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Biographie du

Capitaine JEAN CHARLES ABEL BERNACHE ASSOLLANT (1)

Pilote à l’état-major du GROUPE de CHASSE

GC 3/6

(1905 – 1942)

 

 

Jean ASSOLLANT

 

Jean ASSOLLANT (1)

Gloire de l’aviation civile et militaire française.

Juste avant le départ de l’« Oiseau Canari » en juin 1929

(1) souvent écrit par erreur Jean ASSOLANT – Voir son acte de naissance

 

 

Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre du marche de la 5° - Livre de marche de la 6°

 

Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT

 

Jean ASSOLLANT sur le site « Mémorial-genweb »

 

Jean ASSOLLANT sur le site « Mémoire des Hommes »

 

 

Nota : De très nombreux autres liens peuvent être trouvés sur cette page. Ils renvoient vers des pages annexes, des vidéos, des photographies, des articles de presse, des documents divers : cartes, extraits de livres, autres sites internet…

Bonnes recherches…

 

Pour atteindre directement un chapitre :

L’Exploit (1929) - Les débuts (1905-1929)Après l’exploit (1929-1934)Madagascar (1934-1940)Groupe de chasse GC III/6 (1940)Ironclad (1942)

Un homme attachant

Aller directement au sommaire de toutes les pages disponibles en annexe : ajouts périodiques

 

 

1929-2009 : 80ème anniversaire de la première traversée française de l’Atlantique

 

MIMIZAN : Commémoration (affiche) les 13 et 14 juin 2009

Ecoutez l’enregistrement fait sur la station «Fréquence Grands Lacs» le 08 juin 2009

 

SAN VICENTE DE LA BARQUERA – COMILLAS : Commémoration (affiche) (photos) le 19 septembre 2000 sur la plage de OYAMBRE

 

 

 

NEW 2011   -   2011 : « La Aventura del Pájaro Amarillo »

 

     Un film espagnol est en cours de tournage par le réalisateur Juan Molina     

 

Article dans le « Sud-Ouest » du 13 avril 2011

Reportage sur le tournage du film à « Radio France Gascogne » du 11 avril 2011

Avec interviews de témoins présents en 1929 et du réalisateur

Bande annonce du film

Site internet de la production

 

Merci à Monsieur Michel BOQUET pour ces documents

 

 

 

 

Jean ASSOLLANT - 1930

 

 

Jean ASSOLLANT sur l’aérodrome de « Roosevelt Field » à New-York

avant le départ de l'Oiseau Canari pour Old Orchard,

entre le 20 et le 24 mai 1929

 

 

Signature de Jean Assollant

 

 

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Première traversée française de l'atlantique - Le filmL’EXPLOIT

 

 

Les images ou la vidéo de l’exploit

La préparation, le vol et l’atterrissage,

L’arrivée : Jean Assollant, René Lefèvre , Armand Lotti et Arthur Schreiber

 

 

 

Il se rend célèbre deux ans après Lindbergh, en étant aux commandes de l’« Oiseau Canari » lors de la première traversée française de l’Atlantique nord. Il n’a que 24 ans au moment de son exploit.

 

Il pilote pour cela un Bernard 191 « Grand Raid », entièrement peint en jaune avec un équipage de trois hommes ; Jean ASSOLLANT le pilote, René LEFÈVRE le navigateur et Armand LOTI, radio et aussi commanditaire du vol.

 

 

 

Bernard - "Oiseau canari"

 

 

BERNARD « Oiseau Canari » Grand Raid

Racheté par le gouvernement en 1932 - Musée du Bourget

 

L’ « Oiseau Canari » est un dérivé du Bernard 19, prototype dessiné en 1927 par Galtier, ingénieur aéronautique de la Société des Avions Bernard et construit en 1928. Ce monoplan à aile haute était prévu pour des vols commerciaux sur longue distance et des grands raids. Les Bernard 19 ont été classés en plusieurs dérivés selon leur motorisation, et ceux équipés de V12 Hispano Suiza de 500 CV sont dénommés 191 GR. Ils seront construits à trois exemplaires.

 

Le deuxième exemplaire (*), de couleur jaune, et baptisé « Oiseau Canari », est acheté par Armand Lotti, alors sous-directeur de l'hôtel Lotti, rue de Castiglione à Paris, et est préparé et mis au point par l’ingénieur mécanicien Raoul Leroy de la société Hispano Suiza qui accompagnera l’avion

 

Caractéristiques techniques : voir le profil 3 vues de l’avion

 

* Envergure: 17,30 m

* Longueur: 12,80 m

* Surface portante: 42,90 m2

* Masse à vide: 2 120 kg

* Masse maxi: 5 780 kg (9 réservoirs, 2 980 kg d’essence)

* Moteur: Hispano Suiza 12 Lb de 600 ch

* Vitesse maxi: 245 km/h

* Autonomie: 5 400 km

* Plafond: 5 000 m

 

 

(*) Le premier exemplaire, peint en rouge et nommé « Le France » fut la propriété du capitaine Louis COUDOURET (as 14/18 de la SPA 12 « Les Cigognes ») qui, après un échec en août 1928 au Bourget, préparait aussi en juin 1929 la traversée de l’Atlantique à partir de Séville avec Louis MAILLOUX . Il détruisit l’appareil et se tua près d’Angoulême en le ramenant au Bourget le 7 juillet 1929, faute d’avoir pu obtenir les autorisations nécessaires, et du gouvernement français et du gouvernement espagnol. Ce fut la gloire pour les uns et l’oubli pour les autres. Le troisième exemplaire vola pour quelques records sans grand intérêt avec Antoine PAILLARD aux commandes.

 

Voir quelques photographies grand format

Merci à Jean Paul ARNOUL qui a fourni plusieurs originaux, œuvres de son grand‑père André ALIBERT, photographe au Bourget entre les deux guerres (Studio André).

 

 

Le bel avion s’envole de « Nord Old Orchard Beach » dans l’Etat du Maine au Etats-Unis, au nord de Boston, le 13 juin 1929 un peu après 15h00 GMT (10h00 locale) avec un mélange de 3900 litres d’essence et de 600 litres de benzol. Il porte une immatriculation américaine : NY-9422

Voir le plan détaillé de Old Orchard et le trajet de l’Oiseau Canari sur la plage

Le vol est plus difficile que prévu ; après un roulage étonnamment long sur la magnifique plage et un arrachage en catastrophe, un passager clandestin un peu suicidaire, nommé Arthur Schreiber, jeune journaliste américain de 22 ans qui voulait se rendre célèbre, sort de la queue de l’avion où il s’est caché la veille et se présente à l’équipage éberlué, habillé de cuir comme un vrai pilote : "Here I am !".

 

La première réaction de Jean ASSOLLANT aurait été de crier à LEFÈVRE : " Passe-le par la porte....et vite ! ". Puisqu'il le faut, ils continueront leur voyage avec ce premier « passager clandestin » de l'histoire de l'aéronautique, mais ils jetteront à l’eau le matériel de survie, quelques sacs postaux et le champagne prévu pour l’arrivée ! Une condition est cependant exigée par LOTTI ; s’il écrit un jour ses mémoires, SCHREIBER devra abandonner la moitié de ses droits et bénéfices éventuels à l'équipage. Qu'importe ! Pour le jeune américain, c'est le baptême de l'air et il n'en revient toujours pas d'être parvenu à ses fins ! Il signe donc avec LOTTI, un document de renoncement que celui-ci rédige de sa main en anglais, le premier acte sous sein privé rédigé dans les airs et probablement le seul ! Le vol se poursuit et grâce à l’équipement radio dont l’Oiseau Canari est équipé, les journaux du monde entier peuvent suivre toutes les péripéties de l’aventure et en faire leurs gros titres.

 

 

Bernard 191 GR - 1928 - Jean ASSOLLANT et Antoine PAILLARD

 

Bernard 191 GR - Août 1938

 

 

Le Bernard 191 GR d’ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI en août 1928 au Bourget, avec Jean ASSOLLANT et Antoine PAILLARD sur la première photo en haut. Comme on peut le voir sur la troisième photo ci-dessous prise en juin 1929, la dérive de l’avion et le carénage du moteur ont été modifiés entre-temps. L’examen des photos et des films de l’époque permet de penser que ces travaux ont été faits dans les ateliers Bernard, après la première tentative avortée de septembre 1928, qui se termina par un accident à Casablanca. Après réparation et modifications, l’appareil n’en est ressorti qu’en février 1929. Une telle évolution ne peut avoir été décidée que suite à des essais prolongés. Or l’avion n’avait pas assez volé pour cela en 1928. Comme l’appareil n°3 de PAILLARD, utilisé après septembre 1928, comporte ces mêmes modifications ; dérive et carénage alu, c'est sans doute suite aux vols de PAILLARD avec cet avion n°3 et à ses records de distance avec charge, qu’elles se sont révélées finalement nécessaires.

Merci à M. Michel BOQUET pour ces informations

 

 

Bernard 191GR "Oiseau Canari" - Old Orchard - Juin 1929

 

 

Le Bernard 191GR « Oiseau Canari » d’ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI sur la plage d’Old-Orchard (Maine) le 13 juin 1929

Ci-dessous, les trois aviateurs avant leur départ

 

ASSOLLANT - LEFEVRE - LOTTI - Juin 1929

 

ASSOLLANT, LEFEVRE et LOTTI avec leur lourde pelisse.

 

 

Exceptionnel ! : visitez sur 360° le poste de pilotage de l’Oiseau Canari   New 06/2011

(ne fonctionne plus avec « Internet Explorer 8 » pour XP)

 

 

 

Oiseau Canari - Old Orchard - Juin 1929

 

 

 

Oiseau Canari - Old Orchard - Juin 1929

 

Manœuvres de l’Oiseau Canari sur la plage de « Old Orchard » avec l’aide de la population locale

 

 

LOTTI - ASSOLLANT - LEFEVRE - Juin 1929

 

 

Equipages du YELLOW BIRD et du FLASH GREEN - Old Orchard - Juin 1929

 

Armand LOTTI – Jean ASSOLLANT – René LEFÈVRE

 

Les équipages du « Yellow Bird » et du « Flash Green »

à l’écoute des informations météorologiques à Old Orchard

 

 

Oiseau Canari - Départ d'Orchard Beach

 

 

 

Oiseau Canari - Départ d'Orchard Beach

 

 

Oiseau Canari - Départ d'Orchard Beach

 

 

Halage de l’ « Oiseau Canari » vers la plage

 

« Nord Old Orchard Beach »

Remplissage des réservoirs

L’ « Oiseau canari » au fond, et le « Flash Green »

Prêts au départ…

 

 

 

Lotti, Yancey ,Lefevre, Assollant, Williams - 13 juin 1929 - Orchard Beach

 

 

Williams, Assollant, Lefevre , Yancey - 13 juion 1929 - Orchard Beach

 

Envol de l'Oiseau Canari - 13 juin 1929 - Orchard Beach

 

 

Lewis YANCEY (2) et Roger WILLIAMS (5)

Pilotes américains préparant un vol derrière

LOTTI (1), LEFÈVRE (3) et ASSOLLANT (4)

au départ des Français à Old Orchard Beach

 

Roger WILLIAMS (1)et Lewis YANCEY (4)

Pilotes américains préparant un vol derrière

ASSOLLANT (2) et LEFÈVRE (3)

au départ des Français à Old Orchard Beach

 

Photographie extraite d’un film du décollage de l’« Oiseau canari »

“Nord Old Orchard Beach”

14 juin 1929

 

 

Le supplément de poids non prévu, qui a failli lui être fatal au départ et des conditions atmosphériques exécrables décide l’équipage à mettre le cap plus au sud vers l’Espagne, en visant la ville de Vigo, avec un survol préalable des Açores qui sont atteintes après 19 heures de vol. La côte espagnole est survolée après presque 27 heures de vol, mais plus au nord que prévu. Pas de piste à Oviedo, ni à Gijon, le vol doit continuer et ASSOLLANT finit par se poser d’extrême justesse vers 20h40 sur la plage de Oyambre, les roues dans l’eau près du petit village de Comillas. Le vol aura duré plus de 29h. Un monument sera érigé plus tard à l'endroit où s'est posé l’« Oiseau Canari ».

 

 

Départ de l'Oiseau Canari pour Paris

 

Trajet de l'Oiseau Canari d'Old Orchard à Paris

 

Coupe de l'Oiseau Canari

 

Barographe du vol de l'Oiseau Canari

 

 

L’appareil

Le monoplan Bernard-Hispano 600 CV n'était pas un appareil spécial de raid ; il avait les mêmes caractéristiques (en particulier, même surface) et les mêmes éléments constructifs que le monoplan de transport pour huit passagers. Seul, l’intérieur de la cabine fut modifié par l'adjonction de réservoirs supplémentaires.

Dans la cabine étaient donc placés quatre réservoirs : deux de 1.000 litres et deux de 800 litres, qui occupaient l'espace de la cale à bagages et des sièges de deux passagers. Le dispositif de vide-vite était manoeuvré par deux leviers agissant chacun sur un réservoir de 1.000 et un réservoir de 800 litres.

Les autres réservoirs à bord de l'appareil étaient : deux réservoirs d'aile normaux pour essence (total : 440 litres), une nourrice (80 litres), un réservoir d'huile (245 litres), une nourrice d'eau (20 litres). La charge de carburant comportait, en particulier, plusieurs mélanges benzol-essence : 60, 50, 40, 35 %.

Des robinets, tous réunis à l'arrière dans une petite boîte, permettaient de passer d'un réservoir sur l'autre. Deux filtres étaient placés sur la planche de bord, l'un pouvant être nettoyé pendant l'utilisation de l’autre.

Avec l'essence américaine, le départ eut lieu avec un mélange de 30 % de benzol. Le premier faux départ avait eu lieu avec un mélange à 20 % seulement, comme pour l'essence française, ce qui provoqua de l'auto-allumage.

 

Les instruments de bord et de navigation

A l'avant de la cabine se trouvait le double poste de pilotage ; à l'arrière, la salle de navigation (vaste, puisqu'elle équivalait à l'emplacement de six fauteuils).

L'équipement comprenait :

- Un poste de T. S. F. émission-réception Radio S.F.R. (longueur d'onde 450, 600 et 900 m.), avec une génératrice (pouvant s'escamoter) sur le côté du fuselage.

- Un sextant à bulle Favé.

- Un compas Vion et un compas Pioneer qui fut prêté par Chamberlin au moment du départ.

- Un navigraphe et deux gyroclinomètres Le Prieur, ceux-ci pour la navigation sans visibilité.

- Un dérivomètre Dubois impar. Les mesures de dérive avaient lieu latéralement par une fenêtre (avec vitre à coulisse et saute-vent rentrant). Pour ces mesures, Lefèvre employa des bombes fumigènes (sodium.) à ailettes, de sa construction.

L'équipement comprenait aussi un barographe. Au mur de la cabine (éclairée à l'électricité par des piles sèches) étaient fixées les abaques nécessaires ; une table de T.S.F. et de navigation avec sièges et des placards complétaient l'installation.

Trois médailles de saint Christophe et, en dernier lieu, des chambres à air-bouées étaient chargées de la sécurité.

Sur les cartes de navigation, trois routes avaient été prévues : une route du Nord, qui ne fut pas suivie, par suite du brouillard, sur Terre-Neuve ; une route moyenne, par Saint-Nazaire, abandonnée à cause de la tempête sur l'Atlantique Nord, et une route du Sud, par les Açores et le cap Finisterre, qui fut finalement adoptée.

Les tableaux de marche étaient ainsi disposés : en abscisses, les consommations de carburant, avec lesquelles on avait divisé le tableau en un certain nombre de tranches ; en ordonnées : la puissance et le nombre de tour nécessaires, l'incidence de l'appareil, l'altitude, la vitesse, la distance parcourue. La valeur moyenne de chaque quantité était calculée pour chaque tranche, ce qui donnait des courbes en escalier.

L’Aérophile - 1er au 15 juillet

 

 

 

Arthur SCHREIBER, René LEFEVRE, Jean ASSOLLANT et Armand LOTTI - Santander - 15 juin 1929

 

 

Arthur SCHREIBER, René LEFÈVRE, Jean ASSOLLANT et Armand LOTTI

Peu après leur arrivée à Comillas dans la nuit du 14 juin 1929

 

 

 

L'oiseau Canari - Plage de Oyambre - Comillas

 

 

L'Oiseau Canari - Plage de Oyambre - Comillas

 

Envol de l'Oiseau Canari - Plage de Oyambre - Comillas

 

 

Comillas - Plage de Oyambre - 15 juin 1929

Les aviateurs espagnols Iglesias et Jimenez (*)

livrent 150 l d’essence à bord d’un Breguet

 

Comillas - Plage de Oyambre - 15 juin 1929

Mise en ligne de l’« Oiseau Canari »

La marée est trop haute pour le décollage

Comillas - Plage de Oyambre - 16 juin 1929

Décollage de l’« Oiseau Canari » pour Cazaux

 

(*) Jimenez et Iglesias viennent de réussir, deux ans après Costes et Le Brix, la cinquième traversée de l’Atlantique sud dans le sens Europe-Amérique du Sud, sans escale, du 24 au 26 mars 1929, de Séville (Espagne) à Bahia (Brésil), à bord de leur Breguet.

 

L'Oiseau Canari à Mimizan le 16 juin 1929

 

 

L'Oiseau Canari à Mimizan

 

L'Oiseau Canari à Mimizan

 

 

L'OIseau Canari à Mimizan

 

 

Plage de Mimizan – Matinée du 16 juin 1929

Panne d’essence avant d’arriver à Cazaux

 

 

Plage de Mimizan – Après midi du 16 juin 1929

Ravitaillement en essence

 

Plage de Mimizan – Après midi du 16 juin 1929

L’Oiseau Canari a du être halé sur le haut de la plage

par des mulets pour échapper à la marée.

 

 

Cazaux - L'Oiseau Canari - 16 juin 1929

 

 

Cazaux - L'Oiseau Canari - 16 juin 1929

 

 

Cazaux - L'Oiseau Canari - 16 juin 1929

 

 

Cazaux – 16 juin 1929

L’arrivée de l’« Oiseau Canari »

 

Cazaux – 16 juin 1929

Préparation de l’« Oiseau Canari » pour son vol vers Le Bourget

Cazaux – 16 juin 1929 – 17h50

Départ de l’« Oiseau Canari » pour Le Bourget

 

 

L’avion peut repartir à 10 heures le 16 juin pour Cazaux sans son passager clandestin, mais faute d’avoir pu faire un plein suffisant en Espagne, il doit s’arrêter sur une plage de Mimizan. Là aussi, un monument sera élevé à la gloire des trois héros. Finalement, l’« Oiseau Canari » atterrit triomphalement à Paris Le Bourget dans la soirée.

