Capitaine
CHARLES JOLY
(1921 - 1998)

Charles
JOLY (ci dessus)
Liens :
Christian JOLY (ci-dessous)
par
Christian JOLY, son fils, élève à l’Ecole des Pupilles de l’Air de Grenoble, de
la promotion 1955
« La chance qu’a eu mon père toute sa vie a aussi été la mienne,
puisqu'en dépit d'innombrables incidents plus où moins graves et d'accidents
aéronautiques très importants, il a chaque fois réussi à échapper au pire…
Il a un peu tout fait dans sa carrière militaire volante : mitrailleur
de queue, bombardier, navigateur, copilote, pilote, hélicoptères lourds et
légers, avions itou, valise diplomatique, photos aériennes, largages de toutes
denrées, etc.
Né en 1921 et rêvant d'avions, il bluffe sur sa date de naissance pour
s'engager avant l'âge légal. Il se porte volontaire pour les missions les plus
diversifiées ; moniteur d'auto école, puis moniteur de char (!! j'ignore
dans quel contexte !!). Durant la guerre de 39-45, il quitte la France dès
qu'il lui est possible et se retrouve avec les forces américaines au Maroc, ce
qui me vaudra d'y naître le 6 avril 1944.
Il est embarqué sur les bombardiers, direction la Sardaigne, et fera
une importante série de missions dont les bombardements de Saint-Mandrier sur
Mer. Il fréquentera plus tard cette même presqu’île constituant le rempart de
l'arsenal de Toulon, pour assurer régulièrement les parachutages d'entraînement
des commandos (marine je suppose, et Hubert en particulier).
C'est cette fréquentation régulière qui l'amènera à s'y retirer une
fois à la retraite et ma mère y demeure encore actuellement (1).
Ma mère parle très volontiers de tout cela avec forces détails de
toutes natures et elle a même rédigé de petits textes relatifs à cette période.
Elle raconte comment je "fus conçu sans père" puisqu'à l'époque le
mien était en stage secret de formation intensive au fond de je ne sais quel
désert et très formellement "séquestré" !!!. Je suis donc le fruit
d'une entorse grave à la discipline en temps de guerre, et je reconnais que
cela ne me donne aucun état d'âme…
On retrouve des traces de l’activité d'évacuation sanitaire de mon père
sur hélicoptères en Indochine dans deux bouquins que m'a recommandés mon
camarade de l’Ecole des Pupilles de l’Air, le général Guy Lanthoinnette.
Il a terminé sa carrière comme pilote d'essai en vol sur les fins de
chaînes des T-6 à Ambérieu-en-Bugey…
Epoux de Marie Louise BERTRAND, née BARTHOUX en 1918, Charles JOLY a eu
deux fils. L'aîné auquel il a donné son propre prénom de Charles (promotion EPA
1953-1960), et moi même, Christian, le cadet (EPA 1955-1962) »
(1) Madame Joly est décédée en 2009
31/01/2006
28/05/2008
Messages à FXB
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NORTH AMERICAN T-6 Rôle : avion d'entraînement Premier vol : 1er avril 1935 Mise en service 1937 Nombre construit: 15 495 Équipage : 2 Motorisation : 1 moteur Pratt&Whitney
R-1340-AN-1 Wasp en étoile de 600ch Envergure :12,81 m Longueur : 8,84 m Hauteur : 3,57 m Masse avec carburant et armement : 2
548 kg Vitesse maximale :335 km/h Plafond : 7 400 m Distance franchissable : 1 175 km Armement : possibilité de montage d'une
mitrailleuse Browning 1919 de 7,62 mm |
BASE AÉRIENNE 278 ARAA 624 (Ateliers Réparation Armée de l’Air) AMBÉRIEU-en-BUGEY |
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Charles - Louis - Adolphe JOLY Né le 21 novembre 1921 à
Paris - Les Lilas Décédé le 24 novembre 1998 à
Toulon. Premier métier : Fils
d’un serrurier et d’une restauratrice de tapisseries d’Aubusson il entre à 14
ans dans la vie active. Titulaire du seul certificat d’études primaires
(CEP), il est embauché comme coursier chez un artisan parisien qui,
satisfait, le prend comme apprenti et lui conseille de s’inscrire en cours du
soir dans une formation de la chambre des métiers de Paris. Il devient
monteur électricien, conduit sans permis et donne satisfaction. Il devient
alors chef monteur électricien. Mais, la tête vers les étoiles, il continue
