
Sergent ARNOULD THIROUX DE
GERVILLIER
Pilote au GROUPE de CHASSE
GC 3/6
5ème Escadrille

Photographie du livre
de marche de la 5ème escadrille du GC III/6
Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre
du marche de la 5° - Livre
de marche de la 6°
Page d’accueil du site de François-Xavier BIBERT
Arnould THIROUX de GERVILLIER
sur Mémorial Web
NOUVEAU - NEW
Samedi 15 mai 2010 à Villers-Plouich – La Vacquerie (Nord)
70ème anniversaire de la mort d’Arnould Thiroux de Gervillier
Voir
les photographies de la commémoration organisée par les Anciens Combattants du
village

Arnould Thiroux de Gervillier a volé en
avril 1939 à bord d’un Potez 63 C3 identique à celui-ci
Photographie aimablement communiquée par M. Philippe LAFARGE – Historien
du Cambrésis
Engagé volontaire pour 3 ans dans l’Armée de l’Air le 9 avril 1935,
avant ses 20 ans, il apprend à piloter à l’école d’Ambérieu en Bugey où il est
breveté pilote (n° 24578) dès le 9 août 1935. Arnould Thiroux de Gervillier a
été nommé sergent le 26 novembre 1935, le lendemain de son vingtième
anniversaire, et a été affecté en août 1936 à la 1ère escadrille du
GC 1/7 (SPA 15), Groupe basé alors avec la 7ème Escadre sur la BA
102 à Dijon-Longvic. Après avoir volé sur SPAD 510, il se réengage pour un an
en avril 1938. Entre septembre et décembre, il est affecté temporairement au
centre de perfectionnement de Romilly-sur-Seine, puis, ayant regagné Dijon, il
a finalement la chance de prendre en main le Morane Saulnier 405, le chasseur
le plus moderne de l’époque, quand les premiers appareils de ce type ont équipé
son escadrille fin 1938. Faute d’avoir pu consulter son « Carnet
Individuel des Services Aériens », on a cependant retrouvé quelques traces
de vols qu’il a effectué à Dijon sur le Bloch 200 n°125 de commandement de la
SPA 15 en mai 1938 et sur le Potez 63 codé 2 début avril 1939. La
photo ci-dessus, faisant partie de la collection familiale, est celle du Potez
630 C3 n° 5, appareil mis en service en 1938, sans doute à Dijon, mais
sans certitude qu’Arnould de Gervillier soit à bord.

Insigne de la 1ère escadrille du
GC I/7 – Tradition SPA 15
Merci à Daniel Gilberti
pour son aide

Le MS 406 n°608 du sergent De Gervillier
après un « cheval de bois »
C.I.C. de Chartres – 23 septembre 1939
Son engagement terminé, il est versé dans la réserve le 9 avril
1939 et s’en retourne provisoirement à la vie civile pour apprendre la
mécanique chez Marcel Bloch, ambitionnant de devenir ainsi pilote d’essais. Il
est rappelé dès le 2 septembre 1939, à la déclaration de guerre, pour être
affecté provisoirement au C.I.C.
de Chartres (Centre d’Entraînement à la Chasse), à la 1ère
Escadrille du 1er Groupe. Après trois mois de reprise en main du
Morane, devenu 406 dans sa version de série, et malgré un magnifique cheval de
bois le 23 septembre 1939 aux commandes du MS 406-C1 n°608 qui pourra être
cependant réparé, il rejoint en première ligne début décembre la 5ème
escadrille du GC III/6 qui vient juste de s’installer sur l’aérodrome de
Wez-Thuisy.

Arnould Thiroux de Gervillier et son
mécanicien au GC III/6 au printemps 1940
Morane Saulnier MS 406 n° 803 « Le
Dahut (*)» avec le masque « Tragédie » de la 5ème
escadrille
Photographies
aimablement communiquées par Lionel Persyn - Origine : Fonds G. Botquin -
Reproduction interdite

