La Sécurité était « intégrée » à la Mine de
Mairy et c’est l’Ingénieur d’Exploitation qui avait la charge de son animation.
Ce n’était pas dans le souci de faire l’économie d’un poste d’«animateur
sécurité » mais avec la volonté d’en faire la responsabilité majeure des
chefs.
En 1980 une vaste campagne « Mouvements de
l’Opérateur » a permis de réduire dans des proportions très significatives
les accidents de ce type, en procédant à de nombreuses modifications sur les
engins après appel aux suggestions de tous les personnels.

De Janvier à Juin 1980 4 fascicules
d’une trentaine de pages chacun furent rédigées par l’équipe d’animation de la
campagne de sécurité « Mouvements de l’Opérateur » et distribués au
personnel pour annoncer les programmes des différents groupes de travail, présenter
les réalisations, commenter les accidents survenus et les résultats mensuels.
L’implication du personnel fut complète et en mai 1980 il n’y eut aucun
accident avec arrêt à Mairy, ce qui n’était plus arrivé depuis huit ans…
On trouvera ci-dessous :
1)
Les
4 éditoriaux publiés dans ces fascicules : Janvier 1980 – Fevrier 1980 – Avril 1980 – Juin 1980
2)
La
copie d’un tract
distribué le 21 févier 1980 par le syndicat C.G.T. de la mine
3)
Une
petite « chronique
sociale » du village de Mainville dans les années 1980, avant le
départ de François Xavier BIBERT
Premier EDITORIAL :
JANVIER1980
Il ne faut pas tout
confondre…
… et il faut y croire !
Oui, nous allons faire une campagne de sécurité !
Participation, bonne volonté, indifférence, sourires,
mépris, attaques, nous verrons de tout !
Eh bien, tant mieux !
Bravo d'avance à ceux dont le bon sens les conduira à
adopter une attitude constructive. Qu'ils essayent de convaincre les sceptiques
de suivre leur exemple.
Et tant pis pour les autres, ceux qui d'ores et déjà se
sont enfermés dans un parti-pris d'hostilité, voire d’agressivité, ceux qui
critiquent celui qui ne fait rien et qui se moquent de celui qui veut faire
quelque chose.
A ceux là, s'ils veulent bien malgré tout m’entendre un moment, je leur
dirai simplement qu’il ne faut pas tout confondre.
Je m'explique :
Les problèmes de la mine seront pendant la campagne les
mêmes qu’avant ou après la campagne ! Les, conditions d'aérage, l’état des
pistes, l’équipement des engins, les priorités à donner aux travaux de régie et
l’absentéisme du personnel feront toujours l'objet de discussions et
engendreront des tensions.
En ces domaines, les responsables de la mine, en fonction
des moyens dont ils disposent, font ce qu'ils peuvent et continueront à le
faire pendant la campagne. Ils n'ont pas à rougir : les conditions de travail à
Mairy sont meilleures qu'ailleurs. Ceux qui ont l'occasion de descendre dans
d’autres exploitations ou ceux qui ont l'occasion d'entendre le témoignage de
visiteurs le savent bien. Les autres aussi, mais ils ne l'avouent pas.
Alors, ne confondons pas les problèmes quotidiens qui
subsisteront et que nous continuerons à affronter et la campagne qui va
commencer.
La solution de ces problèmes ne peut constituer en aucun
cas un préalable à cette campagne. A ceux qui en font un, je leur dis sans
ambages qu'ils sont dans l'erreur.
Cette campagne est une action supplémentaire, un effort
nouveau, qui ont but de diminuer les accidents dits par « MOUVEMENTS de
l’OPÉRATEUR », en s'attaquant à leurs causes profondes, c'est-à-dire
autant aux conditions matérielles qu'aux comportements individuels.
Et si nous voulons diminuer ces accidents, ce n’est pas
seulement par amour-propre, parce que les indices de sécurité de la mine sont
mauvais, ou par souci de diminuer les
dépenses qu'ils entraînent.
C'est aussi et surtout, bien évidemment, parce que ces
accidents engendrent pour ceux qui en sont les victimes des souffrances bien
inutiles.
Alors, il faut y croire !