son rêve fou pour l’époque de piloter les avions. Il songe à l’armée et
s’engage sans vraiment tricher mais en « se trompant » sur son âge. Seconde guerre mondiale 1939 -1940 Mitrailleur
sur avion, formé dans le sud-ouest à la base de Cazaux - Caporal chef
Seconde guerre mondiale 1941 - 1945 Moniteur de conduite
automobile puis instructeur sur chars. Bombardier
sur avion, formé par les forces américaines au Maroc (Souvenir de
formation « avé l’axen » « Tan que vos avé le bomb’, vos
travaillez por la government ! quan vos avé laché le bomb, vos
travaillez por vous ! ») Bombardier
leader au groupe 1/23 « Maraudeur » qui est une section du Groupe
Maroc - Missions à haut risque sur Saint-Mandrier,
puis sur le littoral méditerranéen, puis sur l’Italie et enfin sur
l’Allemagne. Après 1945 Formations
pour devenir navigateur en vol Pilote
sur avions légers - Coopération avec le GLAM de Villacoublay, Pilote
de transport avec vols de nuit Guerre d’Indochine Premier séjour : Pilote
d’avions légers - Missions d’évacuations sanitaires au front Séjour
de formation de pilote d’hélicoptères sur Hiller, à Toussus-le-Noble Second séjour : Mêmes
missions d’évacuations sanitaires au front avec les hélicoptères Hiller et
vraisemblablement des Sikorsky 52. Possesseur
du Brevet n° 1 délivré par l’armée de l’air il doit cet honneur à l’infortune
du véritable n°1 qui subit un accident mortel en vol, après son lâcher mais
avant la fin du stage complet de formation (rupture mécanique d’une pièce
moteur en cours de vol). Il ne put par conséquent jamais entrer en fonction. Après la guerre d’Indochine Chef
d’un détachement en formation au pilotage et à la maintenance d’hélicoptères lourds
(Sikorsky 55 et licences dérivées) aux Etats-Unis. Contribution
à la formation de nouveaux pilotes français sur ces appareils à
Toussus-le-Noble. Guerre d’Algérie Pilote
d’hélicoptères lourds (Sikorsky 55) à Blida et Boufarik. Commandant de groupe
pour les missions dans les Aurès. Après la guerre d’Algérie : Affecté
à la base aérienne de Persan-Beaumont comme pilote d’hélicoptères -
Nombreuses missions avions à caractère confidentiel. Nommé
chef des opérations et officier de sécurité de la base. Affecté
à Villacoublay pour être formé comme pilote d’essai avec le centre d’essais
en vol (C.E.V.) Pilote
d’essai en vol en sortie de chaînes de réhabilitation des avions T-6 à
Ambérieu-en-Bugey durant 4 ans. Retraite Prend sa
retraite à Saint-Mandrier sur Mer où il monte avec son épouse un petit
commerce d’électricité (retour aux sources !), droguerie, bazar et
petits services de proximité pour ne pas rester inactif avant sa retraite
complète. |
L’ALBUM PHOTOGRAPHIQUE de
CHARLES JOLY
(scans de
Christian Joly à partir de l’album familial)
Premières tentatives
de transmission…
Message de Christian JOLY
du 10/09/2008 - 11h28
J'ai travaillé tardivement pour scanner les photos que j'ai à Nice.
Toutefois j'ai un système qui démarre sans que je lui demande et que je
n'arrive pas à régler. Il me range les photos scannées dans un dossier d'un
truc s'appelant "control center" et là gît la bête capricieuse. Car
le "control center" peut s'avérer absolument aussi introuvable que tous
les serial-killers de la télé.
J'en suis là. Je piste "control center" !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je sens que je vais le trouver ! Je sais que je vais le débusquer….
Tu verras alors que le papa Joly n'était pas vraiment à cheval sur les
règlements et par exemple tu nous verras ensemble lorsqu'il m'emmenait faire
des tours clandestins en hélicoptère alors qu'il était en stage d'apprentissage
à Toussus-le-Noble. Bien sûr ces vols "volés" font partie de mes
meilleurs souvenirs d'enfance en eux mêmes, mais surtout ils me rappèlent une
complicité absolue car rien n'était joué. Je suis allé de nombreuses fois pour
"faire banquette" car il lui fallait des conditions particulières
pour pouvoir m'embarquer et cette complicité devait être absolue pour assurer
la discrétion nécessaire.