Photographies
aimablement communiquées par Philippe Lafarge - Reproduction interdite
(*) Un dahu : sans « t », est un animal imaginaire.
On propose à une personne crédule de « l’emmener à la chasse au
dahu »
NOTA :Les
photographies2 et 3 ci-dessus que l’on retrouve ailleurs sur Internet ont été « empruntées »
sans autorisation à ce site
Livre de Marche de
la 5ème escadrille
21 mai 1940
Le groupe fournit de 16h30 à 17h10 une patrouille triple en couverture
aux corps du secteur de St Quentin Cambrai.
A 2000 m les M 406 sont accueillis par une DCA très nourrie, par
des patrouilles de Me 109.
La patrouille se disloque et part en combat tournoyant.
Score :
S Lt Salaün blessé, est fait prisonnier
Sgt de Gervilliers descendu en flammes, tué
S Lt Cavaroz, blessé au pied parvient à poser son avion criblé
d’éclats à Claye Souilly
Le Lt Martin et l’Adj Goujon rentrent au terrain avec leurs avions
durement perforés.
|
Citation du Sergent DE GERVILLIER Jeune chasseur plein d’allant, a pris
part à un combat acharné contre un peloton de seize bombardiers ennemis. Croix de guerre avec étoile de vermeil |
Lien
vers la page consacrée à Pierre Le Gloan et aux combats du GC III/6 du 11 mai
1940
|
Citation du Sergent DE GERVILLIER A abattu le 14 mai 1940, en collaboration
avec trois autres pilotes, un bombardier ennemi. Croix de guerre avec étoile de vermeil |
Lien
vers la page consacrée à Pierre Le Gloan et à cette victoire du GC III/6 du 14
mai 1940 – Photo
du Heinkel III abattu
|
|
16 avril 1941 – Extraction de l’épave du
MS 406 « 803 »
Avril 1941 – Tombe provisoire d’Arnould
de Gervillier à Gonnelieu A droite : l’hélice de l’appareil |
Document et
photographies aimablement communiquées par Philippe Lafarge - Reproduction
interdite
Précisions de
Monsieur Jocelyn LECLERCQ – Historien de l’aviation - Merci pour sa
contribution
« Concernant la découverte du corps d'Arnould de
Gervillier, contrairement à ce qui est souvent affirmé, on ne la doit pas
à GLM (Germaine l’Herbier Mondragon), mais à un comité cambrésien,
« L’Union des Mutilés et Réformés du Cambrésis », qui était présidé
par M. Pierre Carré. Il a écrit le 23 avril 1941 à GLM. L'inhumation eut
lieu le 16 avril 1941. Divers effets personnels furent découverts lors de
l'exhumation du corps, transmis à GLM qui les a elle-même remis à la mère du
pilote, qu'elle connaissait déjà, le 3 mai 1941.
D'après les archives que j'ai consultées au S.H.D. (Air),
il ne semble pas que GLM se soit déplacée à Villers-Plouich - Gonnelieu à cette
période. La rédaction de la fiche 77 est datée du 28 avril 1941, et
reprend mot à mot les éléments de la lettre de M. Carré datée du 23. A
lire la fiche, on peut en conclure aisément que GLM a elle-même procédé à
l'exhumation. J'accepterai volontiers toute contradiction du moment qu'elle est
argumentée par des documents, car j'avoue que la formulation de la fiche 77 est
assez ambiguë avec des "on" et des "nous". »
Voir
la correspondance entre Monsieur Pierre CARRE et Germaine l’HERBIER MONDRAGON
d’avril 1941
Après la découverte du corps et l’inhumation de celui-ci, une
troisième citation avec Croix de guerre et la Médaille militaire ont été
attribuées au sergent Arnould Thiroux de Gervillier : publication dans les
journaux officiels des 8 juillet et 4 août 1942.
|
Dernière citation du Sergent DE
GERVILLIER Brillant pilote de chasse , plein
d’allant et d’audace ; déjà deux fois cité, a trouvé une mort glorieuse dans le
combat acharné qu’il a livré le 21 mai 1940 à un ennemi très supérieur en
nombre. Croix de guerre - Médaille
militaire |

Morane Saulnier MS-406 par Craig
Murray - Couleur Nigel Dickinson
Lettre
N° 893 du 27 Mai 1940
le
Commandant CONSTANTINI
Commandant
la Compagne de l’Air 75/118, Officier d’Etat Civil
Secteur
Postal 13/753
à
Monsieur
le Commandant de la BA 122 à CHARTRES
J’ai
l’honneur de vous signaler l’établissement et l’envoi au Ministère des Anciens
Combattants de deux actes de disparition concernant :
1.
Le Sous- Lieutenant SALAUN etc.
2.
Le Sergent THIROUX de GERVILLIERS, fils de Guillaume et de BONNEAU du MARTRAY
Marie, né le 25 Novembre 1915, à Boulogne/mer département du Pas de Calais,
inscrit sous le n°3894 du registre matricule du recrutement de Lille disparu au
cours d’une mission aérienne le 21 mai 1940.
Ces
pièces ont été établies sur demande du Commandant du Groupe de Chasse 3/6.