 

La revue française d’aviation bimensuelle « L’air », dans ses numéros 231 du 15 juin et 232 du 1er juillet 1929, fait un intéressant compte rendu de leur exploit, tout comme la revue « Les Ailes » dans son numéro 418 du 20 juin. L’hebdomadaire aéronautique anglais « Flight » a également donné tout au long de l’année 1929 des informations sur la préparation, la traversée et la tournée du « Yellow Bird » : on peut consulter ici tous ces articles parlant de Jean ASSOLLANT. Sa famille a également conservé de nombreux articles découpés dans des journaux français de l’époque que l’on peut voir en cliquant sur cet autre lien.

 

Très régulièrement depuis, de nombreux articles sur l’odyssée de « L’Oiseau Canari » sont encore écrits : on peut, par exemple, trouver ici celui de René LEFÈVRE dans la revue « France Aviation » n°59 de juin 1959 pour le trentenaire de l’exploit ainsi que celui que Jean MACAIGNE (1904-1995) a fait publier dans la même revue « France Aviation » n°289 de juin 1979 pour son cinquantenaire.

 

Nota : Lire également le texte D’ASSOLLANT, LEFÈVRE ET LOTTI  : « L’avenir des Avions Transtlantiques », paru en juillet 1929 dans la revue « La Revue des Vivants » d’Henry JOUVENEL.

 

 

Le terrain d'aviation du Bourget en 1929 et 1935

Terrain d’aviation de Paris – Le Bourget – Dugny photographié en 1929 et plan du « Guide Aérien Michelin » de 1935,

où atterrit « l’Oiseau Canari » dans la soirée du dimanche 16 juin 1929

 

Arrivée de l'Oiseau Canari au Bourget le 16 juin 1929

 

 

 

 

Le triomphe du Pilote de l’Oiseau Canari

 

 

 

L'arrivée de l'Oiseau Canari au Bourget le 16 juin 1929

 

Armand Lotti et Arthur Schreiber - Le Bourget - 16 juin 1929

 

 

L’arrivée de l’« Oiseau Canari » au Bourget

 

Armand LOTTI et Arthur SCHREIBER au Bourget

 

DOCUMENT SONORE EN ANGLAIS

Ecoutez Armand LOTTI présenter Jean ASSOLLANT, René LEFÈVRE et Arthur SCHREIBER aux journalistes américains présents au Bourget ainsi que la déclaration d’Arthur SCHREIBER

 

 

Message to “ President Gaston Doumergue “

June 14, 1929

 

“ Upon the occasion of the magnificent flight across the Atlantic by your compatriots I wish to extend to you and to the French people, as well as to the aviators themselves, my sincère congratulations and an expression of my admiration of their gallantry.”

 

The President of United States

Herbert Hoover

 

 

 

Reproduction d’une aquarelle de Jean Bellis – Droits réservés – Merci à l’Artiste pour son aimable autorisation de publication

Site internet de Jean Bellis – Illustrateur de marine et d’aviation

 

 

Jean ASSOLLANT - René LEFEVRE - Armand LOTTI

 

 

Poste de pilotage de l'Oiseau Canari

 

Poste radio de l'Oiseau Canari

 

Autographes SCHEIBER - LOTTI - ASSOLLANT - LEFEVRE

Jean ASSOLLANT et l'OIseau Canari au Bourget

Armand LOTTI , Jean ASSOLLANT et René LEFEVRE - Tournée européenne avec l'Oiseau Canari

Poste de pilotage

de l’« Oiseau Canari »

Photographie « Pyperpote »

Equipement radio

de l’« Oiseau Canari »

 

Autographes du 16 juin 1929

Arthur SCHREIBER – Armand LOTTI

Jean ASSOLLANT - REné LEFÈVRE

Jean ASSOLLANT au Bourget

devant l’« Oiseau Canari »

 

Armand LOTTI, Jean ASSOLLANT

et René LEFÈVRE à Prague en 1929

Tournée européenne suivant l’exploit

 

 

 

Schreiber - Passager clandestin de l'Oiseau Canari

Schreiber - Passager clandestin de l'Oiseau Canari

 

 

 

Le passager clandestin Arthur SCHREIBER et les dessinateurs de presse...

 

 

Loti - Assollant - Lefevre

Lefevre - Assollant - Schreiber - Lotti

Image de collection des Chocolats "Coop"

 

Jan ASSOLLANT - As de pique

 

L'Aviation, une révolution du XXème siècle de Jacques Noettinger

Mimizan les Bains, Première traversée française de l'Atlantique Nord de Georges Cassagne

Il Secolo Illustrato 1929

LOTTI - ASSOLLANT - LEFÈVRE

Journal des Voyages

n°148 du 04/07/1929

Les Vainqueurs de L'Atlantique

LEFÈVRE - ASSOLLANT

LOTTI – SCHREIBER

 

Image de collection

des Chocolats « COOP »

« Voyages interplanétaires »

ASSOLLANT et LEFÈVRE

et l’ Oiseau Canari »

Jean ASSOLLANT

«As de pique »

d’un jeu de cartes

américain

« L’oiseau Canari »

d’Armand LOTTI (note)

Calman-Lévy – 1968

Lire l’extrait consacré à

 la rencontre d’Armand LOTTI

 et de Jean ASSOLLANT

« L’aviation – Une révolution

du XXe siècle »

de Jacques NOETINGER

Nouvelles Editions Latines - 2005

Lire l’extrait consacré

à l’« Oiseau Canari »

 

« MIMIZAN LES BAINS

Première traversée française

de l’Atlantique Nord »

de Georges CASSAGNE

Atlantica

Fascicule publié pour le 80ème

anniversaire de la traversée

 

 

 

(note) : La dédicace de l’ouvrage d’Armand LOTTI est la suivante : « A Jean ASSOLLANT, mon frère, qui fut brave et loyal jusqu’à la mort ». La préface en a été rédigée par le Général d’Armée Aérienne Paul STEHLIN, capitaine d’active au début de mai 1940 lorsqu’il rejoint le Groupe GC III/6, alors que Jean ASSOLLANT y est capitaine de réserve depuis plusieurs mois. Lors de la mort glorieuse du Commandant Pierre CASTANIER fin mai, c’est STEHLIN qui assurera « casus morti » le commandement des deux escadrilles du III/6 en ayant la grande chance d’avoir des pilotes chevronnés et aguerris comme André CHAINAT et Jean ASSOLLANT dans son état-major, étant donné que sa carrière avait été surtout « politique » jusqu’alors.

 

 

 

Monument Assollant, Lefèvre,- Lotti  - Comillas - Plage de Oyambre

 

Monument Assollant,  Lefèvre,  Lotti - Comillas - Plage de Oyambre

 

Monument Assolllant, Lefèvre, Lotti - Mimizan

 

 

Monument Assollant, Lefèvre, Lotti - Mimizan

 

Monument Assollant, Lefèvre, Lotti - Mimizan

 

Comillas - Espagne

Plage de Oyambre (*)

 

Mimizan Plage (40) - Front de Mer

Carrefour de l'avenue de la Côte d'Argent

et de la rue Assollant-Lefèvre-Lotti

 

Plaque commémorative de la traversée du 16 juin 1929

Assollant est écrit avec un seul L par erreur

2009 – 80ème anniversaire

Plaque commémorative

Assollant est maintenant écrit avec deux L

Mais pourquoi J.P. ?

 

Les photographies du monument de Mimizan proviennent du site :

 

 

(*) Photographies de 2006 - déclare à l’automne 2008 :

 « Le 8 septembre de 1929, on a inauguré un monument sur la plage de Oyambre pour rappeler le vol de L’« Oiseau Canari ». Etaient présents, des hauts dignitaires espagnols et français, ainsi que le Nonce de la SS, le Cardinal Tedeschini, et deux petits escadrons ; l'un espagnol venant de Burgos et l'autre français. La marraine du monument a été Dona Angustias Martos, comtesse de Ruiseñada, belle-fille du Marquis de Comillas et mère de l'actuel Marquis, D.Alfonso Ginelly Martos. Le monument est aujourd’hui dans un piteux état, à moitié démoli par les ravages de la mer et il est très possible qu’il ne résiste pas à l’hiver, à moins que les autorités ne fassent d’urgence quelque chose pour y remédier. Il est vraiment regrettable qu’un monument qui rappelle l’âge héroïque des pionniers de l’aviation en Cantabrie, disparaisse dans l’indifférence, à cause de l’apathie de nos dirigeants »…

 

El monumento "Pajaro Amarillo" - Plaja de oyambre

 

Septembre 1929 : Inauguration du monument « PÁJARO AMARILLO » sur la plage de Oyambre

 

 

« Es ésta la playa donde aterrizó el primer avión trasatlántico que tocó tierra española. Fue el "Pájaro Amarillo" en vuelo directo de Old Orchand (EE UU) y tripulado por Sollant,  Lefèvre y Lotti. El recuerdo a la hazaña se completa con tres versos del poeta comillano Jesús Cancio :

 

Aquí hizo un alto en su glorioso vuelo

un águila de espíritu romántico

que atravesó el desierto del Atlántico... ».

 

 

« C'est sur cette plage qu’a atterri le premier avion transatlantique sur la terre espagnole. Il s’appelait « L’Oiseau Canari" et arrivait en vol direct d'Old Orchard (États-Unis). Son équipage était Sollant, Lefèvre et Lotti. Le souvenir de l'exploit est complété par trois versets du poète comillanais Jésus Cancio :

 

Ici, s'est arrêté dans sa fuite glorieuse

un aigle à l’esprit romantique

qui a traversé le désert de l'Atlantique ... »

 

 

Septembre 2009 : Restauration partielle du monument, à l’initiative de Manuel Sanchez, Marquis de Movellán

 

19 septembre 2009 : L’action du Marquis de Movellán a porté ses fruits. La ville San Vicente De La Barquera a ouvert le 19 septembre 2009 pour une durée de 3 semaines une exposition pour commémorer le 80ème anniversaire de la traversée du « PÁJARO AMARILLO ». Le monument qui était complètement tagué a été nettoyé, restauré en partie et provisoirement protégé des effets de la marée. Un projet plus ambitieux est à l’étude pour le déplacer de la plage sur la terre ferme. Une manifestation dont on peut lire le programme officiel a eu lieu lors de l’ouverture de cette exposition. Côté français étaient présents le capitaine de vaisseau Olivier Debrai, Attaché de Défense auprès de Mr Bruno Delay, Ambassadeur de France à Madrid, Madame Isabelle Lotti, la fille du promoteur du vol historique et Guillaume Bernache Assollant, un neveu du célèbre pilote. Côté espagnol, outre les autorités locales, étaient présents Sr. Miguel Ángel Revilla, Gouverneur de la Province de Cantabrie et bien entendu le Marquis de Movellán, grand connaisseur de l’histoire de l’aviation et de l’épopée de l’« Oiseau Canari » puisque son père avait noué de solides liens d’amitié avec les héros français. Un petit avion de tourisme s’est posé là où avait atterri l’« Oiseau Canari » en 1929 et a accompli ensuite un vol du souvenir de Oyambre à Mimizan dans les traces du bel oiseau… (Nota : Manuel Sanchez de Movellán, Marquis de Movellán est malheureusement décédé en septembre 2011, à l’âge de 79 ans.).

 

 

Oiseau Canari - Oyambre

Photo satellite de la plage de Oyambre

 

Plage de Oyambre

 

Voir 16 photographies de la commémoration du 19 septembre 2009

 

(Documents Ediaromontanes)

 

Enceloppe  commémorative Oiseau Canari 1929/1979

Enveloppe commémorative Oiseau Canari 1929/1979

Carte commémorative Oiseau Canari de 1929/1979

Enveloppe et cartes commémoratives du cinquantenaire de l’exploit en 1979

 

 

Enveloppe commémorative Oiseau Canari 1929/2009

 

Enveloppe commémorative Oiseau Canari 1929/2009

Enveloppe commémorative officielle du 80ème anniversaire de l’exploit en 2009 (recto et Verso)

 

 

Départ de l'Oiseau Canari

 

L'Oiseau Canari à Oyambre

L'Oiseau Canari au Bourget

Illustrations de « EL PÁJARO AMARILLO EN OYAMBRE » de Carmen Cabezón – Edita : Creática 2009

 

 

Médaille commémorative ASSOLLANT - LEFEVRE - LOTTI

 

Plaque commémorative à Old-Orchard

 

Médaille commémorative gravée par le célèbre Anie Mouroux en 1929 – Diamètre : 68mm

Au dos : L’Oiseau Canari et son trajet  sur fond de ½ mappemonde, avec comme inscription :

"OLD ORCHARD COMILLAS

 "PREMIERE TRAVERSEE AERIENNE FRANCAISE SANS ESCALE DE L'ATLANTIQUE NORD DE L'OUEST A L'EST"

 

La plaque commémorative des différents raids transatlantiques

qui a été posée à Old Orchard (Etats-Unis – Maine) le 29 août 1971

(Document aimablement fourni par Michel Boquet)

 

 

Médaille d'honneur de la Ville de Versailles

 

Médaille commémorative offerte par la ville deVersailles à Jean ASSOLLANT – Exemplaire unique

« À L’AVIATEUR JEAN ASSOLANT, POUR SA GLORIEUSE TRAVEERSÉE DE L’ATLANTIQUE – 13 JUIN 1929 – TÉMOIGNAGE DE SA VILLE NATALE »

Ce magnifique bijou a été offert par la veuve de Jean ASSOLLANT, Suzanne VIGAUD, à la jeune fille de leurs plus proches amis de Madagascar

lors de leur départ de la « Grande-Île », après la guerre »

 

 

Trois héros de l'air

ASSOLLANT

LEFÈVRE

LOTTI

Trois héros de l'air

Ttrois héros de l'air

Extraits d’une luxueuse plaquette « Trois Héros de l’Air » de 28 pages, tirée à seulement 250 exemplaires le 13 juillet 1939 – Cet examplaire a été dédicacée par ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI

 

 

Voir aussi l’article du TIME en bas de page.

 

 

 

 

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LES DÉBUTS

 

Jean BERNACHE-ASSOLLANT est né à Versailles le 26 septembre 1905, au domicile de ses parents, rue d’Anjou. Son père, (Charles Marie) Georges BERNACHE-ASSOLLANT, né le 19 janvier 1869 à Senlis (voir acte de naissance), était alors lieutenant au 11ème régiment d’artillerie. C’était un polytechnicien de la promotion 1890, celle d’Albert LEBRUN qui sera élu Président de la République en 1932 et en 1939, mais dont le deuxième mandat sera abrégé par les pleins pouvoirs votés au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Le capitaine ASSOLLANT a eu une conduite héroïque pendant la grande guerre où bien qu’officier d’artillerie il a souvent participé à des assauts. Cet « As des Crapouillots » a reçu neuf citations et a été blessé sept fois. Il a été fait officier de la Légion d’honneur en juillet 1917, distinction rare pour un officier de son grade. Commandant à la fin de la guerre, sa croix de guerre s’orne de 5 palmes et il est pensionné pour invalidité à 90%. Il prend sa retraite en 1924 et est versé comme lieutenant-colonel dans la réserve, en devenant chef des services administratifs de l’Institution Nationale des Invalides. Il sera fait Commandeur de la Légion d’Honneur en 1932. Son cousin germain était l’écrivain pour la jeunesse (Jean Baptiste) Alfred ASSOLLANT, dont « Les aventures du capitaine Corcoran » est sans doute l’ouvrage le plus représentatif de son oeuvre.

 

 

Voir les 34 documents d’archives du dossier de (Charles Marie) Georges Assollant aux archives de l’Ordre de la Légion d’Honneur

 

 

 

Le Lieutenant Georges ASSOLLANT - Polytechnique 1890

 

 

 

 

 

Jean ASSOLLANT vers 1918

 

 

Lieutenant Georges ASSOLLANT

Promotion 1890 de l’Ecole Polytechnique

 

 

« Malgré un feu violent de mitrailleuses ennemies qui faisait de nombreuses victimes, s’est élancé de la parallèle et, prenant un fusil, a entraîné un groupe de soldats, faisant preuve d’une décision et d’un courage tout à fait remarquables. »

 

Jean ASSOLLANT

Vers 1918

 

Photographies de la collection privée de la famille Bernache-Assollant – Droits réservés - Reproduction interdite

 

 

Sa mère, Hermance Marguerite BREMENS, née à Tlemcen le 20 février 1871, est la fille du Général Abel Charles Auguste BREMENS (voir photo), premier colonel du 139e régiment d'infanterie et général de brigade à compter du 27 décembre 1881 et de Louise RUFIN, elle-même fille d’un lieutenant-colonel qui commandant à l’époque la place de Tlemcen (voir acte de mariage). Veuve de Nicolas BÉNARD, avocat, lorsqu’elle épouse Charles BERNACHE-ASSOLLANT le 28 septembre 1903 à Labbeville (Val d’Oise), elle a de son premier mariage deux fils vivants de 9 et 7 ans, demi-frères de Jean qui naîtra deux ans plus tard. Pierre BÉNARD, le plus âgé deviendra capitaine d’artillerie, affecté en Extrême-Orient où il se mariera avec une Indochinoise. Antoinette Louise BREMENS, sa sœur aînée, était l’épouse du Général Michel Armand AUGER : leur fils Albert Victor Robert AUGER fût pendant la première guerre mondiale un des commandants de la célèbre escadrille N3 « Les cigognes », « As » titulaire de 7 victoires, mort de ses blessures à Dunkerque le 28 juillet 1917 après un tragique et dernier combat aérien : voir aussi l’article de « La Guerre Aérienne » du 25 octobre 1917.

(Photographies familiales aimablement transmises par M. Jean Paul VIENNOIS, petit cousin de Jean Assollant)

Ascendance de Jean Bernache Assollant

 

L’inclination pour l’aviation de Jean BERNACHE-ASSOLLANT date de son adolescence : Il faisait volontiers l’école buissonnière pour aller regarder les aéroplanes voler au-dessus de Buc. Le célèbre Nungesser se prit même d’amitié pour lui et alla jusqu’à lui donner quelques notions de pilotage. Il obtient la première partie de son baccalauréat sciences, mais il rêve d’autres aventures. Il rentre d’abord dans la marine marchande comme élève officier à l’école d’hydrographie du Havre et de Dieppe pour satisfaire les désirs de sa famille, éplorée par la mort de deux proches parents victimes de l’aviation. Finalement, sa première passion est la plus forte, et après plusieurs voyages mouvementés France - Amérique, dont un naufrage, il s’engage finalement le 8 novembre 1923 pour 4 ans et devient élève-pilote à Istres. Breveté pilote militaire n° 20.336 le 21 août 1924 alors qu’il n’a pas encore 19 ans, il est affecté au 32ème régiment d’aviation de Dijon où il sera nommé caporal le 1e septembre et sergent le 2 mars de l’année suivante.