C'est peut -être un peu pour cela aussi que je n'ai pas choisi de
tenter l'Ecole de l'Air. Les avions et les hélicos, pour moi, c'était cette
aventure à la BIGGLES ou WORRALS (son clone féminin) s'il te souvient de leurs
péripéties en bibliothèque (verte ??). C'était se poser dans les champs de
façon plus ou moins officielle et même parfois pourchasser les lièvres, par
exemple. Lorsque nous avons visité les link-trainers de Salon de Provence j'ai
mesuré l'écart qu'il y aurait à l'avenir avec ma vision du pilotage et cela ne
cadrait pas du tout.
Je stoppe ici pour me coltiner à nouveau avec « control
center » et le terrasser !
Message de Christian Joly
du 10/09/2008 - 13h 46 : Première victoire, 3 premières photos …
..........suite d'avant
Ma modestie va beaucoup en souffrir mais tu vas
- t'enthousiasmer,
- te confondre en compliments,
- ne pas en revenir,
- m'ovationner,
- porter l'événement sur la place publique,
- en rester déconfit,
avant tout bonnement d'en rester sans voix.
J'ai terrassé le monstre ! "Control center" est à mes pieds.
Il s'excuse et demande grâce.
Magnanime dans mon triomphe je lui ai fait un brin de morale et l'ai
assuré que je lui pardonnerais s'il me promettait de ne plus recommencer. Il
s'est exécuté le lâche… peut être jusqu'à sa prochaine escapade car j'avoue le
soupçonner de fourberie.
Toujours est-il que je suis en mesure de t'adresser mon premier succès.
Attends donc les autres envois pour faire ton choix.
1)
Mon père "en pied" alors qu'il
était tout jeune engagé, dans sa première tenue ! dans le
séjour de la maison familiale sise à Paris - Les Lilas - Photo portant la
mention « 1940 ». A son bras, le grade semble être celui de caporal.
2)
Mon père "en pied" alors qu'il
était caporal en formation de mitrailleur aérien à la base aérienne de Cazaux
en 1939 - Photo prise à Cazaux (Landes) et portant la mention 1939.
3)
Mon père "en pied" alors qu'il
était caporal en stage de perfectionnement mitrailleur - Photo prise au centre
de formation de Barberey, près de Troyes et portant la mention "1939"
Message de Christian Joly
du 10/09/2008 - 14h 13 : Première victoire, 3 premières photos …
HOP,HOP,HOP !!!
Je vérifie fort heureusement car le document joint n'est pas passé !!!
Comme je viens d'installer les mises à jour il y a peut être une
nouveauté dont je n'ai pas tenu compte.
Donc je recommence la manoeuvre et je renvoie. Entre temps j'ai réussi
à scanner trois autres photos.
A +
Christian.
Mais le A+ c'est maintenant........... car il y a actuellement
un refus d'enregistrer les documents photo dans les pièces jointes.
Je t'envoie donc en l'état pour que tu m'adresses
le bonnet d'âne réglementaire !!!
A suivre…
Trois semaines plus
tard, après une formation appropriée …
Message de Christian Joly du 02/11/2008 - 19h 27 : Premier envoi
car je me suis recyclé partiellement…
Mon gendre a pris un peu de son temps pour me recycler et m'expliquer
un certain nombre de choses magiques. J'espère que je vais être un peu plus
performant et arriver à t'envoyer un certain nombre de choses que tu
redimensionneras à ton gré.
Je t'adresse en document joint une photo de ses premiers stages comme
mitrailleur à Cazaux (photo n°1), une seconde prise lors d’un stage de
perfectionnement toujours comme mitrailleur près de Troyes (photo n°2), et une
troisième avec son tout premier uniforme, chez ses parents et dans sa maison
natale aux Lilas, en banlieue parisienne (photo n°3)…
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Photo n°1 Charles Joly - Cazaux - 1939 Stage mitrailleur |
Photo n°2 Charles Joly - Barberey - 1939 Stage perfectionnement mitrailleur |
Photo n°3 Charles Joly - Les Lilas - Vers 1940 Domicile familial |
Message de Christian Joly
du 02/11/2008 - 19h 49 : Second envoi, car je commence à comprendre un
peu…
J'espère que mes progrès seront stables. En tous cas je vais profiter
de mes souvenirs tout frais pour t'adresser ce soir ce que j'ai, d'abord parce
que je te l'ai promis, ensuite parce que ton initiative est vraiment valable et
enfin parce que cela devrait me permettre de bien mémoriser…
Lorsqu'il a commencé à mitrailler, mon père l'a fait sur un modèle
bombardier très léger. Je pense que c'est un avion de ce type qui est
photographié en vol (photo n°4). Ensuite il fait un stage à Istres, ce qui
vaudra à mon frère Charles de naître à Salon de Provence en 1941.