Le Morane-Saulnier MS-406-C1 – n°803 (L832)
de la 5ème escadrille du GC III/6
surnommé « le Dahut »par son
pilote, Arnould de Thiroux Gervillier
Silhouette de Philippe
Cappé pour AVIONS

Plaque à la mémoire d’Arnould de Gervillier
posée sur le monument au mort de Villers PLouich,
lors de la commémoration de 1979, à
l'initiative de Michel Bacquet, un historien local, maintenant décédé.
A noter les
erreurs d’orthographe : « I » rajouté, « S » à
Gervillier en trop et nom du Groupe de Chasse erroné.
En effet,
l’Escadron de chasse 1/11, s’il a bien repris les traditions du GC III/6
« Roussillon », n’a été créé que le 1er août 1952, après
la dissolution du GC III/6 la veille, à son retour d’Indochine.

Cérémonie de 1979 à Gonnelieu
Documents aimablement
communiqué par M. Philippe LAFARGE – Historien du Cambrésis

La tombe d’Arnould de Gervillier à
Gonnelieu avant sa remise en valeur, après la cérémonie de 2004 et dans l'état
actuel
L'histoire de
la rénovation de la tombe d’Arnould de Gervillier mérite d’être racontée. Les
petites histoires font l’Histoire... mais elles peuvent être aussi le
témoignage de certaines petites bassesses humaines.
Dans un
premier temps, dans les années 1970, une des trois pales de son appareil qui
avait été déposée sur la tombe a été volée ! Par précaution, la plaque
IPSA « Les Infirmières, Pilotes et
Secouristes de l’Air à l’Aviateur Mort pour la France en 1940 » a été
récupérée et conservée par une association historique du Cambrésis pour éviter
une nouvelle « indélicatesse »...
La dernière cérémonie
officielle datant de mai 1979, la section régionale d’une association liée à
l’Armée de l’Air a lancé l’idée de commémorer à nouveau le souvenir du pilote
en 2004. En marge d’une petite exposition organisée à la Mairie par des
passionnées et les enfants des écoles, d’un office religieux et d’un dépôt de
gerbe au Monument aux Morts du village, l’objectif principal annoncé était la
rénovation de la tombe de l’aviateur qui commençait à se dégrader
sérieusement..
Le principal
obstacle était bien entendu d’ordre financier mais par un concours de
circonstances bienvenu, M. Lafarge, historien du Cambrésis, fortement impliqué
dans le projet, a eu la chance de faire la connaissance d’une généreuse
donatrice qui a accepté d’offrir le marbre de très belle facture de son caveau
familial qui devait être relevé, séduite par l’idée que le monument serve à
pérenniser la mémoire d’un aviateur Français « Mort pour la France ».
Il n'y avait
plus qu'à le poser sur l'encadrement de briques que l’on voit sur la photo initiale.
Une représentation de Morane 406 devait également être gravée sur la dalle.
Le 9 mai 2004,
pendant la cérémonie, beaucoup eurent la stupéfaction de s’apercevoir que le
président X et le secrétaire Y de cette association avaient fait graver leurs
deux noms en fronton du monument funéraire, comme s’il s'agissait du caveau de
la famille X-Y. On trouva assez honteux que ces personnages se soient servis de
la tombe d'un héros de la « Bataille de France » pour se faire valoir
et se donner ainsi le plaisir de voir leur nom gravé dans le marbre pour la
postérité. Cette initiative personnelle s’est révélée être encore plus grave
lorsqu’on apprit que la famille du pilote avait été sollicitée financièrement
pour ce travail et qu’on voyait bien que celui-ci n’était finalement pas à la
hauteur de leur don ; il suffisait pour cela de constater la manière enfantine
avec laquelle le Morane avait été dessiné et gravé dans la pierre !
Malgré des
démarches pressantes pour faire rectifier cette « faute de goût » -
pour ne pas dire plus ! - les choses sont restées en l’état pendant deux
ans et il a fallu en venir aux grands moyens. Un courrier est parti au siège
national de la dite association et on peut penser qu'il y a eu alors un sérieux
« remontage de bretelles ». L’information est finalement parvenue au
frère du pilote, officier encore en vie à cette date, et, dans le mois qui a
suivi, le mal était enfin réparé...enfin presque, puisque la pierre n’a pas été
recoupée et que c’est simplement une fine plaque de marbre qui a été collée
pour masquer le nom des indélicats...
« La révélation de la bassesse ravit
toujours la foule. Il est petit comme nous, il est vil comme nous !... ».
Alexandre Pouchkine
« La
voix du Nord » - 10 mai 2004
Cliquez sur le lien
ci-dessus pour mieux connaître ce musée
Cet appareil appartenait à la 5ème
Escadrille du Groupe de Chasse III/6 qui opéra depuis le terrain de Wez-Thuisy
près de Reims du 15 Novembre 1939 au 30 Avril 1940. Il était piloté par le
Sergent Arnould Thiroux, Comte de Gervillier qui l'avait baptisé "le Dahut".
Le 21 Mai 1940, lors d'une mission de reconnaissance au sud de Cambrai, il fut
abattu par la chasse allemande et percuta verticalement le sol à La Vacquerie,
département du Nord, tuant son pilote ; le corps intact de ce dernier, ne sera
retrouvé que le 16 Avril 1941, dans le poste de pilotage de l’avion enfoui dans
le sol au milieu des autres débris. Il sera inhumé au cimetière de Gonnelieu.
L'Abbé Peugniez, prêtre de ce village, auteur de la découverte, récupéra cette
dérive et la cacha derrière les orgues de son église afin qu'elle ne tombât pas
aux mains de l'occupant. Elle fut retrouvée en 1979 et constitue aujourd'hui un
précieux témoignage des sacrifices consentis par l'Aviation française.
Légende et photographie
fournies par le musée

