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Capitaine Jean Charles Abel BERNACHE ASSOLLANT (1)

Pilote à l’état-major du GROUPE de CHASSE

GC 3/6

 

 

Jean ASSOLLANT

 

Jean ASSOLLANT (1)

Gloire de l’aviation civile et militaire française.

Juste avant le départ de l’« Oiseau Canari » en 1929

(1) souvent écrit par erreur Jean ASSOLANT

 

Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre du marche de la 5° - Livre de marche de la 6°

 

Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT

 

Nota : De très nombreux autres liens peuvent être trouvés sur cette page. Ils renvoient vers des pages annexes, des vidéos, des photographies, des articles de presse, des documents divers : cartes, extraits de livres, autres sites internet…

Bonnes recherches…

 

Pour atteindre directement un chapitre :

L’Exploit (1929) - Les débuts (1905-1929)Après l’exploit (1929-1934)Madagascar (1934-1940)Groupe de chasse GC III/6 (1940)Ironclad (1942)

Un homme attachant

Aller directement au sommaire de toutes les pages disponibles en annexe : ajouts périodiques

 

 

1929-2009 : 80ème anniversaire de la première traversée française de l’Atlantique

 

MIMIZAN : Commémoration (affiche) les 13 et 14 juin 2009

Ecoutez l’enregistrement fait sur la station «Fréquence Grands Lacs» le 08 juin 2009

 

SAN VICENTE DE LA BARQUERA – COMILLAS : Commémoration (affiche) (photos) le 19 septembre 2000 sur la plage de OYAMBRE

 

 

 

 

 

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Première traversée française de l'atlantique - Le filmL’EXPLOIT

 

 

Les images ou la vidéo de l’exploit

La préparation, le vol et l’atterrissage,

L’arrivée : Jean Assollant, René Lefèvre , Armand Lotti et Arthur Schreiber

 

 

 

Il se rend célèbre deux ans après Lindbergh, en étant aux commandes de l’« Oiseau Canari » lors de la première traversée française de l’Atlantique nord. Il n’a que 24 ans au moment de son exploit.

 

Il pilote pour cela un Bernard 191 « Grand Raid », entièrement peint en jaune avec un équipage de trois hommes ; Jean ASSOLLANT le pilote, René LEFÈVRE le navigateur et Armand LOTI, radio et aussi commanditaire du vol.

 

 

Bernard - "Oiseau canari"

 

BERNARD « Oiseau Canari » Grand Raid

Racheté par le gouvernement en 1932 - Musée du Bourget

 

L’ « Oiseau Canari » est un dérivé du Bernard 19, prototype dessiné en 1927 par Galtier, ingénieur aéronautique de la Société des Avions Bernard et construit en 1928. Ce monoplan à aile haute était prévu pour des vols commerciaux sur longue distance et des grands raids. Les Bernard 19 ont été classés en plusieurs dérivés selon leur motorisation, et ceux équipés de V12 Hispano Suiza de 500 CV sont dénommés 191 GR. Ils seront construits à trois exemplaires.

 

Le deuxième exemplaire (*), de couleur jaune, et baptisé « Oiseau Canari », est acheté par Armand Lotti, alors sous-directeur de l'hôtel Lotti, rue de Castiglione à Paris, et est préparé et mis au point par l’ingénieur mécanicien Raoul Leroy de la société Hispano Suiza qui accompagnera l’avion

 

Caractéristiques techniques : voir le profil 3 vues de l’avion

 

* Envergure: 17,30 m

* Longueur: 12,80 m

* Surface portante: 42,90 m2

* Masse à vide: 2 120 kg

* Masse maxi: 5 780 kg (9 réservoirs, 2 980 kg d’essence)

* Moteur: Hispano Suiza 12 Lb de 600 ch

* Vitesse maxi: 245 km/h

* Autonomie: 5 400 km

* Plafond: 5 000 m

 

 

(*) Le premier exemplaire, peint en rouge et nommé « Le France » fut la propriété du capitaine Louis COUDOURET (as 14/18 de la SPA 12 « Les Cigognes ») qui, après un échec en août 1928 au Bourget, préparait aussi en juin 1929 la traversée de l’Atlantique à partir de Séville avec Louis MAILLOUX. Il détruisit l’appareil et se tua près d’Angoulême en le ramenant au Bourget le 7 juillet 1929, faute d’avoir pu obtenir les autorisations nécessaires, et du gouvernement français et du gouvernement espagnol. Ce fut la gloire pour les uns et l’oubli pour les autres. Le troisième exemplaire vola pour quelques records sans grand intérêt avec Antoine PAILLARD aux commandes.

 

Voir quelques photographies grand format

Merci à Jean Paul ARNOUL qui a fourni plusieurs originaux, œuvres de son grand‑père André ALIBERT, photographe au Bourget entre les deux guerres (Studio André).

 

 

Le bel avion s’envole de « Nord Old Orchard Beach » dans l’Etat du Maine au Etats-Unis, au nord de Boston, le 13 juin 1929 un peu après 15h00 GMT (10h00 locale) avec un mélange de 3900 litres d’essence et de 600 litres de benzol. Il porte une immatriculation américaine : NY-9422

 

Le vol est plus difficile que prévu ; après un roulage étonnamment long sur la magnifique plage et un arrachage en catastrophe, un passager clandestin un peu suicidaire, nommé Arthur Schreiber, jeune journaliste américain de 22 ans qui voulait se rendre célèbre, sort de la queue de l’avion où il s’est caché la veille et se présente à l’équipage éberlué, habillé de cuir comme un vrai pilote : "Here I am !".

 

La première réaction de Jean ASSOLLANT aurait été de crier à LEFÈVRE : " Passe-le par la porte....et vite ! ". Puisqu'il le faut, ils continueront leur voyage avec ce premier « passager clandestin » de l'histoire de l'aéronautique, mais ils jetteront à l’eau le matériel de survie, quelques sacs postaux et le champagne prévu pour l’arrivée ! Une condition est cependant exigée par LOTTI ; s’il écrit un jour ses mémoires, SCHREIBER devra abandonner la moitié de ses droits et bénéfices éventuels à l'équipage. Qu'importe ! Pour le jeune américain, c'est le baptême de l'air et il n'en revient toujours pas d'être parvenu à ses fins ! Il signe donc avec LOTTI, un document de renoncement que celui-ci rédige de sa main en anglais, le premier acte sous sein privé rédigé dans les airs et probablement le seul ! Le vol se poursuit et grâce à l’équipement radio dont l’Oiseau Canari est équipé, les journaux du monde entier peuvent suivre toutes les péripéties de l’aventure et en faire leurs gros titres.

 

 

Oiseau Canari - Départ d'Orchard Beach

Oiseau Canari - Départ d'Orchard Beach

Oiseau Canari - Départ d'Orchard Beach

 

Halage de l’ « Oiseau Canari » vers la plage

 

« Nord Old Orchard Beach »

Remplissage des réservoirs

L’ « Oiseau canari » au fond, et le « Flash Green »

Prêts au départ…

 

Lotti, Yancey ,Lefevre, Assollant, Williams - 13 juin 1929 - Orchard Beach

Williams, Assollant, Lefevre , Yancey - 13 juion 1929 - Orchard Beach

Envol de l'Oiseau Canari - 13 juin 1929 - Orchard Beach

 

Lewis YANCEY (2) et Roger WILLIAMS (5)

Pilotes américains préparant un vol derrière

LOTTI (1), LEFÈVRE (3) et ASSOLLANT (4)

au départ des Français à Old Orchard Beach

 

Roger WILLIAMS (1)et Lewis YANCEY (4)

Pilotes américains préparant un vol derrière

ASSOLLANT (2) et LEFÈVRE (3)

au départ des Français à Old Orchard Beach

 

Une des rares photos du décollage de l’« Oiseau canari »

“Nord Old Orchard Beach”

14 juin 1929

 

 

Le supplément de poids non prévu, qui a failli lui être fatal au départ et des conditions atmosphériques exécrables décide l’équipage à mettre le cap plus au sud vers l’Espagne, en visant la ville de Vigo, avec un survol préalable des Baléares qui sont atteintes après 19 heures de vol. La côte espagnole est survolée après presque 27 heures de vol, mais plus au nord que prévu. Pas de piste à Oviedo, ni à Gijon, le vol doit continuer et ASSOLLANT finit par se poser d’extrême justesse vers 20h40 sur la plage de Oyambre, les roues dans l’eau près du petit village de Comillas. Le vol aura duré plus de 29h. Un monument sera érigé plus tard à l'endroit où s'est posé l’« Oiseau Canari ».

 

 

Olad Orchard, Colmillas, Mimizan, Cazaux, Le Bourget - Vol de l'Oiseau Canari

 

L'oiseau Canari - Plage de Oyambre - Comillas

L'Oiseau Canari - Plage de Oyambre - Comillas

Envol de l'Oiseau Canari - Plage de Oyambre - Comillas

 

Comillas - Plage de Oyambre - 15 juin 1929

Les aviateurs espagnols Iglesias et Jimenez

livrent 150 l d’essence à bord d’un Breguet

 

Comillas - Plage de Oyambre - 15 juin 1929

Mise en ligne de l’« Oiseau Canari »

La marée est trop haute pour le décollage

Comillas - Plage de Oyambre - 16 juin 1929

Décollage de l’« Oiseau Canari » pour Cazaux

 

L'Oiseau Canari à Mimizan

L'Oiseau Canari à Mimizan

L'OIseau Canari à Mimizan

 

Plage de Mimizan – Matinée du 16 juin 1929

Panne d’essence avant d’arriver à Cazaux

 

 

Plage de Mimizan – Après midi du 16 juin 1929

Ravitaillement en essence

 

Plage de Mimizan – Après midi du 16 juin 1929

L’Oiseau Canari a du être halé sur le haut de la plage

par des mulets pour échapper à la marée.

 

Cazaux - L'Oiseau Canari - 16 juin 1929

Cazaux - L'Oiseau Canari - 16 juin 1929

Cazaux - L'Oiseau Canari - 16 juin 1929

 

Cazaux – 16 juin 1929

L’arrivée de l’« Oiseau Canari »

 

Cazaux – 16 juin 1929

Préparation de l’« Oiseau Canari » pour son vol vers Le Bourget

Cazaux – 16 juin 1929 – 17h50

Départ de l’« Oiseau Canari » pour Le Bourget

 

 

L’avion peut repartir à 10 heures le 16 juin pour Cazaux sans son passager clandestin, mais faute d’avoir pu faire un plein suffisant en Espagne, il doit s’arrêter sur une plage de Mimizan. Là aussi, un monument sera élevé à la gloire des trois héros. Finalement, l’« Oiseau Canari » atterrit triomphalement à Paris Le Bourget dans la soirée. La revue française d’aviation bimensuelle « L’air », dans ses numéros 231 du 15 juin et 232 du 1er juillet 1929, fait un intéressant compte rendu de leur exploit, tout comme la revue « Les Ailes » dans son numéro 418 du 20 juin. L’hebdomadaire aéronautique anglais « Flight » a également donné tout au long de l’année 1929 des informations sur la préparation, la traversée et la tournée du « Yellow Bird ». On peut consulter ici tous ces articles parlant de Jean ASSOLLANT. Sa famille a également conservé de nombreux articles découpés dans des journaux français de l’époque que l’on peut voir en cliquant sur cet autre lien.