 

Insigne SPA 15      Insigne SAL 105      Insigne BR 211

 

1924 : 32è RA Dijon – 5è escadrille (SPA 15)     1925 : 37è RA Maroc - 10è escadrille (SAL 105)    1926 : 34è RA Le Bourget – 1è escadrille (BR 211)

 

Il se porte volontaire pour la campagne du Maroc de 1925. Les unités aériennes opérant au Maroc sont alors celles du 37ème régiment d’aviation (RA) où il est affecté le 26 mai 1925 (26 juin 1925 à la 10ème escadrille) sous le commandement du colonel Paul ARMENGAUD. Anciennement numérotées Vr 551 et F.553, les 1ère et 4ème escadrilles du régiment sont équipées, comme la plupart des autres escadrilles, du biplan biplace Breguet 14A2, un appareil particulièrement robuste et polyvalent. En vue de l’offensive de mai, ces deux escadrilles sont détachées du 37ème RA au profit du groupement tactique DUFIEUX, dont elles constituent le 1er groupe d’aviation, sous les ordres du commandant BLAIZE. Si l’état-major du groupe d’aviation demeure à Fez, la 1/37 est basée, elle, à l’est sur le terrain avancé d’Ain Aicha, tandis que la 4/37 stationne, plus à l’ouest, sur la plate-forme de Beni Malek. Une troisième escadrille est placée en réserve à Fez. C’est dans ce contexte que l’avion de Jean ASSOLLANT, est touché pendant une reconnaissance, mais il peut le poser en catastrophe entre les lignes ; son Observateur est mortellement blessé. Il reçoit la Croix de Guerre et la Médaille militaire. A 19 ans 1/2, il devient le plus jeune médaillé de France où il est rapatrié le 28 juin 1926.

 

 

Jean ASSOLLANT - 34ème RA Le BOURGET

Sergent ASSOLLANT - Vers 1925 - Nieuport 29 de la SPA 15

Jean ASSOLLANT et René LEFEVRE - 1927 - Tour de France en 20 heures

Sergent ASSOLLANT - Vers 1927

 

Le sergent Jean ASSOLLANT

34ème RA – Le Bourget

 

Jean ASSOLLANT à Dijon en 1925

devant un Nieuport 29 de la SPA 15 (voir nota)

 

Premiers exploits

Jean ASSOLLANT et René LEFÈVRE

24 mai 1927

Jean ASSOLLANT en 1927

 

Nota : La SPA 15 qui appartenait au 2ème RAC de Strasbourg depuis 1920 est stationné à Dijon Longvic à partir de 1924 comme 5ème escadrille du 32ème. Les Nid 29 lui sont livrés jusqu'à septembre 1924. C'est la 37ème RAO qui a été concernée par le conflit de la guerre du Rif, avec les BR 201 et 219 (13ème  et 14ème  escadrilles du 32ème de Dijon) qui le rejoindront en renfort de juin 1925 à juillet 1927. La SPA 15 n’a pas été impliquée par la guerre du RIF. (Merci à Dan Gilberti, Henri Guyot et Jacques Moulin pour ces précisions).

 

 

 

Préparation du Raid vers la Russie - Commandant WEISS et Jean ASSOLLANT - Août 1928

 

 

Jean ASSOLLANT et Pierre WEISS en 1927

 

 

Raid Paris-Hanoï 1927

 

Raid Paris-Hanoï 1927

 

Document original de la main de Jean ASSOLLANT

La préparation du Raid du Commandant WEISS et de Jean ASSOLLANT vers la Russie sur un Potez 25 - Août 1927

 

Jean ASSOLLANT et Pierre WEISS

Août 1927 - Le Bourget

Visite de Maurice BOKANOVSKI, Ministre du Commerce et de l'Industrie, des P.T.T. et de l'Aéronautique

 

Document original de la main de Jean ASSOLLANT

Préparation du raid Paris-Hanoï –Décembre 1927

 

Lire des détails de ce « Tour de l’Europe » et ce qu’en disent l’Intransigeant et l’Humanité, suite à des propos de Jean Assollant au sujet de qu’il a vu en Russie bolchevique

 

Raid Paris-Hanoï 1927

Raid Paris-Hanoï 1927

Raid Paris-Hanoï 1927

Annonce du raid Paris-Hanoï dans la presse

Novembre 1927

 

Tentative de raid Paris Hanoï en 1927 sur Lioré et Olivier LeO 20

Sergent René LEFÈVRE - Lieutenant Adrien MION, pilote

Colonel ANTOINAT (*) , chef d'expédition et navigateur

Sergent major Laurent BOSSON mécanicien et sergent BERNACHE ASSOLLANT pilote

 

Décembre 1927

« La Vie Aérienne et Sportive »

L’équipage du Georges Guynemer

 

Documents et photographies de la collection privée de la famille Bernache-Assollant – Droits réservés - Reproduction interdite

 

Lire le compte rendu du raid Paris-Hanoï du Georges-Guynemer dans la revue Paris-Match sous la plume de René LEFÈVRE

 

C’est à ce moment que la destinée de Jean ASSOLLANT bascule, puisqu’il est affecté le 26 septembre 1926 à la 1ère escadrille du célèbre 34ème Régiment d’Observation du Bourget du commandant Weiss, où il va se réengager pour un an à compter du 8 novembre 1927, avant d’être admis dans le corps des sous-officiers de carrière le 24 octobre 1928. Le 34ème du Bourget est à la pointe de l’aventure aérienne, très populaire alors dans le monde entier, et sous l’impulsion de chefs prestigieux les jeunes aviateurs militaires du Bourget multiplient les exploits. Leurs noms apparaissent régulièrement dans la presse et ils deviendront ainsi familiers du grand public. Dès le 1er octobre 1926, ASSOLLANT réalise le meilleur temps de l’année sur le parcours Paris-Pau-Paris (1400 km.) ; parti du Bourget à 8h00 il est de retour à 17h00 après 8h de vol. Le 5 avril 1927 c’est toute son escadrille (Lieutenants de VITROLLES, MION, du JONCHAY ; adjudants de LAGUERIE, MAREC ; sergents BERNACHE-ASSOLLANT, VINCENT, LEFÈVRE, caporal de FONTAINIEU, sous-chefs mécaniciens FURET, BOURTHOUMIEU, DELPORTE, FONTENILLE et BINDREFF) qui réalise un beau vol de groupe Le Bourget-Mayence et retour en moins de 7 heures. Le 24 mai 1927 (voir coupure de presse plus haut), avec son camarade René LEFÈVRE, c’est une boucle de 3 600 km. qui est effectuée en 20 heures au dessus du territoire français. Du 11 au 18 août (voir document plus haut), c’est avec le commandant WEISS qu’il réussit une croisière européenne de plus de 8000 km., passant par Kazan en Russie, en 40 Heures de vol (1). Dans les derniers jours de l’année 1927, le 21 décembre, c’est le départ du LeO 20 baptisé « Georges Guynemer » pour le raid Paris Hanoï du colonel ANTOINAT (2), qui s’achève malheureusement le 29 décembre dans la confusion à Rayack au Liban, après de nombreux problèmes techniques dus à une météo épouvantable, et un atterrissage forcée en Turquie entraînant de sérieuses difficultés politiques.

 

(1) Les étapes du commandant Weiss et du sergent Assollant ont été les suivantes :

11 août               Paris-Gracovie                     1300 km

12                        Gracovie-Odessa                 1.000 km

13                        Odessa-Rostov                      700 km

14                        Rostov-Kazan                      1 300 km

15                        Kazan-Moscou                       750 km

16                        Moscou-Varsovie               1 400 km

17                        Varsovie-Glatz-Poznam         700 km

18                        Poznam-Paris 1 400 km       1°400 km

L'appareil, baptisé le « Roger Latapie », en mémoire du jeune compagnon de bord du commandant Weiss, mort un an auparavant dans un accident d'avion, était un Breguet de série, muni de réservoirs d'essence supplémentaires lui donnant un rayon d'action de 1 400 à 1 500 km. Il était équipé d'un moteur Lorraine 450 CV. à réducteur. Le voyage eut lieu dans des circonstances atmosphériques très dures.

 

(2) ANTOINAT écrit souvent par erreur ANTHOINAT

 

En 1928, c’est donc tout naturellement que le jeune Armand LOTTI fait appel au sergent-chef ASSOLLANT pour le raid qu’il projette clandestinement en grand secret. Jean ASSOLLANT entraîne dans l’aventure son ami René LEFÈVRE, aussi sergent au 34ème. Régiment d’aviation du Bourget, avec la complicité bienveillante du commandant WEISS.

 

Commandant Pierre WEISSGénéral Pierre WEISS

 

Pierre WEISS (1889/1970) – Général de Division aérienne en 1945 – Aviateur et écrivain

 

Lire des articles de presse présentant Pierre WEISS – « L’ESPRIT FRANÇAIS » (1931) - « L’AFRICAIN » (1932)

Lire ce qu’a écrit d’ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI le commandant Pierre WEISS en 1929

 

 

Au cours de l’année 1928 : la préparation en grand secret de l’avion de LOTTI, le BERNARD 191 n°2, en présence de Jean ASSOLLANT

 

A cette époque, le financement public des raids a été suspendu en France à cause de nombreux échecs tragiques, et la décision de les interdire complètement est sur le point d’être prise. Les deux sergents, en prenant quelques libertés avec la discipline militaire pour mener à terme leur projet, décollent une première fois du Bourget le 3 septembre 1928 , avec leur commanditaire LOTTI, qui voulant rester incognito s’est caché dans l’appareil, mais qui sera quand même repéré par un journaliste... Après plusieurs incidents et quelques nouveaux départs (1), cette tentative un peu rocambolesque s’achève définitivement quelques jours plus tard à Casablanca dans une certaine confusion. Elle déclenche les critiques d’une presse toujours prête à passer de l’enthousiasme aux sarcasmes, sans aucune pudeur et honte, selon l’humeur du temps et l’attente de ses lecteurs, ce qui mortifie nos Aventuriers et tout particulièrement ASSOLLANT, le pilote, qui est en première ligne !

 

(1) Jean Assollant avait adopté un jeune chien baptisé « Briand-Kellogg » le 27 août 1928, jour de la signature par 63 pays du fameux « Pacte de Paris » ou « Pacte Briand-Kellogg » qui condamnait le recours à la guerre : il l’emmena avec lui pour cette première tentative de traversée de l’atlantique.

 

 

ASSOLLANT et LEFÈVRE au Bourget – Vol d’essais de l’Oiseau Canari en vue de leur tentative du 4 septembre 1928

En haut à droite, Jean ASSOLLANT tient dans ses bras son chien « Briand Kellogg »

 

Pour plus de détails : lire « La Saga d’ASSOLLANT et LEFÈVRE » à travers les articles du quotidien « Ouest-Eclair »

 

Ils quittent finalement l’armée le 24 octobre 1928. LEFÈVRE est recruté par la Société BERNARD comme dessinateur, son premier métier, et Jean ASSOLLANT devient pilote sur la ligne Paris Strasbourg à la CIDNA (Compagnie Internationale de Navigation Aérienne), ce qui à l’époque n’était pas toujours une partie de plaisir. En effet, le 31 décembre 1928 il réchappe par miracle à un grave accident : par suite d’une mauvaise visibilité causée par le brouillard, ayant décollé le matin du Bourget, son appareil capote sur les flancs d’un coteau près de Givry-les-Loisy, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Châlon-sur-Marne, et prend feu immédiatement. Ejecté, le pilote s’en tire avec quelques contusions sans gravité, mais l’avion et son chargement de 300 kg sont totalement détruits. L’année 1928 ne se termine donc pas trop mal pour Assollant, grâce à son immense talent et à une part de chance. L’année 1929 consacrera la baraka du pilote : on connaît la suite...

 

Bleriod Spad 66 de la CIDNA

 

Un des Blériot-Spad 66 de la CIDNA que pilotait Jean ASSOLLANT fin 1928, début 1929

Celui qui fut détruit le 31 décembre 1928 portait l’immatriculation F-AEHX

 

« ... c’est à ce moment que se place une de mes plus fortes émotions. Le 31 décembre 1928, étant parti de bon matin et par fort mauvais temps, je me suis laissé prendre par la brume dans la vallée du Petit Morin et j’ai embouti le sol à plein moteur. L’avion a pris feu, mais j’avais été projeté au dehors et cela m’a sauvé. Tout s’est passé si rapidement que je n’ai pas eu le temps de réduire ou de couper mon moteur : j’ai vu soudain une masse noire devant moi ; j’ai entendu un bruit formidable ; ensuite, dans un éclair, j’ai aperçu l’immatriculation de mon plan supérieur par-dessus lequel je sautais ! C’était le F-AEHX, je ne l’oublierai jamais ; j’ai eu l’impression que l’avion allait me retomber dessus. La commotion de mon choc contre le sol n’a pas duré sans doute plus de cinq à six secondes ; je me suis relevé d’un bond, mais comme j’étais encore un peu étourdi, je ne me rendais pas très bien compte de ce que je faisais et je me suis précipité vers l’avion qui flambait pour aller chercher le sac de poste. A ce moment là, un pneu a éclaté ; j’ai cru que c’était le réservoir, et je n’ai plus su du tout ce que je faisais ! Je me suis mis à courir droit devant moi, empaqueté dans ma combinaison, ne sachant absolument pas où j’allais... »

Jean ASSOLLANT, à la revue « Robinson » en 1936

 

 

 

 

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Jean ASSOLLANT - 16 juin 1929

 

 

APRÈS L’EXPLOIT

 

 

ASSOLLANT, LEFEVRE et LOTTI avec André CITROËN

 

Les trois Héros de l’Atlantique Nord, reçus par André CITROËN dans son usine de Javel à Paris le 1er juillet 1929

 

Avec l’aimable autorisation de « Citroën Communication » - Droits réservés

 

 

Fête de 34ème RA du Bourget - Le 7 juillet 1929  Fête du 34ème RA du Bourget - 7 juillet 1929

La fête annuelle du 34ème Régiment d’Aviation au Bourget du 7 juillet 1929

4 bombardiers Lioré et Olivier LeO.20 (photo en haut à gauche) - 4 chasseurs Gourdou-Leseurre LGL.32 et un Breguet 19 en premiers plans (photo en haut à droite)

Sur la photographie en bas à droite on distingue parfaitement les troupes rendant les honneurs aux premiers vainqueurs français de l’Atlantique Nord

Fête du 34ème RA du Bourget - 7 juillet 1929  Fête du 34ème RA du Bourget - 7 juillet 1934

 

34ème Régiment d'Aviation du Bourget

 

 

Le 7 juillet 1929, après l’exploit et des festivités sans fin, honorés par les mêmes que ceux qui avaient tout fait précédemment pour les empêcher de réaliser leur vol et qui ont du avaler leur chapeau, les trois héros français de l’Atlantique nord sont réunis sur le terrain d’aviation du Bourget pour être cités à l’ordre de la nation, le jour de la fête du 34ème RA. Moment d’émotion intense, c’est le Colonel ASSOLLANT, sabre au clair, qui remet la légion d’honneur à son fils Jean, devant le front des troupes, baïonnettes étincelantes au canon, au son de cuivres retentissants.

 

 

 

Assollant, Lefèvre et Lotti - Légion d'Honneur au Bourget

 

 

Assollant, Lefèvre et Lotti - Légion d'Honneur au Bourget

 

ASsollant, Lefèvre et Lotti - Légion d'Honneur au Bourget

 

Fête du 34ème Régiment d’Aviation au Bourget – 7 juillet 1929

Après que Jean ASSOLLANT ait été fait Chevalier de la Légion d’Honneur par son Père, le Colonel Georges ASSOLLANT,

René LEFÈVRE et Armand LOTTI reçoivent à leur tour des mains du Colonel POLI MARCHETTI la croix créée par l’Empereur

pour les braves – A droite, Jean Antoine REGINENSI égalementdu 34ème (raid Paris – Saigon – Paris en avril 1929)

 

 

 

Nomination dans l’Ordre de la Légion d’Honneur

 

Sur proposition de M. LAURENT-EYNAC, Ministre de l’Air, et après un examen par le Conseil de l’Ordre, le Président de la République a signé en Conseil des Ministres, le décret nommant chevalier dans la Légion d’Honneur :

ASSOLLANT : Pilote-aviateur, 5 ans et 8 mois de services militaires et de pratique professionnelle.

Titres exceptionnels : Sergent pilote de réserve qui pour sa brillante conduite sur les théâtres d’opérations extérieures, reçut la croix de guerre avec deux citations et la médaille militaire. A été blessé en service commandé. Doué de remarquables qualités de sang-froid, d’énergie et de maîtrise, a effectué le 13 juin 1929, avec LEFÈVRE et LOTTI, la traversée de l’Atlantique Nord, la première réalisée jusqu’alors par un équipage et un matériel français. A donné ainsi toute la mesure de sa valeur professionnelle et réalisé une performance sans précédent dans les annales de l’Aviation Française.

Voir le journal Officiel du 2 juillet 1929

 

 

 

ASSOLLANT et LEFEVRE - 34ème RA du Bourget - Juillet 1929

 

 

Jean ASSOLLANT et René LEFÈVRE portant leur « cuir » d’aviateur, avec leurs camarades du 34ème RA du Bourget, devant un Breguet 19

 

 

 

Les trois amis s’envolent ensuite pour une glorieuse tournée des capitales européennes : L’« Oiseau Canari » quitte le Bourget le 8 août pour Madrid et continue son périple par le Portugal, l’Italie, la Grèce, la Turquie, la Roumanie, la Yougoslavie, l’Autriche, la Pologne l’Allemagne et la Belgique. Le 31 août 1929, ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI se posent à Valenciennes, où ils participent à l’inauguration du monument de NUNGESSER et COLI et du mémorial des aviateurs du valenciennois morts pour la France. Ils sont de retour au Bourget, le lendemain 1er septembre (lire le récit de la traversée et de la tournée des capitales européennes dans la revue « HISPANO SUIZA » de juin 1930)

 

 

Carte de la tournée des capitales européenne de « l’Oiseau Canari »

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

 

C’est sans doute pendant ce voyage que Jean ASSOLLANT et/ou René LEFÈVRE entreprirent de « collectionner » quelques « sous-bocks » ou « ronds de bière » dans différents restaurants ou hôtelsqu’ils fréquentèrent. Une partie de ces trophés, après des péripéties imprécises, est aujourd’hui la propriété de l’auteur de ces pages. Ces pièces sont présentées dans une page annexe accessible par ce lien.