Il se peut que ce soit au cours de cette formation il ait eu l'occasion
de participer aux essais du "Lionel De Marmier". Cet hydravion muni
de six moteurs fut construit en deux exemplaires selon lui. Il représentait
alors une solution d’avenir crédible pour les vols transatlantiques mais
l'évolution de la technologie le condamna. Les inconvénients prirent le pas sur
avantages et l’aéronautique perdit alors son « Paquebot volant »
(photo n°5).
Il s’avère néanmoins que les propos de mon père devaient concerner les
deux prototypes puisque selon d’autres sources que tu m’as transmises, l’avion
fut construit à une douzaine d’exemplaires qui firent régulièrement après la
guerre la ligne transatlantique jusqu’en 1955.
Le recoupement des dates et les discussions avec ma mère font ressortir
qu’il a lui-même piloté le Lionel De Marmier à Marignane, ce qui ne pourrait
par conséquent avoir eu lieu qu’après la guerre. Selon mon père l'équipage se foutait
la trouille à chaque fois dans la mesure où, malgré ses six moteurs cet avion
était incroyablement lourd à faire déjauger. Chaque décollage était sinon un
exploit du moins une grosse difficulté.
Ma mère pense se souvenir qu’il exécutait alors une mission du
« C.E.V. » (Centre d’Essais en Vol) et que celle-ci fut périlleuse
puisqu’au cours d’un vol un dérivetage de plus de 50 centimètres eut lieu sur
une des ailes. Dans ce cas, la logique semblerait induire une mission de
rapatriement mais je n’ai pas encore trouvé d’indications à ce sujet.
Nombreux sont les pipins, et j'en fus, qui visitèrent cet avion promu
en musée à l'aéroport de Marignane.
En fin de carrière il fut pilote d'essai pour les T-6 (photo n°6) [et non Christian c’est un Bloch 151 ou 152 !] à la base aérienne
d'Ambérieu-en-Bugey qui en assurait la révision complète. La base aérienne
était commandée par le colonel Ménard, avec pour adjoint le commandant Mazeron.
A cette époque, j’étais déjà sorti de l'EPA et je commençais mes études pour
devenir "Prof de Gym"…
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Photo n°4 Bombardier léger GLEN MARTIN 167 |
Photo n°5 LATECOÈRE 631 « Lionel de Marmier » |
Photo n°6
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Message de Christian Joly
du 02/11/2008 - 20h 52 : Troisième envoi puisque je commence à me
perfectionner…
Mon père servit en Indochine dans les services d'évacuation sanitaire.
Il fit un séjour quasi complet comme pilote sur ce que les équipages appelaient
familièrement une "Trapanelle" (MAX HOLSTE 1521
« Broussard » en fait). Cet avion avait la vertu d'atterrir et de décoller très court et il
était bien adapté à ce type de mission (photon n°7). Il revint en France pour
apprendre à piloter les hélicoptères Hiller (photo n°8) qui faisaient alors
leur apparition sur les terrains d'opération avec le Commandant Santini et
Valérie Andrée. Des trois pilotes stagiaires qui participaient à cette
formation de Toussus-le-Noble, il fût le seul à partir en Indochine avec des
trois hélicoptères pour un second séjour qui ne prit fin qu'après qu'il eut
essuyé les premiers feux de Dien Bien Phu.
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Photo n°7 MAX HOLSTE MH 1521 « BROUSSARD » |
Photo n°8 Hélicoptère HILLER 360 |
Message de Christian Joly
du 02/11/2008 - 20h 55 : Quatrième envoi puisque c'était promis...