Cimetière
de FRAZÉ - Eure et Loir

Cimetière du petit village de Frazé en
Eure-et-Loir
Caveau de la famille Thiroux de Gervillier
Stèle à la mèmoire de :
« Arnould Thiroux comte de
Gervillier »
tué en combat aérien
à 24 ans le 21 6 1940
inhumé à Gonnelieu nord »
Généalogie
de Arnould Thiroux de GERVILLIER
La généalogie d’Arnould
Thiroux de Gervillier est consultable dans la base Geneanet de Michel
Gerrer.
Ses ascendants sont connus sur environ 60
générations
Voir
l’acte de naissance d’Arnould de Gervillier

Clin d’œil de l’histoire, Arnould de Gervillier pilote de la 5ème
escadrille ignorait totalement qu’il avait du sang commun avec le mécanicien Joseph Adolphe BIBERT, chef de hangar
de la 6ème escadrille du GC III/6…
|
||||||||||||
Son père, Guillaume Claude Charles Thiroux de Gervillier est né à
Paris le 7 mai 1868. De la promotion 1886 de l’Ecole Navale, il est nommé aspirant
le 5 octobre 1889 et enseigne de vaisseau le 8 juillet 1892. A partir du 1er
janvier 1899 il navigue sur le cuirassé garde-côtes Valmy, est nommé lieutenant
de vaisseau le 1er août 1899, devient le 1er janvier 1901 le second du
contre-torpilleur Condor de l’Escadre de Méditerranée et embarque le 1er
janvier 1903 sur le cuirassé garde-côtes Valmy de l’Escadre du Nord. Il est
fait Chevalier de la Légion d’Honneur et devient le 6 août 1910 le Commandant
la canonnière Vigilante, auprès du contre-amiral Marie de La Croix de Castries,
Commandant la Division navale d'Extrême-Orient. Promu capitaine de frégate le
11 août 1916, il termine sa carrière militaire à Cherbourg. Il est décédé à
Paris en 1958.