 

 

L'arrivée de l'Oiseau Canari au Bourget le 16 juin 1929

Armand Lotti et Arthur Schreiber - Le Bourget - 16 juin 1929

 

L’arrivée de l’« Oiseau Canari » au Bourget

 

Armand LOTTI et Arthur SCHREIBER au Bourget

 

Poste de pilotage de l'Oiseau Canari

Poste radio de l'Oiseau Canari

Jean ASSOLLANT et l'OIseau Canari au Bourget

Armand LOTTI , Jean ASSOLLANT et René LEFEVRE - Tournée européenne avec l'Oiseau Canari

Poste de pilotage

de l’« Oiseau Canari »

Photographie « Pyperpote »

Equipement radio

de l’« Oiseau Canari »

Jean ASSOLLANT au Bourget

devant l’« Oiseau Canari »

 

Armand LOTTI, Jean ASSOLLANT

et René LEFÈVRE à Prague en 1929

Tournée européenne suivant l’exploit

 

 

Schreiber - Passager clandestin de l'Oiseau Canari  Schreiber - Passager clandestin de l'Oiseau Canari

 

Loti - Assollant - Lefevre

Lefevre - Assollant - Schreiber - Lotti

Image de collection des Chocolats "Coop"

L'Aviation, une révolution du XXème siècle de Jacques Noettinger

Mimizan les Bains, Première traversée française de l'Atlantique Nord de Georges Cassagne

Il Secolo Illustrato 1929

LOTTI - ASSOLLANT - LEFÈVRE

Journal des Voyages

n°148 du 04/07/1929

Les Vainqueurs de L'Atlantique

LEFÈVRE - ASSOLLANT

LOTTI – SCHREIBER

 

Image de collection

des Chocolats « COOP »

« Voyages interplanétaires »

ASSOLLANT et LEFÈVRE

et l’« Oiseau Canari »

« L’oiseau Canari »

d’Armand LOTTI

Calman-Lévy – 1968

Lire l’extrait consacré à

 la rencontre d’Armand LOTTI

 et de Jean ASSOLLANT

« L’aviation – Une révolution

du XXe siècle »

de Jacques NOETINGER

Nouvelles Editions Latines - 2005

Lire l’extrait consacré

à l’« Oiseau Canari »

 

« MIMIZAN LES BAINS

Première traversée française

de l’Atlantique Nord »

de Georges CASSAGNE

Atlantica

Fascicule publié pour le 80ème

anniversaire de la traversée

 

 

 

La dédicace de l’ouvrage d’Armand LOTTI est la suivante : « A Jean ASSOLLANT, mon frère, qui fut brave et loyal jusqu’à la mort ». La préface en a été rédigée par le Général d’Armée Aérienne Paul STEHLIN, capitaine d’active au début de mai 1940 lorsqu’il rejoint le Groupe GC III/6, alors que Jean ASSOLLANT y est capitaine de réserve depuis plusieurs mois. Lors de la mort glorieuse du Commandant Pierre CASTANIER fin mai, c’est STEHLIN qui assurera « casus morti » le commandement des deux escadrilles du III/6 en ayant la grande chance d’avoir des pilotes chevronnés et aguerris comme André CHAINAT et Jean ASSOLLANT dans son état-major, étant donné que sa carrière a été plutôt « politique » jusqu’alors.

 

 

Monument Assollant, Lefèvre,- Lotti  - Comillas - Plage de Oyambre

 

Monument Assollant,  Lefèvre,  Lotti - Comillas - Plage de Oyambre

Monument Assolllant, Lefèvre, Lotti - Mimizan

Monument Assollant, Lefèvre, Lotti - Mimizan

Monument Assollant, Lefèvre, Lotti - Mimizan

Comillas - Espagne

Plage de Oyambre (*)

 

Mimizan Plage (40) - Front de Mer

Carrefour de l'avenue de la Côte d'Argent

et de la rue Assollant-Lefèvre-Lotti

 

Plaque commémorative de la traversée du 16 juin 1929

Assollant est écrit avec un seul L par erreur

2009 – 80ème anniversaire

Plaque commémorative

Assollant est maintenant écrit avec deux L

Mais pourquoi J.P. ?

 

Les photographies du monument de Mimizan proviennent du site :

 

 

(*) Photographies de 2006 - Manuel Sanchez de Movellán, Marquis de Movellán déclare à l’automne 2008 :

 « Le 8 septembre de 1929, on a inauguré un monument sur la plage de Oyambre pour rappeler le vol de L’« Oiseau Canari ». Etaient présents, des hauts dignitaires espagnols et français, ainsi que le Nonce de la SS, le Cardinal Tedeschini, et deux petits escadrons ; l'un espagnol venant de Burgos et l'autre français. La marraine du monument a été Dona Angustias Martos, comtesse de Ruiseñada, belle-fille du Marquis de Comillas et mère de l'actuel Marquis, D.Alfonso Ginelly Martos. Le monument est aujourd’hui dans un piteux état, à moitié démoli par les ravages de la mer et il est très possible qu’il ne résiste pas à l’hiver, à moins que les autorités ne fassent d’urgence quelque chose pour y remédier. Il est vraiment regrettable qu’un monument qui rappelle l’âge héroïque des pionniers de l’aviation en Cantabrie, disparaisse dans l’indifférence, à cause de l’apathie de nos dirigeants »…

 

El monumento "Pajaro Amarillo" - Plaja de oyambre

 

Septembre 1929 : Inauguration du monument « PÁJARO AMARILLO » sur la plage de Oyambre

 

 

« Es ésta la playa donde aterrizó el primer avión trasatlántico que tocó tierra española. Fue el "Pájaro Amarillo" en vuelo directo de Old Orchand (EE UU) y tripulado por Sollant,  Lefèvre y Lotti. El recuerdo a la hazaña se completa con tres versos del poeta comillano Jesús Cancio :

 

Aquí hizo un alto en su glorioso vuelo

un águila de espíritu romántico

que atravesó el desierto del Atlántico... ».

 

 

« C'est sur cette plage qu’a atterri le premier avion transatlantique sur la terre espagnole. Il s’appelait « L’Oiseau Canari" et arrivait en vol direct d'Old Orchard (États-Unis). Son équipage était Sollant, Lefèvre et Lotti. Le souvenir de l'exploit est complété par trois versets du poète comillanais Jésus Cancio :

 

Ici, s'est arrêté dans sa fuite glorieuse

un aigle à l’esprit romantique

qui a traversé le désert de l'Atlantique ... »

 

 

Septembre 2009 : Restauration partielle du monument, à l’initiative de Manuel Sanchez, Marquis de Movellán

 

19 septembre 2009 : L’action du Marquis de Movellán a porté ses fruits. La ville San Vicente De La Barquera a ouvert le 19 septembre 2009 pour une durée de 3 semaines une exposition pour commémorer le 80ème anniversaire de la traversée du « PÁJARO AMARILLO ». Le monument qui était complètement tagué a été nettoyé, restauré en partie et provisoirement protégé des effets de la marée. Un projet plus ambitieux est à l’étude pour le déplacer de la plage sur la terre ferme. Une manifestation dont on peut lire le programme officiel a eu lieu lors de l’ouverture de cette exposition. Côté français étaient présents le capitaine de vaisseau Olivier Debrai, Attaché de Défense auprès de Mr Bruno Delay, Ambassadeur de France à Madrid, Madame Isabelle Lotti, la fille du promoteur du vol historique et Guillaume Bernache Assollant, un neveu du célèbre pilote. Côté espagnol, outre les autorités locales, étaient présents Sr. Miguel Ángel Revilla, Gouverneur de la Province de Cantabrie et bien entendu le Marquis de Movellán, grand connaisseur de l’histoire de l’aviation et de l’épopée de l’« Oiseau Canari » puisque son père avait noué de solides liens d’amitié avec les héros français. Un petit avion de tourisme s’est posé là où avait atterri l’« Oiseau Canari » en 1929 et a accompli ensuite un vol du souvenir de Oyambre à Mimizan dans les traces du bel oiseau…

 

Oiseau Canari - Oyambre

Photo satellite de la plage de Oyambre

 

Plage de Oyambre

Voir 16 photographies de la commémoration du 19 septembre 2009

(Ediaromontanes)

 

Enceloppe  commémorative Oiseau Canari 1929/1979

Enveloppe commémorative Oiseau Canari 1929/1979

Carte commémorative Oiseau Canari de 1929/1979

Enveloppe et cartes commémoratives du cinquantenaire de l’exploit en 1979

 

Enveloppe commémorative Oiseau Canari 1929/2009

Enveloppe commémorative Oiseau Canari 1929/2009

Enveloppe commémorative officielle du 80ème anniversaire de l’exploit en 2009 (recto et Verso)

 

Départ de l'Oiseau Canari

L'Oiseau Canari à Oyambre

L'Oiseau Canari au Bourget

Illustrations de « EL PÁJARO AMARILLO EN OYAMBRE » de Carmen Cabezón - Edita: Creática 2009

 

 

Plaque commémorative à Old-Orchard

 

La plaque commémorative des différents raids transatlantiques

qui a été posée à Old Orchard (Etats-Unis – Maine) le 29 août 1971

(Document aimablement fourni par Michel Bocquet)

 

 

Voir aussi l’article du TIME en bas de page.

 

 

 

 

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LES DÉBUTS

 

Jean ASSOLLANT est né à Versailles le 26 septembre 1905, au domicile de ses parents, rue d’Anjou. Son père, Georges ASSOLLANT, était alors lieutenant au 11ème régiment d’artillerie. C’était un polytechnicien de la promotion 1890, celle d’Albert LEBRUN qui sera élu Président de la République en 1932 et en 1939, mais dont le deuxième mandat sera abrégé par les pleins pouvoirs votés au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Le capitaine ASSOLLANT a eu une conduite héroïque pendant la grande guerre où bien qu’officier d’artillerie il a souvent participé à des assauts. Cet « As des Crapouillots » a reçu neuf citations et a été blessé sept fois. Il a été fait officier de la Légion d’honneur en juillet 1917, distinction rare pour un officier de son grade. Commandant à la fin de la guerre, sa croix de guerre s’orne de 5 palmes et il est pensionné pour invalidité à 90%. Il prend sa retraite en 1924 et est versé comme lieutenant-colonel dans la réserve, en devenant chef des services administratifs de l’Institution Nationale des Invalides. Il sera fait Commandeur de la Légion d’Honneur en 1932.