Ce séjour fut tumultueux car les missions étaient interminables et les
pilotes peu nombreux ; voir le livre « Rotors dans le ciel
d’Indochine » qui m'a été recommandé
par notre ami Lanthoinnette (photo n°9). Il y a un Sikorsky 55. en
couverture, mais je pense que l'armée de l'Air n’en avait pas encore à cette
époque….

Message de Christian Joly
du 02/11/2008 - 20h 55 : Cinquième envoi puisque je suis lancé…
Tous ces faits d'armes valurent à Charles Joly un nombre impressionnant
de décorations, palmes, citations à l'ordre de l'armée ; Eléphant Blanc,
Légion d'Honneur, médaille de la santé, croix de guerre, médailles
commémoratives diverses, etc. Ci-joint un montage photo de ma maman qui met en
vis à vis une photographie de mon père alors lieutenant et la petite vitrine de
ses principales décorations (photo n°10) etla photo de la remise de la
Croix d'Officier de la Légion d'Honneur, à Charles Joly, alors Capitaine, à
Alger par le Général Edmond Jouhaud (photo n°11)
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Photo n°10 Le lieutenant Charles JOLY Ses décorations |
Photo n°11 Capitaine Charles JOLY (à gauche) Officier de la Légion d’Honneur |
Deux autres photographies prises au Maroc à l’époque où il s'était fait
instituer « moniteur de chars » par les Américains (photos n°12 et
13), avant ma naissance en 1944 et son affectation au groupe de bombardement
« Maroc » 1/23, nouvellement équipé avec des Martin B26
« Marauder ».
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Photos n°12 et n°13 Charles JOLY « Moniteur de chars » Maroc - Vers 1943 |
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Message de Christian Joly
du 02/11/2008 - 21h 30 : Sixième envoi puisque rien ne peut plus m’arrêter
à part l’orage niçois…
Une photo à laquelle je tiens beaucoup. Papa Joly apprend à piloter les
Hiller (photo n°14). Il en sortira breveté n°1 pour l'armée de l'air. Ici en
compagnie du responsable de la formation et de l'instructeur pilote du stage.
Et moi devant, car mon père me faisait venir tout à fait clandestinement et
m’emmenait "faire des tours gratuits" dans le plus strict incognito
!!! C'était à Toussus-le-Noble, dans les années 1953-54, avant mon entrée avec
la 55/62 à l'Ecole des Pupilles de l’Air. On a d’ailleurs continué ce petit jeu
un peu partout, toujours en cachette, même en Algérie dans un de ces vieux
« JU-52 », les junker trimoteurs allemands en tôle ondulée, comme les
fourgons Citroën des flics des années 1960…
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Photo n°14 Charles JOLY et son fils Christian devant un hélicoptère HILLER Toussus-le-Noble - 1954 |
Photo n°15 Le SIKORSKY 58 du commandant SANTINI et de l’adjudant BLANC Mont-Blanc - 1954 |
Ensuite il a été formé aux Etats-Unis sur le Sikorsky 55, celui là même
qui est dessiné sur la couverture du livre « Rotors dans le ciel
d’Indochine ». Rentré en France, il poursuit ses formations puis part avec
"ses hélicoptères" (au nombre de quatre semble-t-il) dont il assure
et supervise le montage sur les quais du port d’Alger. Outre ses fonctions de
pilote il devra aussi en suivre la maintenance, en Algérie, à Boufarik où ils
stationneront.
Il revient ensuite en France pour être formé pour le vol en altitude à
Mont-de-Lans, puis à Chambéry, ou l'inverse ??, sur Sikorsky 58 (photo
n°15). Là il retrouve le Commandant Santini qui dirigeait tout le secteur
hélicoptère en Indochine, lui-même étant responsable du seul secteur d’Hanoï.
Je pense que la photographie ci-dessus est celle de l'hélicoptère
accidenté ultérieurement au Mont-Blanc, à noël 1956 lors de la tragique et très
célèbre affaire des alpinistes « Vincendon et Henry ». Santini
(pilote) et Blanc (mécanicien) voleront à leur secours, mais la machine
beaucoup trop lourde pour ce genre de mission, s'écrasera sur le glacier. Je
pense avoir rencontré plus tard ces deux personnes venues dîner chez mes
parents et les avoir entendu conter leur peu banale aventure. Blanc, gelé en
plusieurs endroits, dut recevoir après sa convalescence une série de greffes au
visage particulièrement pénible avec les techniques de l’époque, et ma mère
garde un souvenir poignant de ses visites chez nous.