Il faut y croire car si la compétence du personnel de la
Mine et la qualité des équipements nous permettent d'avoir les meilleurs
résultats techniques du bassin, cette même compétence et cette même qualité
devraient nous permettre d'être dans le peloton de tête en ce qui concerne les
résultas de sécurité.... si notre état d'esprit se modifie un tant soit peu.
Et il faut surtout y croire parce que l’espoir fait vivre
!
Ceux qui feront les efforts nécessaires en seront
récompensés. Dans tous les sens du mot.
François-Xavier BIBERT

Second EDITORIAL :
FEVRIER 1980
Ça a bougé...
… tout peut changer !
Quoi de plus naturel à priori que de consacrer une heure
en début de poste pour parler de la Sécurité du Travail dans chaque équipe !
Quoi de plus naturel à priori que des porions, des
contremaîtres et des conducteurs d'engin qui se réunissent autour d'une machine
pour définir ensemble les équipements de sécurité dont elle devrait être
équipée !
Quoi de plus naturel à priori que des ingénieurs, des
porions et des contremaîtres qui travaillent en groupe pour analyser les propositions
faites et pour décider des améliorations qui devront être réalisées !
Quoi de plus naturel à priori que d'attribuer au
personnel, qui a fait un effort particulier pour la Sécurité, une récompense
concrète !
Et pourtant, avant que nous ne rentrions vraiment dans la
campagne « MOUVEMENTS de l'OPERATEUR » cela n'était pas habituel, et
même, ne semblait guère possible.
Eh bien, ça a bougé....
Ça a bougé parce que nous avons eu la volonté que ça
bouge, parce que nous avons décidé une fois pour toutes, que quoi qu'il arrive,
nous ferons l'effort voulu pour aller jusqu'au bout de notre entreprise.
Ce ne sont pas les quelques réactions isolées de mauvaise
humeur ou que nous avons pu ressentir de la part de quelques marginaux dont la
seule action pour la campagne en cours a été d'arracher quelques affiches ou de
casser quelques panneaux qui nous ferons baisser les bras. D'ailleurs ils
risquent de se fatiguer plus vite que ceux qui recollent les affiches et
changent les panneaux car leur stock est loin d'être épuisé !
Maintenant, tout peut changer !
Tout peut changer car nous avons un tel retard à Mairy en
matière de résultats de Sécurité qu'il suffira du moindre effort pour les
améliorer.
Tout peut changer car il est maintenant évident que
beaucoup ont compris que la campagne en cours ne cachait aucun piège, aucune
hypocrisie, aucune arrière-pensée, que la campagne en cours était l'occasion
pour chacun d’aborder le problème de la Sécurité du Travail avec un regard
nouveau, plus juste et plus serein.
Tout peut changer car le travail fait en groupe à
l’occasion de la campagne peut créer un nouvel état d’esprit, peut rapprocher
les points de vue de différentes personnes, de différents services, peut tendre
à faire prendre conscience par les autres des problèmes de chacun.
Tout peut changer enfin à Mairy, parce que la même volonté
qui a fait que nos résultats techniques sont ce qu'ils sont, peut maintenant
faire que nos résultats de sécurité soient ce qu'ils devraient être.
François-Xavier BIBERT
Troisième EDITORIAL :
FÉVRIER 1980
S'il faut se battre
pour la sécurité…
.....nous nous battrons!
Bravo !
Nous voulions faire une campagne de Sécurité qui ait une
certaine audience auprès du personnel, qui fasse parler d'elle, qui engendre
des réactions... eh bien, nous sommes en train d'y parvenir.
Et il est bien vrai, comme l'affirme le conseil syndical
C.G.T. de la mine qu'une campagne ne doit pas être "une étincelle qui
jaillit dans l'esprit de quelques uns pour s'éteindre sans laisser de
traces". C'est pour cela que nous disons et que nous répétons sans cesse
que nous conduirons l'action jusqu'à son terme, en plus de notre action
quotidienne pour l'amélioration des conditions de travail, et ceci quelles que
soient les peaux de bananes glissées gentiment sous nos pieds et quel que soit
le souffle déclenché par certains pour éteindre l'étincelle oui semble les
gêner.