 

 

Le Lieutenant Georges ASSOLLANT - Polytechnique 1890

Jean ASSOLLANT vers 1918

 

Lieutenant Georges ASSOLLANT

Promotion 1890 de l’Ecole Polytechnique

 

Jean ASSOLLANT

Vers 1918

 

Photographies de la collection privée de la famille Bernache-Assollant – Reproduction interdite

 

L’inclination pour l’aviation de Jean BERNACHE-ASSOLLANT date de son adolescence : Il faisait volontiers l’école buissonnière pour aller regarder les aéroplanes voler au-dessus de Buc. Le célèbre Nungesser se prit même d’amitié pour lui et alla jusqu’à lui donner quelques notions de pilotage. Il obtient la première partie de son baccalauréat sciences, mais il rêve d’autres aventures. Il rentre d’abord dans la marine marchande comme élève officier, pour satisfaire les désirs de sa famille, éplorée par la mort de deux proches parents victimes d’un accident aérien. Finalement, sa première passion est la plus forte, et après plusieurs voyages mouvementés France - Amérique, dont un naufrage, il s’engage finalement le 8 novembre 1923 pour 4 ans et devient élève-pilote à Istres. Breveté pilote militaire n° 20.336 le 21 août 1924 alors qu’il n’a pas encore 19 ans, il est affecté au 32ème régiment d’aviation de Dijon où il sera nommé caporal le 1e septembre et sergent le 2 mars de l’année suivante.

 

Insigne SPA 15      Insigne SAL 105      Insigne BR 211

 

1924 : 32è RA Dijon – 5è escadrille (SPA 15)     1925 : 37è RA Maroc - 10è escadrille (SAL 105)    1926 : 34è RA Le Bourget – 1è escadrille (BR 211)

 

Il se porte volontaire pour la campagne du Maroc de 1925. Les unités aériennes opérant au Maroc sont alors celles du 37ème régiment d’aviation (RA) où il est affecté le 26 mai 1925 (26 juin 1925 à la 10ème escadrille) sous le commandement du colonel Paul ARMENGAUD. Anciennement numérotées Vr 551 et F.553, les 1ère et 4ème escadrilles du régiment sont équipées, comme la plupart des autres escadrilles, du biplan biplace Breguet 14A2, un appareil particulièrement robuste et polyvalent. En vue de l’offensive de mai, ces deux escadrilles sont détachées du 37ème RA au profit du groupement tactique DUFIEUX, dont elles constituent le 1er groupe d’aviation, sous les ordres du commandant BLAIZE. Si l’état-major du groupe d’aviation demeure à Fez, la 1/37 est basée, elle, à l’est sur le terrain avancé d’Ain Aicha, tandis que la 4/37 stationne, plus à l’ouest, sur la plate-forme de Beni Malek. Une troisième escadrille est placée en réserve à Fez. C’est dans ce contexte que l’avion de Jean ASSOLLANT, est touché pendant une reconnaissance, mais il peut le poser en catastrophe entre les lignes ; son Observateur est mortellement blessé. Il reçoit la Croix de Guerre et la Médaille militaire. A 19 ans 1/2, il devient le plus jeune médaillé de France où il est rapatrié le 28 juin 1926.

 

 

Sergent ASSOLLANT - Vers 1925 - Nieuport 29 de la SPA 15

Jean ASSOLLANT et René LEFEVRE - 1927 - Tour de France en 20 heures

Sergent ASSOLLANT - Vers 1927

 

Jean ASSOLLANT à Dijon en 1925

devant un Nieuport 29 de la SPA 15 (voir nota)

 

Premiers exploits

Jean ASSOLLANT et René LEFÈVRE

24 mai 1927

Jean ASSOLLANT en 1927

 

Nota : La SPA 15 qui appartenait au 2ème RAC de Strasbourg depuis 1920 est stationné à Dijon Longvic à partir de 1924 comme 5ème escadrille du 32ème. Les Nid 29 lui sont livrés jusqu'à septembre 1924. C'est la 37ème RAO qui a été concernée par le conflit de la guerre du Rif, avec les BR 201 et 219 (13ème  et 14ème  escadrilles du 32ème de Dijon) qui le rejoindront en renfort de juin 1925 à juillet 1927. La SPA 15 n’a pas été impliquée par la guerre du RIF. (Merci à Dan Gilberti, Henri Guyot et Jacques Moulin pour ces précisions).

 

 

Préparation du Raid vers la Russie - Commandant WEISS et Jean ASSOLLANT - Août 1928

 

Raid Paris-Hanoï 1927

 

Raid Paris-Hanoï 1927

 

 

Document original de la main de Jean ASSOLLANT

La préparation du Raid du Commandant WEISS et de Jean ASSOLLANT vers la Russie sur un Potez 25 - Août 1927

 

Document original de la main de Jean ASSOLLANT

Préparation du raid Paris-Hanoï – 12/1927

 

 

Raid Paris-Hanoï 1927

Raid Paris-Hanoï 1927

Raid Paris-Hanoï 1927

Annonce du raid Paris-Hanoï dans la presse

Novembre 1927

 

Tentative de raid Paris Hanoï en 1927 sur Lioré et Olivier Lé0 20

Sergent René LEFÈVRE - Lieutenant Adrien MION, pilote

Colonel ANTOINAT, chef d'expédition et navigateur

Sergent major Laurent BOSSON mécanicien et sergent BERNACHE ASSOLLANT pilote

 

Décembre 1927

« La Vie Aérienne et Sportive »

L’équipage du Georges Guynemer

 

Documents et photographies de la collection privée de la famille Bernache-Assollant – Reproduction interdite

 

Lire le compte rendu du raid Paris-Hanoï du Georges-Guynemer dans la revue Paris-Match sous la plume de René Lefèvre

 

C’est à ce moment que la destinée de Jean ASSOLLANT bascule, puisqu’il est affecté le 26 septembre 1926 à la 1ère escadrille du 34ème Régiment d’Observation du Bourget, où il va se réengager pour un an à compter du 8 novembre 1927, avant d’être admis dans le corps des sous-officiers de carrière le 24 octobre 1928. Le 34ème du Bourget est à la pointe de l’aventure aérienne, très populaire alors dans le monde entier, et sous l’impulsion de chef prestigieux les jeunes aviateurs militaires du Bourget multiplient les exploits. Leurs noms apparaîtront régulièrement dans la presse et ils deviendront ainsi familiers du grand public. Dès le 1er octobre 1926, ASSOLLANT réalise le meilleur temps de l’année sur le parcours Paris-Pau-Paris (1400 km.) ; parti du Bourget à 8h00 il est de retour à 17h00 après 8h de vol. Le 24 mai 1927 (voir coupure de presse plus haut), avec son camarade René Lefèvre, c’est une boucle de 3 600 km. qui est effectuée en 20 heures au dessus du territoire français. Du 11 au 18 août (voir document plus haut), c’est avec le commandant WEISS qu’il réussit une croisière européenne de 8000 km., passant par Kazan en Russie, en 40 Heures de vol. Dans les derniers jours de l’année 1927, le 21 décembre, c’est le départ du LéO 20 baptisé « Georges Guynemer » pour le raid Paris Hanoï du colonel ANTOINAT, qui s’achève malheureusement le 29 décembre dans la confusion à Rayack au Liban, après de nombreux problèmes techniques dus à une météo épouvantable, et un atterrissage forcée en Turquie entraînant de sérieuses difficultés politiques.

 

En 1928, c’est donc tout naturellement que le jeune Armand LOTTI fait appel au sergent-chef ASSOLLANT pour le raid qu’il projette clandestinement en grand secret. Jean ASSOLLANT entraîne dans l’aventure son ami René LEFÈVRE, aussi sergent au 34ème. Régiment d’aviation du Bourget, avec la complicité bienveillante du commandant WEISS.

 

Commandant Pierre WEISSGénéral Pierre WEISS

 

Pierre WEISS (1889/1970) – Général de Division aérienne en 1945 – Aviateur et écrivain

 

Lire un article consacré à Pierre WEISS le 6 mai 1932 dans le journal « L’AFRICAIN »

 

A cette époque, le financement public des raids a été suspendu en France à cause de nombreux échecs tragiques, et la décision de les interdire complètement est sur le point d’être prise. Les deux sergents, en prenant quelques libertés avec la discipline militaire pour mener à terme leur projet, décollent une première fois du Bourget le 3 septembre 1939, avec leur commanditaire LOTTI, qui voulant rester incognito s’est caché dans l’appareil, mais qui sera quand même repéré par un journaliste... Après plusieurs incidents et quelques nouveaux départs, cette tentative un peu rocambolesque s’achève définitivement quelques jours plus tard à Casablanca dans une certaine confusion. Elle déclenche les critiques d’une presse toujours prête à passer de l’enthousiasme aux sarcasmes, sans aucune pudeur et honte, selon l’humeur du temps et l’attente de ses lecteurs, ce qui mortifie nos Aventuriers et tout particulièrement ASSOLLANT, le pilote, qui est en première ligne !

 

 

Assollant et Lefèvre au Bourget – Vol d’essais de l’Oiseau Canari en vue de leur tentative du 4 septembre 1928

 

Pour plus de détails : lire « La Saga d’ASSOLLANT et LEFÈVRE » à travers les articles du quotidien « Ouest-Eclair »

 

Ils quittent finalement l’armée le 24 octobre 1928. LEFÈVRE est recruté par la Société BERNARD et Jean ASSOLLANT devient pilote sur la ligne Paris Strasbourg à la CIDNA (Compagnie Internationale de Navigation Aérienne). On connaît la suite...

 

 

 

 

 

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Jean ASSOLLANT - 16 juin 1929

 

 

APRÈS L’EXPLOIT

 

34ème Régiment d'Aviation du Bourget

 

Le 7 juillet 1929, après l’exploit et des festivités sans fin, honorés par les mêmes que ceux qui avaient tout fait précédemment pour les empêcher de réaliser leur vol et qui ont du avaler leur chapeau, les trois héros français de l’Atlantique sont réunis sur l’aérodrome du Bourget pour être cités à l’ordre de la nation, le jour de la fête du 34ème régiment d’aviation. Moment d’émotion intense, c’est le Colonel ASSOLLANT, sabre au clair, qui remet la légion d’honneur à son fils Jean, devant le front des troupes, baïonnettes étincelantes au canon, au son de cuivres retentissants.

 

 

Assollant et Lefèvre - Légion d'Honneur au Bourget

 

Fête du 34ème Régiment d’Aviation au Bourget – 7 juillet 1929

Après que Jean ASSOLLANT ait été fait Chevalier de la Légion d’Honneur par son Père, le Colonel Georges ASSOLLANT,

René LEFÈVRE reçoit à son tour des mains du Colonel POLI MARCHETTI la croix créée par l’Empereur pour les braves

 

 

 

Nomination dans l’Ordre de la Légion d’Honneur

 

Sur proposition de M. LAURENT-EYNAC, Ministre de l’Air, et après un examen par le Conseil de l’Ordre, le Président de la République a signé en Conseil des Ministres, le décret nommant dans la Légion d’Honneur :

 

ASSOLLANT : Pilote-aviateur, Chevalier, 5 ans et 8 mois de services militaires et de pratique professionnelle.

Titres exceptionnels : Sergent pilote de réserve qui pour sa brillante conduite sur les théâtres d’opérations extérieures, reçut la croix de guerre avec deux citations et la médaille militaire. A été blessé en service commandé. Doué de remarquables qualités de sang-froid, d’énergie et de maîtrise, a effectué le 13 juin 1929, avec LEFÈVRE et LOTTI, la traversée de l’Atlantique Nord, la première réalisée jusqu’alors par un équipage et un matériel français. A donné ainsi toute la mesure de sa valeur professionnelle et réalisé une performance sans précédent dans les Annales de l’Aviation Française.