 

 

 

 

 

PAULINE PARKER

 

Pour l’anecdote il ne faut pas oublier de signaler le mariage de Jean ASSOLLANT du 10 juin 1929 à Portland, trois jours avant son départ de Old Orchard Beach, avec Pauline PARKER une belle et jeune américaine de deux ans sa cadette, rencontrée quelques jours plus tôt et exerçant la profession de « Chorus Girl » à New-York (voir articles de journaux en bas de cette page). Il ne parle pas l’anglais, elle ne comprend pas le français ! Pauline PARKER s’embarquera immédiatement sur le paquebot « Ile de France » pour aller retrouver à Paris son époux maintenant célèbre, mais l’idylle est de courte durée puisque des rumeurs de séparation, dès le 5 août, et d’une procédure de divorce, dès le 26 août, sont annoncés dans la presse américaine. Le divorce est définitivement prononcé en février 1930 et la presse « people » de l’époque ironisera.

 

Voir le certificat de mariage de Jean Assollant et Pauline Parker

 

On peut trouver dans un journal américain local de l’époque ce petit entrefilet : « Madame Jean ASSOLANT ne doit pas croire que le nombre mystique 13 porte la poisse : En tant que Pauline PARKER il y a 13 lettres dans son nom (comptez les), son mari a signé son certificat de mariage comme Jean ASSOLANT, nom qui a également 13 lettres (comptez les). Ils se sont mariés en s’étant rencontrés 13 jours plus tôt, il a décollé vers Paris le 13 juin et elle a prévu de le rejoindre 13 jours plus tard ». C’est peut être à partir de ce moment qu’on écrira « ASSOLLANT » avec un seul « L » dans beaucoup de journaux !

 

 

Pauline Parker et Jean Assollant

Pauline Parker - Chorus Girl à New-York - Ralph Thomas

Pauline Parker et Jean Assollant

Jean ASSOLLANT et sa jeune épouse

Pauline PARKER (mariage le 10 juin 1929)

juste avant le départ de l’« Oiseau Canari »

Article publié dans la presse française et conservé par la famille BERNACHE-ASSOLLANT

Pauline PARKER est donc vraisemblablement sur cette photo la seconde à gauche

 

Dans la presse française après l’exploit

Pauline PARKER et Jean ASSOLLANT

(photographie prise aux Etats-Unis

avant le départ)

 

 

Documents et photographies de la collection privée de la famille Bernache-Assollant – Droits réservés - Reproduction interdite

 

 

Pauline PARKER - Dessin F-X.Bibert
  Pauline PARKER et Jean ASSOLLANT  Pauline PARKER et Jean ASSOLLANT    Pauline PARKER Pauline PARKER - Dessin F-X. Bibert
    

Paulibe PARKER et Jean ASSOLLANT

 

La courte romance de Pauline PARKER et de Jean ASSOLLANT

 

 

Merci à Michel Boquet qui a permis la publication de certaines de ces photographies

 

Extrait de film - Jean ASSOLLANT et Pauline PARKER

 

 

Jean ASSOLLANT et Pauline PARKERCoupure de presse - ASSOLLANT-PARKER

 

Jean ASSOLLANT et son épouse Pauline PARKER qui vient d’arriver au HAVRE sur le paquebot « Ile de France » le 26 juin 1929

Ils ont déjeuné à DUCLAIR sur les bords de Seine à « l’Hôtel de la Poste » où a été prise cette photographie avec LEFÈVRE et LOTTI et le député M. André MARIE.

Article du Figaro du 27 juin 1929 – Photographie de la collection Jean Raymond LEGALLET – Droits réservés

 

 

 

 

 

 

5 juin 1930 – Ouest Eclair

Pilote de Compagnie Pétrolifère

 

« Assollant, qui après avoir traversé l'Atlantique en compagnie de Lefèvre et de Lotti, avait repris son service comme pilote de ligne à la CIDNA vient d'entrer à l'Economique en qualité de Chef Pilote. Cette Société vient, en effet, d'acheter un avion Potez 36, moteur Salmson 95 CV. L'initiative prise par les producteurs d'Eco-Essence doit retenir l'attention de tous. Assolant, aux commandes de l'avion de l'Economique, a pour mission d'étudier les problèmes du ravitaillement dans les aérodromes, et nul n'était mieux désigné que lui pour remplir ces fonctions nouvelles. L'aviation mérite qu'on s'occupe d'elle non seulement par des encouragements, mais par des actes, et nous ne pouvons que féliciter la grande Société d'aider par l'exemple à résoudre un grand problème et d'avoir su s'acquérir la collaboration d'un pilote de la valeur d'Assollant. »

 

Cette même année 1930, le 24 avril, Jean ASSOLLANT est nommé au grade de sous-lieutenant dans la réserve. Il est aussi breveté pilote d’hydravion. Il participe à de nombreux meetings en France et à l’étranger et son nom se retrouve souvent à coté de celui de pilotes prestigieux comme on peut le voir sur un extrait du programme des journées nationales de l’aviation de Vincennes organisées par l’Aéro Club de France les 8 et 9 juin 1930.

 

En 1931, sur les hydravions Bernard HV, il prépare à la coupe Schneider à laquelle la France ne s’alignera finalement pas.

 

 

Coupe SCNHEIDER 1931

 

Lire un article de l’hebdomadaire «  L’Echo Sportif d’Afrique du Nord » du 11 septembre 1931

 

Hydravions Bernard HV - Coupe Schneider

 

L’évolution des hydravions BERNARD HV préparés entre 1929 et 1931 pour la coupe Schneider – HV 40 – HV 42 – HV 120 – HV 220

 

 

 

En 1932, Jean ASSOLLANT participe toujours à de nombreux meetings, sur le Potez 36 de son ami LEFÈVRE en particulier, et il repart en août aux Etats-Unis en bateau pour participer à la plus grande manifestation aérienne de l’époque, l’«Air Race » de Cleveland dans l’Ohio. Il doit normalement présenter un nouveau prototype des usines Bernard adapté à l’acrobatie aérienne, le Bernard 74, mais à cause d’un accident dont il est victime juste avant de s’embarquer, c’est finalement avec un simple Morane Saulnier 230 qu’il évoluera à Cleveland. Le récit, les détails et de nombreux documents photographiques concernant cette année 1932 se trouvent dans une page spécifique accessible par le lien ci-dessous.

 

Jean ASSOLLANT - 1931

 

Il est intéressant de signaler que de son coté René LEFÈVRE prépare et mène à bien, entre octobre 1931 et juin 1933, deux grands raids : un Paris MADAGASCAR (12 500 km) et retour et un Paris SAIGON (13 400 km) et retour, à bord d’un avion de tourisme léger Peyret-Mauboussin XI de 45 CV. Lire quelques informations sur ces voyages en ouvrant ce lien.

 

Avec le Bernard 81GR, Jean ASSOLLANT retrouve son ami René LEFÈVRE le 4 octobre 1933 pour une tentative contre le record du monde de distance en ligne droite à partir d’Oran qui se terminera malheureusement à Karachi par suite d’une surchauffe moteur.

 

 

« Le Bernard 80.G.R est un appareil de grand raid dont la finesse aérodynamique remarquable a été obtenue par la suppression de toutes les résistances nuisibles, l’affinement des formes du fuselage, le carénage du train d'atterrissage et l'emploi de profils à faible traînée. L'aile est complètement en porte à faux et a une forme trapézoïdale très effilée à bouts elliptiques, ce qui permet de diminuer les pertes marginales tout en restant dans les limites convenables de poids. La surface portante est de 70 m2. Le fuselage encastré dans l'axe de la voilure permet de réduire nettement la résistance à l'avancement, le maître couple a été diminué autant qu'il était possible sans que soit sacrifié le confort nécessaire à un équipage devant supporter un vol de 70 à 80 heures. L'empennage a une forme triangulaire à bouts elliptiques, ce qui a permis de lui donner un grand allongement sans que le poids fût sensiblement augmenté, d'où une plus grande finesse et une plus grande efficacité. Quant au train, il est à roues carénées avec essieu sans contrefiche. Le moteur Hispano 650 CV est placé à l'avant du fuselage et nettement dégagé de la voilure ; enfin le radiateur placé sous le fuselage est caréné.

L'essence est contenue dans les réservoirs munis de vide-vite, une nourrice et un collecteur. Elle est amenée au collecteur par des tuyauteries souples, six robinets permettant d'isoler les réservoirs du circuit d'alimentation ; l'huile est contenue clans un seul réservoir situé derrière le moteur. Le niveau est contrôlé à l'aide d'un tube de verre. Le radiateur est à côté du réservoir. Le radiateur d'eau est placé sous le fuselage, attaqué normalement par des filets d'air. La circulation d'air, est réglée par des volets.

Le poste de pilotage placé à l'avant du longeron d'aile comporte le siège du pilote et un strapontin pour le navigateur ; la visibilité est assurée eu vol normal par les portes latérales qui sont vitrées. Pour les manœuvres plus délicates auprès du sol ou dans une atmosphère agitée le pilote peut faire monter son siège et avoir une visibilité complète. Le poste de navigation placé derrière l'habitacle du pilote mesure 2 m. de long sur 1 m. de largeur. Il est aménagé 'de telle manière que le navigateur peut faire le point ou les calculs de dérive avec le maximum de confort et le minimum de fatigue ; une ouverture vers le haut et deux fenêtres latérales permettent les observations en tous sens. Le poste est muni d'un compas de grande navigation, d'un dérivomètre, d'un taximètre, d'un barographe, d'un altimètre et d'une montre. Un poste de T. S. F. complète enfin l'installation.

Voici les caractéristiques de l'appareil et ses performances : Surface portante, 70 m2 ; envergure, 24 m 50 ; longueur, 14m 80 ; hauteur, 4 m ; voie du train, 4 m ; poids, 3 100 kg ; poids total, 8 625 kg. ; vitesse maximum, 250 km/h. ; vitesse de croisière, 185 km./h ; rayon d'action théorique, 13 000 km ; plafond plein charge (théorique), 2 500 m. »

Revue Aéronautique de France – Juin 1931

 

 

Bernard 80 GR - Oiseau dabnari II

 

 

Le BERNARD 80 GR (Grand Raid) « Oiseau Canari II » est construit en 1930

Avec lui, Jean MERMOZ et Antoine PAILLARD battent en 1931 le record du monde en ligne droite

Il est modifié après 1931 (allongement du fuselage et du plan) pour devenir le BERNARD 81 GR et rebaptisé plus tard « Antoine Paillard »

 

BERNARD 80/81 GR "Oiseau Canari II"  "Antoine PAILLARD"

BERNARD 80/81 GR "Oiseau Canari II" "Antoine PAILLARD"

 

 

René LEFEVRE et Jean ASSOLLANT - Oiseau Canari II - 1933

 

 

René LEFÈVRE et Jean ASSOLLANT - Juillet 1933 – Préparation du raid sur l’ « Oiseau Canari II »

 

 

Oiseau Canari II - Oran 1933 - Ravitaillement SHELL

 

 

 

 

 

 

 

4 octobre 1933 – Préparatifs à Oran La Sénia du Bernard 81 GR « Oiseau-Canari II »

Tentative contre le record du monde de distance en ligne droite

 

 

Jean Assollant et René Lefèvre au moment du départ.

Le vol sera interrompu à Karachi, après 6 305 kilomètres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4 octobre 1933 -  Oran - La Sénia : démarrage manuel du Bernard 81 GR « Oiseau-Canari II » au moyen d’un capuchon et par traction sur des sandows.

Cet avion est celui qui avait été accidenté par Jean Mermoz et Louis Mailloux le 29 décembre 1931 à La Sénia, puis reconstruit

 

 

Merci à André Jarrige, Françoise Fouques Duparc, Suzanne Perrichon et Robert Biancotti pour ces documents

 

 

Tous ces honneurs et cette activité débordante n’empêchent pas Jean ASSOLLANT d’effectuer chaque année des périodes volontaires de réserve comme pilote de chasse, et il sera finalement promu au grade lieutenant de réserve le 23 avril 1934.

 

En dehors de leur passion pour l’aviation, Jean ASSOLLANT et René LEFÈVRE sont aussi des sportifs de haut niveau dans une discipline bien différente, puisqu’ils sont sociétaires du « Stade Français » dans son équipe de bobsleigh, épisode souvent méconnu de leur biographie. Sur la lancée de leur exploit de 1929, ils gagneront quelques compétitions en 1930 dont la « Gold Cup ». Grâce aux archives du Stade Français, gracieusement mise à disposition, on trouvera ci-dessous quelques coupures de presse de l’époque, intéressantes malgré leur mauvaise qualité. En 1931, on retrouve Jean ASSOLLANT comme ¾ centre de l’équipe première de Rugby et il se fait remarquer par sa bonne humeur, son engagement et sa vitesse qui en font un ailier de grande classe. Durant l’hiver 1932, Jean ASSOLLANT est aussi le gardien de but de l’équipe de hockey sur glace qui participe à quelques rencontres internationales.

 

 

Assollant et Lefevre - Stade français - Bobsleigh

Assollant et Lefevre - Stade Français - Bodsleigh

Assollant et Lefevre - Stade Français - Bodsleigh

Assollant et Lefevre - Stade Français - Bogsleigh

 

L’équipe de bobsleigh du Stade Français conduite par Jean ASSOLLANT en 1930

 

 

 Coupures de journal  Coupures de journal

 

Et pour être le plus complet possible, signalons que malgré ces nombreuses activités, Jean ASSOLLANT a quand même trouvé le temps de publier, ou alors de simplement signer... un article consacré à « L’Utilisation de l’Acier Inoxydable dans l’Aéronautique » dans la revue «L’Aéro » du 13 juillet 1933. On peut le lire en utilisant le lien présent dans ce paragraphe...

 

 

Brevet de pilote de Jean Assollant   Brevet de pilote de Jean Assollant

 

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Brevet de Pilote de Jean BERNACHE ASSOLLANT de la « Ligue Internationale des Aviateurs »

 

Ce « brevet » qui n’est pas un document officiel est le second attribué à un pilote français ; à noter que le prénom n’est pas mentionné et qu’ASSOLLANT a été écrit par erreur avec un D. Il porte les signatures de personnalités prestigieuses : Charles Lindbergh qui, en mai 1927, âgé de 26 ans, accomplit la première traversée de l’Atlantique, un des plus fantastiques exploits de l’aventure humaine. Clarence Chamberlain qui, quinze jours après Lindbergh, réussit la deuxième traversée de l’Atlantique et qui, en atterrissant à Berlin, s’adjugeait le record mondial de distance, soit 6500 kilomètres. René Paulhan, fils de Louis Paulhan, pilote d’essai chez Amiot, Ruth Elder qui fut recueilli au large des Açores, son Bellanca étant tombé en mer à la suite d’une panne de moteur, le commandant Richard Byrd qui en juin 1927, accomplit la troisième traversée de l’Atlantique, et plus tard, devenu l’amiral Byrd, se rendit célèbre par la découverte du pôle sud, puis la découverte du continent austral et de l’Antarctique. Les compagnons d’Assollant, Lefèvre et Lotti qui furent les premiers Français à réussir la traversée de l’Atlantique le 16 juin 1929 et leur passager clandestin Arthur Schreiber ont également apposé leur paraphe…

En 1929, Assollant offrit cette carte de pilote à une petite fille en lui disant : « Garde-la précieusement, un jour, elle constituera ta dot. » La petite fille d’alors, devenus septuagénaire mis ce document historique en vente dimanche 28 juin 1987, à l’hôtel des ventes de Perros-Guirec.

C’est le docteur Cassagne, président de syndicat d’initiative de Mimizan et spécialiste incontesté de l’histoire de cette ville, qui eut l’idée de réunir les fonds nécessaires pour l’acquérir et l’offrir à la Municipalité. Ce document est actuellement visible à la « Maison du Patrimoine de Mimizan » au milieu d’autres pièces relatant le vol de l’ « Oiseau Canari. »

Merci à Monsieur Georges Robin, Président de l’ASEM-Archéologie de Mimizan, qui a autorisé la reproduction de ce document dans cette page.

 

 

 

 

 

 

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MADAGASCAR

 

René LEFÈVRE s’en va tenter sa chance aux colonies fin 1930 avec un POTEZ 36.14 à moteur Renault de 95CV. En 1931, il effectue la première liaison Tananarive – Mananjary. En 1933, à la suite de ses voyages personnels et de contacts encourageants avec le Ministre des affaires étrangères du Portugal, il présente au Gouverneur CAYLA et au Ministre de l’air Pierre COT un projet de Ligne régulière via le Mozambique, colonie portugaise, et crée les services de l’aéronautique de Madagascar, dont il devient directeur. Jean ASSOLLANT le rejoint.

 

Images de Madagascar entre 1932 et 1936, époque de l’arrivée de Jean ASSOLLANT

 

Ce projet séduit, et deux trimoteurs S.P.C.A. 41T/218 sont alors mis à la disposition du Service de la navigation aérienne de Madagascar (SNAM) par le ministère de l'Air. Entre le 13 juin et le 13 juillet 1934, ils seront convoyés jusqu’à Ivato par René LEFÈVRE et Jean ASSOLLANT, aidés par les radios-mécaniciens VYÉ et CHOLLET. ASSOLLANT a raconté dans le numéro de « L’Aéro » du 17 août 1934, sous sa signature, comment ils ont procédé à la reconnaissance de la nouvelle ligne lors de ce périple.

 

 

LE MADÉCASSE – Vendredi 13 juillet 1934 - Une réalisation

 

Ce matin à midi se posaient à Ivato les deux avions devant assurer notre liaison avec la France en empruntant à Broken Hill les Services des Impérial Airways.