Les traces resteront et elles seront nombreuses :
sur
les engins, dans les quartiers et dans Ies ateliers, lorsque petit à petit,
sans précipitation, sans coups d'éclat, les équipements contribuant à améliorer
la sécurité de notre personnel seront adaptés ou modifiés grâce à la bonne
volonté et à la participation de tous,
dans
les esprits, lorsque petit à petit, sans précipitation, sans coup d'éclat, on
s'apercevra que la Sécurité est plus une affaire de "Volonté" que de
"Moyens" et qu'il suffit que chacun y pense un peu plus en
l'intégrant dans ses préoccupations quotidiennes pour déjà améliorer
singulièrement les choses.
Et s'il fallait se battre pour obtenir ces résultats, nous
nous battrions, et je me battrais !
Nous nous battrons en particulier pour démontrer que nous
n'avons pas à rougir des efforts dispensés à la Mine en faveur de la Sécurité.
Ces quelques affirmations, par exemple, ne pourront être
mises en doute par personne :
Mairy
dispose d'un engin efficace pour la confection et l’entretien des pistes,
adapté particulièrement aux chargeurs-transporteurs. Aucune mine du bassin
équipée de chargeurs-transporteurs ne fait de piste en dur. C'est irréaliste.
Celles-ci ne sont envisageables que pour les camions roulant à longue distance
vers des points de chargement équipés de trémies. Les pistes à Mairy sont
bonnes. Elles pourraient être encore meilleures dans certains quartiers si la
qualité de la foration s'améliorait et si leur nettoyage était plus fréquent.
Mairy
a équipé ces CATERPILLAR d'un amortisseur de godet. C'est a Mairy que le siège
oléopneumatique conçu par l’I.N.R.S. (Institut National de Recherche et de
Sécurité) est à l'essai (CAT n°3). Et ceci est beaucoup plus important
pour améliorer le confort de conduite des CATERPILLAR que ce qui peut être dit
trop rapidement par certains.
Mairy a été la première mine à supprimer
complètement le purgeage manuel et à avoir mis en service une machine à purger télécommandée.
D'ici très peu de temps trois machines télécommandées seront opérationnelles.
Mairy
dispose d'engins de service et de manutention modernes, fonctionnels et sûrs :
SAVIEM de transport, de graissage, d'intervention, de travaux en hauteur, JOY-SCOUT
pour la régie (dès 1973), nettoyeur KARCHER, etc.
Mairy
a fait des efforts importants pour le confort du personnel en quartier : locaux
bien aménagés, éclairés et chauffés, poste de trempage, postes de graissage,
quais de chargement bien équipé, etc.
A quoi bon d'ailleurs continuer cette énumération de
réalisations qui sont connues de tous et que beaucoup nous envient.
Tout n'est pas encore parfait, c'est sur.
Aussi nous battrons-nous pour faire toujours mieux, pour
obtenir de notre Direction Générale les crédits d'investissement nécessaires à
la poursuite de ces efforts, pour obtenir du personnel un plus grand respect
des installations, des engins et des outils de travail.
Nous nous battrons enfin pour que les problèmes de
SECURITE soient abordés dans un état d'esprit nouveau. Il faut bannir
définitivement la politique de l'autruche que certains pratiquent encore, plus
par habitude d'ailleurs que par méchanceté.
A quoi bon se fermer les yeux pour ne pas voir les
réalités en face ?
Que peut-on vraiment retirer de positif en dénigrant les
efforts entrepris, fussent-ils les plus désintéressés ?
Pourquoi voir dans l'action menée des arrière-pensées, des
pièges ou des combines ?
Pourquoi certains ont-ils peur d'un éventuel succès de la
campagne que nous avons entreprise ?
Disons pour conclure, comme le fait justement le Conseil
Syndical C.G.T. de la Mine, qu'il est vrai "que ce sont les ouvriers oui
sont les premiers concernés dans le domaine de la Sécurité". Personne, à
ma connaissance n'a jamais dit le contraire. Mais que chacun le prouve en
participant avec bonne volonté à la campagne en cours : c'est déjà un pas en
avant même s'il n'est pas suffisant.
Cela est possible : beaucoup l'ont compris et c'est eux
qui ont raison. Les autres le peuvent aussi bien entendu. Pourquoi ne le
veulent ils pas ?