 

 

ASSOLLANT et LEFEVRE - 34ème RA du Bourget - Juillet 1929

 

Jean ASSOLLANT et René LEFÈVRE avec leur « cuir » d’aviateur, entourés de leurs camarades du 34ème Régiment d’Aviation du Bourget

 

 

 

Les trois amis s’envolent ensuite pour une glorieuse tournée des capitales européennes : L’« Oiseau Canari » quitte le Bourget le 8 août pour Madrid et continue son périple par le Portugal, l’Italie, la Grèce, la Turquie, la Roumanie, la Yougoslavie, l’Autriche, la Pologne l’Allemagne et la Belgique. Le 31 août 1929, ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI se posent à Valenciennes, où ils participent à l’inauguration du monument de NUNGESSER et COLI et du mémorial des aviateurs du valenciennois morts pour la France. Ils sont de retour au Bourget, le lendemain 1er septembre (lire le récit de la traversée et de la tournée des capitales européennes dans la revue « HISPANO SUIZA » de juin 1930)

 

Pour l’anecdote il ne faut pas oublier de signaler le mariage de Jean ASSOLLANT du 10 juin 1929 à Portland, trois jours avant son départ de Old Orchard Beach, avec Pauline PARKER une belle et jeune américaine de deux ans sa cadette, rencontrée quelques jours plus tôt et exerçant la profession de « Chorus Girl » à New-York (voir articles de journaux en bas de cette page). Il ne parle pas l’anglais, elle ne comprend pas le français ! Pauline PARKER s’embarquera immédiatement sur le paquebot « Ile de France » pour aller retrouver à Paris son époux maintenant célèbre, mais l’idylle est de courte durée puisque des rumeurs de séparation, dès le 5 août, et d’une procédure de divorce, dès le 26 août, sont annoncés dans la presse américaine. Le divorce est définitivement prononcé en février 1930 et la presse « people » de l’époque ironisera.

 

On peut trouver dans un journal américain local de l’époque ce petit entrefilet : « Madame Jean ASSOLANT ne doit pas croire que le nombre mystique 13 porte la poisse : En tant que Pauline PARKER il y a 13 lettres dans son nom (comptez les), son mari a signé son certificat de mariage comme Jean ASSOLANT, nom qui a également 13 lettres (comptez les). Ils se sont mariés en s’étant rencontrés 13 jours plus tôt, il a décollé vers Paris le 13 juin et elle a prévu de le rejoindre 13 jours plus tard ». C’est peut être à partir de ce moment qu’on écrira « ASSOLLANT » avec un seul « L » dans beaucoup de journaux !

 

 

Pauline Parker et Jean Assollant

Pauline Parker - Chorus Girl à New-York - Ralph Thomas

Pauline Parker et Jean Assollant

Jean ASSOLLANT et sa jeune épouse

Pauline PARKER (mariage le 10 juin 1929)

juste avant le départ de l’« Oiseau Canari »

Article publié dans la presse française et conservé par la famille BERNACHE-ASSOLLANT

Pauline PARKER est donc vraisemblablement sur cette photo la seconde à gauche

 

Dans la presse française après l’exploit

Pauline PARKER et Jean ASSOLLANT

(photographie prise aux Etats-Unis

avant le départ)

 

 

Documents et photographies de la collection privée de la famille Bernache-Assollant – Reproduction interdite

 

 

Pauline PARKER - Dessin FX-BIBERT  Pauline PARKER et Jean ASSOLLANT  Pauline PARKER et Jean ASSOLLANT  Pauline PARKER - Dessin FX-BIBERT

  

 

La courte romance de Pauline PARKER et de Jean ASSOLLANT

 

 

Merci à Michel Boquet qui a permis la publication de certaines de ces photographies

 

 

Jean ASSOLLANT et PAuline PARKERCoupure de presse - ASSOLLANT-PARKER

 

Jean ASSOLLANT et son épouse Pauline PARKER qui vient d’arriver au HAVRE sur le paquebot « Ile de France » le 26 juin 1929

Ils ont déjeuné à DUCLAIR sur les bords de Seine à « l’Hôtel de la Poste » où a été prise cette photographie avec LEFÈVRE et LOTTI et le député M. André MARIE.

Article du Figaro du 27 juin 1929 – Photographie de la collection Jean Raymond LEGALLET

 

 

 

5 juin 1930 – Ouest Eclair

Pilote de Compagnie Pétrolifère

 

« Assollant, qui après avoir traversé l'Atlantique en compagnie de Lefèvre et de Lotti, avait repris son service comme pilote de ligne à la CIDNA vient d'entrer à l'Economique en qualité de Chef Pilote. Cette Société vient, en effet, d'acheter un avion Potez 36, moteur Salmson 95 CV. L'initiative prise par les producteurs d'Eco-Essence doit retenir l'attention de tous. Assolant, aux commandes de l'avion de l'Economique, a pour mission d'étudier les problèmes du ravitaillement dans les aérodromes, et nul n'était mieux désigné que lui pour remplir ces fonctions nouvelles. L'aviation mérite qu'on s'occupe d'elle non seulement par des encouragements, mais par des actes, et nous ne pouvons que féliciter la grande Société d'aider par l'exemple à résoudre un grand problème et d'avoir su s'acquérir la collaboration d'un pilote de la valeur d'Assollant. »

 

Cette même année 1930, le 24 avril, Jean ASSOLLANT est nommé au grade de sous-lieutenant dans la réserve. Il est aussi breveté pilote d’hydravion. Il participe à de nombreux meetings en France et à l’étranger et son nom se retrouve souvent à coté de celui de pilotes prestigieux comme on peut le voir sur un extrait du programme des journées nationales de l’aviation de Vincennes organisées par l’Aéro Club de France les 8 et 9 juin 1930. Sur les hydravions Bernard HV, il prépare à la coupe Schneider de 1931 à laquelle la France ne s’alignera finalement pas. Avec le Bernard 81GR, il participe aussi le 4 octobre 1933 avec son ami René LEFÈVRE à une tentative contre le record du monde de distance en ligne droite à partir d’Oran qui se terminera malheureusement à Karachi par suite d’une surchauffe moteur.

 

Tous ces honneurs et cette activité débordante n’empêchent pas Jean ASSOLLANT d’effectuer chaque année des périodes volontaires de réserve comme pilote de chasse, et il sera finalement promu au grade lieutenant de réserve le 23 avril 1934.

 

Coupures de journal

 

 

Hydravions Bernard HV - Coupe Schneider

 

L’évolution des hydravions BERNARD HV préparés entre 1929 et 1931 pour la coupe Schneider – HV 40 – HV 42 – HV 120 – HV 220

 

 

 

 

Bernard 80 GR - Oiseau dabnari II

 

 

Le BERNARD 80 GR (Grand Raid) « Oiseau Canari II » est construit en 1930

Il est modifié après 1931 (allongement du fuselage et du plan) pour devenir le BERNARD 81 GR et rebaptisé plus tard « Antoine Paillard »

 

BERNARD 80/81 GR "Oiseau Canari II"  "Antoine PAILLARD"

BERNARD 80/81 GR "Oiseau Canari II" "Antoine PAILLARD"

 

 

 

 

 

 

4 octobre 1933 – Préparatifs à Oran La Sénia du Bernard 81 GR « Oiseau-Canari II »

Tentative contre le record du monde de distance en ligne droite

 

 

Jean Assollant et René Lefèvre au moment du départ.

Le vol sera interrompu à Karachi, après 6 305 kilomètres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4 octobre 1933 -  Oran - La Sénia : démarrage manuel du Bernard 81 GR « Oiseau-Canari II » au moyen d’un capuchon et par traction sur des sandows.

Cet avion est celui qui avait été accidenté par Jean Mermoz et Louis Mailloux le 29 décembre 1931 à La Sénia, puis reconstruit

 

 

Merci à André Jarrige, Françoise Fouques Duparc, Suzanne Perrichon et Robert Biancotti pour ces documents

 

En dehors de leur passion pour l’aviation, Jean ASSOLLANT et René LEFÈVRE sont aussi des sportifs de haut niveau dans une discipline bien différente, puisqu’ils sont sociétaires du « Stade Français » dans son équipe de bobsleigh, épisode souvent méconnu de leur biographie. Sur la lancée de leur exploit de 1929, ils gagneront quelques compétitions en 1930 dont la « Gold Cup ». Grâce aux archives du Stade Français, gracieusement mise à disposition, on trouvera ci-dessous quelques coupures de presse de l’époque, intéressantes malgré leur mauvaise qualité.  Durant l’hiver 1932, Jean ASSOLLANT est aussi le gardien de but de l’équipe de hockey sur glace qui participe à quelques rencontres internationales.

 

 

Assollant et Lefevre - Stade français - Bobsleigh

Assollant et Lefevre - Stade Français - Bodsleigh

Assollant et Lefevre - Stade Français - Bodsleigh

Assollant et Lefevre - Stade Français - Bogsleigh

 

L’équipe de bobsleigh du Stade Français conduite par Jean ASSOLLANT en 1930

 

 

Coupures de journal

 

 

Brevet de pilote de Jean Assollant   Brevet de pilote de Jean Assollant

 

4

Brevet de Pilote de Jean BERNACHE ASSOLLANT de la « Ligue Internationale des Aviateurs »

 

Ce « brevet » qui n’est pas un document officiel est le second attribué à un pilote français ; à noter que le prénom n’est pas mentionné et qu’ASSOLLANT a été écrit par erreur avec un D. Il porte les signatures de personnalités prestigieuses : Charles Lindbergh qui, en mai 1927, âgé de 26 ans, accomplit la première traversée de l’Atlantique, un des plus fantastiques exploits de l’aventure humaine. Clarence Chamberlain qui, quinze jours après Lindbergh, réussit la deuxième traversée de l’Atlantique et qui, en atterrissant à Berlin, s’adjugeait le record mondial de distance, soit 6500 kilomètres. René Paulhan, fils de Louis Paulhan, pilote d’essai chez Amiot, Ruth Elder qui fut recueilli au large des Açores, son Bellanca étant tombé en mer à la suite d’une panne de moteur, le commandant Richard Byrd qui en juin 1927, accomplit la troisième traversée de l’Atlantique, et plus tard, devenu l’amiral Byrd, se rendit célèbre par la découverte du pôle sud, puis la découverte du continent austral et de l’Antarctique. Les compagnons d’Assollant, Lefèvre et Lotti qui furent les premiers Français à réussir la traversée de l’Atlantique le 16 juin 1929 et leur passager clandestin Arthur Schreiber ont également apposé leur paraphe…

En 1929, Assollant offrit cette carte de pilote à une petite fille en lui disant : « Garde-la précieusement, un jour, elle constituera ta dot. » La petite fille d’alors, devenus septuagénaire mis ce document historique en vente dimanche 28 juin 1987, à l’hôtel des ventes de Perros-Guirec.