M. le Gouverneur Général voit donc ainsi réalisé un rêve depuis longtemps caressé.

Aux aviateurs Lefèvre et Assollant, à leurs mécaniciens MM. Léon Vyé et Roland Chollet nous présentons nos meilleurs voeux de bienvenue-

 

LE MADÉCASSE – Lundi 16 juillet 1934 -A Ivato

 

Deux points blancs surgissent à travers des nuages gris... Uri seul cri s’élève de toutes les poitrines da ceux, nombreux, qui s’étaient rendus à Ivato, vendredi matin. Les voilà ! Bientôt les deux oiseaux de France survolent le camp d'aviation, et, léger viennent se posent sur le sol malgache. Lefèvre, Assollant, descendent de leurs carlingues et sont reçus par M. le Gouverneur Général Cayla qu'entouraient M. le Général Abadie, M. l'Inspecteur Général des Colonies Moretti, le Capitaine Dire, commandant le centre aéronautique, MM. Santini, représentant de l'Aéro-club, Lurat fils, représentant Les Ailes, Hannebicque, président de l’Aéro-club de Madagascar, Lazarus, ainsi que de nombreuses autorités civiles, MM. Franceschi, Directeur des Douanes, Bourgoin, de la T.S.F., Sicard, chef du Bureau des Informations du Cabinet Civil, et de nombreuses dames qui avaient tenu à apporter aux aviateurs et à leurs compagnons le témoignage de leur admiration.

Il est midi, quand les deux avions qui vont réaliser notre liaison postale avec la métropole, se posent sur la terre malgache Ils sont désormais nôtre. Ils ouvrent pour la Colonie une ère nouvelle et inscrivent aux annales malgaches une date d'importance capitale pour son avenir économique.

En même temps que Lefèvre et Assollant, a débarqué notre confrère métropolitain Serge Hyb, envoyé spécial de « l’Ami du Peuple » que notre rédacteur en chef a été heureux de recevoir dès sa descente d'avion.

Un champagne d honneur offert par M. le Gouverneur Général, fut servi à la Salle d honneur du Mess des Officiers de l'Aviation. Pas de discours, mais une atmosphère de franche sympathie.

L'aviation postale de Madagascar est aujourd’hui une réalité.

 

LE MADÉCASSE – Lundi 16 juillet 1934

 

Monsieur Serge Hyb, envoyé spécial de « l'Ami du Peuple » à Madagascar parle aux lecteurs du Madécasse

Le palmarès de l’Aviation postale - Une nuit au désert.

 

Lefèvre, Assollant... Il manquait ces deux noms au palmarès de l’aviation postale-... Noms prestigieux qui ont leur place auprès de ceux dé Mermoz, de Saint-Exupéry, de tant d’autres connus ou inconnus, dont on peut dire qu ils remplissent les pages héroïques de l’histoire dé nos ailes. Un nouveau chapitre va s'ouvrir au livre, déjà si lourd da gloire, de l'aviation française. Grâce à l'initiative de Léon Cayla, gouverneur général de Madagascar, grâce à l’heureuse collaboration du ministère de l'Air, deux hommes, deux pilotes, sur la personnalité de qui il est superflu d insister, vont réaliser un projet à la réussite du quel nous n’osions croire, il y a dix mois à peine. Après de nombreux voyages en Afrique, René Lefèvre a songé, sur la demande de M. Cayla, à mettre au point, dans le plus bref délai, un projet qui a pour but de relier par une ligne postale aérienne Tananarive à Broken-Hill (Rhodésie du Nord) où la correspondance sera assurée par les avions britanniques des « Impérial Airways ».

Tour à tour, chaque semaine, Lefèvre et Assollant franchiront le canal de Mozambique à seule fin de resserrer les liens qui unissent la Métropole et l'une de ses plus lointaines colonies.

C'est le 29 juillet que René Lefèvre effectuera son premier voyage postal régulier. La rapidité avec laquelle cette nouvelle ligne française (qui constitue le premier tronçon de la future « Transafricaine ») a été organisée est un fait sans précédent Le gouverneur de Madagascar doit cette réussite à la bonne volonté des Portugais qui se sont déclarés prêts à faciliter dans la plus large mesurée la tâche de nos aviateurs. Des aires d’atterrissage Vont être construites, des postes de ravitaillement installés en Afrique orientale portugaise sur le parcours qu emprunteront Lefèvre et Assollant — « Maintenant nous sommes certains du résultat, me disaient hier encore nos deux amis. D'ores et déjà les premiers jalons de « France-Madagascar » sont posés. La ligne, « notre ligne » est née sous les plus heureux auspices ».

Que pourrais-je ajouter à ces mots si simples, mais en même temps si pleins d'espoir et si catégoriques ? Je l’écrivais il y a quelques semaines; à la veillé de notre départ : « La foi qui anime nos pilotes est celle qui provoque les miracles ».

Les voyages heureux n'ont pas d histoire. Mais que d histoires j'aurais à vous conter si je ne craignais d’encombrer indûment les colonnes dé ce journal.

A part la malencontreuse panne que nous avons eue, Lefèvre, son radio et moi dans le désert de Nubie entre Wadi-Halfa et Khartoum, tout s'est bien passé. A Tripoli, Son Excellence le maréchal Italo Balbo traita nos équipages de façon fort courtoise. Nous n oublions pas l'accueil que nous ont fait au Caire, à Nairobi, à Mozambique, d'aimables compatriotes. Vous saurez aussi toute l’émotion qui fut la nôtre quand nous abordâmes celte terre malgache où l’on sent battre si fort le coeur de la France.

Et s’il me faut, ici, rapporter un souvenir j'évoquerai volontiers le charme, cent fois décrit de la nuit, au désert. Qui s'est vu contraint, une fois dans sa vie, de coucher ainsi, à la belle étoile, loin de tout et de tous, ne peut que regretter les heures ardentes et lumineuses dont est faite la solitude du reg. Aucun bruit ne saurait troubler le silence qui vous enveloppe, vous pénètre et vous tient éveillé dans l'attente d’un impossible diversion. Tant d’immobilité sur terre, et dans le ciel tant de clartés confondues, donnent le vertige. Bientôt la lune sort des ténèbres et répand sur le sable son baume de lumière.

Alors plus rien n existe de ce qui n'est point le ciel, l’infini, l'extraordinaire féerie de la huit tropicale et lorsque après s’être plongé — voluptueusement — dans ce bain d’immensité, l'esprit cherche à « réaliser » sa course vagabonde à travers l'éther, tout s'efface tout retombe en poussière d'astres, tout se dilue dans le néant... On ne revient pas du pays des étoiles...

 

 

13 juillet 1934 - Arrivée d'ASSOLLANT et LEFEVRE à Ivato

 

13 juillet 1934 – Le Gouverneur CAYLA et la colonie française de Tananarive acceuillent ASSOLLANT et LEFÈVRE à bord de leurs deux trimoteurs à Ivato.

 

S.P.C.A. 41T/218

 

Les deux trimoteurs S.P.C.A. 41T/218 de la S.A.C.M.

 

Trimoteurs S.P.A.C. 41T/218 de la S.A.C.M. Assollant et Lefèvre.

 

Avec ces deux avions, dès le 29 juillet 1934, ils ouvrent la ligne postale de 2400 km Tananarive - Broken-Hill en Rhodésie du Nord (actuellement Kabwé en Zambie), ce qui permet au courrier de Madagascar de s’accrocher à la ligne Londres Le Cap des « Imperial Airways ». L’excellente revue hebdomadaire anglaise « Flight » avait d’ailleurs rédigé un article à sur la préparation de ce projet dans son numéro du 10 mai 1934 et les deux aviateurs ont eux-mêmes raconté leur expérience, deux mois après l’ouverture de la ligne, dans la revue française « L’Aéro » du 5 octobre 1934. La presse locale de Madagascar de son coté ne perd jamais une occasion d’obtenir des confidences des deux nouvelles célébrités de la grande île et ils durent maintes et maintes fois raconter leurs aventures des années passées... (Voir par exemple : « René LEFÈVRE raconte... » dans Le Magédasse du 3 septembre 1934.

 

 

Ligne Tananarive / Broken Hill - Assollant et Lefèvre

 

De Ivato à Broken-Hill - 2200 km en 5 étapes et deux jours

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

 

Renè LEFÈVRE raconte un vol dramatique dans une tempête au dessus du canal de Mozambique, en mars 1935

 

LEFÈVRE, ASSOLLANT, VYÉ et CHOLLET ont signé leur premier contrat avec la « Colonie de Madagascar » représenté par son Gouverneur M. Léon CAYLA le 28 mai 1934 à Paris, pour un engagement de deux ans à compter du 12 mai 1934. Leur traitement est de respectivement 7 000 et 6 000 francs pour les pilotes et de 3 500 francs pour les mécaniciens, à quoi s’ajoutent des indemnités : 0,75 francs pour les pilotes et 0,25 francs pour les mécaniciens par km sur la ligne Tananarive – Broken-Hill (forfait de 2x2 500 km pour un aller retour) et 100 francs par jour de « frais de déplacement » (forfait de 6 jours pour un aller retour). Quand ils volent dans le ciel malgache pour toute autre raison, sur tout autre appareil, une indemnité supplémentaire de 100 francs par heure de vol est allouée aux pilotes... Pour ceux-ci, c’est donc rapidement plus de 15 000€ (2010) qui leurs seront versés tous les mois.

 

Armand LOTTI, qui veut rejoindre ses deux amis ASSOLLANT et LEFÈVRE, emprunte la ligne des « Impérial Airways » en décembre 1934 jusqu’à Broken Hill et arrive à Madagascar à bord d’un des deux S.P.C.A. postal. Six ans plus tard, le trio de « l’Oiseau Canari » est ainsi reconstitué pour quelques mois.

 

ASSOLLANT, LOTTI et LEFEVRE - MADAGASCAR - IVATO - 1934

 

Jean ASSOLLANT, Armand LOTTI et René LEFÈVRE devant le trimoteur S.P.C.A.

Madagascar – Ivato - 1934

 

Le 12 janvier 1935, René LEFÈVRE est fait Grand Officier de l’ordre de « l’Etoile D’Anjouan » et Jean ASSOLLANT commandeur. Ils sont tous deux maintenant lieutenant de réserve. Le 16 mars ils reçoivent sur la base aérienne d’Ivato les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur bien mérités.

 

   Madagascar - Prise d'armes à Ivato du 16 mars 1935 - ASSOLLANT - LEFEVRE

 

Article du journal « LE MATIN » du 26 janvier 1935

Sur la photo, à droite : les lieutenants de réserve René LEFÈVRE (tenue sombre) et Jean ASSOLLANT (tenue blanche)

Madagascar – Ivato – Prise d’armes du 16 mars 1935

 

Lire de compte rendu détaillé de cette prise d’armes du 16 mars 1935 à Ivato

 

 

LE MADÉCASSE – 11 SEPTEMBRE 1935 – UN AN PLUS TARD...LE BILAN DE LA LIGNE FRANCE-MADAGASCAR

 

Le départ de l'avion postal, qui a quitté Madagascar le 22 juillet, marque La fin de la première année de l'exploitation du service Tananarive / Broken-Hill

Depuis le 29 juillet 1934. 52 allers et retours, soit 104 courriers, ont été assurés sans la moindre interruption et une seule fois la ligne malgache a manqué la  correspondance avec les « Impérial Airways» ; le rendement a donc été supérieur à 99 %.

Il a été transporté 1 200 kilos de courrier, représentant 240 000 lettres de5 grammes

La progression du nombre des correspondances transportées est constante ; le poids des dépêches, qui atteignait à peine 7 kilos au début, est passé successivement à 12 kilos, fin décembre 1934, pour atteindre plus de 50 kilos à la fin du mois de juillet 1935

Ces quelques chiffres soulignent le succès complet obtenu par la ligne. La parfaite régularité du nouveau service témoigne, par ailleurs, du cran, de l’endurance, de la maîtrise des chefs pilotes Lefèvre et Assollant et du dévouement de leurs, radio-mécaniciens Vyé et Chollet.

 

 

 

Après le courrier, c’est le tour des passagers. Le premier BLOCH 120, le « Ville de Paris », a été convoyé de Paris à Madagascar par le pilote PLAMOND en mai. Le second, le « Ville de Tananarive », est baptisé au Bourget en grande pompe le 11 juillet en présence de René LEFÈVRE qui se trouve en France depuis plus de deux mois pour préparer la nouvelle ligne et qui va rentrer à Madagascar aux commandes du nouvel appareil. Ces deux avions modernes ont été construits pour réaliser la jonction de la ligne Tananarive – Broken-Hill avec la ligne Paris – Brazzaville en la prolongeant jusqu’à Elisabethville au Katanga (actuellement Lubumbashi au Congo). A partir d’août, René LEFÈVRE et Jean ASSOLLANT, peuvent donc embarquer maintenant des passagers qui ont la ainsi possibilité de voyager entre la France et Madagascar sur une ligne 100% française.

 

Lire de très beau récit de la célèbre « Titayna », la première passagère ayant emprunté la ligne France Madagascar

« Titayna » : belle, journaliste, aventurière et pilote d’avions...

 

BLOCH 120 - Ville de Tananarive

 

BLOCH 120 – VILLE DE TANANARIVE

Collection Dassault Aviation

 

Jean Assollant - Bloch 120

 

Jean ASSOLLANT aux commandes d’un BLOCH 120

 

Bloch 120 - Ville de Paris - "Madagascar - Elisabethville"

 

BLOCH 120 – VILLE DE PARIS

Aérodrome de Elisabethville (Katanga) - Fin 1938

Transfert des passagers arrivant à bord d’un POTEZ 661

 

Jean ASSOLLANT raconte un incident de janvier 1936 et un accident au mois de mars 1936 à bord du Ville de Paris

 

Ces deux nouveaux trimoteurs leur permettent finalement en 1936 de créer les « Lignes Intérieures de Madagascar », en remettant en service les deux anciens S.P.C.A. Jean ASSOLLANT reste Chef Pilote de cette nouvelle structure. Son ami René LEFÈVRE rejoint par contre « Air Afrique », dont il devient le Directeur en 1938, et quitte Madagascar.

 

 

Premier courrier par avion à Madagascar - Assollant - 1936

 

Madagascar - Cachets poste - Premier courrier aérien - Assollant - 1936

 

Vol d’étude de Jean ASSOLLANT dans le sud de Madagascar du 28 octobre au 1 novembre 1936

Tananarive – Arivonimamo – Miandrivazo – Belo Tsiribinina – Morondava – Morombé – Tuléar - Betioky

Fort Dauphin - Betroka – Ihosy – Farangana – Manakara – Mananjary – Fianarantsoa - Tananarive

 

Voir la carte à grande échelle du vol d’étude de Jean ASSOLLANT

 

 

 

Quelques images de Jean ASSOLLANT dans le cadre de son activité à Madagascar sur le terrain de Tuléar vers 1935

Avec un Potez 29 militaire : remarquez la manière dont on fait le plein de l’avion !

Avec le trimoteur S.P.C.A. 41T/218 immatriculé « F-AKDY » : voir comment les moteurs sont lancés à la main...

Voir un extrait de film

Merci à M. Marcel CAMOIN

 

La Dépêche de Madagascar -15 janvier 1936

 

L'AVIATION À MADAGASCAR

par le Gouverneur Général Léon CAYLA

 

Il y a quinze mois à peine, an petit avion d'école, celui de l'Aéro-Club de Tananarive, représentait à lui seul, à Madagascar, l'aviation civile. Ce modeste précurseur ne joue plus aujourd'hui que le rôle effacé de « rouleur au sol », entre les mains des néophytes de l'air ; mais quatorze appareils de tourisme ont déjà pris sa suite, et, entre temps, la nouvelle ligne postale Tananarive-Broken Hill, qui met la colonie à neuf jours de Paris, a reçu quatre grands trimoteurs de transport.

Ainsi les ailes malgaches ont largement pris leur essor. Ce n'est plus seulement à Tananarive que se forment les pilotes ; Majunga, Tamatave et Rianarantsoa viennent de constituer des aéro-clubs qui entendent rivaliser d'activité avec celui de la capitale. Dans quelques jours, une croisière de 3.900 kilomètres groupera militaires et touristes en une même équipe enthousiaste.

Aux aviateurs de grand raid, qui les premiers ont survolé l'île Rouge revient une pour large part un si bel élan. Beaucoup hélas ne sont plus là pour mesurer l'oeuvre dont ils furent les prestigieux propagandistes, mais leurs noms demeurent sur le monument qu'Ivato a pieusement élevé aux morts de l'aviation coloniale.

A leur exemple s'est ajouté celui de la phalange militaire qui, depuis quatre ans, sous le commandement du capitaine Pinard, du capitaine Dire, puis du commandant Wackenheim, s'est mise au service de la colonie avec le plus bel esprit de dévouement. On n'en est plus à compter les missions qu'elle a remplies et les vies qu'elle a sauvées, en se rendant par tous les temps à l'appel des malades en danger.

Enfin, la splendide audace de René Lefèvre et de Jean Assollant qui depuis quatorze mois survolent deux fois par semaine le canal de Mozambique pour assurer la liaison postale avec la France, a surpassé tous les espoirs permis.

Disposant dès maintenant de cent dix terrains d'escale ou de secours, couverte par un service météorologique fortement organisé et assurée d'une liaison radio télégraphique parfaite, l'aviation malgache est pleine d'allant et de confiance. Elle a conscience de son rôle et elle est prête à le remplir.

 

 

 

La Dépêche de Madagascar -12 août 1936

 

C'est SIMPLE ! UN JOUR Nous avons pris deux avions...

COMMENT LEFÈVRE ET ASSOLLANT ONT FONDÉ CETTE ADMIRABLE R0UTE IMPÉRIALE : LA LIGNE RÉGULIÈRE FRANCE-MADAGASCAR

par J G. FLEURY

 

René Lefèvre et Jean Assollant se levèrent.

Il faut partir...

C'était le 28 juillet 1934. Notre directeur les avait conviés a un amical déjeuner d'adieux. Aucun regret ne semblait assombrir les deux jeunes pilotes transatlantiques... En pleine célébrité, ils quittaient le lendemain Paris, qui les avait choyés, pour ne plus revenir pendant de longs mois.

Ils allaient se vouer à une œuvre pleine de risques, ingrate, monotone, qui n'attirerait pas sur eux la gloire des grands raids aériens.

A l'exemple de Mermoz, ils partaient en « service de ligne » avec une sorte de recueillement.

Voici deux ans de cela. Nous avons suivi avec un intérêt affectueux leurs premières luttes, ces magnifiques liaisons de Tananarive à Broken Hill, réalisées par tous les temps, au-dessus de 450 kilomètres d'une mer glauque, infestée de requins et balayée par les brusques]tempêtes tropicales. Ils transmettaient alors le courrier, à partir de Broken Hill, a la compagnie britannique des Impérial Airways.