A Persan-Beaumont mon père hérite d'un appareil plus ancien, le
Sikorsky 52 [et non Christian, c’est un
S-51 !]. On le reconnaît aisément devant
l'appareil (photo n°16), et c'est lui qui pilote pour faire cette aimable
démonstration avec son mécanicien qui joue ici les « Musclor »,
peut-être le lieutenant Secchet ?? (photo 17). °). C’est le Colonel Delmer,
avec L'Heveder comme commandant en second, qui commandait la base de
Persan-Beaumont dans la dernière période où mon père y était, et ils avaient
les meilleures relations du monde.
J'ai entendu à plusieurs reprises le Colonel déclarer à des tiers ;
« Mon cinquième galon, c'est Joly qui me l'a gagné ! ». En fait,
mon appréciation est qu’il s'agissait d'une équipe soudée avec une répartition
des rôles qui leur convenait et qui les rendait efficaces. Je pense qu'ils
nourrissaient une reconnaissance mutuelle avec une pointe de complicité face à
un certain nombre de missions à caractère délicat.
Le Colonel Delmer est ensuite parti à l'ambassade de Bonn et a continué
d'entretenir des relations cordiales avec notre famille.
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Photo n°16 Charles JOLY devant le SIKORSKY Persan-Beaumont- Vers |
Photo n°17 Charles JOLY aux commandes du SIKORSKY Persan-Beaumont- Vers |
Correctifs
apportés grâce à l’aimable vigilance de Franck Roumy via les « Aeroforums »
A cette époque cet appareil lui servira, alors qu'il était chef des
opérations à Persan-Beaumont, à faire venir sur cette base le Père Noël en
personne aux festivités destinées aux enfants et aux familles. Pour une fois le
Papa Noël de tout le monde était le mien !!!!!!!!!!
Message de Christian Joly
du 02/11/2008 - 22h 11 : Septième envoi, mais là "le combat cessera
(pour cette fois) faute de combattants"…
Puis arrive la dernière étape professionnelle militaire de Charles
Joly . Il devient pilote d'essai pour des engins qui n'en peuvent plus
tant ils sont fatigués ; on démonte puis remonte dans les ateliers de
l’ARAA d'Ambérieu-en-Bugey des T-6 qu'il va chercher sur site, les essaye après
réparation et remontage, puis les convoie pour de nouvelles affectations.
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Photo n°18 Charles JOLY et le Colonel MÉNARD |
Photo n°19 Au dessus des Alpes |
On le voit sur la photo ci-dessus en compagnie du Colonel Ménard, le
commandant de la base, et d'un mécanicien, prêts à décoller ou au retour d’un
vol, devant un appareil appartenant sans doute à l'aéro-club d'Ambérieu (photo
n°18). Le Colonel Ménard était un familier de la maison. La photo suivante au
dessus des Alpes (photo n°19) semble bien être celle d'un appareil de l'armée,
modèle voisin du « Stamp » que mon père avait beaucoup utilisé
antérieurement au Centre d'Essais en Vol (C.E.V.) de Villacoublay et aux
commandes duquel il avait eu un très grave scratch au décollage, dans des
conditions pas très régulières non plus, me semble-t-il
Mon père était en fait, et je puis le dire très affectueusement, une
vraie tête brûlée qui n'était pour lui même pas très à cheval sur les
règlements, ce qui me valu de bien belles ballades aériennes… Il en résulta que
pour sa dernière affectation que personne ne voulait de lui sur "sa
base". On craignait trop qu'il n'en fasse qu'à sa tête, dans la lignée
même de sa singulière carrière. On peut supposer que l'on redoutait aussi qu'il
n'ait du mal à coopérer avec d'autres pilotes… En tous cas il reçut le précieux
soutien du Colonel Delmer, "juste retour des choses", pour sa demande
d'affectation à Ambérieu. Il obtint aussi le plein aval du Colonel Ménard qui
était mécanicien de formation. Ambérieu n'ayant besoin que d'un seul pilote,
une paisible et fructueuse coopération entre les deux hommes s'établit jusqu'à
la retraite de mon père, tant au plan professionnel qu'au plan amical et
familial.