C’est le docteur Cassagne, président de syndicat d’initiative de Mimizan et spécialiste incontesté de l’histoire de cette ville, qui eut l’idée de réunir les fonds nécessaires pour l’acquérir et l’offrir à la Municipalité. Ce document est actuellement visible à la « Maison du Patrimoine de Mimizan » au milieu d’autres pièces relatant le vol de l’ « Oiseau Canari. »

Merci à Monsieur Georges Robin, Président de l’ASEM-Archéologie de Mimizan, qui a autorisé la reproduction de ce document dans cette page.

 

 

 

 

 

 

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MADAGASCAR

 

René LEFÈVRE s’en va tenter sa chance aux colonies fin 1930 avec un POTEZ 36.14 à moteur Renault de 95CV. En 1931, il effectue la première liaison Tananarive – Mananjary. En 1933, à la suite de ses voyages personnels et de contacts encourageants avec le Ministre des affaires étrangères du Portugal, il présente au Gouverneur CAYLA et au Ministre de l’air Pierre COT un projet de Ligne régulière via le Mozambique, colonie portugaise, et crée les services de l’aéronautique de Madagascar, dont il devient directeur. Jean ASSOLLANT le rejoint.

 

Ce projet séduit, et deux trimoteurs S.P.C.A. 41T/218 sont alors mis à la disposition du Service de la navigation aérienne de Madagascar (SNAM) par le ministère de l'Air. Entre le 13 juin et le 13 juillet 1934, ils seront convoyés jusqu’à Ivato par René LEFÈVRE et Jean ASSOLLANT, aidés par les radios-mécaniciens VYÉ et CHOLLET.

 

Trimoteurs SCPA - Madagascar - Assollant et Lefèvre

 

Les deux trimoteurs S.P.C.A. 41T/218 de la S.A.C.M.

 

Avec ces deux avions, dès le 29 juillet 1934, ils ouvrent la ligne postale de 2400 km Tananarive - Broken-Hill en Rhodésie du Nord (actuellement Kabwé en Zambie), ce qui permet au courrier de Madagascar de s’accrocher à la ligne Londres Le Cap des « Imperial Airways ». L’excellente revue hebdomadaire anglaise « Flight » avait d’ailleurs rédigé un article à sur la préparation de ce projet dans son numéro du 10 mai 1934.

 

 

Ligne Tananarive / Broken Hill - Assollant et Lefèvre

 

De Ivato à Broken-Hill - 2200 km en 5 étapes et deux jours

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

 

Armand LOTTI, qui veut rejoindre ses deux amis ASSOLLANT et LEFÈVRE, emprunte la ligne des « Impérial Airways » en décembre 1934 jusqu’à Broken Hill et arrive à Madagascar à bord d’un des deux S.P.C.A. postal. Six ans plus tard, le trio de « l’Oiseau Canari » est ainsi reconstitué pour quelques mois.

 

Jean Assollant, René Lefèvre et Armand Lotti à Madagascar en 1934

 

Jean ASSOLLANT, Armand LOTTI et René LEFÈVRE devant le trimoteur S.P.C.A.

Madagascar – Ivato - 1934

 

Le 12 janvier 1935, René LEFÈVRE est fait Grand Officier de l’ordre de « l’Etoile D’Anjouan » et Jean ASSOLLANT commandeur. Ils sont tous deux maintenant lieutenant de réserve. Le 16 mars ils reçoivent sur la base aérienne d’Ivato les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur bien mérités.

 

Lire de compte rendu de la prise d’armes du 16 mars 1935 à Ivato

 

Après le courrier, c’est le tour des passagers. Le premier BLOCH 120, le « Ville de Paris », a été convoyé de Paris à Madagascar par le pilote PLAMOND en mai. Le second, le « Ville de Tananarive », est baptisé au Bourget en grande pompe le 11 juillet en présence de René LEFÈVRE qui se trouve en France depuis plus de deux mois pour préparer la nouvelle ligne et qui va rentrer à Madagascar aux commandes du nouvel appareil. Ces deux avions modernes ont été construits pour réaliser la jonction de la ligne Tananarive – Broken-Hill avec la ligne Paris – Brazzaville en la prolongeant jusqu’à Elisabethville au Katanga (actuellement Lubumbashi au Congo). A partir d’août, René LEFÈVRE et Jean ASSOLLANT, peuvent donc embarquer maintenant des passagers qui ont la ainsi possibilité de voyager entre la France et Madagascar sur une ligne 100% française.

 

Lire de très beau récit de la première passagère ayant fait la ligne France Madagascar

 

 

Blach 120 - Ville de Tananarive

 

BLOCH 120 – VILLE DE TANANARIVE

Collection Dassault Aviation

 

Jean Assollant - Bloch 120

 

Jean ASSOLLANT aux commandes d’un BLOCH 120

 

Bloch 120 - Ville de Paris - "Madagascar - Elisabethville"

 

BLOCH 120 – VILLE DE PARIS

Aérodrome de Elisabethville (Katanga) - Fin 1938

Transfert des passagers arrivant à bord d’un POTEZ 661

 

Jean ASSOLLANT raconte un incident de janvier 1936 et un accident au mois de mars 1936 à bord du Ville de Paris

 

Ces deux nouveaux trimoteurs leur permettent finalement en 1936 de créer les « Lignes Intérieures de Madagascar », en remettant en service les deux anciens S.P.C.A. Jean ASSOLLANT reste Chef Pilote de cette nouvelle structure. Son ami René LEFÈVRE rejoint par contre « Air Afrique », dont il devient le Directeur en 1938, et quitte Madagascar.

 

 

Premier courrier par avion à Madagascar - Assollant - 1936

 

Madagascar - Cachets poste - Premier courrier aérien - Assollant - 1936

 

Vol d’étude de Jean ASSOLLANT dans le sud de Madagascar du 28 octobre au 1 novembre 1936

Tananarive – Arivonimamo – Miandrivazo – Belo Tsiribinina – Morondava – Morombé – Tuléar - Betioky

Fort Dauphin - Betroka – Ihosy – Farangana – Manakara – Mananjary – Fianarantsoa - Tananarive

 

 

Voir la carte à grande échelle du vol d’étude de Jean ASSOLLANT

 

 

 

La Dépêche de Madagascar -15 janvier 1936

L'AVIATION A MADAGASCAR

par Léon CAYLA

 

Il y a quinze mois à peine, an petit avion d'école, celui de l'Aéro-Club de Tananarive, représentait à lui seul, à Madagascar, l'aviation civile. Ce modeste précurseur ne joue plus aujourd'hui que le rôle effacé de « rouleur au sol », entre les mains des néophytes de l'air ; mais quatorze appareils de tourisme ont déjà pris sa suite, et, entre temps, la nouvelle ligne postale Tananarive-Broken Hill, qui met la colonie à neuf jours de Paris, a reçu quatre grands trimoteurs de transport.

Ainsi les ailes malgaches ont largement pris leur essor. Ce n'est plus seulement à Tananarive que se forment les pilotes ; Majunga, Tamatave et Rianarantsoa viennent de constituer des aéro-clubs qui entendent rivaliser d'activité avec celui de la capitale. Dans quelques jours, une croisière de 3.900 kilomètres groupera militaires et touristes en une même équipe enthousiaste.

Aux aviateurs de grand raid, qui les premiers ont survolé l'île Rouge revient une pour large part un si bel élan. Beaucoup hélas ne sont plus là pour mesurer l'oeuvre dont ils furent les prestigieux propagandistes, mais leurs noms demeurent sur le monument qu'Ivato a pieusement élevé aux morts de l'aviation coloniale.

A leur exemple s'est ajouté celui de la phalange militaire qui, depuis quatre ans, sous le commandement du capitaine Pinard, du capitaine Dire, puis du commandant Wachenheim, s'est mise au service de la colonie avec le plus bel esprit de dévouement. On n'en est plus à compter les missions qu'elle a remplies et les vies qu'elle a sauvées, en se rendant par tous les temps à l'appel des malades en danger.

Enfin, la splendide audace de René Lefèvre et de Jean Assollant qui depuis quatorze mois survolent deux fois par semaine le canal de Mozambique pour assurer la liaison postale avec la France, a surpassé tous les espoirs permis.

Disposant dès maintenant de cent dix terrains d'escale ou de secours, couverte par un service météorologique fortement organisé et assurée d'une liaison radio télégraphique parfaite, l'aviation malgache est pleine d'allant et de confiance. Elle a conscience de son rôle et elle est prête à le remplir.

Le Gouverneur Général CAYLA

 

 

Le 9 février 1938 il est nommé Chef du Service de l’Aéronautique Civile de Madagascar. A la fin de cette année là, deux lignes du S.A.C.M. desservent 29 escales dans la grande île. En mai 1939 il convoie à Madagascar le premier Goéland.

 

CAUDRON GOELAND - ASSOLLANT et REICHARTLignes intérieures de Madagascar en 1936

 

ASSOLLANT et son radio REICHART – Départ d’un Caudron Goéland pour Tananarive – 1 août 1939

 

En dehors de ses activités aéronautiques, Jean ASSOLLANT s’est marié le 22 octobre 1934 avec la belle Suzanne VIGAUD. Passionnés tous les deux de cheval, ils fondent en 1937 le club de « L’étrier de Tananarive ». Il reste fidèle à ses engagements et effectue 2 périodes volontaires au Groupe d’Artillerie coloniale « l’Emyrne ». Il rédige aussi le « Guide Aérien de Madagascar », qui sera publié en 1940, après la mort de son père survenue en 1939, pendant que son auteur affronte la Luftwaffe dans le ciel de France, aux commandes de son chasseur MS 406.

 

Madagascar - Léon Cayla

 

MADAGASCAR par Léon CAYLA (voir plus bas)

Couverture et dernière page - 1935

 

 

 

 

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1939/1940 - La CAMPAGNE DE France

au GC III/6

 

 

Masque tagédie - GC III/6 - 5ème

Lieutenant Jean ASSOLLANT - LMS 406 "La Pouille"

Masque Comédie - GC III/6 - 6ème

 

5ème Escadrille

 

Jean ASSOLLANT et son MS 406 « La Pouille »

6éme Escadrille

 

 

Après avoir été mis à la disposition du Commandant de l’Air de Madagascar à compter du 1er juillet 1938, le lieutenant de réserve ASSOLLANT est rappelé le 2 septembre 1939 par l’ordre de Mobilisation Générale. Il se porte volontaire pour aller se battre en France et il va ainsi pouvoir participer à la défense de son pays et à la Campagne de France en étant affecté à l’état-major du Groupe de chasse GC III/6, qu’il rejoint le 3 novembre 1939 comme officier de renseignement. Voir les pages consacrées au GC 3/6 sur ce site.

 

Lieutenant ASSOLLANT et Commandant PASQUIER - Iveto - Début octobre 1939

 

Base d’Ivato à Madagascar - Juste avant de partir pour la métropole

Les galons de Commandant du capitaine Paquier, futur général

Début Octobre 1939

Collection Paul T. - Via Franck ROUMY

 

 

La 6ème escadrille du GC III/6

Mars 1939  -  WEZ THUISY

Collection François Xavier Bibert

 

Le 15 mars 1940 il est nommé Capitaine.