Le 9 novembre 1934 ils eurent une grande joie : ils portèrent le courrier jusqu'à Elisabethville, au Congo belge. La liaison était faite avec la régie Air-Afrique et la compagnie belge Sabena.

Désormais, la ligne impériale France-Madagascar était bien à nous. L'oeuvre était achevée.

René Lefèvre, rayonnant, est revenu prendre un congé après ce dur labeur.

Il nous raconte toutes les difficultés aujourd'hui vaincues.

« A Maintirano, l'escale côtière de Madagascar avant le détroit de Mozambique, le terrain, en période de pluie, était souvent impraticable. Il allait alors se poser dans la zone désertique d'Andrafiavelo, où le seul secours que nous pouvions espérer était les cases vides d'un village abandonné.

Madagascar était une île « mal pavée » pour les avions. Le gouverneur général Cayla entreprit d'en faire une sorte d'aérostrade. Il mobilisa les architectes, les maçons. Aujourd’hui il existe là-bas cent vingt terrains, de nombreuses stations météorologiques et une protection de postes radios parfaitement organisée.

Les liaisons avec la France ont emporté un vif succès. Les échanges augmentent. Nous refusons des passagers à chaque voyage. Le gouverneur général Cayla, capitaine aviateur, a trop de foi dans l'aviation pour s'en tenir là. Il a décidé de faire ouvrir par Assollant deux circuits de lignes intérieures qui relieront les villes du nord et les villes du sud à Tananarive la capitale.

Combien de Français savent que Madagascar a la superficie de la France, de la Belgique et de la Hollande réunies ! Vous comprenez l'importance de ces liaisons qui vont donner une vie nouvelle aux populations jusqu'à présent disséminées, aux colons isolés, en proie au « cafard » périodique, privés de moyens de communication  suffisants.

Assollant attend, avec l'impatience que vous imaginez, la livraison des Caudron-Renault Simoun du type Air-Bleu qui lui permettront de sillonner la grande île dans tous les coins les plus reculés les messages français...»

Lefèvre et Assollant sont pris au noble jeu : une oeuvre est achevée ; vite, il faut en entreprendre une autre.

Ils ne s'embarrassent ni de formalités ni de paperasses pour passer à l'action. Depuis longtemps, les bureaux avaient ouvert les dossiers de la ligne France-Madagascar et les avaient bourrés de chiffres et de statistiques. Les deux pilotes, eux, se contentèrent de deux ou trois calculs bien simples. Ils partirent avec deux mécaniciens et deux appareils. Et ils ont réussi...

Aujourd'hui Lefèvre m'explique joyeusement que la ligne pourra bientôt « boucler » son budget et ne rien coûter au contribuable.

« En 1935, nous avons obtenu 613 614 francs de recettes et cette année nous comptons sur une rentrée de 900 000 francs avec les passagers et le fret. Dès que nous aurons des appareils appropriés, nous emmènerons j'en suis sûr, non seulement des passagers coloniaux, mais aussi des touristes qui, grâce à l'avion pourront passer leur mois de vacances dans l’île lointaine dont les beautés sont encore inconnues ici...

Notre ligne est née sous le signe de la prospérité : nous traversons les possessions du Portugal, un pays ami et qui nous le montre, car le gouverneur de Lourenço-Marqua a réalisé un programme d’infrastructure tel que nous pouvons « foncer » en toute sécurité ».

René Lefèvre se tait. Le regard perdu au loin, il songe sans doute aux jungles, aux étendues sauvages qu'il a réveillées au grondement de ses moteurs... Aux paysans indigènes qui s'offrent spontanément pour construire des aérodromes près de leur village ; car, fortunés, ils ne connaissent de l'aviation que son oeuvre pacifique. Qui leur apporte des médicaments, qui guérit la fièvre, emporte les malades ! C'est l'avion français...

 

 

 

Le Figaro – 13 mars 1937

L'AVIATION AUX COLONIES

Le DEVELOPPEMENT de l’AVIATION A MADAGASCAR

 

On a dit souvent qu'il fallait, pour assurer le développement de l'aviation, l'intervention de gens qui ont la foi, la volonté de faire quelque chose et de le bien faire. Quelle chance lorsque ces qualités, cette foi, cet enthousiasme se manifestent en haut lieu !

Nous avons dit souvent ici combien le gouverneur général Cayla, gouverneur de Madagascar, aimait l'aviation. Il l'a montré, non seulement par la parole, mais par ses actes, et c'est en grande partie grâce à lui, grâce à son action suivie, que l'aviation a pris, à Madagascar, un brillant essor.

N'est-ce pas grâce à lui, grâce aussi à la collaboration d'Assollant et Lefèvre, qu'une ligne régulière relie aujourd'hui Madagascar à la métropole et que 120 terrains jalonnent des itinéraires parfaitement étudiés qui se prêtent à l'utilisation militaire, économique, sanitaire et touristique.

L'escadrille de Madagascar — benjamine de nos escadrilles coloniales — n'est pourtant  instituée que depuis le 4 mars 1931.

Créée avec neuf « Potez 33 », elle utilise maintenant des Potez 25 T.O.E. et des Potez 29 sanitaires. Des centaines de missions de caractère civil ou militaire ont été accomplies depuis 1934. Des milliers de clichés ont été pris, qui ont permis, en particulier, de découvrir l'emplacement le plus favorable pour le port du charbon à Nakao. La posté a été grandement améliorée : certains services de lettres ont été faits en 48 heures au lieu de 30 et même 40 jours !

Dès avril 1936, le gouverneur général a pu accomplir autour de l'Ile un voyage d'inspection de 5 000 kilomètres en onze jours. Actuellement, fonctionnent les lignes Tananarive-Tamatave, Tananarive-Majunga, Tananarive-Thosy et Tulear-Fort Dauphin.

En marge de l'aviation officielle se développe même une aviation privée qui donne de grands espoirs : cinq aéro-clubs existent maintenant à Madagascar et les voyages de tourisme  aériens se multiplient.

Madagascar et son gouverneur donnent un bel exemple qui ne doit pas être perdu.

AR

 

 

Le 9 février 1938 il est nommé Chef du Service de l’Aéronautique Civile de Madagascar. A la fin de cette année là, deux lignes du S.A.C.M. desservent 29 escales dans la grande île. Trois appareils modernes Caudron C.635 « Simoun » ont déjà été mis en service sur les lignes lignes intérieures. En mai 1939 il convoie à Madagascar le premier Caudron C.440 « Goéland » ; ces bimoteurs rapides sont destinés à remplacer les valeureux Bloch 120 en service depuis 1935 pour les liaisons avec le continent africain.

 

 

Caudron "Simoun" - Madagascar

 

Un des 3 Caudron C.635 « Simoun » qui sont en service à Madagascar à partir de 1937

Jean ASSOLLANT, Jacques RINGEL et Edouard LECOEUR à droite qui regarde sa montre

 

 

Caudron "Simoun" - Madagascar

 

L’Equipe de la S.A.C.M en 1938

De gauche à droite : Lucien BEAUPEUX ; chef mécanicien, Jean DUCAUD ; administrateur, Léon VYÉ ; radio-mécanicien, Edouard LECŒUR ; pilote, Jean ASSOLLANT ; chef du SACM, Jacques RINGEL ; pilote, MELOT ; radio-mécanicien, Marcel BONITEAU ; mécanicien.

 

 

Edouard LECOEUR et Jean ASSOLLANT

 

Edouard LECOEUR et Jean ASSOLLANT

 

Lire : « Édouard  LECOEUR– Le plus beau métier du monde », par Françoise BOUCHINET- BRUGÈRE, sa nièce

 

 

Caudron "GOELAND" - Madagascar   Lignes intérieures de Madagascar en 1936

 

Jean ASSOLLANT et son radio REICHART – Convoyage du second Caudron Goéland de la S.A.C.M de Paris à Tananarive – Août 1939

 

 

En dehors de ses activités aéronautiques, Jean ASSOLLANT s’est marié le 22 octobre 1934 avec la belle Suzanne VIGAUD. Passionnés tous les deux de cheval, ils fondent en 1937 le club de « L’étrier de Tananarive ». Il reste fidèle à ses engagements et effectue 2 périodes volontaires au Groupe d’Artillerie coloniale « l’Emyrne ». Il rédige aussi le « Guide Aérien de Madagascar », qui sera publié en 1940, après la mort de son père survenue en 1939, pendant que son auteur affronte la Luftwaffe dans le ciel de France, aux commandes de son chasseur MS 406.

 

 

Suzanne VIGAUD - Epouse de Jean ASSOLLANT    Jean ASSOLLANT et son épouse Suzanne VIGAUD    Jean ASSOLLANT et et son épouse Suzanne VIGAUD

 

Suzanne VIGAUD épouse de Jean ASSOLLANT

Collection Wackenheim via Franck Roumy

 

    Madagascar - Léon Cayla  

 

MADAGASCAR par Léon CAYLA (voir plus bas)

Couverture et dernière page - 1935

 

 

 

 

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1939/1940 - La CAMPAGNE DE France

au GC III/6

 

 

Masque tagédie - GC III/6 - 5ème

Lieutenant Jean ASSOLLANT - LMS 406 "La Pouille"

Masque Comédie - GC III/6 - 6ème

 

5ème Escadrille

 

Jean ASSOLLANT et son MS 406 « La Pouille »

6éme Escadrille

 

MS.406 n°302 "La Pouille' de Jean ASSOLLANT

 

Morane Saulnier MS.406 n°673 « La Pouille » - Constructeur SNCAO – Hélice Hamilton

 

Après avoir été mis à la disposition du Commandant de l’Air de Madagascar à compter du 1er juillet 1938, le lieutenant de réserve ASSOLLANT est rappelé le 2 septembre 1939 par l’ordre de Mobilisation Générale. Il se porte volontaire pour aller se battre en France et il va ainsi pouvoir participer à la défense de son pays et à la Campagne de France en étant affecté à l’état-major du Groupe de chasse GC III/6, qu’il rejoint le 3 novembre 1939 comme officier de renseignement. Voir les pages consacrées au GC III/6 sur ce site. Il aura juste le temps de revoir rapidement son Père qui décède à l’âge de 70 ans le 18 décembre 1939.

 

Lieutenant ASSOLLANT et Commandant PASQUIER - Iveto - Début octobre 1939

 

Base d’Ivato à Madagascar - Juste avant de partir pour la métropole

Les galons de Commandant du capitaine Paquier, futur général

Début Octobre 1939

Collection Paul T. - Via Franck ROUMY

 

 

Extrait d’un film de propagande de mai 1940

Image du 3 février 1940 : prise d’armes à Wez-Thuisy pour le Groupement 23 (GC II/2, GC III/6, GC 1/5)

en présence du Général Vuillemin, chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air qui passe les troupes en revue devant le MS 406 du lieutenant Assollant

reconnaissable à l’insigne de l’aviation civile de Madagascar qu’il porte sur sa dérive (voir plus bas)

 

 

La 6ème escadrille du GC III/6

Mars 1939  -  WEZ THUISY

Collection François Xavier Bibert

 

Jean ASSOLLANT - Capitaine au Groupe de Chasse GC III/6

 

Le lieutenant Jean ASSOLLANT portant son « cuir » pendant la « drôle de guerre »

 

 

Le 15 mars 1940 il est nommé Capitaine. La photographie inédite ci-dessous est exceptionnelle : elle a été prise en avril 1940 sur le terrain de Wez-Thuisy par un de ses compagnons d’armes, le s/lt MENNEGLIER de la sixième escadrille. Jean Assollant est en alerte, le casque à portée de main. Le pilote porte sur sa poitrine le boîtier relié par un câble à l’avion à l’aide d’une prise multiple : sur ce boîtier viennent se ficher les prises des écouteurs et du laryngophone relié à l’inhalateur que l’on voit pendre sur la droite. Ce boîtier se fixait au casque par deux crochets. Sous sa combinaison de toile, il a revêtu une combinaison de chauffage à laquelle se racordaient par des contacts à pression :

·        les gants chauffants,

·        la cagoule chauffante.

 

 

Le Captitaine Jean ASSOLLANT en alerte sur le terrain de Wey-Thuisy en avril 1940

Collection Philippe Menneglier – Droits réservés – Reproduction interdite

 

 

Il lui sera permis du 24 mars 1940 au 8 mai 1940 de faire un aller retour à Madagascar « Pour jeter l’œil du Maître sur sa ligne » selon le livre de marche du Groupe. Il revient à Wez Thuisy, où est basé le GC III/6 à coté de Reims, accompagné de son épouse Suzanne. Celle-ci s’est engagée en effet au service automobile de la Croix-Rouge ; elle recueillera de nombreux blessés sur la ligne de front où sa conduite exemplaire lui vaudra la Croix de Guerre avec palme et une très belle citation.

 

Après le passage du Groupe à Chissey-sur-Loue, le Morane Saulnier n°673 qu’il pilote et qui, particularité, arbore l’insigne le l’Aéronautique Civile de Madagascar, est endommagé lors du bombardement de l’aérodrome de Coulommiers le 25 mai 1940. La photo ci-dessous est un document exceptionnel ; elle a été prise peu après le passage des avions allemands par le S/c Joseph BIBERT, qui était le chef de hangar de la 6ème escadrille.

 

Le Morane Saullnier MS 406 n° 673 de Jean ASSOLLANT à Coulommiers le 26 mai 1940

 

Le MS.406 n°673 de Jean ASSSOLLANT à COULOMMIERS

26 mai 1940

Photographie Joseph Bibert – Droits réservés – Reproduction interdite

 

 

L’Etat-major du GC III/6 le 10 juin 1940 au Luc

Jean ASSOLLANT – Andre CHAINAT – Paul STEHLIN

Collection Philippe Menneglier – Droits réservés – Reproduction interdite

 

 

 

Citation du capitaine BERNACHE ASSOLLANT

 

Pilote de grande classe ayant conservé la plus grande modestie malgré la notoriété. Excellent chasseur animé du plus bel esprit de sacrifice et de la plus grande ardeur au combat. A donné la mesure de ses qualités de pilote dans les combats aériens des 21 et 24 mai en protégeant ses camarades contre une chasse ennemie très supérieure en nombre.

 

Croix de guerre avec étoile de vermeil

 

 

 

Comme tous les autres pilotes du GC III/6, après le transfert du Groupe au Luc dans le Var, le Capitaine ASSOLLANT échange son Morane 406 pour un DEWOITINE D.520 flambant neuf qu’il ira chercher à l’usine de Toulouse. Son insigne personnel sera également peint sur la dérive de son nouvel appareil.

 

Le 15 juin il décolle avec LE GLOAN. Rapidement, ils abattent ensemble deux chasseurs biplans italiens FIAT CR 42 au dessus de Saint-Tropez, mais les armes du D.520 d’ASSOLLANT s’enrayent et il doit décrocher. Restant seul, LE GLOAN endommage gravement un 3ème CR 42, et abat encore un 4ème CR42 et un gros bombardier BR20 à proximité de l’aérodrome du Luc. Il rentre ainsi dans la grande légende de l’aviation après ce vol historique de 45 minutes… (voir le récit complet sur la page dédiée à Pierre le Gloan)

 

 

Dewoitine D.520 n°302 "La Pouille" de Jean ASSOLLANT

 

Le Dewoitine D.520 n°302 « La Pouille »

piloté par le capitaine Jean ASSOLLANT le 15 juin 1940

lors de ses deux victoires en coopération avec Pierre LE GLOAN

 

 

Citation du capitaine BERNACHE ASSOLLANT

 

Excellent pilote de chasse, d’un sang froid et d’un courage admirables. A attaqué avec son chef de patrouille une formation de douze chasseurs ennemis. A contribué à la destruction de deux d’entre eux tombés dans nos lignes.

 

Croix de guerre avec palme

 

 

Juste avant l’armistice, le Groupe III/6 reçoit l’ordre de se replier en A.F.N, via Perpignan. Le 20 juin 1940 à 13 heures, ce sont 39 Dewoitine qui quittent l’aérodrome de « La Salanque » pour la traversée de la Méditerranée. En 1940, celle-ci n’est pas une chose si simple qu’on pourrait le croire pour une escadrille de chasse et des pilotes qui n’ont sans doute jamais survolé la mer si longtemps et utilisé un réservoir supplémentaire. Ils n’ont pas de carte, ne connaissent pas la côte algérienne et doivent voler avec les seules indications de vitesse et de cap données par leurs instruments. C’est donc l’expérimenté « Monsieur Jean », comme ASSOLLANT est appelé par ses camarades des deux escadrilles, qui mène le Groupe pour cette traversée. La plupart des pilotes ont le « trouillomètre » à zéro de peur d’être isolé de leur guide, mais tout le monde arrivera à bon port, y compris le capitaine STEHLIN qui commandait alors le III/6. Bizarrement, ce dernier oubliera de parler d’ASSOLLANT dans ses mémoires écrites en 1964, en s’attribuant, entre autres, tout le mérite de cette navigation...

 

Etat-Major du Groupe de Chasse GC III/6

 

Capitaine Jean ASSOLLANT

 

Le capitaine Jean ASSOLLANT à Alger en juillet 1940 juste avant son retour à Madagascar

 

 

Jean ASSOLLANT retrouve à Alger son compagnon Armand LOTTI qui vient d’être affecté en tant que lieutenant de réserve à l’état-major du Groupe. Le 20 août, il est démobilisé et, après 41 missions de guerre et deux victoires, il peut rejoindre Madagascar pour reprendre ses activités civiles à la S.A.C.M. Il emprunte pour cela l’hydravion géant hexa moteur Latécoère 522 « Ville de St Pierre », piloté par CODOS, qui part de Marseille le 7 novembre 1940 et atteint Djibouti le 11 et Diégo Suarez le 14 suivant.

 

Hydravion Latécoère 522 - Ville de Saint-Pierre

 

LATÉCOÈRE 522 –« VILLE de SAINT-PIERRE »

Autre photo à Djibouti en 1941

 

Le 13 janvier 1941, Jean ASSOLLANT inaugure officiellement la liaison aérienne Tananarive - La Réunion sur un Caudron 445 « Goéland » nommé « Jacques RINGEL », célèbre pilote d’essai de chez Farman, de chez Hanriot, puis pilote à l’Aéropostale, qui l’avait rejoint à Madagascar en 1936 et qui s’était tué sur un Simoun en avril 1939.