Garde–côtes cuirassé VALMY 1889-1911

Aviso Torpilleur CONDOR – 1885-1907

Canonnière VIGILANTE 1900-1919 (vendue)
Sa mère, Edmée Marie Camille du Martray, est née au Vésinet le 24
juillet 1884. Le père de celle-ci, Gaston Dominique (1849) est à cette date
capitaine au vingt huitième Régiment d’Infanterie de Ligne et déjà Chevalier de
la Légion d’Honneur. Il mourut jeune. Son grand-père paternel Edmond (1810) et
son grand-père maternel, Charles Alexandre Fay (1828), tous les deux issus de
familles comprenant de nombreux officiers supérieurs, furent Général de Brigade
et Commandeur de la Légion d’Honneur. Elle est décédée en 1984, juste avant de
fêter sa centième année. Arnould était le second des six enfants du couple. Son
frère cadet Denis, plus enclin aux études que son aîné de 5 ans, fit l’école
navale et une brillante carrière militaire.

Le comte Arnould Thiroux de Gervillier
(1915/1940)
Portrait posthume de la collection
familiale
Document aimablement
communiqué par M. Philippe LAFARGE – Historien du Cambrésis
Un dernier
message de Denis Thiroux de Gervillier
J’ai eu la chance de pouvoir prendre contact à l’automne 2008, avec
la famille d’Arnould de Gervillier pour lui présenter cette page. Son frère
Denis, cité plus haut, Officier de marine et Commandant d’escadrille dans
l’Aéronautique Navale, a eu la gentillesse de me transmettre le message
suivant :
Quelques souvenirs complémentaires concernant le sergent Arnould
Thiroux De Gervillier
Mort en Service Aérien Commandé le 21 Mai 1940
« Mon frère est né le 25 novembre 1915 à Boulogne sur mer.
Son père Guillaume était officier de marine et a été pendant la guerre
1914-1918 constamment affecté à une unité combattante soit en Adriatique , soit
en Mer du Nord.
L’un de ses grands-pères était colonel, l’autre, mort jeune,
avait le grade de capitaine dans l’armée. Deux de ses arrières grands-pères
étaient généraux dans l’armée de terre.
Il a fait ses études à Lille, mais il faut reconnaître qu’elles
n’étaient pas son premier souci. C’était un mordu d’aviation, il était du genre
fanatique car c’était la seule chose qui le passionnait. C’est ainsi qu’à l’age
de 17 ans, il a, avec l’aide de camarades, fondé à Lille un mouvement qu’il
avait appelé la « Ligue des Jeunes pour l’Aviation ».
Dès que cela fut possible, il abandonna ses études et s’engagea
dans l’armée de l’air pour devenir pilote de chasse. Il obtint son livret de
pilote militaire en août 1935. Fin 1938 (*), il dut quitter l’armée de l’air
car son engagement était terminé.
En fait il voulait être pilote d’essais en vol mais il savait que
ses connaissances étaient insuffisantes pour exercer ce métier, aussi il se fit
engager début 1939 comme mécanicien par la société des avions Marcel Bloch afin
d’effectuer tous les stages nécessaires pour obtenir la qualification voulue.
En septembre 1939, mobilisé lors de la déclaration de la guerre
dans l’Armée de l’Air, il reprit son entraînement de pilote pendant deux mois,
puis il fut affecté au groupe de chasse 3/6 qui se trouvait alors sur le
terrain de Wez-Thuisy près de Reims. D’après son carnet de vol il participa
principalement à des missions de patrouilles et de couvertures à priori.
Le 10 mai 1940, c’est l’offensive allemande. Les pilotes de
chasse font alors l’impossible pour contenir les forces aériennes allemandes
bien plus nombreuses et dont les appareils possédaient généralement des
performances supérieures aux nôtres.
Au cours des missions qu’il a effectués dans les 10 jours
suivants, il a abattu en collaboration trois avions allemands. Cela s’arrêta
là, car le 21 mai 1940 son appareil est malheureusement abattu au cours d’un
combat aérien qui s’est passé au-dessus de la Vacquerie.
Son Morane 406 s’étant profondément enfoncé dans le sol, il était
impossible d’identifier le pilote, aussi Arnould fut-il porté disparu par les
autorités militaires.
Sa famille et surtout sa mère se sont longtemps accrochées à
l’espoir qu’il était tombé en Allemagne et qu’il avait été fait prisonnier.
C’est seulement un an après que le Morane a été sorti et que le corps du pilote
a pu être identifié.
Arnould Thiroux de Gervillier a été cité à l’ordre de l’armée
aérienne. Voici sa citation : « Brillant pilote de chasse , plein d’allant
et d’audace ; déjà deux fois cité les 11 et 14 mai, a trouvé une mort
glorieuse dans le combat acharné qu’il a livré le 21 mai 1940 à un ennemi très
supérieur en nombre . »
(*) Avril 1939, en
réalité (note de FXB)
Denis Thiroux de Gervillier
Denis J. A. Thiroux de Gervilliers
Né le 23/06/1920
Ecole Navale : promotion 1941 FR
Breveté pilote : n° 431A, le 04/09/1946 à l'école (civile)
Homstead en Floride.
Qualification : pilote d'hydravion à la 53S d'Hourtin le
10/06/1949
Commandant de l'escadrille 22S/12S : du 17/02/1952 au
16/02/1954
Commandant la flottille 27F : du 02/02/1957 au 21/06/1958
Décédé en 2009
Merci à Lucien Morareau pour ces
informations
Ouvrir
un lien vers l’histoire de la flotille 12S en cliquant ci-dessus sur son
insigne
Septembre
2009 – Récupération du moteur du MS 406 n°803 d’Arnould Thiroux de Gervillier