 

Il lui sera permis du 24 mars 1940 au 8 mai 1940 de faire un aller retour à Madagascar « Pour jeter l’œil du Maître sur sa ligne » selon le livre de marche du Groupe. Il revient à Wez Thuisy, où est basé le GC 3/6 à coté de Reims, accompagné de son épouse Suzanne. Celle-ci s’est engagée en effet au service automobile de la Croix-Rouge ; elle recueillera de nombreux blessés sur la ligne de front où sa conduite exemplaire lui vaudra la Croix de Guerre avec palme et une très belle citation.

 

Après le passage du Groupe à Chissey-sur-Loue, le Morane Saulnier n°673 qu’il pilote et qui, particularité, arbore l’insigne le l’Aéronautique Civile de Madagascar, est endommagé lors du bombardement de l’aérodrome de Coulommiers le 26 mai 1940. La photo ci-dessous est un document exceptionnel ; elle a été prise peu après le passage des avions allemands par le S/c Joseph BIBERT, qui était le chef de hangar de la 6ème escadrille.

 

Le Morane Saullnier MS 406 n° 673 de Jean ASSOLLANT à Coulommiers le 26 mai 1940

 

Le MS 406 n°673 de Jean ASSSOLLANT à COULOMMIERS

26 mai 1940

Photo Joseph Bibert

 

 

Citation du capitaine BERNACHE ASSOLLANT

 

Pilote de grande classe ayant conservé la plus grande modestie malgré la notoriété. Excellent chasseur animé du plus bel esprit de sacrifice et de la plus grande ardeur au combat. A donné la mesure de ses qualités de pilote dans les combats aériens des 21 et 24 mai en protégeant ses camarades contre une chasse ennemie très supérieure en nombre.

 

Croix de guerre avec étoile de vermeil

 

 

 

Comme tous les autres pilotes du GC III/6, après le transfert du Groupe au Luc dans le Var, le Capitaine ASSOLLANT échange son Morane 406 pour un DEWOITINE D.520 flambant neuf qu’il ira chercher à l’usine de Toulouse. Son insigne personnel sera également peint sur la dérive de son nouvel appareil.

 

Le 15 juin il décolle avec LE GLOAN. Rapidement, ils abattent ensemble deux chasseurs biplans italiens FIAT CR 42 au dessus de Saint-Tropez, mais les canons du D.520 d’ASSOLLANT s’enrayent ensuite et il doit décrocher. Restant seul, LE GLOAN endommage gravement un 3ème CR 42, et abat encore un 4ème CR42 et un gros bombardier BR20 à proximité de l’aérodrome du Luc. Il rentre ainsi dans la grande légende de l’aviation après ce vol historique de 45 minutes… (voir le récit complet sur la page dédiée à Pierre le Gloan)

 

Dewoitine D .520 n°302 "La Pouille" de Jean Assollant - GC III/6 - Juin 1940

 

Le Dewoitine D.520 n°302 « La Pouille »

piloté par le capitaine Jean ASSOLLANT le 13 juin 1940

lors de ses deux victoires en coopération avec Pierre LE GLOAN

 

 

Citation du capitaine BERNACHE ASSOLLANT

 

Excellent pilote de chasse, d’un sang froid et d’un courage admirables. A attaqué avec son chef de patrouille une formation de douze chasseurs ennemis. A contribué à la destruction de deux d’entre eux tombés dans nos lignes.

 

Croix de guerre avec palme

 

 

 

Juste avant l’armistice, le Groupe III/6 reçoit l’ordre de se replier en A.F.N, via Perpignan. Le 20 juin 1940 à 13 heures, ce sont 39 Dewoitine qui quittent l’aérodrome de « La Salanque » pour la traversée de la Méditerranée. En 1940, celle-ci n’est pas une chose si simple qu’on pourrait le croire pour une escadrille de chasse et des pilotes qui n’ont sans doute jamais survolé la mer si longtemps et utilisé un réservoir supplémentaire. Ils n’ont pas de carte, ne connaissent pas la côte algérienne et doivent voler avec les seules indications de vitesse et de cap données par leurs instruments. C’est donc l’expérimenté « Monsieur Jean », comme ASSOLLANT est appelé par ses camarades des deux escadrilles, qui mène le Groupe pour cette traversée. La plupart des pilotes ont le « trouillomètre » à zéro de peur d’être isolé de leur guide, mais tout le monde arrivera à bon port, y compris le capitaine STEHLIN qui commandait alors le III/6. Bizarrement, ce dernier oubliera de parler d’ASSOLLANT dans ses mémoires écrites en 1964, en s’attribuant, entre autres, tout le mérite de cette navigation...

 

Assollant et Lotti à Maison Blanche

 

Jean ASSOLLANT retrouve à Alger son compagnon Armand LOTTI qui vient d’être affecté en tant que lieutenant de réserve à l’état-major du Groupe. Le 20 août, il est démobilisé et, après 41 missions de guerre et deux victoires, il peut rejoindre Madagascar pour reprendre ses activités civiles à la S.A.C.M. Il emprunte pour cela l’hydravion géant hexa moteur « Ville de St Pierre », piloté par CODOS, qui part de Marseille le 7 novembre 1940 et atteint Djibouti le 11 et Diégo Suarez le 14 suivant.

 

Hydravion Latécoère 522 - Ville de Saint-Pierre

 

LATÉCOÈRE 522 –« VILLE de SAINT-PIERRE »

 

Le 13 janvier 1941, Jean ASSOLLANT inaugure officiellement la liaison aérienne Tananarive - La Réunion sur un Caudron 445 « Goéland » nommé « Jacques RINGEL », célèbre pilote d’essai de chez Farman, de chez Hanriot, puis pilote à l’Aéropostale, qui l’avait rejoint à Madagascar en 1936 et qui s’était tué sur un Simoun en avril 1939.

 

Caudron 445 - Goéland

 

CAUDRON 445 GOÉLAND

 

 

 

 

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La CAMPAGNE de MADAGASCAR - MAI 1942

 

Au printemps 1942 les britanniques s’inquiètent de la poussée des Japonais dans l’océan indien et ne veulent pas voir la route maritime du Cap coupée. Craignant le laxisme de Vichy en cas d’invasion nippone de Madagascar, inquiet après le raid nippon sur Ceylan du 5 avril, Churchill, décide de précipiter les évènements, en ignorant De Gaulle et les réticences américaines, et déclenche sans autre forme de procès l’opération « Ironclad ».

 

Le 5 mai 1942 les anglais débarquent à Diego Suarez en force. Les français sont surpris. Les quelques avions situés au camp Arrachart, à 10 km au sud, sont immédiatement détruits sur le terrain. Les bâtiments au mouillage sont pour leur part coulés par des attaques à la torpille. La défense française est pourtant brave. Sommé par un ultimatum de ne pas s'opposer au débarquement, le colonel CLAEREBOUT, répond : "Sir, la défense de Diego a été confiée à mon honneur militaire. Diego sera donc défendu jusqu'au bout, conformément aux traditions de l'armée, de la marine et de l'aviation françaises"!

 

MS 406 - Ivato - EC 565

 

MS 406 aux couleurs de l’E.C.565 de Madagascar en 1941 à Ivato

 

Dans le ciel, les rares Morane 406 et Potez 63 venus de Tananarive tentent l'impossible. Le capitaine Jean ASSOLLANT, un des grands noms de l'aviation française, va tomber un des premiers.

 

Porte-Avion ILLUSTRIOUS - Attaque anglaise de Madagascar

 

Le porte-avion anglais « ILLUSTRIOUS »

Grumman Marlett II

 

GRUMMAN MARTLET II

 

Aux premières heures de 5 mai, 5 MS 406 sont détruits sur l’aérodrome de Diego par les chasseurs et bombardiers anglais venant du porte-avions « Indomitable ». C’est à partir d’Ivato que l’aviation française va essayer de réagir. Le 7 mai dans la matinée, une patrouille de l’E.C. 565 composée de trois MS 406, conduite par le capitaine LÉONETTI (406 n° 993), avec le capitaine de réserve ASSOLLANT (406 n° 995) et le Lieutenant LAURANT (MS n 842), décolle pour une reconnaissance. Elle est interceptée par plusieurs Martlet II du porte-avion « Illustrious ». Les trois avions français sont abattus. Un avion anglais est touché et doit amerrir. Le capitaine ASSOLLANT est porté disparu. Les deux autres pilotes français et le pilote anglais s’en sortent avec des fortunes diverses. Ce sera la première et la dernière confrontation aérienne dans le ciel malgache. Le corps carbonisé d’ASSOLLANT ne sera retrouvé dans les restes de son Morane que début septembre 1942 à Antsahampano, à 12 km au sud-ouest de Diégo Suarez. Il fut vraisemblablement touché à mort lors d’une passe frontale avant de s’écraser, puisque le moteur de son Morane présentait des impacts. L’aviateur a été inhumé dans le cimetière des pères Jésuites à Ambohipo près de Tananarive.

 

 

MS 406 du EC 565 - Madagascar - 1942

 

MS 406 - EC 565 - Madagascar - 1942MS 406 - EC 565 - Madagascar - 1942

 

MS 406 du EC 565 - Madagascar - 1942   Insigne de l'EC 565 - Madagascar - 1942   MS 406 du EC 565 - Madagascar - 1942

 

Dessin, profil et maquette d’un MS 406 aux couleurs de l’E.C.565 de Madagascar en 1941/1942

 

 

MS 406 n0842 du Sergent Michel LAURANT abattu le 5 mai 1942 à Diego-Suarez

 

Le MS 406 du Lieutenant Michel LAURANT (*) après l’affrontement

Aéro Journal N°47 - Mars 2006 « Les Britanniques à Madagascar » C-J. Ehrengardt

(*) à ne pas confondre avec son homonyme, le Sgt Alexandre LAURENT, également à l’E.C 565, nommé Aspirant pour rejoindre le NORMANDIE NIÉMEN en mai 1943

 

Après avoir eu la satisfaction de piloter le fameux DEWOITINE 520 à la fin de la campagne de France, et sa démobilisation à Alger, il avait fallu une bonne dose de courage à Jean BERNACHE – ASSOLLANT pour se porter volontaire et repartir en patrouille deux ans plus tard sur un MORANE SAULNIER 406, avion qu’il avait aimé, certes, mais qu’il savait obsolète…

 

 

La presse anglo-saxonne a immédiatement rendu compte de la disparition de Jean Assollant

 

Il est mort alors qu’il n’avait pas encore 37 ans. Il totalisait 7 847 heures de vol, dont 176 de nuit. Une avenue de Tananarive dans le quartier de Tsimbazaza portera longtemps son nom. Dans cette avenue où habita sa veuve, furent installés les bureaux de l’Aéronautique Civile devenus par la suite les premiers bureaux de l’ASCENA, puis en 2003 le siège de l’A.C.M. (Aviation Civile de Madagascar). Elle porte maintenant le nom de Lalana Fernand Kasanga.