 

Caudron 445 - Goéland

 

CAUDRON 445 GOÉLAND

 

 

Assollant, ses pouilles et Madagascar

MS.406 n°673 et D.520 n°302

GC III/6

Extrait de « Avions » HS n°34 de mars 2013

 

Né en 1905, Jean Assollant manifeste rapidement un intérêt passionné pour l'aviation et reçoit ses premières leçons de pilotage de Nungesser. Il s'engage en 1923 et, volontaire pour la campagne du Maroc, il devient le plus jeune médaillé de France en 1925. Il participe alors à différents raids, dont le plus célèbre reste la traversée de l'Atlantique à bord de l'Oiseau Canari en 1929. En 1938, il devient patron du Service de l'aéronautique civile de Madagascar (SACM).

Rappelé en 1939 en métropole, il intègre l'état-major du GC III/6 comme lieutenant et officier de renseignement.

Il touche le Maurane Saulnier MS.406 n°673 (L-702) de la SNCAO de Nantes au début du mois de novembre 1939, juste avant le départ du groupe pour Wez-Thuisy. Liberté des chefs charismatiques, Assollant peint sur la dérive l'insigne de la SACM et baptise son appareil « La Pouille ».

Seul à voler sur cet appareil, Assollant s'entraîne durant toute la « drôle de guerre », en effectuant néanmoins assez peu de vols. Le 4 mars 1940, il effectue une couverture a priori du terrain de Saint-Hilaire au Temple entre10h 00 et 11h 20 en compagnie du sergent Gauthier. Les deux pilotes aperçoivent un appareil ennemi volant à très haute altitude et tentent de le poursuivre mais sans succès. Le 15 mars, Assollant est nommé capitaine et reçoit l'autorisation d'aller surveiller « sa ligne » à Madagascar entre le 24 mars et le 8mai. Entre temps, le groupe déménage le 30 avril à Chissey, le 673 étant convoyé par le sergent Maigret.

« Monsieur Jean », comme il est appelé au groupe, rentre le 8 mai, juste avant le début des hostilités. Il effectue sa première mission avec son 673 le 12 mai en couverture de terrain. Le 15, il réalise deux départs sur alerte avec le sous-lieutenant Stenou. Le 16, ce dernier prend les commandes de « La Pouille » pour une mission de couverture du terrain.

Le 20 mai, Assollant effectue une couverture a priori, puis le lendemain il décolle au sein d'un dispositif de taille, mettant en ligne près de dix-huit Morane du groupe. L'objectif est de tenir la zone de Cambrai entre 16h00 et 17h00. Plusieurs Morane de la patrouille basse sont pris à partie par la DCA puis par des Me 109 mais la patrouille haute dont fait partie Assollant ne peut pas intervenir, gênée par la couche nuageuse.

Deux jours plus tard, le 673 est immobilisé, bout de plan à changer. C'est donc sur le n°651 qu'Assolant mène une mission le 24mai, toujours sur Cambrai, où il affronte une grosse formation de bombardiers ennemis. Pour ces deux combats, Assolant reçoit sa première citation de la campagne. Il ne revole plus en opération avant le départ du groupe vers Le Luc le 31 mai et le n°673 est définitivement abandonné à Coulommiers.

Le 9 juin, Assollant convoie le Morane « 7 » de la 5ème escadrille vers Toulouse, où il touche le Dewoitine D.520 n°302 dès l'après-midi à Saint-Martin du Touch. Il rentre le lendemain au Luc avec sa nouvelle monture, où elle va recevoir des marques identiques à celles de son Morane et un grand « S » blanc sur le fuselage pour l'identification en vol.

Le 15 juin, le capitaine Jacobi, l'adjudant Le Gloan et « Monsieur Jean  » décollent sur alerte à 11h 35 et se dirigent vers St Raphaël puis St Tropez. Rapidement Jacobi abandonne les deux pilotes sur ennui moteur. Le duo aperçoit alors une formation de douze Fiat CR-42 faisant route au Sud-Ouest. Les Italiens sont rapide- ment rattrapés. La paire française tire la dernière patrouille dont l'ailier gauche tombe immédiatement. Les deux autres Fiat cherchent à se dégager et l'un d'eux est abattu par les deux Français. Le pilote parvient néanmoins à se parachuter. Le Gloan et Assollant sont alors séparés. Ce dernier, emporté par son élan, tire un troisième chasseur italien mais les armes de son Dewoitine s'arrêtent net. Il dégage en piquant et rentre au Luc... Le Gloan abattra encore trois autres appareils ennemis lors de ce combat aujourd'hui devenu mythique. Assollant se voit attribuer deux victoires et une nouvelle citation.

Le 18 juin, le III/6 rejoint Perpignan puis décolle le 20 à 12h pour Alger Maison Blanche. C'est Assollant, fort de son expérience en raid, qui mène le groupe au dessus de la Méditerranée. Malgré une certaine anxiété, tout le monde arrive à bon port sans problème. Jean Assollant est démobilisé le 20 août 1940 et rejoint Madagascar, laissant son Dewoitine derrière lui, et sera tué le 7 mai 1942, abattu par les Anglais lors de l'opération Ironclad. Il avait 37 ans.

 

 

 

 

 

 

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La CAMPAGNE de MADAGASCAR - MAI 1942

 

Au printemps 1942 les britanniques s’inquiètent de la poussée des Japonais dans l’océan indien et ne veulent pas voir la route maritime du Cap coupée. Craignant le laxisme de Vichy en cas d’invasion nippone de Madagascar, inquiet après le raid nippon sur Ceylan du 5 avril, Churchill, décide de précipiter les évènements, en ignorant De Gaulle et les réticences américaines, et déclenche sans autre forme de procès l’opération « Ironclad ».

 

Le 5 mai 1942 les anglais débarquent à Diego Suarez en force. Les français sont surpris. Les quelques avions situés au camp Arrachart, à 10 km au sud, sont immédiatement détruits sur le terrain. Les bâtiments au mouillage sont pour leur part coulés par des attaques à la torpille. La défense française est pourtant brave. Sommé par un ultimatum de ne pas s'opposer au débarquement, le colonel CLAEREBOUT, répond : "Sir, la défense de Diego a été confiée à mon honneur militaire. Diego sera donc défendu jusqu'au bout, conformément aux traditions de l'armée, de la marine et de l'aviation françaises"!

 

Morane Saulnier MS 406 de l'E.C. 565 de MADAGASCAR - Ivato

 

MS 406 aux couleurs de l’EC 565 de Madagascar en 1941 à Ivato

 

Dans le ciel, les rares Morane 406 et Potez 63 venus de Tananarive tentent l'impossible. Le capitaine Jean ASSOLLANT, un des grands noms de l'aviation française, va tomber un des premiers.

 

Porte-Avion ILLUSTRIOUS - Attaque anglaise de Madagascar

 

Le porte-avion anglais « ILLUSTRIOUS »

Grumman Marlett II

 

GRUMMAN « MARTLET » Mk II

 

Grrumann Martlet Mk II - AM 964 - Squadron 881 - Illustrious

Le GRUMMAN « MARTLET » Mk.ll AM964 du Squadron 881, embarqué sur l’Illustrious.

Fana de l’Aviation n°417 d’août 2004

 

Aux premières heures de 5 mai, 5 MS 406 sont détruits sur l’aérodrome de Diego par les chasseurs et bombardiers anglais venant du porte-avions « Indomitable ». C’est à partir d’Ivato que l’aviation française va essayer de réagir. Le 7 mai dans la matinée, une patrouille de l’EC 565 composée de trois MS 406, conduite par le capitaine LÉONETTI (406 n° 993), avec le capitaine de réserve ASSOLLANT (406 n° 995) et le Lieutenant LAURANT (MS n 842), décolle pour une reconnaissance. Elle est interceptée par plusieurs Martlet II du porte-avion « Illustrious ». Les trois avions français sont abattus. Un avion anglais est touché et doit amerrir. Le capitaine ASSOLLANT est porté disparu. Les deux autres pilotes français et le pilote anglais s’en sortent avec des fortunes diverses. Ce sera la première et la dernière confrontation aérienne dans le ciel malgache. Le corps carbonisé d’ASSOLLANT ne sera retrouvé dans les restes de son Morane que début septembre 1942 à Antsahampano, à 12 km au sud-ouest de Diégo Suarez. Il fut vraisemblablement touché à mort lors d’une passe frontale avant de s’écraser, puisque le moteur de son Morane présentait des impacts. L’aviateur a été inhumé dans le cimetière des pères Jésuites à Ambohipo près de Tananarive.

 

« On n’a rien donné tant qu’on n’a pas tout donné »

Maxime préférée de Jean ASSOLLANT

 

 

Morane Saulnier MS 406 - EC 565 - Madagascar - 1942

 

 

Morane Saulnier MS 406 -  EC 565 - Madagascar - 1942   Insigne de l'EC 565 - Madagascar - 1942   Morane Saulnier MS 406 - EC 565 - Madagascar - 1942

 

Dessin et maquette d’un MS 406 aux couleurs de l’EC 565 de Madagascar en 1941/1942

 

Morane Saulnier MS 456 n°852 - Lieutenant- LAURANT - EC 565 - MADAGASCAR

 

(même échelle que le profil du GRUMANN MARTLET au-dessus- Longueur : 8,20 m. contre 8,80 m.)

 

MS 406 n0842 du Sergent Michel LAURANT abattu le 5 mai 1942 à Diego-Suarez

 

Le MS 406 n°842 du Lieutenant Michel LAURANT (*) avant et après l’affrontement

Fana de l’Aviation n°417 d’août 2004 et Aéro Journal n°47de mars 2006 : « Les Britanniques à Madagascar » C-J. Ehrengardt

(*) à ne pas confondre avec son homonyme, le Sgt Alexandre LAURENT, également à l’E.C 565, nommé Aspirant pour rejoindre le NORMANDIE NIÉMEN en mai 1943

 

Après avoir eu la satisfaction de piloter le fameux DEWOITINE 520 à la fin de la campagne de France, et sa démobilisation à Alger, il avait fallu une bonne dose de courage à Jean BERNACHE – ASSOLLANT pour se porter volontaire et repartir en patrouille deux ans plus tard sur un MORANE SAULNIER 406, avion qu’il avait aimé, certes, mais qu’il savait obsolète…

 

 

La presse anglo-saxonne a immédiatement rendu compte de la disparition de Jean Assollant

 

Voir aussi l’article en première page du « Sun » le 9 mai 1942

 

Il est mort alors qu’il n’avait pas encore 37 ans. Il totalisait 7 847 heures de vol, dont 176 de nuit. Une avenue de Tananarive dans le quartier de Tsimbazaza portera longtemps son nom. Dans cette avenue où habita sa veuve, furent installés les bureaux de l’Aéronautique Civile devenus par la suite les premiers bureaux de l’ASCENA, puis en 2003 le siège de l’A.C.M. (Aviation Civile de Madagascar). Elle porte maintenant le nom de Lalana Fernand Kasanga.

 

 

L’avenue « JEAN ASSOLLANT » à TANANARIVE (1956)

 

Maintenant « rue Kasanga Fernand » (voir plan de la ville)

 

 

Mais la grande malchance de Jean ASSOLLANT, et de tous ceux qui sont tombés lors des regrettables affrontements franco-anglais de 1942, est qu’en juillet 1940, le gouverneur DE COPPET avait cédé son poste à Léon CAYLA, lui-même remplacé en avril 1941 par le gouverneur ANNET ; tous les deux très proches de Vichy et très anglophobes, persuadés que les Anglais n’avaient que des visées expansionnistes sur les colonies françaises, ils avaient patiemment sapé toutes les velléités de ralliement de Madagascar à la France Libre pourtant nombreuses dans la grande île. Suite au message de Lord HALIFAX qui en juin 1940 demandait aux autorités civiles et militaires de tous les territoires français d’outremer de continuer à se battre aux cotés des alliés jusqu’à la victoire, Marcel de COPPET, pour sa part, avait immédiatement informé le Gouverneur AUBERT, son collègue de la Réunion, que sa colonie était décidée à résister… Mal lui prit d’avoir des idées politiquement incorrectes !…

 

 

 

Journal des débats politiques et littéraires

N°715 – 13/05/1942

 

La carrière de Jean Assolant, disparu en mission au large de Madagascar

 

Vichy, 11 mai - On est désormais sans espoir au sujet du capitaine aviateur Assolant disparu en mission au cours des opérations de ces jours derniers à Madagascar. Le pilote Lefèvre qui l'accompagna dans de nombreux raids et qui accomplit notamment avec lui et Lotti la fameuse traversée de l’Atlantique en 1929 a bien voulu retracer en ces termes la trop brève carrière du grand aviateur.

 

Jean Assolant, fils, petit-fils, frère et neveu de soldats, ne vivait que pour la France et pour l'aviation à laquelle il s'était donné corps et âme. Il s'engagea en 1922 à 19 ans dans l'aviation militaire pour devenir pilote de chasse. Bientôt, la guerre du Rift, où il combat comme volontaire, lui donne l'occasion de prouver son courage et sa valeur, que récompense la croix de guerre avec trois citations dont une à l'ordre de l'armée. Il n'a pas 21 ans.

 

A son retour du Maroc il est affecté au Bourget au groupe de chasse du commandant Pinsard, mais l'activité est alors plus grande dans l'aviation de reconnaissance. C'est l'époque des voyages retentissants des Pelletier d'Oisy, des Arrachart, des Challes. Il se fait affecter au célèbre groupe du commandant Weiss : là, il se forme aux longs parcours aériens. En 1927, il est choisi pour être pilote de la mission Antoinat dans un raid France-Indochine. Il quitte l'armée entre temps. La médaille militaire lui est décernée.

 

LA TRAVERSÉE DE L'ATLANTIQUE A BORD DE L'OISEAU CANARI

 

Puis c'est, en 1929, l'exploit de la première traversée française de t'Atlantique Nord à bord de l’« Oiseau-Canari ». Après avoir été pilote de ligne à la « C.I.D.N.A. » il devient pilote d'essai et accomplit cette rude tâche jusqu'en 1934. En 1933, il tente de battre le record de distance et réussit sans escale le parcours Oran-Karachi.

 

Puis il part pour Madagascar, où il participe à la création de la ligne aérienne Tananarive-Broken-Hill, qui met la grande île à huit jours du cœur de ta France, ainsi qu’à l'organisation des lignes intérieures par lesquelles les points les plus reculés sont reliés chaque semaine à la capitale.

 

NOUVELLE CROIX DE GUERRE, TROIS NOUVELLES CITATIONS

 

Pendant ta guerre de 1939. Assolant se distingue dans l'aviation de chasse, où il gagne une nouvelle croix de guerre et trois citations dont une à l'ordre de l'armée. Il est nommé capitaine. Dès l'armistice, il repart à bord « Lieutenant-de-vaisseau-Paris » pour Madagascar, afin d'y poursuivre sa tâche pacifique. Il apporte à l’île isolée des médicaments réclamés d'urgence. Pourtant, c'est en soldat qu'Assolant devait disparaître glorieusement pour ta défense de cette terre malgache à laquelle il s'était profondément attaché. Sa perte sera douloureusement ressentie à Madagascar, où sept années de dévouement lui valaient une grande popularité, notamment parmi les colons qui, grâce aux liaisons intérieures qu'ils lui doivent, se sentent moins seuls, moins perdus dans la brousse et plus prés des êtres aimés laissés à des milliers de kilomètres dans les lointains villages de France.

 

Assolant, qui avait pour maxime, comme Mermoz « Que l'on n'a rien donné tant qu'on n'a pas tout donné » a rempli son devoir jusqu'au sacrifice suprême, lorsque le commanda l'honneur du drapeau. Tous ceux qui ont connu Assolant gardent de lui le souvenir d'un garçon courageux, simplement courageux. Sa fin couronne une carrière qui mérite d'être citée en exemple.

 

 

NOTA : Dans les mois qui suivirent la disparition de Jean Assollant, plusieurs Centre Ecole « Jeunesse et Montagne » (Montroc – Gavarnie) baptisèrent leur promotion « ASSOLANT » et des insignes furent créés. En voici trois d’entre eux :

 

Insigne Assolant - Jeunesse et Montagne 1942/1943 - Montroc        Insigne Assolant - Jeunesse et Montagne 1942/43 - Gavarnie

 

 

 

Hommage de René LEFÈVRE à son ami Jean ASSOLLANT

 

« On n’a rien donné, tant qu'on na pas tout donné », disait Jean Assolant avec Guynemer et Mermoz.

Jean Assolant a « tout donné ». Il est mort le 6 mai dernier pour la défense de cette terre malgache qu'il aimait, et à laquelle il avait consacré ses dernières années.

A l'occasion du 13e anniversaire du raid à travers l'Atlantique qui lui valut les premiers sourires de la gloire, son compagnon de croisière et ami, René Lefèvre, a évoqué à la Radio les souvenirs de cette mémorable traversée.

Il rappelle l'extraordinaire carrière du héros, sa bravoure militaire, son expérience et sa maîtrise de pilote, sa collaboration à la création de la ligne aérienne Tananarive-Broken-Hill, premier tronçon de la route impériale France-Madagascar, sa participation à l'organisation des lignes intérieures grâce auxquelles les points les plus reculés de la Grande Ile sont reliés chaque semaine à la capitale.

La guerre venue, Assolant de retour en France sur sa demande, se distingue dans la chasse. A la rosette d'officier de la Légion d'Honneur qu'il a obtenue à 29 ans et à sa Médaille Militaire, il ajoute une nouvelle Croix de Guerre avec trois citations. Dès l'Armistice, il s'envole vers Madagascar où l'attend une nouvelle tâche.

Et c'est là, qu'en plein ciel de gloire, il achève une vie ardente qui fut toute d'initiative, de courage et d'abnégation.

« En pensant à toi Assolant, dit René Lefèvre, j'évoque irrésistiblement la grande parole de Mermoz. Quand un des nôtres disparaît, qu'il cesse d'être un compagnon pour devenir un exemple, nous, pilotes, ne pouvons le pleurer car nous savons qu'il a réalisé sa destinée.

Mes chers auditeurs, et vous surtout, jeunes gens de France qui m’écoutez, méditez la vie, et aussi la mort de ce grand aîné. Vous qui allez entrer ou qui venez d'entrer à votre tour dans la carrière, admirez ceux qui vous précèdent, efforcez-vous de les égaler, écoutez la leçon de grandeur d'âme, d'esprit de sacrifice que nous ont donné les Guynemer, les Nungesser, les Mermoz, les Jean Assolant. Soyez chaque jour plus dignes d'eux, et nous verrons très vite, grâce à vous, grâce à nos immortels disparus, une France plus grande, plus forte, plus belle qu'elle ne fut jamais. »

 

Extrait du bulletin du « Secrétariat d’Etat aux affaires étrangères » n°94 du 16 juin 1942

 

 

 

 

Citation du capitaine BERNACHE ASSOLLANT

A l’ordre de l’Armée de l’Air

 

Prestigieux pilote formé sous les cocardes et qui a toujours su cultiver, dans la gloire que lui ont valu ses prouesses du temps de paix, les belles traditions militaires d’honneur, d’abnégation et de sacrifice qu’il tenait à la fois de sa famille et de sa formation. Fidèle une fois de plus à ces nobles traditions, a quitté la direction de son service pour venir prendre la tête d’une patrouille de chasse. Est tombé, pendant une mission de couverture au cours de laquelle il n’a pas hésité à attaquer des éléments de chasse adverses malgré leur supériorité numérique écrasante.