Ne pourrait-on pas, pour une fois, laisser toute idéologie
au vestiaire ?
François-Xavier BIBERT

TRIBUNE LIBRE
(publiée à la page suivante de l’éditorial n°3, expliquant
le ton de ce dernier !)
À propos du tract diffusé le 22 Février 1980 par le Conseil
Syndical C.G.T. de la Mine de Mairy concernant la Campagne de Sécurité
1) Extrait du C.R. de la réunion du. Comité d'Etablissement
du 26 Février 1980 :
« Campagne de sécurité ,
Le président fait état d'un trac récemment distribué à la
mine concernant la sécurité en général. Il se félicite de l'intérêt porté à ce
problème par les auteurs du document, tout en corrigeant certaines affirmations
qu'il estime ne pas être appropriées soit à l'objectif réel de la campagne,
soit à la situation interne de la mine.
Il renouvelle ses souhaits d'encouragement pour que les
résultats de la dite campagne soient positifs. »
2) Copie du tract en question :
C.G.T.
LA SECURITE A LA MINE DE MAIRY
Une campagne de sécurité vient de démarrer
à la Mine de Mairy, campagne qui devait commencer au retour des congés de
l’année 1979, retardée pour un soi-disant mauvais état d’esprit. On peut se
demander qui est responsable de ces états de faits.
Sûrement pas les ouvriers qui sont,
quoiqu’en pensent certains les premiers
concernés dans le domaine de la sécurité. Qui risque sa vie, l’invalidité,
l’incapacité physique, l’empoussièrage et la nocivité des gaz, si ce n’est, en
premier, les ouvriers ?
La C.G.T. n’a jamais été contre les
campagnes de sécurité, au contraire, nous pensons que la recherche de
l’amélioration de l’hygiène et de la sécurité doit être une lutte journalière
et continuelle, mais non une étincelle qui jaillit brusquement dans l’esprit de
quelques uns, pour s’éteindre petit à petit, sans laisser de trace.
Nous sommes contre une campagne de
sécurité :
-
qui
laisserait de coté l’hygiène,
-
qui
servirait de moyen de pression
-
qui
mettrait en doute certains accidents (douleurs dorsales et gazés),
-
qui
ferait peu de cas de l’honnêteté des ouvriers, lors des déclarations de
blessure.
-
qui
aurait pour but unique la diminution des petits arrêts,
-
qui
risquerait de monter les ouvriers les uns contre les autres.
Par contre, nous sommes pour une
véritable campagne d’Hygiène et de sécurité, dont les trois points
suivant nous paraissent à l’heure actuelle, primordiaux :
AÉRAGE : Depuis quand nous promet-on une
amélioration dans ce domaine ? (trou d’aération à TUCQUEGNIEUX, - Sortie
supplémentaire vers MANCIEULLES). Là,
nous pouvons dire qu’on se moque de nous, mais que malheureusement cette
amélioration n’est pas rentable. Alors , attendons encore, à moins que…
PISTES : Les pistes en dur c’est pas
utopique. On avait même les engins pour ce genre de travail. Mais dans ce domaine
aussi, le prix de revient passe avant tout.
BOULONNAGE : Cette question est très
importante à l’heure actuelle. Nous sommes les seuls dans le bassin à serrer
encore les boulons à la main et nous risquons de payer très cher ce procédé
inefficace devenant très dangereux lors des dépilages. La aussi une décision
rapide devrait être prise par la Direction, afin d’interdire cette pratique. Le
boulonnage à la résine en 2,40m, existe…
Voici les points principaux sur
lesquels une campagne de sécurité mérite d’être lancée.
Cette campagne la auraient des
conséquences bénéfiques sur la SANTE des ouvriers, et ferait réfléchir
les soi-disant marginaux.
Nous pensons que toutes les campagnes
d’hygiène et de sécurité (même quand noyus ne sommes pas invités à en
débattre), méritent une attention soutenue, à condition d’être faites sans
mauvais état d’esprit dans un but constructif de recherche, afin d’améliorer
les conditions d’hygiène et de sécurité.
