, un peu popote, qui
n’avait absolument pas la notion de l’argent. Il en avait gagné beaucoup, mais
l’avait dépensé aussi vite....
... quand il est parti pour Madagascar, où il a
passé les plus belles années de sa vie, il m’avait écrit entre autre :
« ce que je vais te dire, tu ne le croiras jamais, et pourtant je te jure
que c’est vrai : j’ai quinze domestiques, trois voitures, une écurie de
course, et je n’arrive pas à dépenser ce que je gagne. C’est inouï ! » »
...
On pourrait rajouter, ce qui ne gâte pas le tableau,
la manière dont le décrit la célèbre et aventureuse journaliste Titayna en
1935, racontant son vol vers Madagascar, semblant subjuguée, entre autre, par « sa voix douce, ses yeux bleus et son
beau visage de fille... »...
FXB
- 05/2010

Flying Clubs
Monday,
Jun. 24, 1929
An eleventh plane flew
across the North Atlantic last week, ten years to the day after the first
non-stop transoceanic flight. Three young Frenchmen - Jean Assolant, René
Lefèvre and Armeno Lotti. Jr. - made last week's crossing, from Old Orchard,
Me., to Oyamers, near Santander. Spain, 3,128 flying miles, in 29 hr. 52 min.
Neither crossing, distance nor time was exceptional.
But the flight was
the first accomplished this season, and the first North Atlantic crossing ever
made by a French plane, a Bernard monoplane named Yellow Bird, with a null
motor. A 160-lb. stowaway, one Arthur Schreiber, 22. traveled in it, to the
hazard of the crew and the handicapping of the flight.
The start at Old
Orchard was June 13, a fair day with western winds all the way across the
Atlantic. On the long, white, hard beach were the Yellow Bird and the Green
Flash, a Bellanca monoplane with Wright Whirlwind motor which Roger Q.
Williams and Lewis E. Yancey planned to fly to Rome. The Yellow Bird was
going to Paris. The two planes warmed up simultaneously. The Yellow Bird took
off first, her tail drooping unusually. The Green Flash in starting crumpled a
wheel and wrecked itself.
In the air the
flyers discovered why their tail had drooped at the take-off—the stowaway was
there. They decided not to throw him overboard. To lighten the load they had
dispensed with thermos bottles, victuals and other comforts. They had taken
less than their full capacity of gas. Jean Assolant, married only three days to
Pauline Parker, pretty Manhattan chorus girl, had refused to take her. But that
hulking, selfish boy was with them. His unexpected weight prevented their
reaching French soil.
At Paris the
Government, which has forbidden Frenchmen trying to fly across the ocean as a
useless hazard, last week decided to "forgive" the Yellow Birdmen.
But at Seville, Spain, two other Frenchmen, Captain Louis Coudouret and Louis
Mailloux had to abandon their attempt to fly from Seville to New York. Spanish
officials had locked the plane in its hangar, to please the French government.
At Reykjavik,
Iceland's mountain-hugged harbor, the westbound Swedish "commercial"
flyers (TIME, June 17) last week decided to wait until the end of this month
before continuing their Stockholm-New York flight. Bad weather over Greenland
and need for motor parts are delaying them.
In London, a few
hours before the French flyers landed in Spain, Sir Arthur Witten Brown lunched
with encomiums. On June 14, 1919, he and the late Sir John Alcock started from
St. Johns, Newfoundland, in a Vickers-Vimy-Rolls with two Rolls-Royce motors.
Next day they Ianded at their precise destination, Clifden, Ireland.
A few months later
Alcock was killed alighting at Rouen. Theirs was the first non-stop flight
across the Atlantic. Lieut.-Commander Alber C. Read, U. S. Navy, and his
companions stopped at the Azores on their Newfoundland-Portugal flight in May,
1919.
Nota :
Kansas and Detroit
also have women's aeronautical associations.
Of more than 6,000
licensed U. S. pilots, about 50 are women, a half dozen of whom are commercial
pilots

![]()
Monday,
Jun. 24, 1929
Married. Jean Assolant, 24, pilot of the Yellow Bird
on its non-stop flight from Old Orchard, Me., to Santander, Spain (see p. 47);
to Pauline Parker, U. S. chorus girl; at Old Orchard, Me., three days before
the hop-off.
![]()
Special to
The New York Times.
June 11,
1929, Tuesday
Page 14,
558 words
ASSOLANT MARRIES AS HE AWAITS FLIGHT; French Flier
Weds Pauline Parker, New York Chorus Girl, in Portland, Me. COURTSHIP OF TWO
WEEKS They Met at Old Orchard on Eve of Date First Set for Transatlantic
Take-Off.
OLD ORCHARD BEACH, Me., June 10.--Jean Assollant,
French transatlantic pilot, speaks about six words of English, and Miss Pauline
Parker, New York chorus girl, speaks no French, but the linguistic difficulty
proved no bar today when they were married is Portland after two weeks'
acquaintance […]
![]()
Monday,
Aug. 26, 1929
Seeking Divorce. Pauline Parker Assolant, onetime U.
S. chorus girl, from Jean Assolant, trans-Atlantic flyer; in Paris.