La première plaque de la rue baptisée du
nom du pilote à La Vacquerie
Avec 4
fautes d’orthographe ! : la plaque a été remplacée depuis
La plaque posée à l'initiative des anciens
combattants sous le porche de l'église de La Vacquerie en mai 2005
Toujours
une faute d’orthographe : « S » à Gervillier en trop
A l’initiative de Messieurs Lucien MARCHEUX, Agriculteur et Jacques
Parmentier, Président de l’Association des Anciens Combattants, à La
Vacquerie, hameau de Villers-Plouich, le moteur du Morane Saulnier 406 que
pilotait Arnould Thiroux de Gervillier le 21 mai 1940 a été extrait du champ
appartenant à Monsieur Jean Jacques Oubry le 10 août 2009. Il a fallu creuser
la terre à une profondeur de 3,50 mètres pour l’atteindre. A noter que sur les
lieux se trouvait Monsieur Michel Teillier qui était adolescent en 1941 et
avait assisté avec sa tante à la sortie de terre du corps du pilote conduite
par l’abbé Grégoire
Peugniez, qui avait été préalablement pilote militaire et par une
incroyable coïncidence instructeur d’Arnould de Gervillier au C.I.C. de
Chartres au début de la guerre. L’édition de Cambrai du journal « La Voix
du Nord » a rendu compte de cette opération le samedi 5 novembre 2009…