La C.G.T. et ses militants ont lutté
et lutteront toujours dans ce sens.
Le Conseil Syndical C.G.T
de la Mine de Mairy
Le 21 février 1980
Quatrième EDITORIAL :
JUIN 1980
De l'espoir…
… à la réalité ...
Zéro !
Zéro accident avec arrêt au mois de mai 1980 : il faut
remonter 8 ans en arrière pour retrouver un tel résultat !
C'est un début, c'est un espoir .... Cela doit devenir une
réalité permanente.
Notre effort commun est en train de se matérialiser. Nous
avons décidé, en début d'année, de faire de cette campagne "MOUVEMENTS de
L'OPERATEUR" le début du renouveau des résultats de Sécurité à la mine.
Certains penseront que, vu les résultats auxquels nous
étions arrivés, il suffisait de faire peu de chose pour les améliorer !
C'est sûr ! Malgré tout, il faut être plus optimiste que
cela. Notre taux de fréquence cumulé fin mai 1980 nous place à la 16ème place
du bassin.
Cela veut dire qu'il y a 7 mines qui ont des résultats
moins bons que les nôtres. Il n'y en avait aucune auparavant !
Ce résultat n'est donc pas le fait du hasard, car nous
avons tous fait un tant soit peu quelque chose pour que cela change ! C'est le
principal.
Certains diront qu'ils ne s'en sont pas rendus compte.
D'autres auront le sentiment que la campagne a tendance à s'essouffler, à être
moins active qu'au début de l'année !
Peut-être !....
Mais rappelez-vous que je disais, dans mon précédent
éditorial, que tout arriverait "petit à petit, sans précipitation, sans
coup d'éclat....", et c'est bien ainsi que nous avançons !
Le calendrier de la campagne que je joins à chaque numéro
de votre bulletin est là pour le prouver : il ne s'est pas passé une semaine
pendant laquelle nous n'avons pas enregistré une action, une modification, un
travail, une proposition allant dans le sens de la Sécurité dans le cadre de la
campagne en cours.
Voyons, par exemple, ce qui s'est passé pour les CATERPILLAR.
Leur modification s'est faite petit à petit. On a bien, par-ci par-là, arraché
quelques marchepieds et quelques mains-courantes, mais deux encouragements se
sont manifestés :
d'abord,
le comportement individuel des opérateurs s'est modifié, puisque aucune
déclaration d'accident lié à la montée ou à la descente de l'engin n'a été
enregistrée depuis le début de l'année. Un record !
ensuite
le personnel d'entretien, à tous les niveaux, s'est fait un devoir d'assurer au
mieux les modifications... et de réparer les dégâts le plus rapidement
possible, sans se décourager, pour tenir le matériel conforme à la norme que
nous avions déterminée ! Les conditions matérielles ont donc été
améliorées.
Modification du comportement individuel, amélioration des
conditions matérielles : tout le monde sait que ce sont les conditions
nécessaires et suffisantes pour obtenir une meilleure sécurité !
C'était un espoir ... cela devient une réalité.
Il faut maintenant poursuivre et amplifier.
Il faut terminer les équipements prévus sur les
CATERPILLAR, les MACHINES à PURGER, les JUMBOS de BOULONNAGE.
Dès la rentrée, il faudra s'attacher aux JUMBOS de
FORATION, aux MANITOU et aux ENGINS de REGIE.
La première phase de notre campagne sera terminée. Nous
attaquerons alors officiellement la seconde, celle qui concerne l'ordre et la
propreté.
Je dis "officiellement" parce que tout le monde
sait que de nombreux efforts ont déjà été faits en ce domaine, mais il faudra
aller plus loin pour diminuer encore les accidents liés aux chutes, aux
glissades, aux charges et aux faux mouvements.
Bon courage à tous.
Notre espoir deviendra une réalité, il ne faut plus en
douter.
François-Xavier BIBERT
Investissements
pour l’amélioration du matériel de régie

SAVIEM d’entretien préventif

SAVIEM avec nacelle pour les géomètres

SAVIEM de transport du matériel
VILLAGE
de MAINVILLE – MINE DE MAIRY
Départ
en septembre 1981

La carte postale ci-dessous mérite d’être commentée.