 

Tananarive - Avenue Jean ASSOLLANT

 

L’avenue « JEAN ASSOLLANT » à TANANARIVE (1956)

Maintenant « rue Kasanga Fernand » (voir plan de la ville)

 

 

Mais la grande malchance de Jean ASSOLLANT, et de tous ceux qui sont tombés lors des regrettables affrontements franco-anglais de 1942, est qu’en juillet 1940, le gouverneur DE COPPET avait cédé son poste à Léon CAYLA, lui-même remplacé en avril 1941 par le gouverneur ANNET ; tous les deux très proches de Vichy et très anglophobes, persuadés que les Anglais n’avaient que des visées expansionnistes sur les colonies françaises, ils avaient patiemment sapé toutes les velléités de ralliement de Madagascar à la France Libre pourtant nombreuses dans la grande île. Suite au message de Lord HALIFAX qui en juin 1940 demandait aux autorités civiles et militaires de tous les territoires français d’outremer de continuer à se battre aux cotés des alliés jusqu’à la victoire, Marcel de COPPET, pour sa part, avait immédiatement informé le Gouverneur AUBERT, son collègue de la Réunion, que sa colonie était décidée à résister… Mal lui prit d’avoir des idées politiquement incorrectes !…

 

 

 

Journal des débats politiques et littéraires

N°715 – 13/05/1942

 

La carrière de Jean Assolant, disparu en mission au large de Madagascar

 

Vichy, 11 mai - On est désormais sans espoir au sujet du capitaine aviateur Assolant disparu en mission au cours des opérations de ces jours derniers à Madagascar. Le pilote Lefèvre qui l'accompagna dans de nombreux raids et qui accomplit notamment avec lui et Lotti la fameuse traversée de l’Atlantique en 1929 a bien voulu retracer en ces termes la trop brève carrière du grand aviateur.

 

Jean Assolant, fils, petit-fils, frère et neveu de soldats, ne vivait que pour la France et pour l'aviation à laquelle il s'était donné corps et âme. Il s'engagea en 1922 à 19 ans dans l'aviation militaire pour devenir pilote de chasse. Bientôt, la guerre du Rift, où il combat comme volontaire, lui donne l'occasion de prouver son courage et sa valeur, que récompense la croix de guerre avec trois citations dont une à l'ordre de l'armée. Il n'a pas 21 ans.

 

A son retour du Maroc il est affecté au Bourget au groupe de chasse du commandant Pinsard, mais l'activité est alors plus grande dans l'aviation de reconnaissance. C'est l'époque des voyages retentissants des Pelletier d'Oisy, des Arrachart, des Challes. Il se fait affecter au célèbre groupe du commandant Weiss : là, il se forme aux longs parcours aériens. En 1927, il est choisi pour être pilote de la mission Antoinat dans un raid France-Indochine. Il quitte l'armée entre temps. La médaille militaire lui est décernée.

 

LA TRAVERSÉE DE L'ATLANTIQUE A BORD DE L'OISEAU CANARI

 

Puis c'est, en 1929, l'exploit de la première traversée française de t'Atlantique Nord à bord de l’« Oiseau-Canari ». Après avoir été pilote de ligne à la « C.I.D.N.A. » il devient pilote d'essai et accomplit cette rude tâche jusqu'en 1934. En 1933, il tente de battre le record de distance et réussit sans escale le parcours Oran-Karachi.

 

Puis il part pour Madagascar, où il participe à la création de la ligne aérienne Tananarive-Broken-Hill, qui met la grande île à huit jours du cœur de ta France, ainsi qu’à l'organisation des lignes intérieures par lesquelles les points les plus reculés sont reliés chaque semaine à la capitale.

 

NOUVELLE CROIX DE GUERRE, TROIS NOUVELLES CITATIONS

 

Pendant ta guerre de 1939. Assolant se distingue dans l'aviation de chasse, où il gagne une nouvelle croix de guerre et trois citations dont une à l'ordre de l'armée. Il est nommé capitaine. Dès l'armistice, il repart à bord « Lieutenant-de-vaisseau-Paris » pour Madagascar, afin d'y poursuivre sa tâche pacifique. Il apporte à l’île isolée des médicaments réclamés d'urgence. Pourtant, c'est en soldat qu'Assolant devait disparaître glorieusement pour ta défense de cette terre malgache à laquelle il s'était profondément attaché. Sa perte sera douloureusement ressentie à Madagascar, où sept années de dévouement lui valaient une grande popularité, notamment parmi les colons qui, grâce aux liaisons intérieures qu'ils lui doivent, se sentent moins seuls, moins perdus dans la brousse et plus prés des êtres aimés laissés à des milliers de kilomètres dans les lointains villages de France.

 

Assolant, qui avait pour maxime, comme Mermoz « Que l'on n'a rien donné tant qu'on n'a pas tout donné » a rempli son devoir jusqu'au sacrifice suprême, lorsque le commanda l'honneur du drapeau. Tous ceux qui ont connu Assolant gardent de lui le souvenir d'un garçon courageux, simplement courageux. Sa fin couronne une carrière qui mérite d'être citée en exemple.

 

 

 

Citation du capitaine BERNACHE ASSOLLANT

A l’ordre de l’Armée de l’Air

 

Prestigieux pilote formé sous les cocardes et qui a toujours su cultiver, dans la gloire que lui ont valu ses prouesses du temps de paix, les belles traditions militaires d’honneur, d’abnégation et de sacrifice qu’il tenait à la fois de sa famille et de sa formation. Fidèle une fois de plus à ces nobles traditions, a quitté la direction de son service pour venir prendre la tête d’une patrouille de chasse. Est tombé, pendant une mission de couverture au cours de laquelle il n’a pas hésité à attaquer des éléments de chasse adverses malgré leur supériorité numérique écrasante.

 

EC 565

 

 

Palmarès des héros national de l’Armée de l’Air du 14 juillet 1942 – Journal odfficiel

« Une palme est ajoutée à la gloire du capitaine Assollant disparu le 7 mai 1942 »

 

Capitaine des forces aériennes de l’Afrique orientale française, prestigieux pilote formé sous les cocardes et qui a toujours su cultiver, dans la gloire que lui ont valu ses prouesses du temps de paix, les belles traditions militaires d’honneur, d’abnégation et de sacrifice qu’il tenait à la fois de sa famille et de sa formation.

 

 

 

 

François Xavier BIBERT (09/2008 - 04/2010)

 

Décorations du capitaine Jean BERNACHE-ASSOLLANT

 

Officier de la légion d’honneur (à titre civil)

Médaille militaire

Croix de guerre T.O.E. (3 citations)

Croix de guerre 1939/1940 (3 citations)

Médaille coloniale – Agrafe « Maroc »

Chevalier du Nicham Iftiker

Médaille de Syrie

 

 

 

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UN HOMME ATTACHANT...

 

Ajouté sur cette page en mai 2010 :

 

Louis MEURILLON, historien de l’aviation, a écrit en 1969 une série d’articles dans la revue « L’Album du Fanatique de l’Aviation » (numéros 4 à 7) consacrés aux avions Bernard 18-T et ses dérivés. Bien sûr, il y raconte avec une grande précision le raid transatlantique de l’Oiseau Canari. Je n’ai eu connaissance de ces textes de référence qu’en mai 2010, après avoir réalisé cette page et ses annexes.

 

Le "Fana de l'Aviation" - Louis Meurillon

 

La série d’articles sur les avions Bernard 18-T et ses dérivés de Louis Meurillon – « L’Album du Fanatique de l’Aviation » n° 4,5,6,7 de 1969

 

Pendant cette rédaction, qui s’est échelonnée sur environ deux ans au fil de mes trouvailles, je me suis pris d’une véritable affection pour Jean ASSOLLANT, uniquement à travers ses photos, ses attitudes qu’on peut voir de lui dans des vieux films d’actualité et les nombreux articles de presse que j’ai exhumés. Je n’ai eu aucun témoignage sur lui de personnes ayant pu l’approcher et le livre écrit par LOTTI ne s’attache malheureusement pas beaucoup aux personnes. Sa carrière à Madagascar a éloigné l’aviateur du reste de sa famille qui n’en a conservé que quelques rares souvenirs matériels : photographies et coupures de journaux. Mon père, qui a été son mécanicien en 1939/1940, ne m’a jamais parlé de lui... mais il ne parlait d’ailleurs jamais de la guerre !

 

C’est en me penchant sur la campagne de France du GC III/6 que j’ai d’ailleurs découvert l’existence de Jean ASSOLLANT et l’aventure de l’Oiseau Canari, généralement oublié dans les livres d’histoire et les mémoires. J’ai acquis peu à peu l’intuition, puis la conviction intime que Jean ASSOLLANT était un homme d’une grande gentillesse et d’une extrême modestie, très attentif aux autres et unanimement aimé. Ses camarades de guerre ne l’appelait-il pas d’ailleurs « Monsieur Jean » ? C’est sans doute pour cela que je suis tombé sous son charme et que j’ai cherché à en savoir le maximum sur l’Homme, au-delà de sa place dans l’histoire de l’aviation...

 

La journée du 15 juin 1940, où ASSOLLANT participa en première ligne, à la bataille du GC III/6 contre les avions de la Regia Aeronautica dans le ciel de Provence, devint le jour de gloire de l’adjudant Pierre LE GLOAN avec les 5 victoires qui toutes, lui furent rapidement attribuées à la lecture des simples rapports de sa hiérarchie, en « oubliant » Jean ASSOLLANT, ce qui contribua par conséquence à mettre en lumière le nouveau commandant du Groupe, le capitaine Paul STEHLIN, ayant exercé des fonctions plus politiques que militaires jusqu’à cette date, futur général étoilé, chef d’Etat Major des Armées, Conseiller d’Etat et Député dans les années 1960, mais dont la carrière restera contestée.

 

En étudiant le déroulement de cette journée, j’ai été amené à écrire ailleurs dans ce site : « La légende de Jean Assollant était déjà gravée dans le marbre depuis le 15 juin 1929, 11 ans plus tôt jour pour jour, lorsqu’il effectua la fabuleuse première traversée française de l’Atlantique nord aux commandes de l’« Oiseau canari ». Elle fut renforcée ensuite par son rôle éminent dans le développement de l’aviation civile africaine et de celle de Madagascar en particulier. Peut-être que sa grande modestie a pu finalement contribuer le 15 juin 1939 à écrire différemment « la plus belle page de l’aviation française de la Campagne de France » et aux honneurs qui furent ainsi rendus à son valeureux cadet Pierre Le Gloan, à tout le GC III/6 et par retombées à celui qui en était devenu le chef « casus morti » après que le vaillant commandant Castanier soit tombé glorieusement face à l’ennemi trois semaines auparavant. »

 

En me relisant je me suis posé la question : qu’est-ce qui me permet d’écrire « grande modestie » alors qu’aucun document en ma possession ne parle vraiment de sa personnalité ? Mais j’ai tenu à conserver cette phrase, persuadé que qu’il devait être ainsi, seulement à travers ce que j’imaginais de lui.

 

La lecture des articles de Louis MEURILLON m’a donc fait un plaisir extrême, en dehors du fait qu’il m’a démontré que je n’avais pas trop écrit de bêtises sur les faits historiques incontournables concernant la carrière de l’Aviateur...

 

En effet, chose rare dans une séries d’article de ce genre, l’auteur la termine par une longue digression sur la personnalité de Jean ASSOLLANT, qui m’ a totalement rassuré sur mes intuitions, et qui mérite d’être reprise en partie ci-dessous, en conclusion de cette page :

 

...