Voilà, mon cher FXB, quelques jalons photographiques de la carrière
de mon père qui fut, comme d'innombrables personnes de sa génération, un
personnage hors normes parce que le contexte historique les poussait sans cesse
à se surpasser. Il est toutefois un des rares à avoir autant de fois trompé la
mort et à avoir pu prendre une retraite qu'il pensait certainement ne jamais
pouvoir atteindre… Il est décédé à 78 ans des suites des affections cardiaques
contractées en service et l'on se prend à penser qu'il devait être construit
pour être centenaire tant il fut excessif dans tout ce qu'il entreprenait.
Pour y passer l’été pendant leur retraite mes parents avaient racheté à
la famille une micro fermette venant des grands parents de ma mère. Selon la
volonté de mon père, nous l'avons fait incinérer et j'ai dispersé ses cendres à
cet endroit qu’il avait choisi, au cœur du Limousin, pour qu'il s'envole une
dernière fois, sur les hauteurs de cette maison familiale à La
Pouge-de-Meilhards.
Il ne voulait aucune cérémonie, aucune stèle, aucun signe. J'espère ne
pas offenser sa mémoire en ayant planté pour lui sur ton site Internet un arbre
du souvenir comme je l’ai fait sur le terrain familial avec un
« liquidenbar », une variété entre le chêne et l'érable du Canada,
qui prend de si magnifiques couleurs à l’automne.
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Décorations et distinctons obtenues par le capitaine Charles JOLY (1921-1998) Distinctions françaises (par ordre
d’importance) -
Chevalier de la Légion d’honneur le 15.05.1945.1945 J.O. n° 162 du
12.07.1946 – décret du 14.06.1946 -
Officier de la Légion d’honneur le
31.12.55.1955 J.O. n° 6 du
08.11.1956 – décret du 06.01.1956 - Croix
de guerre 1939-1945 avec palmes décernée avec L.H. 1945 - Croix
de la valeur militaire avec étoile d’argent le 10.12.1959 - Ordre
de la division aérienne n° 213/ 5° RA / CH du 30.12.1959 - Croix
de guerre avec étoile de bronze le 27.06.1940 Ordre escadre n° 4 GB 2 / 38 - Croix
de guerre avec étoile de vermeil le 13.06.1944 homologué J.O. n° 240 du
29.08.1941 - Croix
de guerre avec palmes le 04.07.1944 décision n° 40 - Croix
de guerre avec étoile de bronze le 27.11.1944 OG n° 16 du Général chef
E.M.G.A. -
Croix de guerre avec étoile d’argent le 14.06.1945 OG n° 30 - Médaille
coloniale avec agraphe « Extrème Orient » le 15.08.1952 n°
433275 du 15.08.1952 - Croix
de guerre des T.O.E. avec palmes (25.07.1953) - Croix
de la valeur militaire avec étoile de bronze le 13.06.1960 Décision n°3
du Ministre des Armées. -
Médaille commémorative d’Indochine le 01.08.1953 – Décret 52.722 du
1.8.53 J.O. du 12.08.53 - Médaille
de l’aéronautique le 28.08.1958 - Croix
des T.O.E. avec étoile de vermeil le 31.03.1954 OG n° 152 du 31.03.1954 -
Médaille d’honneur du Service de Santé AR 08.11.1953, Médaille d’ Argent
(Signée René Pleven) -
Lettre de félicitation du Préfet de Blida 15.07.1955 Distinctions étrangères (par ordre
d’importance) - Ordre
de l’ordre du Million d’Eléphants et du Parasol Blanc le 31.05.1952
Extrait Ordonance Royale n° 155 - Croix
de la Vaillance avec étoile de vermeil (Nord Vietnam) le 27.03.1953
(DM-Etat du Vietnam n° 050 / QP / CA / HC.) -
Distinguished-Unit-Citation le 11.07.1949 OG du 29.5.1947 – Autorisation
60 / SPAA du 11.07.1949 |
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Citations obtenues par le capitaine Charles JOLY (1921-1998) Citation à l’Ordre de l’escadre en
date du 27.06.1940 Ordre n° 4 du GB2/38 – homologué J.O. N° 240 du 29.081940
P.3850 « Jeune mitrailleur qui a fait preuve des plus
belles qualités professionnelles au cours de plusieurs missions de
reconnaissance et de bombardement de nuit sur les arrières de l’ennemi. Le 9
juin 1940 au cours d’une expédition de bombardement a rempli sa mission avec
le plus grand calme malgré l’activité des projecteurs et de la D.C.A.