Pli transporté lors de la première
traversée
de l'Atlantique Nord par l'
« Oiseau Canari »
Tampons : 13 juin (EU) - 14 juin
(Comillas/Espagne) - 16 juin (Le Bourget/France)

Les retombées du vol de « l’Oiseau
Canari » en 1929
Publicité « Longines »
« L’ Oiseau Canari » exposé
aux Tuilerie
Publicité « Jif Waterman »
Voir
également deux publicités grand format publiées dans la célèbre revue hebdomadaire
anglaise « Flight » dans son numéro du 20 juin 1929

...
et n’oublions pas sans être chauvin, qu’un peu plus d’un an après le raid
d’ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI, le 23 juillet 1930, les Français COSTES et
BELLONTE furent les premiers à franchir l'Atlantique d'est en ouest en reliant
Paris à New York en 37 heures de vol sans escale. L'appareil était un Breguet
19 « Grand Raid » spécialement aménagé.

Petit croquis original du Breguet 19
« Point d’interrogation » dédicacé par Costes et Bellonte
Collection familiale
Envergure : 18,30 m
Longueur : 10,71 m
Hauteur : 4,08 m.
Poids
total : 6 375 kg
Vitesse : 243,5 km/h à 2 000 m
Autonomie : 9 000 km.
PAGES ANNEXES, aussi
accessibles à partir de liens posés dans la page ci-dessus
Extraits de l’Intransigeant et de l’Humanité
NOUVEAU (Mars 2010)
[PDF] Le
compte rendu du raid Paris-Hanoï du Georges-Guynemer en décembre 1927
Extraits de Paris Match 12/27 et 03/28 – Récit de René Lefèvre
[PDF]
LOTTI rencontre
ASSOLLANT
Extraits du livre d’Armand Lotti « L’Oiseau Canari » -
1968
Jean
ASSOLLANT – Articles de presse
Les principaux articles de presse conservés par la famille
Bernache-Assollant
Revue
FLIGHT 1929 - Jean ASSOLLANT – « L'OISEAU CANARI »
Le premier journal de l’aéronautique hebdomadaire dans le monde.
Créé en Janvier 1909 - Fondateur et éditeur : Stanley Spooner
Les principaux articles parlant de Jean ASSOLLANT et de l’ « Oiseau
Canari » en 1929
L’équipement
radio de l’Oiseau Canari
Extrait d’un numéro de la revue « L’Afrique du Nord
illustrée » de 1929
NOUVEAU (Septembre
2011) [PDF] Pierre
Weiss parle d’Assollant, Lefèvre et Lotti
Extrait de « L’Espace » du commandant Pierre Weiss -
1929
NOUVEAU (Avril
2011) [PDF] « L’avenir
des Avions Transtlantiques »
Extrait de la « Revue des Vivants » d’Henry de Jouvenel
de Juillet 1929
4 double pages extraites d’un document interne « Revue &
Bulletin Technique de la Société Française HISPANO SUIZA »de juin 1930
[PDF] La saga d’ASSOLLANT et LEFÈVRE à travers les articles de « L’Ouest Eclair »
La plupart des articles consacrés aux deux pilotes de 1926 à 1934
dans ce grand quotidien régional français
[PDF] Les progrès de l’Aéronautique en 1929
Article publié le 24 décembre 1929 dans le « Journal des
débats politiques et littéraires »
NOUVEAU (Décembre
2010) [PDF] La
coupe Schneider 1931 – Hommage à Jean ASSOLLANT
Article publié par « L’Echo Sportif d’Afrique du Nord »
du 11 septembre 1931
NOUVEAU (Septembre 2010) [PDF] L’année 1932 de Jean ASSOLLANT
Articles de journaux et photographies – Potez 36 – Bernard 74 –
Morane Saulnier 230 – Air Race de Cleveland (Ohio)
NOUVEAU (Septembre
2010) [PDF] L’année
1932 de Jean LEFÈVRE
Articles de journaux et photographies – Peyret-Mauboussin XI –
Paris-Madagascar – Paris-Saigon
NOUVEAU (Décembre
2010) [PDF] « L’Utilisation
de l’Acier Inoxydable dans l’Aéronautique »
Etude publiée sous la signature de Jean ASSOLLANT dans la revue «L’Aéro »
du 13 juillet 1933.
NOUVEAU (Décembre
2010) Images
de Magadascar en 1932/1936 à l’arrivée de Jean ASSOLLANT
Plus de 125 photos accompagnées d’articles du journal « Le
Madégasse »
[PDF] Tananarive/Broken
Hill - ASSOLLANT et LEFÈVRE - 1934
FLIGHT. May 10, 1934 - FRENCH
SERVICE TO MADAGASCAR
NOUVEAU (Décembre 2010)
[PDF] « Comment
on repère une nouvelle ligne d’aviation » par ASSOLLANT
Récit du convoyage des deux
trimoteurs S.C.P.A. entre Istres et Tananarive en juin/juillet 1934 par
ASSOLLANT et LEFÈVRE publié dans la de la revue française « L’Aéro » du 17 août 1934
NOUVEAU (Décembre 2010)
[PDF] « En
plein vol sur la brousse » par ASSOLLANT et LEFÈVRE
Récit publié dans la de la revue française « L’Aéro » du
5 octobre 1934
suivi d’informations sur le
fonctionnement du courrier aérien à Madagascar
[PDF] La prise d’armes du 16 mars 1935 à Ivato
La Dépêche de Madagascar
[PDF] Jean
ASSOLLANT raconte : incident et accident en 1936
La Dépêche de Madagascar
[PDF] Le
récit de TITAYNA : La première passagère ayant fait la ligne France
Madagascar
La Dépêche de Madagascar
NOUVEAU (Février
2010) [PDF] L’attaque
de Madagascar par les Britanniques en mai 1942 – L’opération
« Ironclad »
[PDF] Jacques NOETINGER parle d'ASSOLLANT
Extraits de : « L'Aviation, une révolution du XXe
siècle »
[PDF] La commémoration du 80ème anniversaire sur la plage de Oyambre en Espagne
19 septembre 2009
Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre
du marche de la 5° - Livre
de marche de la 6°
Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT

Voir aussi :
Le raid Assollant - Lefèvre - Lotti
http://fandavion.free.fr/assolant.html
« Les
avions de records français » par Gérard Hartmann
http://www.hydroretro.net/etudegh/avionsrecordfrancais192832.pdf
Le Bernard 191 GR
http://www.aviafrance.com/9537.htm
Le Bernard 191R au musée de l’air
http://www.pyperpote.tonsite.biz/pages/bernard2pag.html
Air Madagascar par Jacques Lalut
http://www.arppnac.com/arppnac/carrefour/compagnies/airMad/AirMadTextes1.html
Le livre d’or de l’aviation malgache de Jean-Pierre et
Christine Pénette
http://ftp.simicro.mg/ (Site Internet présentant l’ouvrage)
Le livre d’or de l’aviation malgache
(extraits) (de Google books)
La site de Franck ROUMY, consacrée à l’aviation dans
l’océan indien
http://madaroums.perso.sfr.fr/
Bloch MB120
http://www.dassault-aviation.com/fr/passion/avions/bloch-civils/mb-120.html
Histoire du groupe GC III/6 ( 3/6)
http://www.bibert.fr/Joseph_Bibert.htm
MISE AU PIQUET !
(01/2012)
M. ALBAN
LANNÉHOA qui signe une courte
biographie de Jean Bernache Assollant, en « piquant » sans autre
forme de procès toutes les photographies qu’il publie à cette page Internet...
Cette biographie publiée, sur un forum d’aviation
coutumier de cette pratique, contient de plus quelques maladroites
contrevérités...

Pour l’en féliciter : aa-vespasiano@hotmail.fr
HONTE ABSOLUE (06/2011)
à MONSIEUR
« N.V. »
Un certain Monsieur « N.V. » a publié le
jeudi 23 juin 2011, sur un forum à vite oublier, un texte même pas drôle et
d’une imbécillité accablante, voulant relater l’aventure de « l’Oiseau
Canari », allant jusqu’à diffamer bêtement ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI... On se demande bien
pourquoi ?
Ci-dessous, le message que je lui ai envoyé
immédiatement :
« Je viens de lire votre prose
consternante sur l’aventure de l’Oiseau Canari...
Rien d’autre à dire : consternant...
Tellement... consternant... que je
n’interviendrai pas dans le débat...
C’est finalement... consternant... de voir
comment les vieux soixante-huitarts sur le retour, qui ont eu tout faux toute
leur vie (et ils le savent !), deviennent « révisionnistes » en
fin de parcours par amertume absolue en faisant le médiocre bilan de
celui-ci !!!! C’est dit. C’est tout. Je coupe !
Joyeux nouveaux délires, si vous avez besoin
de ce genre d’adrénaline pour...
« On ne discute pas avec les brouettes, on les
pousse ! » aimait à dire Jean
ASSOLLANT !!! »