Qu’il nous soit permis, pour clore de chapitre, d’évoquer la personnalité de Jean ASSOLLANT. Ce ne sera pas pour diminuer le mérite de ses co-équipiers. Bien au contraire !

Rarement homme parvint à faire parfaitement l’unanimité dans la louange de ceux qui l’approchèrent :

... C’est Lotti qui vante sa délicatesse,

... C’est le mécanicien Laversin qui apprécia son extrême simplicité,

... C’est son « pair » aux essais des avions Bernard, le pilote Jean Doumerc qui, bien vite, s’aperçut qu’il avait à ses cotés la « crème des garçons. Ceci pour employer sa propre expression. Une solide amitié s’établit aussitôt entre eux. Mais laissons lui la parole :

«  Il n’était pas du tout fait pour vivre en notre siècle ! C’était un artiste, un peu bohême, un peu popote, qui n’avait absolument pas la notion de l’argent. Il en avait gagné beaucoup, mais l’avait dépensé aussi vite....

... quand il est parti pour Madagascar, où il a passé les plus belles années de sa vie, il m’avait écrit entre autre : « ce que je vais te dire, tu ne le croiras jamais, et pourtant je te jure que c’est vrai : j’ai quinze domestiques, trois voitures, une écurie de course, et je n’arrive pas à dépenser ce que je gagne. C’est inouï ! » »

...

 

On pourrait rajouter, ce qui ne gâte pas le tableau, la manière dont le décrit la célèbre et aventureuse journaliste Titayna en 1935, racontant son vol vers Madagascar, semblant subjuguée, entre autre, par « sa voix douce, ses yeux bleus et son beau visage de fille... »...

 

FXB - 05/2010

 

 

 

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Flying Clubs

Monday, Jun. 24, 1929

 

An eleventh plane flew across the North Atlantic last week, ten years to the day after the first non-stop transoceanic flight. Three young Frenchmen - Jean Assolant, René Lefèvre and Armeno Lotti. Jr. - made last week's crossing, from Old Orchard, Me., to Oyamers, near Santander. Spain, 3,128 flying miles, in 29 hr. 52 min. Neither crossing, distance nor time was exceptional.

 

But the flight was the first accomplished this season, and the first North Atlantic crossing ever made by a French plane, a Bernard monoplane named Yellow Bird, with a null motor. A 160-lb. stowaway, one Arthur Schreiber, 22. traveled in it, to the hazard of the crew and the handicapping of the flight.

 

The start at Old Orchard was June 13, a fair day with western winds all the way across the Atlantic. On the long, white, hard beach were the Yellow Bird and the Green Flash, a Bellanca monoplane with Wright Whirlwind motor which Roger Q. Williams and Lewis E. Yancey planned to fly to Rome. The Yellow Bird was going to Paris. The two planes warmed up simultaneously. The Yellow Bird took off first, her tail drooping unusually. The Green Flash in starting crumpled a wheel and wrecked itself.

 

In the air the flyers discovered why their tail had drooped at the take-off—the stowaway was there. They decided not to throw him overboard. To lighten the load they had dispensed with thermos bottles, victuals and other comforts. They had taken less than their full capacity of gas. Jean Assolant, married only three days to Pauline Parker, pretty Manhattan chorus girl, had refused to take her. But that hulking, selfish boy was with them. His unexpected weight prevented their reaching French soil.

 

At Paris the Government, which has forbidden Frenchmen trying to fly across the ocean as a useless hazard, last week decided to "forgive" the Yellow Birdmen. But at Seville, Spain, two other Frenchmen, Captain Louis Coudouret and Louis Mailloux had to abandon their attempt to fly from Seville to New York. Spanish officials had locked the plane in its hangar, to please the French government.

 

At Reykjavik, Iceland's mountain-hugged harbor, the westbound Swedish "commercial" flyers (TIME, June 17) last week decided to wait until the end of this month before continuing their Stockholm-New York flight. Bad weather over Greenland and need for motor parts are delaying them.

 

In London, a few hours before the French flyers landed in Spain, Sir Arthur Witten Brown lunched with encomiums. On June 14, 1919, he and the late Sir John Alcock started from St. Johns, Newfoundland, in a Vickers-Vimy-Rolls with two Rolls-Royce motors. Next day they Ianded at their precise destination, Clifden, Ireland.

 

A few months later Alcock was killed alighting at Rouen. Theirs was the first non-stop flight across the Atlantic. Lieut.-Commander Alber C. Read, U. S. Navy, and his companions stopped at the Azores on their Newfoundland-Portugal flight in May, 1919.

 

Nota :

 

Kansas and Detroit also have women's aeronautical associations.

 

Of more than 6,000 licensed U. S. pilots, about 50 are women, a half dozen of whom are commercial pilots

 

 

Pauline PARKER

Monday, Jun. 24, 1929

 

Married. Jean Assolant, 24, pilot of the Yellow Bird on its non-stop flight from Old Orchard, Me., to Santander, Spain (see p. 47); to Pauline Parker, U. S. chorus girl; at Old Orchard, Me., three days before the hop-off.

 

The New york Times

Special to The New York Times.

June 11, 1929, Tuesday

Page 14, 558 words

ASSOLANT MARRIES AS HE AWAITS FLIGHT; French Flier Weds Pauline Parker, New York Chorus Girl, in Portland, Me. COURTSHIP OF TWO WEEKS They Met at Old Orchard on Eve of Date First Set for Transatlantic Take-Off.

OLD ORCHARD BEACH, Me., June 10.--Jean Assollant, French transatlantic pilot, speaks about six words of English, and Miss Pauline Parker, New York chorus girl, speaks no French, but the linguistic difficulty proved no bar today when they were married is Portland after two weeks' acquaintance […]

 

Monday, Aug. 26, 1929

Seeking Divorce. Pauline Parker Assolant, onetime U. S. chorus girl, from Jean Assolant, trans-Atlantic flyer; in Paris.

 

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Pli transporté par l'Oiseau Canari - 13/16 juin 1929

 

Pli transporté lors de la première traversée

de l'Atlantique Nord par l' « Oiseau Canari »

Tampons : 13 juin (EU) - 14 juin (Comillas/Espagne) - 16 juin (Le Bourget/France)

 

Publicité Longines - Référence à l'Oiseau Canari  L'Oiseau Canari exposé aux Tuileries  Publicité Jif Waterman - Référence à l'Oiseau Canari

 

Les retombées du vol de « l’Oiseau Canari » en 1929

Publicité « Longines »

« L’ Oiseau Canari » exposé aux Tuilerie

Publicité « Jif Waterman »

 

 

Voir également deux publicités grand format publiées dans la célèbre revue hebdomadaire anglaise « Flight » dans son numéro du 20 juin 1929

 

 

Couverture du Petit Journal de 1929 - LOTTI - ASSOLLANT - LEFEVRE et l'Oiseau Canari   Jean ASSOLLANT en 1929 après szon exploit  Carte postale ancienne du monument "Oiseau Canari" à Mimizan

 

 

 

 

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PAGES ANNEXES, aussi accessibles à partir de liens posés dans la page ci-dessus

 

NOUVEAU (Mars 2010)  [PDF] Le compte rendu du raid Paris-Hanoï du Georges-Guynemer en décembre 1927

Extraits de Paris Match 12/27 et 03/28 – Récit de René Lefèvre

 

[PDF]  LOTTI rencontre ASSOLLANT

Extraits du livre d’Armand Lotti « L’Oiseau Canari »

 

Jean ASSOLLANT – Articles de presse

Les principaux articles de presse conservés par la famille Bernache-Assollant

 

Revue FLIGHT 1929 - Jean ASSOLLANT – « L'OISEAU CANARI »

Le premier journal de l’aéronautique hebdomadaire dans le monde.

Créé en Janvier 1909 - Fondateur et éditeur : Stanley Spooner

Les principaux articles parlant de Jean ASSOLLANT et de l’ « Oiseau Canari » en 1929

 

NOUVEAU (Février 2010)  L’équipement radio de l’Oiseau Canari

Extrait d’un numéro de la revue « L’Afrique du Nord illustrée » de 1929

 

NOUVEAU (Décembre 2009)  [PDF]  Le récit de la traversée et de la tournée des capitales européennes dans la revue « HISPANO SUIZA » de juin 1930

4 double pages extraites d’un document interne « Revue & Bulletin Technique de la Société Française HISPANO SUIZA »de juin 1930

 

NOUVEAU (Novembre 2009)  [PDF]  La saga d’ASSOLLANT et LEFÈVRE à travers les articles de « L’Ouest Eclair »

La plupart des articles consacrés aux deux pilotes de 1926 à 1934 dans ce grand quotidien régional français

 

NOUVEAU (Avril 2010)  [PDF]  Les progrès de l’Aéronautique en 1929

Article publié le 24 décembre 1929 dans le « Journal des débats politiques et littéraires »

 

[PDF]  Tananarive/Broken Hill - ASSOLLANT et LEFÈVRE - 1934

FLIGHT. May 10, 1934 - FRENCH SERVICE TO MADAGASCAR

 

NOUVEAU (Février 2010)  [PDF]  La prise d’armes du 16 mars 1935 à Ivato

La Dépêche de Madagascar

 

NOUVEAU (Février 2010)  [PDF]  Jean ASSOLLANT raconte : incident et accident en 1936

La Dépêche de Madagascar

 

NOUVEAU (Février 2010)  [PDF]  Le récit de TITAYNA : La première passagère ayant fait la ligne France Madagascar

La Dépêche de Madagascar

 

NOUVEAU (Février 2010)  [PDF]  L’attaque de Magagascar par les Britanniques en mai 1942 – L’opération « Ironclad »

 

 

[PDF]  Jacques NOETINGER parle d'ASSOLLANT

Extraits de : « L'Aviation, une révolution du XXe siècle »

 

[PDF]  La commémoration du 80ème anniversaire sur la plage de Oyambre en Espagne

19 septembre 2009

 

 

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Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre du marche de la 5° - Livre de marche de la 6°

 

Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT

 

 

 


Voir aussi :

Le raid Assollant - Lefèvre - Lotti

http://fandavion.free.fr/assolant.html

 

 « Les avions de records français » par Gérard Hartmann

http://www.hydroretro.net/etudegh/avionsrecordfrancais192832.pdf

 

Le Bernard 191 GR

http://www.aviafrance.com/9537.htm

 

Le Bernard 191R au musée de l’air

http://www.pyperpote.tonsite.biz/pages/bernard2pag.html

 

Air Madagascar par Jacques Lalut

http://www.arppnac.com/arppnac/carrefour/compagnies/airMad/AirMadTextes1.html

 

Le livre d’or de l’aviation malgache de Jean-Pierre et Christine Pénette

http://ftp.simicro.mg/  (Site Internet présentant l’ouvrage)

Le livre d’or de l’aviation malgache (extraits)  (de Google books)

 

La site de Franck ROUMY, consacrée à l’aviation dans l’océan indien

http://madaroums.perso.sfr.fr/

Bloch MB120

http://www.dassault-aviation.com/fr/passion/avions/bloch-civils/mb-120.html

 

Histoire du groupe GC III/6 ( 3/6)

http://www.bibert.fr/Joseph_Bibert.htm