adverse. » Cette
citation comporte l’attribution de la croix de guerre avec étoile de bronze. Citation à l’ordre de l’Aviation
de Bombardement le 13.06 1944 / 8 021/8 PMI n° 08 « Mitrailleur adroit, mordant et courageux. A
participé à d’assez nombreuses missions de bombardement, notamment le 1°
avril où son squadron a exécuté une attaque particulièrement réussie sur des
chantiers maritimes ennemis. Ne se départit pas de son calme dans le tir
ennemi de la D.C.A. » Cette
citation comporte l’attribution de la croix de guerre avec étoile de vermeil. Citation à l’ordre de l’Armée
Aérienne Décision n° 40 du 04.07.1944 L’équipage
du B.26 n° 15 du groupe Maroc. Capitaine
CHARITAT - Sous Lieutenant GEY- Sous Lieutenant DELABAUME
– Adjudant Chef MAROTTE – Sergent JOLY – Adjudant DIESTECH « Engagé la première fois sur l’Italie, y a effectué
19 missions de guerre dont depuis le déclenchement de l’offensive alliée le
12 mai 1944. Equipage sûr et précis qui de d’éléments a toujours conduit dans
les meilleures conditions des ailiers sur l’objectif, permettant ainsi la
formation de réaliser ses tirs très concentrés. A participé le 12 mai 1944 à
la destruction d’un P.C, le 6 juin 1944 à la destruction d’un carrefour
routier malgré une vive réaction de la Flack. » Cette
citation comporte l’attribution de la croix de guerre avec palme. Citation à l’ordre de la brigade
aérienne n°2567/SPM 3.RS – OG n° 16 du 27.11.1944 Le
Général d’Armée Aérienne Bouscat, Chef
d’Etat-Major Général Air cite à l’ordre de la Brigade Aérienne : Equipage
du B.26 N.15 du G.B.M. 1/22 Maroc Lieutenant
Gey André – Sous Lieutenant Marotte André – Sergent Chef Joly
Charles, Adjudant Dietsch Ernest. « Equipage ailier de valeur, remarquable par sa
conscience et sa fermeté. Au cours des mois de juin et juillet 1944, a participé
a de très nombreuses missions sur l’Italie, contribuant à la destruction de
nombreux ponts et d’un dépôt d’essence. Le 11 Juillet, la formation étant
attaquée par 24 chasseurs ennemis a, par l’efficacité de ses tirs et la tenue
sans défaillance du vol de groupe, permis d’abattre deux chasseurs et
d’atteindre l’objectif. Le 27 juillet, attaquant un objectif connu pour être défendu par une artillerie
lourde, nombreuse et précise, a tenu une formation impeccable bien que dans
l’habitacle le pilote soit atteint de plusieurs éclats ». Cette
citation comporte l’attribution de la croix de guerre avec étoile de bronze. Citation à l’ordre de la
Division Aérienne n°1615/SPM 3.RS
OG n° 30 du 14 juin1945. Le
Général d’Armée Aérienne Bouscat,
Inspecteur Général de l’Armée de l’Air Commandant les forces aériennes
engagées, cite : à l’ordre de la Division Aérienne Sous
Lieutenant JOLY Charles, du G.B. 1/22 « Maroc » « Sous Lieutenant bombardier mitrailleur qui s’est
montré un combattant magnifique, exemple de courage réfléchi et de valeur
professionnelle. A participé à de nombreux bombardements d’objectifs
sévèrement défendus par la D.C.A. ennemie, en particulier, le 18 août, sur
des Ponts en Italie et le 20 novembre sur un dépôt en Allemagne. A toujours
conservé le plus grand sang froid, bien que son appareil fût très gravement
atteint, le 24 août dût parcourir une distance de 500 Km en territoire ennemi
un moteur stoppé par la D.C.A. » |
Mise en page et compléments iconographiques : François
Xavier BIBERT – Mai et Octobre 2008
Dernière heure !
Mon cher FX,
J'ai fini par me décider !
Wanadoo proposant un blog pour débutants je me suis lancé et je te
propose ma production.
http://blogsperso.orange.fr/web/jsp/blog.jsp?blogID=656906&articleID=19974494
J'ai dédié ce blog à mon père pour continuer à conter ses
pérégrinations…
Christian Joly
01/01/2009