Article de la Voix du Nord
du samedi 5 septembre 2009
« Depuis qu'on en parlait ! Les grandes vacances ont été
propices à des travaux permettant de mettre à jour le moteur du MS
406 C1 tombé le 21 mai 1940 à la limite de Gonnelieu et de
Villers-Plouich dans un champ situé sur la propriété de Jean-Jacques Oubry,
agriculteur à La Vacquerie.
Il fallait en effet que le champ dans lequel il était situé soit
libre de toute culture, qu'il y ait une météo favorable, et que cela soit
entrepris avant que le champ ne soit à nouveau ensemencé. Tout le monde, dont
Lucien Marcheux, agriculteur à La Vacquerie, savait, à quelques mètres près où
se situaient les débris du Morane 406 à bord duquel se trouvait le 21 mai 1940,
le sergent, Arnould Thiroux de Gervillier, pilote de chasse, appartenant au
groupe de chasse 3/6 basé arrivé la veille à Coulommiers, venant de Chissey
(Jura). Déjà, la queue de cet appareil avait été extraite du sol, peu de temps
après le crash, par l'abbé Peugniez, curé de la paroisse, qui avait été
instructeur du pilote, qui l'avait entreposée dans l'église Saint-Joseph. Elle
est désormais exposée au musée de La Pompelle près de Reims. Il y a quatre ou
cinq ans, en labourant, Lucien Marcheux avait retrouvé la mitrailleuse de cet
appareil. Il avait, avec des amis ACPG de Villers-Plouich, repéré les lieux,
posé des jalons en se promettant qu'un jour, il faudrait creuser à cet endroit,
quasiment certain qu'il y avait encore des gros morceaux de l'appareil enfouis,
dont le moteur. Et, en cette fin août 2009, 69 ans après le crash, il a été
extrait... Arnould Thiroux de Gervillers était né le 25 septembre 1915 à
Boulogne. Sergent, il obtient le brevet de pilote 24578 il est affecté au
groupe de chasse III/6, et fait partie de la 5e escadrille (SPA 89). Il avait
alors baptisé son Morane « le Dahut ». Le 21 mai 1940, il tombait en
service aérien commandé et son avion s'écrasait sur le territoire de Gonnelieu.
En couvrant en contre-attaque des troupes au sol dans la zone au sud de
Cambrai, il était abattu par un avion ennemi. Seul, le sergent de Gervillier
manquait au retour de cette mission. L'histoire de crash est bien connue dans
la commune même s'il n'y a pas eu grands témoins à cette époque. Une rue du
hameau de la Vacquerie porte son nom. De nombreux passionnés d'aviation et des
associations se sont penchés sur ce moment de l'histoire. Restait donc à
récupérer le moteur. Sur le terrain, après l'accord du propriétaire de la
parcelle, les « bonnes volontés » se retrouvaient donc avec des
mordus de l'histoire locale comme Philippe Gorczinski, et Philippe Lafarge, les
anciens combattants locaux emmenés par Jacques Parmentier, Daniel Dubray et son
matériel et, bien entendu, Lucien Marcheux. Ils ont creusé à un endroit assez
précis jusqu'à trois mètres de profondeur et le moteur apparaissait. Il a pris
le chemin de la ferme de Lucien Marcheux. Jacques Parmentier a fabriqué un
berceau sur lequel ce moteur sera posé et permettra aux amateurs d'apprécier la
technologie de cette époque. La découverte a bénéficié d'une subvention de
Villers-Plouich. ».
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Le moteur canon Hispano Suiza (1) 12 Y-31 du MS 406 n°803 extrait fin août 2009 à la Vacquerie Photographies © Lucien Defawe - 06-11-2009 Nota : Ces clichés
montrent que le moteur a sérieusement souffert dans le crash puisqu'il se
retrouve sans son compresseur et ses deux lignes latérales de conduites
d'admission, incluant les carburateurs. On peut noter qu’entre les deux
rangées de cylindres il subsiste les canalisations rigides du distributeur de
démarrage, lequel était en prise sur l'arrière de l'ACT droit (2), qui amenaient le
mélange carburé du démarreur Viet aux cylindres. (1) Voir schéma (2) Précision
utile : Le motoriste regardait le moteur face à l’avant de l’avion
uniquement pour définir son sens de rotation, mais comme l'avionneur il
positionnait les équipements à Gauche ou à Droite (G/D) dans le sens de
marche de l'aéronef - Moteur. indice pair (sens négatif, tournant à gauche ou
rotation anti-horaire), ou impair (sens positif, tournant à droite ou
rotation horaire). Les 12Y31, 33,… tournent donc à droite et leur homologue
négatif pair, 12Y30, 32,.. tournent à gauche. . |
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Photo 1 : Moyeu d'hélice
Chauvière pneumatique. On voit les protubérances de passage des vis sans fin
tangenter les pieds de pales. A l'arrière la cloche abritant les engrenages
du mécanisme de changement de calage, et le tambour extérieur (rainuré) de
freinage. |
Photo 2 : Culasse du canon
Hispano Suiza 404, l'absence du chargeur laisse voir l'orifice d'entrée des
obus. A l'arrière des blocs cylindre, au niveau de la culasse, les renvois
par pignons coniques de la commande de distribution. A côté du moteur (cercle
rouge), un chargeur rond de mitrailleuse MAC (3). Celle-ci n’a pas
été encore posée à coté au moment où la photo a été prise. |
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Photo 3 : Vue d'ensemble côté
droit du moteur (2). |
Photo 4 : Voir photo 2. |
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Photo 5 : Face arrière du bloc
moteur sans le compresseur. En bas la sortie d'arbre de commande du
démultiplicateur du compresseur, en haut l'orifice de la prise de commande
des magnétos. |
Photo 6 : Gros plan sur un
arbre à came en tête et sortie d'échappement juste dessous. |
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Photo 7 : Gros plan sur la
culasse du canon Hispano Suiza. |
Photo 8 : Roue à denture droite
du réducteur d'hélice (rapport 2/3). |
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Photo 9 : Voir photo 1 – Moyeu
d’hélice vue par l’avant (2) - Les pales ont complètement disparu (3). |
Photo 10 : Commande de
distribution par pignons coniques. |
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Photo 11 : Voir photo 1- Moyeu
d’hélice et coté droit du moteur (2) - Sous le moyeu d'hélice, le compresseur
d'air de servitude a disparu, probablement arraché lors de la pénétration
dans le sol, comme de nombreux autres éléments. |
Photo 12 : Arbre à came en tête,
les disque crénelés sont les "champignons de soupape" sur lesquels
appuient les cames, ils sont vissés dans les queues de soupape. Sous la tête
du champignon, la "cuvette" (plateau d'appui) des 2 ressorts
concentriques. Les faces, inférieure du champignon et supérieure de la
cuvette possèdent des "dents de souris" évitant ainsi le déréglage
accidentel. |
Un grand merci à
Messieurs Sosthene Billault et
Alain Breton, grands spécialistes de la technique aéronautique, qui ont
bien voulu légender ces photographies par l’intermédiaire des « Aéroforums ».