Mainville n’était avant la création de la mine qu’un minuscule hameau agricole
isolé de la commune de Mairy, située à 3 kilomètres, avec une dizaine de
vieilles fermes alignées le long de ce qui avait été jadis la route nationale, une
belle chapelle du 18ème siècle et un petit cimetière... Dans les années
1970, la ferme des frères « Bach » et de celle M. et Mme
« Ullard », plus jeunes, étaient encore en exploitation. Un menuisier
y avait encore un modeste atelier...

Il devint un « village » avec la création de la
Mine dans les années 1950 et surtout des logements que la société SIDELOR y
construisit pour loger une partie de ses ouvriers (25 maisons jumelles), des
porions ou agents de Maîtrise (5 maisons jumelles) et Ingénieurs (2 maisons
jumelles).
Dans les années 1970, le village comprenait aussi le
café-restaurant « FOGGLIAZZA » tenu par la femme d’un mineur,
l’épicerie « CAUFMANN » appartenant à la mine et tenue par la femme
d’un autre mineur et une école avec deux classes uniques de moins de 15 élèves
chacune dont M. ORLOWSKI était le Directeur et Mme. BAUDRIN, épouse d’un
porion, l’institutrice…

L’imbrication de la vie professionnelle et personnelle des
résidants était donc complète. Si les maisons des ouvriers, récemment
construites, étaient très confortables et entourées d’un joli petit jardin,
elles étaient plus petites que celle des agents de maîtrise et celle des
ingénieurs étaient encore plus grande avec un immense jardin et quelques
pierres de taille apparentes ! Le gag était que chaque type de maison
avait quasiment le même nombre de pièces, mais que la taille de celles-ci
différait et que les hauteurs de plafond croissaient en proportion de la taille
des pièces, donc avec le grade des occupants…!
|
Le
Village de MAINVILLE ancien |
Le CAFE
RESTAURANT |
La
CHAPELLE « Sainte Barbe » |
|
Maison
Ingénieur Sous-sol |
Maison
Ingénieur Rez de
chaussée |
Maison
Ingénieur Etage |
C’était sans doute mieux que les « châteaux » au
vert des cadres du début du siècle et des vieilles citées minières grises et
poussiéreuses agglutinées autour des usines métallurgiques fumantes, mais
Mainville était cependant un microcosme social aujourd’hui anachronique, ou la
hiérarchie des femmes dans la citée était calquée sur celle des hommes à la
mine ! Personne ne s’en offusquait à l’époque, mais cette réalité pourrait
sembler aujourd’hui « incroyable » aux jeunes à qui on voudrait
l’expliquer…
Mais je veux témoigner que tout le monde ou presque
trouvait qu’il faisait bon y vivre, puisque d’ailleurs toutes les maisons ont
été pratiquement rachetées plus tard par les mineurs qui ont voulu y passer
leur retraite !
Quoi qu’il en soit, un Ingénieur qui quittait la mine et
ses « mineurs » ressemblait un peu à Don Camillo qui s’éloignait de
Peponne… et c’était aussi une famille qui quittait le village et ses amis en
perdant une partie de ses racines… C’est
ce que j’ai fait en septembre 1981 pour aller vivre une nouvelle aventure
professionnelle, cette fois dans l’uranium au beau milieu d’un grand désert
Africain.
Ce n’était donc pas une transition facile et un acte
anonyme.
C’est pour cela que la lettre que j’ai adressée aux
« mineurs » le jour de mon départ mérite d’être connue comme le
témoignage d’un temps révolu où la solidarité n’était pas encore devenue une
valeur ringarde, et comme prolongement des 4 éditoriaux consacrés à la SECURITE
rédigés l’année précédente…
Mes échanges
avec Jean BREVI de 2008 et le texte « METIER
et PERFORMANCE » qu’on peut trouver sur ce site Internet ne sont que
la suite logique de ce message de 1981, sans doute un peu iconoclaste et
téméraire…
François-Xavier BIBERT
Mai 2008
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le 18 septembre
1981 M. BIBERT A Ensemble du
Personnel Je cesse mes
fonctions d’Ingénieur, Chef du Service Exploitation, ce soir Vendredi
18.09.1981. A tous ceux avec
qui j’avais créé des rapports d’estime réciproque, voire d’amitié, dans le
travail et dans la vie extraprofessionnelle, et aussi à ceux qui ont pu se
sentir parfois agressés par mon comportement résultant d’une impulsivité
parfois mal contrôlée et qui n’ont pas toujours compris que derrière ce
premier abord il y avait une chaude volonté de respecter et d’apprécier
chacun d’entre eux (en chaque homme il y a du bon et c’est d’abord ce qu’il
faut rechercher) j’adresse mes chaleureuses et amicales salutations. J’ai essayé
pendant onze ans de faire en sorte que le service dont j’avais la
responsabilité fonctionne au mieux, avec les moyens qui m’étaient attribués.
