Lieutenant
RENÉ MOULS
(1916 - 1945)
Liens :
René MOULS (ci
dessus)
Joël MOULS (ci-dessous)

Documents transmis par son fils Joël (Ecole
des Pupilles de l’Air - 1955)


Le Potez 63-11 n°628
des :
Sergent-chef COCHARD – Pilote
Lieutenant MOULS – Observateur
Sergent PLANTIER –
Mitrailleur
après leurs missions du 17
mai 1940
Il y avait environ
1100 avions déployés sur le front lors de l’attaque allemande du 10 mai 1940.
Environ 230, soit 1/5 étaient des POTEZ 63-11 de reconnaissance, avec un
équipage de 3 hommes. Le POTEZ 63-11 était une évolution du POTEZ 637 de 1938,
où l’observateur se trouvait à genoux ou à plat ventre dans une gondole
ventrale. Cette fois l’observateur est assis dans le nez de l’appareil. Il fut
construit en grand nombre jusqu’à l’armistice, et au-delà…
Cependant le cahier
des charges du 63-11 en 1939 voulait faire de celui-ci un avion polyvalent,
apte au fameux programme B.C.R. (Bombardement,
Combat, Reconnaissance), qui s’avérera relever du pur fantasme. Bien des
équipages préféreront finalement le 637, plus rapide.
Le GAO 552 (Groupe
Aérien d’Observation) a été mobilisé à Reims et rattaché aux FA 28 (Force
Aérienne 28), 1ère DLM (1ère
Division Légère Mécanisée). Il perçoit ses trois premiers POTEZ 63-11 à
Marignane le 10 janvier 1940. Basé à Saint-Omer Wizernes
au moment de l’offensive allemande, il dispose alors de 9 POTEZ 63-11 et de 4 ANF MUREAUX 117. Le 13 mai 1940
il perd son premier équipage, celui du POTEZ 63-11 n°689 qui s’écrase en
Belgique après avoir été atteint par la flak, à 3km
de l’aérodrome de Saint-Nicolas.
Le 17 mai, c’est le
POTEZ n°628, dont la mission est détaillée ci-dessus qui est perdu, mais son
équipage est heureusement sauf. L’épave sera incendiée, d’après les archives
militaires. Le GAO 552 est intégré au GR 1/14 le 19 mai et il stationne à Agen
au moment de l’armistice. Ce groupe est dissous en août 1940 à Toulouse. Il a
eu pour commandants, le Commandant CLAUSSE puis le
Capitaine CHAUVET.

POTEZ 63-11 du GR 1/14

ANF MUREAUX
117
Roger FURST,
qui rejoindra les Forces Françaises Libres en 1941 lors de « l’affaire du
Levant », termina sa guerre comme pilote de bombardier du groupe LORRAINE,
et avec 35 missions des plus dangereuses sur l’Allemagne, il sera fait
« Compagnon de la Libération » Sergent en juin 1940, il servait au
GAO 552, tout comme son camarade le Lieutenant René MOULS,
et il volait aussi sur POTEZ 63-11. Après l’Indochine, il quittera l’armée de
l’air comme Lieutenant-colonel en 1966, atteint par la limite d’âge.
Une analyse
historique sereine des missions de l’aviation d’observation française en
1939/1940 ne peut que se transformer en réquisitoire sévère contre les
états-majors, qu’ils fussent de l’air ou de terre. De très nombreux
témoignages, dignes de foi, mettent en cause l’immobilisme de ceux-ci, les
erreurs de définition des l’appareils, la nature des missions ordonnées et le
peu de confiance malheureusement accordée aux renseignements rapportés par les
aviateurs au péril de leur vie, faute de savoir les exploiter. Même les
renseignements les plus précieux, comme ceux touchant à la percée des Ardennes
n’engendrèrent que scepticisme et dérision, puisqu’ils ne correspondait pas aux
fausses certitudes et à la doctrine figée des grands chefs, convaincus que tout
se passerait sur la ligne Maginot !
Des généraux de
corps d’armée, voire d’armée, ont cependant signés après l’armistice des ordres
généraux remerciant et félicitant l’aviation de renseignement. Mais celle-ci
paya un tribu beaucoup trop lourd, puisqu’on peut évaluer à plus de 350, les
POTEZ 63-11 perdus en mission ou au sol pendant la campagne, entraînant dans la
mort beaucoup de leurs courageux équipages.
Et comment parler de
ces missions de reconnaissances sans évoquer Saint-Exupéry et son fabuleux
ouvrage « Pilote de guerre », dont le titre original de la version
anglaise « Flight to Arras » paraît encore meilleur : au-delà de
la description précise et réaliste des dérisoires missions qui étaient demandés
à des équipages qui savaient avoir peu de chance d’en revenir, Saint-Exupéry
avec sa sensibilité habituelle conduit sa réflexion sur les paysages survolés,
l'homme en général, la condition humaine, la mort qui a touché certains de ses
amis... Un texte d’une grande pudeur, malgré une critique sans concession de ce
qui a entraîné et de ceux qui ont contribué à la douloureuse tragédie française
de 1940. Il écrit comme à son habitude avec ce style qui lui est propre,
étonnamment fluide malgré la poésie qui s’en dégage : sans cesse, on devine, on
apprend à connaître son amour à la fois pour le métier de
pilote, qui l'élève au-dessus des hommes et lui fait toucher le spirituel, et
son goût pour l'humanité. Un des plus beau texte de la littérature française,
censuré à sa sortie en 1942...
FXB – 2008
Images de Potez 63-11







Mise en page et compléments iconographiques : François
Xavier BIBERT – Mai 2008-Janvier 2010 – Septembre 2011