 

EC 565

 

 

Palmarès des héros national de l’Armée de l’Air du 14 juillet 1942 – Journal officiel

« Une palme est ajoutée à la gloire du capitaine Assollant disparu le 7 mai 1942 »

 

Capitaine des forces aériennes de l’Afrique orientale française, prestigieux pilote formé sous les cocardes et qui a toujours su cultiver, dans la gloire que lui ont valu ses prouesses du temps de paix, les belles traditions militaires d’honneur, d’abnégation et de sacrifice qu’il tenait à la fois de sa famille et de sa formation.

 

 

 

 

François Xavier BIBERT (09/2008 - 04/2010)

 

Décorations du capitaine Jean BERNACHE-ASSOLLANT

 

Officier de la légion d’honneur (à titre civil)

Médaille militaire

Croix de guerre T.O.E. (3 citations)

Croix de guerre 1939/1940 (3 citations)

Médaille coloniale – Agrafe « Maroc »

Chevalier du Nicham Iftiker

Médaille de Syrie

 

 

 

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UN HOMME ATTACHANT...

 

Ajouté sur cette page en mai 2010 :

 

Louis MEURILLON, historien de l’aviation, a écrit en 1969 une série d’articles dans la revue « L’Album du Fanatique de l’Aviation » (numéros 4 à 7) consacrés aux avions Bernard 18-T et ses dérivés. Bien sûr, il y raconte avec une grande précision le raid transatlantique de l’Oiseau Canari. Je n’ai eu connaissance de ces textes de référence qu’en mai 2010, après avoir réalisé cette page et ses annexes.

 

Le "Fana de l'Aviation" - Louis Meurillon

 

La série d’articles sur les avions Bernard 18-T et ses dérivés de Louis Meurillon – « L’Album du Fanatique de l’Aviation » n° 4,5,6,7 de 1969

 

Pendant cette rédaction, qui s’est échelonnée sur environ deux ans au fil de mes trouvailles, je me suis pris d’une véritable affection pour Jean ASSOLLANT, uniquement à travers ses photos, ses attitudes qu’on peut voir de lui dans des vieux films d’actualité et les nombreux articles de presse que j’ai exhumés. Je n’ai eu aucun témoignage sur lui de personnes ayant pu l’approcher et le livre écrit par LOTTI ne s’attache malheureusement pas beaucoup aux personnes. Sa carrière à Madagascar a éloigné l’aviateur du reste de sa famille qui n’en a conservé que quelques rares souvenirs matériels : photographies, coupures de journaux et médailles. Mon père, qui a été un de ses mécaniciens en 1939/1940, ne m’a jamais parlé de lui... mais il ne parlait d’ailleurs jamais de la guerre !

 

Jean ASSOLLANT - FXB/2010C’est en me penchant sur la campagne de France du GC III/6 que j’ai d’ailleurs découvert l’existence de Jean ASSOLLANT et l’aventure de l’Oiseau Canari, généralement oublié dans les livres d’histoire et les mémoires. J’ai acquis peu à peu l’intuition, puis la conviction intime que Jean ASSOLLANT était un homme d’une grande gentillesse et d’une extrême modestie, très attentif aux autres et unanimement aimé. Ses camarades de guerre ne l’appelait-il pas d’ailleurs « Monsieur Jean » ? C’est sans doute pour cela que je suis tombé sous son charme et que j’ai cherché à en savoir le maximum sur l’Homme, au-delà de sa place dans l’histoire de l’aviation...

 

La journée du 15 juin 1940, où ASSOLLANT participa en première ligne, à la bataille du GC III/6 contre les avions de la Regia Aeronautica dans le ciel de Provence, devint le jour de gloire de l’adjudant Pierre LE GLOAN avec les 5 victoires qui toutes, lui furent rapidement attribuées à la lecture des simples rapports de sa hiérarchie, en « oubliant » Jean ASSOLLANT, ce qui contribua par conséquence à mettre en lumière le nouveau commandant du Groupe, le capitaine Paul STEHLIN, ayant exercé des fonctions plus politiques que militaires jusqu’à cette date, futur général étoilé, chef d’Etat Major des Armées, Conseiller d’Etat et Député dans les années 1960, mais dont la carrière restera contestée.

 

En étudiant le déroulement de cette journée, j’ai été amené à écrire ailleurs dans ce site : « La légende de Jean Assollant était déjà gravée dans le marbre depuis le 15 juin 1929, 11 ans plus tôt jour pour jour, lorsqu’il effectua la fabuleuse première traversée française de l’Atlantique nord aux commandes de l’« Oiseau canari ». Elle fut renforcée ensuite par son rôle éminent dans le développement de l’aviation civile africaine et de celle de Madagascar en particulier. Peut-être que sa grande modestie a pu finalement contribuer le 15 juin 1939 à écrire différemment « la plus belle page de l’aviation française de la Campagne de France » et aux honneurs qui furent ainsi rendus à son valeureux cadet Pierre Le Gloan, à tout le GC III/6 et par retombées à celui qui en était devenu le chef « casus morti » après que le vaillant commandant Castanier soit tombé glorieusement face à l’ennemi trois semaines auparavant. »

 

En me relisant je me suis posé la question : qu’est-ce qui me permet d’écrire « grande modestie » alors qu’aucun document en ma possession ne parle vraiment de sa personnalité ? Mais j’ai tenu à conserver cette phrase, persuadé qu’il devait être ainsi, seulement à travers ce que j’imaginais de lui.

 

La lecture des articles de Louis MEURILLON m’a donc fait un plaisir extrême, en dehors du fait qu’il m’a démontré que je n’avais pas trop écrit de bêtises sur les faits historiques incontournables concernant la carrière de l’Aviateur...

 

En effet, chose rare dans une séries d’article de ce genre, l’auteur la termine par une longue digression sur la personnalité de Jean ASSOLLANT, qui m’ a totalement rassuré sur mes intuitions, et qui mérite d’être reprise en partie ci-dessous, en conclusion de cette page :

 

...

Qu’il nous soit permis, pour clore de chapitre, d’évoquer la personnalité de Jean ASSOLLANT. Ce ne sera pas pour diminuer le mérite de ses co-équipiers. Bien au contraire !

Rarement homme parvint à faire parfaitement l’unanimité dans la louange de ceux qui l’approchèrent :

... C’est Lotti qui vante sa délicatesse,

... C’est le mécanicien Laversin qui apprécia son extrême simplicité,

... C’est son « pair » aux essais des avions Bernard, le pilote Jean Doumerc qui, bien vite, s’aperçut qu’il avait à ses cotés la « crème des garçons. Ceci pour employer sa propre expression. Une solide amitié s’établit aussitôt entre eux. Mais laissons lui la parole :

«  Il n’était pas du tout fait pour vivre en notre siècle ! C’était un artiste, un peu bohême, un peu popote, qui n’avait absolument pas la notion de l’argent. Il en avait gagné beaucoup, mais l’avait dépensé aussi vite....

... quand il est parti pour Madagascar, où il a passé les plus belles années de sa vie, il m’avait écrit entre autre : « ce que je vais te dire, tu ne le croiras jamais, et pourtant je te jure que c’est vrai : j’ai quinze domestiques, trois voitures, une écurie de course, et je n’arrive pas à dépenser ce que je gagne. C’est inouï ! » »

...

 

On pourrait rajouter, ce qui ne gâte pas le tableau, la manière dont le décrit la célèbre et aventureuse journaliste Titayna en 1935, racontant son vol vers Madagascar, semblant subjuguée, entre autre, par « sa voix douce, ses yeux bleus et son beau visage de fille... »...

 

FXB - 05/2010

 

 

 

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QUELQUES   COMPLÉMENTS

 

 

Flying Clubs

Monday, Jun. 24, 1929

 

An eleventh plane flew across the North Atlantic last week, ten years to the day after the first non-stop transoceanic flight. Three young Frenchmen - Jean Assolant, René Lefèvre and Armeno Lotti. Jr. - made last week's crossing, from Old Orchard, Me., to Oyamers, near Santander. Spain, 3,128 flying miles, in 29 hr. 52 min. Neither crossing, distance nor time was exceptional.

 

But the flight was the first accomplished this season, and the first North Atlantic crossing ever made by a French plane, a Bernard monoplane named Yellow Bird, with a null motor. A 160-lb. stowaway, one Arthur Schreiber, 22. traveled in it, to the hazard of the crew and the handicapping of the flight.

 

The start at Old Orchard was June 13, a fair day with western winds all the way across the Atlantic. On the long, white, hard beach were the Yellow Bird and the Green Flash, a Bellanca monoplane with Wright Whirlwind motor which Roger Q. Williams and Lewis E. Yancey planned to fly to Rome. The Yellow Bird was going to Paris. The two planes warmed up simultaneously. The Yellow Bird took off first, her tail drooping unusually. The Green Flash in starting crumpled a wheel and wrecked itself.

 

In the air the flyers discovered why their tail had drooped at the take-off—the stowaway was there. They decided not to throw him overboard. To lighten the load they had dispensed with thermos bottles, victuals and other comforts. They had taken less than their full capacity of gas. Jean Assolant, married only three days to Pauline Parker, pretty Manhattan chorus girl, had refused to take her. But that hulking, selfish boy was with them. His unexpected weight prevented their reaching French soil.

 

At Paris the Government, which has forbidden Frenchmen trying to fly across the ocean as a useless hazard, last week decided to "forgive" the Yellow Birdmen. But at Seville, Spain, two other Frenchmen, Captain Louis Coudouret and Louis Mailloux had to abandon their attempt to fly from Seville to New York. Spanish officials had locked the plane in its hangar, to please the French government.

 

At Reykjavik, Iceland's mountain-hugged harbor, the westbound Swedish "commercial" flyers (TIME, June 17) last week decided to wait until the end of this month before continuing their Stockholm-New York flight. Bad weather over Greenland and need for motor parts are delaying them.

 

In London, a few hours before the French flyers landed in Spain, Sir Arthur Witten Brown lunched with encomiums. On June 14, 1919, he and the late Sir John Alcock started from St. Johns, Newfoundland, in a Vickers-Vimy-Rolls with two Rolls-Royce motors. Next day they Ianded at their precise destination, Clifden, Ireland.

 

A few months later Alcock was killed alighting at Rouen. Theirs was the first non-stop flight across the Atlantic. Lieut.-Commander Alber C. Read, U. S. Navy, and his companions stopped at the Azores on their Newfoundland-Portugal flight in May, 1919.

 

Nota :

 

Kansas and Detroit also have women's aeronautical associations.

 

Of more than 6,000 licensed U. S. pilots, about 50 are women, a half dozen of whom are commercial pilots

 

 

Pauline PARKER

Monday, Jun. 24, 1929

 

Married. Jean Assolant, 24, pilot of the Yellow Bird on its non-stop flight from Old Orchard, Me., to Santander, Spain (see p. 47); to Pauline Parker, U. S. chorus girl; at Old Orchard, Me., three days before the hop-off.

 

The New york Times

Special to The New York Times.

June 11, 1929, Tuesday

Page 14, 558 words

ASSOLANT MARRIES AS HE AWAITS FLIGHT; French Flier Weds Pauline Parker, New York Chorus Girl, in Portland, Me. COURTSHIP OF TWO WEEKS They Met at Old Orchard on Eve of Date First Set for Transatlantic Take-Off.

OLD ORCHARD BEACH, Me., June 10.--Jean Assollant, French transatlantic pilot, speaks about six words of English, and Miss Pauline Parker, New York chorus girl, speaks no French, but the linguistic difficulty proved no bar today when they were married is Portland after two weeks' acquaintance […]

 

Monday, Aug. 26, 1929

Seeking Divorce. Pauline Parker Assolant, onetime U. S. chorus girl, from Jean Assolant, trans-Atlantic flyer; in Paris.

 

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Pli transporté par l'Oiseau Canari - 13/16 juin 1929

 

Pli transporté lors de la première traversée

de l'Atlantique Nord par l' « Oiseau Canari »

Tampons : 13 juin (EU) - 14 juin (Comillas/Espagne) - 16 juin (Le Bourget/France)

 

Publicité Longines - Référence à l'Oiseau Canari  L'Oiseau Canari exposé aux Tuileries  Publicité Jif Waterman - Référence à l'Oiseau Canari

 

Les retombées du vol de « l’Oiseau Canari » en 1929

Publicité « Longines » - « L’ Oiseau Canari » exposé aux Tuilerie - Publicité « Jif Waterman »

 

 

Voir également deux publicités grand format publiées dans la célèbre revue hebdomadaire anglaise « Flight » dans son numéro du 20 juin 1929

 

 

Couverture du Petit Journal de 1929 - LOTTI - ASSOLLANT - LEFEVRE et l'Oiseau Canari   Jean ASSOLLANT en 1929 après szon exploit  Carte postale ancienne du monument "Oiseau Canari" à Mimizan

 

Les vainqueurs de l’Atlantique (Petit Journal Illustré) – Jean ASSOLLANT – Monument commémoratif à Mimizan

 

 

... et n’oublions pas sans être chauvin, qu’un peu plus d’un an après le raid d’ASSOLLANT, LEFÈVRE et LOTTI, les 1er et 2 septembre 1930, les Français COSTES et BELLONTE furent les premiers à franchir l'Atlantique d'est en ouest en reliant Paris à New York en 37 heures et 14 minutes de vol sans escale. L'appareil était un Breguet 19 « Grand Raid » spécialement aménagé.

 

Breguet 19 Grand Raid "Poinr d'Interrogation" de Costes et Bellonte

 

Petit croquis original du Breguet 19 « Point d’interrogation » dédicacé par Costes et Bellonte

Collection familiale – Droits réservés

 

Envergure :          18,30 m

Longueur :           10,71 m

Hauteur :             4,08 m.

Poids total :     6 375 kg

Vitesse :           243,5 km/h à 2 000 m

Autonomie :       9 000 km.

 

Lire : La traversée de l’Atlantique de Costes et Bellonte des 1er et 2/09/1930 – Par Marcel Jeanjean – Revue « Pierrot du 30 décembre 1930

 

 

 

 

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PAGES ANNEXES, aussi accessibles à partir de liens posés dans la page ci-dessus

 

[PDF]  Le « Tour de l’Europe » de Pierre WEISS et Jean ASSOLLANT en août 1927

Extraits de l’Intransigeant et de l’Humanité

 

 [PDF]  Le compte rendu du raid Paris-Hanoï du Georges-Guynemer en décembre 1927

Extraits de Paris Match 12/27 et 03/28 – Récit de René Lefèvre

 

[PDF]  LOTTI rencontre ASSOLLANT

Extraits du livre d’Armand Lotti « L’Oiseau Canari » - 1968

 

Jean ASSOLLANT – Articles de presse

Les principaux articles de presse conservés par la famille Bernache-Assollant

 

Revue FLIGHT 1929 - Jean ASSOLLANT – « L'OISEAU CANARI »

Le premier journal de l’aéronautique hebdomadaire dans le monde.

Créé en Janvier 1909 - Fondateur et éditeur : Stanley Spooner

Les principaux articles parlant de Jean ASSOLLANT et de l’ « Oiseau Canari » en 1929

 

L’équipement radio de « l’Oiseau Canari »

Extrait d’un numéro de la revue « L’Afrique du Nord illustrée » de 1929

 

NOUVEAU (Novembre 2013)  [PDF]  L’aventure de « l’Oiseau Canari » en néerlandais...

Extrait de la revue néerlandaise « Air Clear » de juin 2012

 

NOUVEAU (Juin 2015)  [PDF] ;« Il y a 30 ans, la première traversée aérienne française de l’Atlantique Nord » par René LEFÈVRE

 

NOUVEAU (Juin 2015)  [PDF]  « L’exploit de l’Oiseau Canari - Il y a 50 ans, la première française de l’Atlantique Nord » par Jean MACAIGNE

Extrait de la revue « France Aviation » n° 289 de juin 1979

 

[PDF]  Pierre Weiss parle d’Assollant, Lefèvre et Lotti

Extrait de « L’Espace » du commandant Pierre Weiss - 1929

 

NOUVEAU (Mai 2013)  Biographie de Pierre WEISS à travers des articles de presse

Extrait de la « L’Esprit Français (1931) – « L’Africain (1932)

 

[PDF]  « L’avenir des Avions Transatlantiques »

Extrait de la « Revue des Vivants » d’Henry de Jouvenel de Juillet 1929

 

[PDF]  Le récit de la traversée et de la tournée des capitales européennes dans la revue « HISPANO SUIZA » de juin 1930

4 double pages extraites d’un document interne « Revue & Bulletin Technique de la Société Française HISPANO SUIZA »de juin 1930

 

[PDF]  La saga d’ASSOLLANT et LEFÈVRE à travers les articles de « L’Ouest Eclair »

La plupart des articles consacrés aux deux pilotes de 1926 à 1934 dans ce grand quotidien régional français

 

[PDF]  Les progrès de l’Aéronautique en 1929

Article publié le 24 décembre 1929 dans le « Journal des débats politiques et littéraires »

 

NOUVEAU (Mai 2013) [PDF]  L’Histoire des raids transatlantiques de 1910 à 1930

Par Marcel JEANJEAN – Extraits de la revue « Pierrot » (1930)

 

[PDF]  La coupe Schneider 1931 – Hommage à Jean ASSOLLANT

Article publié par « L’Echo Sportif d’Afrique du Nord » du 11 septembre 1931

 

[PDF]  L’année 1932 de Jean ASSOLLANT

Articles de journaux et photographies – Potez 36 – Bernard 74 – Morane Saulnier 230 – Air Race de Cleveland (Ohio)

 

[PDF]  L’année 1932 de Jean LEFÈVRE

Articles de journaux et photographies – Peyret-Mauboussin XI – Paris-Madagascar – Paris-Saigon

 

[PDF]  « L’Utilisation de l’Acier Inoxydable dans l’Aéronautique »