(3) Monsieur Lucien MARCHEUX, « l’inventeur du moteur » de la Vacquerie,
qui habite d’ailleurs « rue de Gervillier » a pu me donner les précisions
suivantes :
Les 3 pales de l’hélice ont été retrouvées sur le sol par les
habitants du village après l’armistice, dispersées autour du point d’impact.
La première a été déposée à Gonnelieu sur la tombe d’Arnould de
Gervillier, dont le corps n’avait d'ailleurs été découvert qu’en 1941. Sa mère
Emée Marie Camille, née Bonneau du Martray, décédée dans sa 99ème année en
1984, est venue longtemps s’y recueillir, ainsi que sur le champ où l’avion
était tombé bien qu’aucune trace n'y subsistait plus. Une année, elle ne put
que constater que cette pale avait été volée ! Elle avait voulu que la
dépouille de son fils reste dans la terre de son département natal et que sa
mémoire soit entretenue par les habitants du village, et en particulier par
Madame Teillier, présente lors de l’exhumation du corps de son fils en 1941,
avec qui elle avait noué de solides liens d’amitié…
La seconde a été conservée longtemps par M. Parmentier, un
agriculteur du village, qui s’est laissé un jour abuser par un quidam se
présentant comme un membre de la famille et qui est parti avec…
La troisième avait été mise en lieu sûr par l’abbé du village avec
la dérive arrière de l’appareil et d’autres petits éléments de l’avion, dont le
harnais du pilote. Tout a été récupéré finalement par le Musée de la Reddition
de Reims.
A noter que c’est une mitrailleuse d’aile MAC avec son chargeur
plein, vidé ensuite par mesure de sécurité, (voir photo 2) qui a été retrouvée
la première il y a quelques années au cours d’un labour. C’est cette découverte
qui a permis de localiser le point de chute de l’avion et d’entreprendre une
fouille plus complète. Par contre seuls des débris du chargeur conique du canon
HS 404 semblent avoir extraits en août 2009, sans aucune munition de 20
mm, et le canon n’est pas approvisionné. Arnould de Gervillier avait donc
vraisemblablement engagé le combat au canon avant d’être abattu.
La plaque commémorative (photo plus haut sur cette page) a été
apposée en 2005 sous le préau de l’église pour le 65ème anniversaire de la mort
du pilote du GC III/6, à l’initiative des Anciens Combattants du village, et en
présence de deux membres de sa famille. La municipalité est bien décidé aujourd’hui
à conserver la pièce historique exceptionnelle que représente le moteur canon
Hispano Suiza du Morane MS 406 de la 5ème escadrille du GC III/6 et
à le placer en lieu sûr, pour qu’il puisse être vu par le plus grand nombre et
participer ainsi au devoir de mémoire envers les combattants des airs de cette
terrible année 1940.

La plaque IPSA de la tombe d’Arnould de
Gervillier
avant et après sa restauration
Informations rassemblées par François Xavier BIBERT - 09/2008 et 11/2008
Les hommes du GC III/6 - Historique officiel du GC III/6 - Livre
du marche de la 5° - Livre
de marche de la 6°
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