Ceux-ci ont été parfois insuffisants. J’aurais surtout voulu qu’en matière de
SECURITE les résultats évoluent dans un sens beaucoup plus favorable :
c’était certainement possible mais je n’ai pas été assez écouté. J’affirme avoir
chercher à exercer mes responsabilités sans démagogie et avoir essayé en
toute circonstance de rester droit et honnête : le rôle d’un chef est de
prendre des décisions. En les prenant il faut savoir aussi dire
« non ». Je l’ai toujours fait quand je l’ai jugé juste pour
l’ensemble du Personnel, quitte à ce que certains s’en trouvent personnellement
mécontents. Mais que ceux-ci sachent que je n’ai jamais eu aucun parti pris,
que j’ai voulu toujours dissocier les relations professionnelles des
relations dans la cité et que je n’ai jamais rien donné dans l’espoir de
recevoir quelque chose en échange. Par contre je
revendique le droit à l’erreur : que ceux qui ont pu en être victime
veulent bien le comprendre et m’en excuser. A tous je
souhaite une bonne chance. Je reste persuadé que l’avenir de la mine de Mairy
est grand au regard de la qualité de sa main d’œuvre et de son encadrement. Bien à vous. François-Xavier BIBERT |
(Note manuscrite affichée sur le
panneau d’affichage de la mine et photocopies distribuées aux différents
délégués du Personnel)
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Lettre de
Monsieur François MELEY, mon
« premier Directeur », qui m’a appris le métier… Directeur
Général de LORMINES en 1981 |
Article
du journal « Le REPUBLICAIN LORRAIN » septembre
1981 |
ALBUM PHOTOGRAPHIQUE

En 1930 le Tour de France passe à
Mainville lors de l’étage Metz- Charleville
Leducq et Pélissier mènent…
En 1976 le Tour de France passe au même
endroit, mais dans l’autre sens lors de l’épape Bastogne – Nancy…
(Photo François-Xavier Bibert)

Liens vers toutes
les toutes les autres pages de ce site consacrées à la Mine de Mairy-Mainville
Album photographiques « MINES DE FER DE LORRAINE -
MAIRY MAINVILLE 1970/1981 » – 14 pages
Légendes
des photos de l’album de la Mine de MAIRY MAINVILLE - 1970/1981
Trombinoscope de la Mine de MAIRY MAINVILLE – 11 pages
Effets de lumière au fond de la mine de
MAIRY – Photos de Claude VOYAT
Départ en retraite de Monsieur Maurice
MERLIN
Légendes des photos du départ en retraite de Monsieur
Maurice MERLIN
Lettre de Jean BREVI à François Xavier BIBERT
Campagne de sécurité à la Mine de MAIRY – Le village de
MAINVILLE
Emploi de l'oxygène liquide comme Explosif dans les
Mines de Fer
« 4 HOMMES - 4 MACHINES - 4 TIRS - 40 WAGONS »
- Etude du CATERPILLAR 980
Mines de Fer de LORRAINE - Monographie de la Mine de Mairy -
1980
Géologie du bassin ferrifère lorrain à Hayange
Bibliothèque
« MINES ET CARRIERES » de FXB
Gérard DALSTEIN – « Les Chantiers du Fer »
Collection de pin’s de Guy PODLESNIK
MAINVILLE -
2008 – Friche industrielle
Mine de MAIRY – Articles du « Républicain
Lorrain »
François-Xavier BIBERT – Le « Républicain
Lorrain »